AMATOR TEMPORIS ACTI

Bienvenue sur le site de Guillaume Attlane



Clytemnestre après le meurtre d'Agamemnon, par John Collier (1882)


------


Clytemnestre après le meurtre d'Agamemnon, par John Collier (1882)

(Guildhall Art Gallery, Londres)

Lovelace enlevant Clarisse Harlowe, par Dubufe (1867)


------


Lovelace enlevant Clarisse Harlowe, par Dubufe (1867)

(Collection particulière)

Autoportrait avec ses élèves, par Adélaïde Labille-Guillard (1785)


------


Autoportrait avec ses élèves, par Adélaïde Labille-Guillard (1785)

(Metropolitan Museum, New York)
Mme Labille-Guillard fut avec Mme Vigée-Lebrun la première femme admise à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture (en 1783). Le talent exceptionnel des deux artistes est d'ailleurs très comparable, mais la touche de Mme Vigée-Lebrun est plus moelleuse et plus chaude, la touche de Mme Labille-Guillard est plus glacée et plus sèche. Aussi la première exerce-t-elle peut-être une séduction plus aimable que la seconde. Tout cela restant en tout état de cause un duel au sommet…
Mme Labille-Guillard s'est ici représentée au travail (et quelle tenue de travail ; on redoute les taches de peinture sur la robe de satin !) en compagnie de deux de ses élèves, Marie-Gabrielle Capet (de profil) et Marie-Marguerite Carreaux de Rosemond.

L'Assomption, par Rubens (v.1615)


------


L'Assomption, par Rubens (v.1615)

(Museum Kunst Palast, Düsseldorf)

Madame Favart, par Drouais (1757)


------


Madame Favart, par Drouais (1757)

(Metropolitan Museum, New York)
Marie-Justine Duronceray (1727-1772), qui épousa le dramaturge Favart, fut l'une des plus fameuses actrices du XVIIIe siècle, qui triompha dans les opéras-comiques à succès composés par son mari. Elle est aussi connue pour sa tumultueuse liaison avec le maréchal de Saxe ; qui, accessoirement, inspira à Offenbach le sujet d'une de ses plus délicieuses opérettes - et comme de juste, aujourd'hui l'une de ses plus oubliées…

Moïse et Aaron devant Pharaon, par le Maître de la Famille de Dinteville (1537)


------


Moïse et Aaron devant Pharaon, par le Maître de la Famille de Dinteville (1537)

(Metropolitan Museum, New York)

La Sibylle de Cumes, par Le Dominiquin (1610)
La Sibylle Persique, par Le Dominiquin (v. 1620)


------


La Sibylle de Cumes (1610)

La Sibylle Persique (v.1620)
par Le Dominiquin

(Sibylle de Cumes : Musée du Vatican)
(Sibylle Persique : Wallace Collection, Londres)

Le Printemps, par Pierre-Auguste Cot (1873)


------


Le Printemps, par Pierre-Auguste Cot (1873)

(Collection Ross, New Jersey)

Daphnis et Chloé, par Dominique Papety (1840)


------


Daphnis et Chloé, par Dominique Papety (1840)

(Collection particulière)

Daphnis et Chloé revenant de la montagne, par Charles Gleyre (v.1850)


------


Daphnis et Chloé revenant de la montagne, par Charles Gleyre (v.1850)

(Collection particulière)

Le Christ bénissant, par Ingres (1834)


------


Le Christ bénissant, par Ingres (1834)

(Musée de Sao Paulo)

La Vierge à l'Hostie, par Ingres (1854)


------


La Vierge à l'Hostie, par Ingres (1854)

(Musée d'Orsay, Paris)

La Vierge entre sainte Hélène et saint Louis, par Ingres (1852)


------


La Vierge entre sainte Hélène et saint Louis, par Ingres (1852)

(Metropolitan Museum, New York)

Mme Grant, par Mme Vigée-Lebrun (1783)
Mme de Talleyrand, par Gérard (1810)


------


Madame Grant, devenue Madame de Talleyrand, par Mme Vigée-Lebrun (1783) et par Gérard (1810)


(Metropolitan Museum, New York)
Catherine-Noël Vorlée (ou Verlée) était la fille d'un petit employé breton de la Compagnie des Indes, comme tel établi à Pondichéry, puis, après la prise de la ville par les anglais, à Tranquebar, où elle naquit.
Elle épousa un négociant suisse naturalisé anglais, Georges Grand, devenu "Grant", qui ne tarda pas à se séparer d'elle devant son inconduite. Elle partit alors pour la France, où elle exerça le métier pour lequel elle était le plus prédisposée… Son extrême beauté fit d'elle une des courtisanes de haut vol les plus courues et les plus chères des années 1780.
De cette époque date le portrait de Mme Vigée-Lebrun (1783). Certes, on y comprend aisément le succès qu'elle rencontra dans sa profession. Elle faisait commerce de ses charmes mais quand lesdits charmes ont un tel éclat, force est d'avouer qu'elle ne pouvait guère vendre quoi que ce soit de plus à la hauteur des revenus qu'elle en tirait…
Elle émigra en Angleterre sous la Révolution et c'est à Londres qu'elle connut Talleyrand dont elle devint la maîtresse, puis la femme en 1802. Remarquons que le Pape Pie VII avait difficilement admis le retour de Talleyrand à l'état laïc, mais enfin avait accordé le bref du bout des lèvres. Cependant jamais cette tolérance n'inclut pour l'ancien d'évêque d'Autun l'autorisation de se marier. Cela lui fut formellement interdit. Il passa outre, civilement, soit, mais aussi religieusement et les époux furent bénis par l'abbé Pourrez, ancien prêtre constitutionnel, c'est-à-dire rien du tout… D'un point de vue canonique, ce mariage fut toujours nul et non avenu, et sur son lit de mort Talleyrand fut formellement sommé d'en reconnaître l'invalidité s'il voulait recevoir les sacrements. Il s'en tira par une formule générale sur ses regrets des actes par lesquels il avait offensé l'Église, et on s'en contenta.
Catherine n'en fut pas moins officiellement, bientôt, la princesse de Bénévent. C'est de cette époque que date le portrait de Gérard (1810). La jeunesse et la fraîcheur ont disparu, mais la séduction y est encore.
Lorsque les souverains espagnols furent reçus à Valençay, résidence de Talleyrand et de son épouse, celle-ci fit les honneurs et semble-t-il de façon plus que convenable puisqu'elle y gagna le grand cordon de l'ordre de Marie-Louise… Ferdinand VII osa donner l'ordre de Marie-Louise à une ancienne fille publique, mais oui… Au hasard du registre des dames décorées, on trouve quelques lignes plus haut, Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI, duchesse d'Angoulême, et quelques lignes plus bas, Marie-Christine de Bourbon-Siciles, future reine d'Espagne, alors princesse des Asturies. No comment…
Il est vrai que madame de Talleyrand acquit au cours de ce séjour d'autres titres à la bienveillance de Ferdinand VII, étant devenue la maîtresse de son chambellan, le duc de San-Carlos.
Du reste Talleyrand, lui-même alors épris de la femme de son neveu, la duchesse de Dino, manifesta bientôt des signes de lassitude. Sous la Restauration, le ménage finit par se séparer, et madame de Talleyrand mourut en 1835, trois ans avant son mari. Ce dernier ne s'était pas même rendu au chevet de sa femme pendant sa dernière maladie et il n'assista pas aux obsèques.
La sottise de Mme de Talleyrand, "bête à impatienter" selon la duchesse d'Abrantès, était proverbiale. Prenant prétexte du pays où sa femme était née, Talleyrand soupirait d'un air entendu : "Elle est d'Inde…" Comme on ne prête qu'aux riches, on lui attribua peut-être, à l'occasion, des naïvetés trop belles pour être vraies. Mais il est certain que si la malveillance trouva à s'exercer sur le compte de son intelligence et de son tact, ce n'est pas un hasard, quoi qu'en puissent dire de charitables âmes aujourd'hui travaillées par le démon de la réhabilitation…
Mme Vigée-Lebrun est formelle, et elle connut personnellement Mme de Talleyrand ; on ne pourra pas réfuter le témoignage de la portraitiste à qui la belle courtisane offrit l'occasion d'un pareil chef-d'œuvre. On pourra d'autant moins le réfuter que le grand principe de Mme Vigée-Lebrun était de causer longuement avec son modèle avant de commencer à peindre, afin d'en saisir la physionomie. En outre, dans ses merveilleux "Mémoires", aussi exquis que ses portraits, Mme Vigée-Lebrun ne formule jamais l'ombre d'une méchanceté gratuite.
Voici ce qu'elle rapporte.
"Alors il (Talleyrand) était marié avec Mme Grant, très jolie femme dont j'avais fait le portrait avant la Révolution. C'est d'elle qu'on rapporte une aventure assez plaisante. M. de Talleyrand, donnant à dîner à M. Denon, qui venait d'accompagner Bonaparte en Égypte, engagea sa femme à lire quelques pages de l'histoire du célèbre voyageur, auquel il désirait qu'elle pût adresser un mot aimable, et il ajouta qu'elle trouverait le volume sur son bureau. Madame de Talleyrand obéit, mais elle se trompe, et lit une assez grande partie des aventures de Robinson Crusoé. A table, la voilà qui prend l'air le plus gracieux et dit à Denon : "Ah ! Monsieur, avec quel plaisir j'ai lu votre voyage ! Qu'il est intéressant, surtout quand vous rencontrez ce pauvre Vendredi !" Dieu sait à ces mots quelle figure a dû faire M. Denon, et surtout M. de Talleyrand ! Ce petit fait a couru l'Europe, peut-être n'est-il pas vrai ; mais ce qui l'est incontestablement, c'est que Mme de Talleyrand avait fort peu d'esprit. Sous ce rapport, à la vérité, son mari pouvait payer pour deux."
Du reste, la sottise de la jeune femme se lisait probablement sur son visage, qui n'avait aucune expression - ce qui n'est pas incompatible avec une beauté extraordinaire. En effet, Mme Vigée-Lebrun précise ailleurs : "Je tâchais autant qu'il était possible de donner aux femmes que je peignais l'attitude et l'expression de leur physionomie. Celles qui n'avaient pas de physionomie, on en voit, je les peignais rêveuses et nonchalamment appuyées." Et, comme de juste, c'est exactement l'attitude dans laquelle elle a peint la future princesse de Talleyrand…
Toutefois le témoignage le plus savoureux concernant notre héroïne se trouve sans doute dans les "Mémoires" de la comtesse de Boigne, née Adèle d'Osmond, dont l'oncle maternel avait été, à sa grande époque, l'un des caprices de Mme Grant…
Nous sommes en 1814. Voilà une merveilleuse page qui fait de Mme de Boigne au moins l'égale de Saint-Simon - le passage est long, et c'est tant mieux :
"J'allais souvent chez M. de Talleyrand (…). Madame de Talleyrand, assise au fond de deux rangées de fauteuils, faisait les honneurs avec assez de calme ; et les restes d'une grande beauté décoraient sa bêtise d'assez de dignité.
Je ne puis me refuser à raconter une histoire un peu leste, mais qui peint cette courtisane devenue si grande dame.
Mon oncle Édouard Dillon, connu dans sa jeunesse sous le nom de beau Dillon
(NB. Issu d'une maison jacobite d'origine irlandaise établie à la Cour de France, le comte Dillon, des Dillon de Roscomon, fut à cette époque l'un des familiers les plus prisés de Marie-Antoinette), avait eu, en grand nombre, les succès que ce titre pouvait promettre. Madame de Talleyrand, alors Madame Grant, avait jeté les yeux sur lui. Mais occupé ailleurs, il y avait fait peu d'attention. La rupture d'une liaison à laquelle il tenait le décida à s'éloigner de Paris, pour entreprendre un voyage dans le Levant. C'était un évènement alors, et le projet seul ajoutait un intérêt de curiosité à ses autres avantages.
Madame Grant redoubla ses agaceries. Enfin, la veille de son départ, Édouard consentit à aller souper chez elle au sortir de l'Opéra. Il trouva un appartement charmant, un couvert mis pour deux, enfin toutes les recherches du métier que faisait Madame Grant. Elle avait les plus beaux cheveux du monde. Édouard les admira. Elle lui assura qu'il n'en connaissait pas encore tout le mérite… Elle passa dans un cabinet de toilette et revint les cheveux détachés et tombant de façon à en être complètement voilée. Mais c'était Ève, avant qu'aucun tissu n'eût été inventé, et avec moins d'innocence,
naked and not ashamed. Le souper s'acheva dans ce costume primitif. Édouard partit le lendemain pour l'Égypte (NB. Admirons l'élégance avec laquelle Mme de Boigne glisse sur ce qu'il n'est pas utile de détailler. Au reste, quand à cet instant on songe à l'ordre de Marie-Louise, décidément…)
Ceci se passait en 1787.
En 1814, ce même Édouard, revenant d'émigration, se trouvait en voiture avec moi. Nous nous rendions chez la princesse de Talleyrand où je devais le présenter. "
Il y a un contraste si plaisant", me dit-il, "entre cette visite et celle que j'ai faite précédemment à Madame de Talleyrand, que je ne puis résister à vous raconter ma dernière et seule entrevue avec elle."
Il me fit le récit qu'on vient d'entendre. Nous étions tous deux amusés, et curieux du maintien qu'elle aurait vis-à-vis de lui. Elle l'accueillit à merveille et très simplement. Mais au bout de quelques minutes, elle se mit à examiner ma coiffure, à vanter mes cheveux, à calculer leur longueur, et se tournant subitement vers mon oncle placé derrière ma chaise :
- "
Monsieur Dillon, vous aimez les beaux cheveux !"
Heureusement nos yeux ne pouvaient se rencontrer, car il nous aurait été impossible de conserver notre sérieux.
Au reste, Madame de Talleyrand ne conservait pas ses naïvetés uniquement à son usage. Elle en avait aussi pour celui de M. de Talleyrand. Elle ne manquait jamais de rappeler que telle personne (un autre de mes oncles par exemple, Arthur Dillon) avait été un de ses camarades de séminaire. Elle l'interpellait à travers le salon pour lui faire affirmer que l'ornement qu'il aimait le mieux était une croix pastorale en diamants dont elle était parée. Elle répondit à quelqu'un qui lui conseillait de faire ajouter de plus grosses poires à des boucles d'oreilles de perles : "
Vous croyez donc que j'ai épousé le Pape !"
Il y aurait trop à citer. M. de Talleyrand opposait son calme imperturbable à toutes ses bêtises, mais je suis persuadée qu'il s'étonnait souvent d'avoir pu épouser cette femme.
"
Qu'ajouter ? Magnifique…

Narcisse admirant son reflet, par Lemoyne (1728)


------


Narcisse admirant son reflet, par Lemoyne (1728)

(Collection privée)

Le mariage mystique de sainte Catherine, par Theodor van Thulden (v.1650)


------


Le mariage mystique de sainte Catherine, par Theodor van Thulden (v.1650)

(Collection privée)

Salvator Mundi, école de Luini (v.1500)


------


Salvator Mundi, école de Luini (v.1500)

(Collection privée)

Allégorie de l'âme assaillie par le péché et la mort (école anglaise, fin XVI<sup>e</sup> s.)


------


Allégorie de l'âme assaillie par le péché et la mort (école anglaise, fin XVIe s.)

(Collection particulière)

Germania, par Friedrich-August von Kaulbach (1914)


------


Germania, par Friedrich-August von Kaulbach (1914)

(Deutsches Historisches Museum, Berlin)

Etude pour un apôtre, par Paul Delaroche (1835)


------


Etude pour un apôtre, par Paul Delaroche (1835)

(Musée des Beaux-Arts de Nantes)

Louise Delaroche, née Vernet, épouse de l'artiste, sur son lit de mort, en sainte, par Paul Delaroche (1845)


------


Louise Delaroche, née Vernet, épouse de l'artiste, sur son lit de mort, représentée en sainte, par Paul Delaroche (1845)

(Musée des Beaux-Arts de Nantes)

Cette extraordinaire étude est un portrait funèbre de Louise Delaroche, née Vernet, l'épouse du peintre.

Louise était la propre fille du peintre Horace Vernet. Elle naquit en 1814, épousa Paul Delaroche en 1835, et mourut à trente-et-un ans, en 1845. Son époux peignit à sa mémoire ce portrait de la jeune femme sur son lit de mort, qu'il orna d'une auréole pour en augmenter encore le caractère solennel et religieux.

Jeune homme en berger grec, par François-Xavier Fabre (v.1800)


------


Jeune homme en berger grec, par François-Xavier Fabre (v. 1800)

(Collection privée)

La Mort d'Abel, par François-Xavier Fabre (1791)


------


La Mort d'Abel, par François-Xavier Fabre (1791)

(Musée Fabre, Montpellier)

Le Paradis de Mahomet, par Frédéric-Henri Schopin (1854)


------


Le Paradis de Mahomet, par Frédéric-Henri Schopin (1854)

(Collection particulière)
Exposé à Paris, au Salon de 1854, cette magnifique composition rencontra un grand succès. Frédéric-Henri Schopin (1804-1881) est surtout connu pour son portrait en pied de Cambacérès, souvent reproduit, et pour sa "Bataille de Hohenlinden", dans la Galerie des Batailles à Versailles.
Ici, la conception incroyablement puérile de la doctrine musulmane sur le genre de récompense qui attend les élus après leur mort se prête du moins, c'est tout ce qu'on peut lui reconnaître, à des effets fort décoratifs… Notons que le valeureux guerrier sarrasin représenté ici ne connaît qu'un avant-goût de ce qui l'attend, car il n'est entouré que de douze houris sur les soixante-dix auxquelles il a droit. Et bien sûr, il n'a pas encore aperçu non plus les très beaux éphèbes (wildän) "éternellement jeunes, que tu compareras, lorsque tu les verras, à des perles éparpillées" (Coran, 76 :19), dont les fonctions ne sont pas clairement définies…

Portrait d'un "Requeté", par Fernando Alvarez de Sotomayor (v.1936)


------


Portrait d'un "Requeté", par Fernando Alvarez de Sotomayor (v.1936)

(Musée de Tabar, en Navarre)
Les "Requetés" étaient les combattants carlistes, reconnaissables à leur béret rouge. Après les guerres dynastiques du XIXe siècle, ils s'illustrèrent au XXe, pendant la Guerre d'Espagne, où leurs tercios figurèrent parmi les plus héroïques et les plus aguerries des armées franquistes. C'est de cette époque que date ce superbe portrait de Fernando Alvarez de Sotomayor (1875-1960), qui fut, outre un peintre plein de virtuosité et de chic, à la touche vigoureuse, dans la plus belle tradition espagnole, le directeur du Musée du Prado de 1919 à 1922, puis de 1939 à sa mort.

Les Créatures de Dieu, par Eugenio de Blaas (1877)


------


Les Créatures de Dieu, par Eugenio de Blaas (1877)

(Collection particulière)

Portrait de jeune femme, par Eugenio de Blaas (1882)


------


Portrait de jeune femme, par Eugenio de Blaas (1882)

(Collection particulière)

La Sérénade, par Eugenio de Blaas (1910)


------


La Sérénade, par Eugenio de Blaas (1910)

(Collection particulière)

La Colère d'Achille, par François-Léon Bénouville (1847)


------


La Colère d'Achille, par François-Léon Bénouville (1847)

(Musée Fabre, Montpellier)
François-Léon Bénouville (1795-1875) fut premier grand prix de Rome en 1845 (Cabanel, excusez du peu, fut second prix ! Ils partirent ensemble pour l'Italie) ; cette "Colère d'Achille" est l'un de ses envois obligatoires adressés à Paris durant son séjour à l'Académie de France.

La Comtesse de Pages, née de Cornellan, en sainte Catherine, par Joseph-Désiré Court (v.1840)


------


La Comtesse de Pages, née de Cornellan, en sainte Catherine, par Joseph-Désiré Court (v.1840)

(Rijksmuseum, Amsterdam)

La Flagellation du Christ, par Bouguereau (1880)


------


La Flagellation du Christ, par Bouguereau (1880)

(Cathédrale de La Rochelle)
Le seul commentaire qu'appelle ce tableau, qui touche au sublime, me paraît être ce couplet d'un cantique de Fénelon :
"Un spectacle si terrible
Ne saura-t-il me toucher ?
Et serai-je moins sensible
Que n'est le plus dur rocher ?
"

Compassion !, par Bouguereau (1897)


------


Compassion !, par Bouguereau (1897)

(Musée d'Orsay, Paris)

Dante et Virgile aux Enfers, par Bouguereau (1850)


------


Dante et Virgile aux Enfers, par Bouguereau (1850)

(Musée d'Orsay, Paris)
Illustration d'un épisode du chant XXX de L'Enfer de Dante, la dixième fosse du huitième cercle, celui des Faussaires.
"Mais ni les Thébains ni les Troyens furieux ne montrèrent autant de cruauté à torturer des animaux ou des corps humains, que ne m'en firent voir deux ombres blafardes et nues, qui couraient en mordant, comme un porc lorsqu'il s'échappe de son étable.
L'une d'elle se jeta sur Capocchio, lui asséna un coup sur la nuque, et l'entraînant, lui fit gratter avec le ventre le rude terrain.
L'Arétin en demeura tremblant et me dit : "Ce furieux est Gianni Schicci, et sa rage va maltraitant ainsi les autres…
"
Capocchio était un siennois qui avait étudié la physique et les sciences naturelles avec Dante, mais qui s'était tourné ensuite vers l'alchimie et la falsification des métaux. Gianni Schicci, florentin, de la famille des Cavalcanti, avait aidé son ami Donati dans une captation d'héritage ("Doncques Simon Donati, pour être héritier, cacha quelques jours le corps dudit Buoso Donati mort, faisant accroire qu'il était encore malade, et fit mettre en son lit son bon ami Gianni Schicci, qui, contrefaisant Donati, fit un testament et laissa héritier ledit Simon, avec lequel il avait convenu premièrement de lui donner une cavale de grand prix…" - commentaire de Balthazar Grangier, aumônier du roi, chanoine de Notre-Dame et abbé de Saint-Barthélemy de Noyon, dans sa traduction de Dante parue en 1597).
Notons que la propre femme de Dante, Gemma Donati, appartenait à la famille en question.
Le plus remarquable en tout cela est que cette anecdote aux allures de farce, qui inspira comme telle le "Gianni Schicci" de Puccini et le "Testament du Père Leleu" de Roger Martin du Gard (rien en tout cela de moins dantesque), qui n'est l'objet que de quelques lignes dans la Divine Comédie, et certes pas les plus frappantes, il s'en faut ; eh bien, que cette anecdote, dis-je, ait pu donner à Bouguereau le sujet d'un des plus inoubliables tableaux qu'il soit donné de contempler…

Saint Charles Borromée, par Orazio Borgianni (1610)
Saint Charles Borromée, par Orazio Borgianni (1612)


------


Saint Charles Borromée, par Orazio Borgianni (1610 et 1612)

(Version de 1610 - Musée de l'Hermitage, Saint-Pétersbourg)
(Version de 1612 - Église Saint-Charles-des-Quatres-Fontaines, Rome)

Ecce Homo, par Antonio Ciseri (1871)


------


Ecce Homo, par Antonio Ciseri (1871)

(Galerie d'Art Moderne, Florence)

Les Morts vont vite, par Horace Vernet (1839)


------


Les Morts vont vite, par Horace Vernet (1839)

(Musée des Beaux-Arts de Nantes)
Cette magistrale vision de cauchemar est une illustration de la scène finale de la "Ballade de Lénore", poème allemand inspiré d'une vieille légende populaire, par Gottfried-August Bürger, qui parut en 1773, mais fut surtout connu en France par la traduction d'ailleurs assez libre qu'en donna Gérard de Nerval en 1830.
Lénore attend le retour de son mari, qui l'a quittée le soir de ses noces pour aller à la guerre. Enfin la paix ramène les chevaliers dans leurs foyers, mais seul l'époux de Lénore ne revient pas, et aucun de ses compagnons ne sait ce qu'il est devenu.
La jeune fille, pour qui la mort de son mari ne peut plus faire de doute, s'abandonne à la douleur la plus violente. Sa mère tente de la consoler par de pieuses exhortations.
Mais loin de se résigner à la volonté de Dieu, Lénore répond aux religieux conseils maternels par des imprécations toujours plus sacrilèges.
"Ainsi le fougueux désespoir déchirait son c ?ur et son âme, et lui faisait insulter à la providence de Dieu. Elle se meurtrit le sein, elle se tordit les bras jusqu'au coucher du soleil, jusqu'à l'heure où les étoiles dorées glissent sur la voûte des cieux."
Cependant la nuit tombe. Et à minuit, Lénore entend soudain le pas d'un cavalier à sa porte. Ô surprise ! C'est son époux, en armure, bien vivant, finalement revenu !
"- Ah ! Wilhelm ! c'est donc toi ! Si tard dans la nuit ! Je veillais et je pleurais… Hélas ! J'ai cruellement souffert… D'où viens-tu donc sur ton cheval ?
- Nous ne montons à cheval qu'à minuit ; et j'arrive du fond de la Bohême : c'est pourquoi je suis venu tard, pour t'emmener avec moi.
- Ah ! Wilhelm, entre ici d'abord ; car j'entends le vent siffler dans la forêt…
- Laisse le vent siffler dans la forêt, enfant ; qu'importe que le vent siffle. Le cheval gratte la terre, les éperons résonnent ; je ne puis pas rester ici. Viens, Lénore, chausse-toi, saute en croupe sur mon cheval ; car nous avons cent lieues à faire pour atteindre à notre demeure.
- Hélas ! Comment veux-tu que nous fassions aujourd'hui cent lieues, pour atteindre à notre demeure ? Écoute ! la cloche de minuit vibre encore.
- Tiens ! Tiens ! Comme la lune brille ! Les morts et nous, nous allons vite ; je gage que je t'y conduirai aujourd'hui même.
"
Lénore monte alors à cheval derrière son époux, et il l'emmène au grand galop.
Bientôt dans la nuit se font entendre des chants funèbres autour d'eux, puis ils rencontrent un mystérieux enterrement, puis des potences autour desquelles dansent des fantômes sous la lune. Lénore est gagnée par la terreur, mais son époux lui répète un refrain étrange et railleur :
"- Ma mie a-t-elle donc peur ? La lune brille fort ! Hourrah ! Les morts vont vite ! Ma mie a-t-elle donc peur des morts ?"
Et il galope de plus belle. Enfin, il s'écrie soudain :
"- Finie, finie est notre course ! J'aperçois notre lit nuptial… Les morts vont vite ! Nous y voici !"
Mais c'est devant le portail d'un cimetière que le cheval les a menés…
"Il s'élance à bride abattue contre la grille de fer, la frappe légèrement d'un coup de cravache… Les verrous se brisent, les deux battants se retirent en gémissant. L'élan du cheval l'emporte parmi des tombes qui, à l'éclat de la lune, apparaissent de tous côtés."
Alors aux yeux de Lénore glacée d'horreur, son époux se change en un cadavre hideux, et le cheval les entraîne dans les profondeurs de la terre, tandis que les esprits lui chantent :
"Patience ! Patience ! Même le cœur brisé !
Ne blasphème pas Dieu dans dans le Ciel !
Te voici délivrée de ton corps ;
Dieu ait pitié de ton âme !
"
("Geduld ! Geduld ! Wenn's Herz auch bricht !
Mit Gott im Himmel hadre nicht !
Des Leibes bist du ledig ;
Gott sey der Seele gnädig !
")
A méditer…

In ictu oculi, par Valdes-Leal (1672)
Finis gloriae mundi, par Valdes-Leal (1672)


------


"In ictu oculi"
et
"Finis gloriae mundi"
par Juan de Valdes-Leal
(1672)


(Hôpital de la Charité, Séville)
Deux terribles et splendides allégorie peintes par Valdes-Leal pour l'église de l'Hôpital de la Charité de Séville, sur le thème de la vanité des grandeurs humaines, le néant des biens terrestres et le triomphe de la mort sur toutes choses ici-bas. Ainsi devons-nous nous préoccuper seulement de gagner la vie future, qui elle seule n'aura pas de fin. Et c'est tout particulièrement par l'exercice des vertus de charité que nous y parviendrons. Ainsi s'explique la présence de ces peintures dans la chapelle d'un établissement destiné à accueillir les pauvres malades, selon la volonté de son fondateur le chevalier Miguel de Mañara, commanditaire des tableaux.
Dans "In ictu oculi" ("En un clin d'œil"), on voit la Mort éteindre un flambeau, symbole de la vie humaine qui disparaît effectivement en un clin d'œil, comme on mouche une bougie. L'affreux squelette, qui porte de l'autre bras une faux et un cercueil, foule sous ses pieds les emblèmes des arts, des sciences, des dignités militaires, royales et même religieuses.
Dans "Finis gloriae mundi" ("Fin de la gloire du monde"), nous sommes transportés au fond d'un caveau, où nous pouvons contempler ce que deviennent les hommes après leur mort, quel que soit le rang qu'ils aient pu occuper durant leur vie. Ainsi au premier plan pourrissent un évêque et un seigneur portant le manteau des chevaliers de l'Ordre de Calatrava, dont était précisément décoré Miguel de Mañara. La main du Christ tient une balance, portant sur un plateau les péchés et sur l'autre les vertus.

L'Annonciation, par Poussin (1657)


------


L'Annonciation, par Poussin (1657)

(National Gallery, Londres)
Sauf cas particulier, je n'aime pas Poussin, dont je trouve la manière profondément ennuyeuse, plate, terne, avec, malgré toute sa science, presque toujours je ne sais quoi de besogneux. Je n'admire dans ses tableaux que ses drapés… Et pour ne rien arranger, ses œuvres sont d'un sinistre coloris comme couvert d'un voile grisâtre, du plus désagréable effet. Aussi ai-je du mal à comprendre l'immense réputation dont il a joui de tout temps, mais passons.
Cela dit, il y a d'aimables exceptions. Parmi celles-ci, cette Annonciation est d'un charme infini - en dépit de cet éternel vilain coloris dont je parlais à l'instant (et encore, ici j'ai chargé la saturation !). L'audacieuse composition est fort inhabituelle, le visage extatique de la Vierge touche au sublime, et la colombe du Saint-Esprit planant au dessus de sa tête aurait presque un petit air surréaliste "pré-magrittien"…

Le Christ et la femme adultère, par Rubens (1614)


------


Le Christ et la femme adultère, par Rubens (1614)

(Musée Royal de Bruxelles)

Hippolyte affrontant le monstre marin, par Jacques-Charles Bordier de Bignon (1810)


------


Hippolyte affrontant le monstre marin, par Jacques-Charles Bordier de Bignon (1810)

(Musée des Beaux-Arts de Dijon)

Vanité, par Pieter Boel (1663)


------


Vanité, par Pieter Boel (1663)

(Musée des Beaux-Arts de Lille)
Autour d'un tombeau à l'antique sont réunis une profusion d'attributs des arts, des plaisirs, des biens et des honneurs terrestres. Bien qu'il s'agisse d'une Vanité, ce que rappelle, outre le tombeau, le crâne couronné de lauriers (et encore ces deux symboles funèbres sont-ils rendus aussi discrets que possible), le tableau est surtout le prétexte à l'exposition d'une magnifique collection d'objets précieux dont les reflets étincelants sont rendus par le peintre avec une admirable virtuosité.

L'Enfant-Jésus (école espagnole, v.1650)


------


L'Enfant-Jésus (école espagnole, v.1650)

(Musée de l'Hermitage, Saint-Pétersbourg)

Salvator Mundi, par Juan Sanchez Cotan (1603)
La Sainte Vierge, par Juan Sanchez Cotan (1603)


------


Jésus et Marie, par Juan Sanchez Cotan (1603)

(Musée de l'Hermitage, Saint-Pétersbourg)
Ces deux images, habitées par une présence véritablement divine, constituent deux pendants, mais hélas le panneau représentant la Vierge a moins bien traversé le temps que celui représentant le Christ, l'exquis coloris originel ayant beaucoup jauni.
Quoi qu'il en soit, ces œuvres témoignent de la supériorité absolue de l'école espagnole dans le domaine de la peinture religieuse. Il semble que le meilleur de tous les styles européens et même orientaux (car il y a de l'icône là-dedans) y soit réuni pour en offrir une synthèse parfaitement incomparable.

La marquise de Pezay et la marquise de Rougé avec ses enfants, par Mme Vigée-Lebrun (1787)
Madame Pastoret, par David (1793)
Claude-Emmanuel, marquis de Pastoret, en tenue de chancelier de France, par Paul Delaroche (1829)
Amédée-David, comte de Pastoret, en tenue de membre de l'Institut, par Ingres (1826)


------


Quatre portraits liés à la famille de Pastoret

(1) La marquise de Pezay et la marquise de Rougé avec ses enfants, par Mme Vigée-Lebrun (1787) (National Gallery of Art, Washington)
(2) Madame Pastoret, par David (1793) (Art Institut, Chicago)
(3) Claude-Emmanuel, marquis de Pastoret, par Paul Delaroche (1829) (Musée de Boston)
(4) Amédée-David, comte de Pastoret, par Ingres (1826) (Art Institut, Chicago)
Claude-Emmanuel Pastoret (3) était fils de Jean-Baptiste Pastoret, avocat à Marseille. Sous la Révolution, il fut député, puis président de l'Assemblée Législative, et c'est lui qui eut la brillante idée de profaner l'église Sainte-Geneviève pour en faire un "Panthéon", lui encore qui trouva la formule "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante".
Voilà en quels terme il formula son trait de génie : "Que le temple de la religion devienne le temple de la Patrie, que la tombe d'un grand homme devienne l'autel de la Liberté". Il prôna d'autre part la sécularisation de l'état-civil.
Il avait été "Vénérable" de la célèbre "Loge des Neuf Sœurs" de 1788 à 1789, et on reconnaîtra dans ce genre d'initiatives tout l'esprit du parfait franc-maçon.
Cependant, comme pour tant d'autres, le monstre qu'il avait travaillé à faire triompher l'effraya bientôt - ce qui le ramena à de plus saines opinions. Il fut de ceux qui s'efforcèrent en vain de sauver la monarchie constitutionnelle. Il émigra pendant la Terreur, puis de retour en France reprit ses activités politiques sous le Directoire, enfin se rallia à l'Empire, dont il fut sénateur. En 1807, Napoléon fit de lui le comte de Pastoret
En 1814, il se rallia à la Restauration, et contribua largement à la rédaction de la Charte, et en 1817, c'est Louis XVIII qui en fit le marquis de Pastoret
Il fut ensuite chancelier de France, commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit (c'est dans ces fonctions que le représente le portrait de Paul Delaroche), et président de la Chambre des Pairs jusqu'à la révolution de 1830. En cette occurrence, il racheta définitivement ce que son passé pouvait avoir eu de douteux en refusant de se rallier à Louis-Philippe. Il perdit toutes ses charges et termina sa vie dans la condition privée.
Il avait épousé en 1789 Adélaïde Piscatori (2), dont le portrait par David resta inachevé. Une navrante histoire s'y rattache indirectement.
David avait commencé ce portrait en 1791, mais ne l'avait jamais terminé, et en attendant l'œuvre resta en sa possession.
En 1794, le baron Piscatori, frère de Mme Pastoret, avait une liaison avec Mme Chalgrin (épouse - séparée depuis 1777 - de l'architecte de Saint-Philippe-du-Roulle, fille du peintre Joseph Vernet, et sœur du peintre Carle Vernet).
Celle-ci fut arrêtée pour complicité dans une grotesque histoire de vol dont elle se serait rendue complice au château de la Muette - devenu "garde-meuble national". Ruinée par la Révolution, elle louait avec sa petite fille un appartement dans une dépendance du château, chez Mme Filleul, épouse de Filleul, gardien de cette résidence royale sous Louis XVI. Mme Filleul fut dénoncée pour avoir soustrait dans le château des effets précieux - on arrêta tout le monde, locataires, parents, voisins, jusqu'à des vieillards octogénaires. La malheureuse eut beau montrer tous les titres de propriété, en bonne et due forme, des objets qu'elle était censée avoir dérobés - et dont une grande part avait jadis été offerte par le roi et la reine - rien n'y fit.
Mme Chalgrin fut considérée comme l'une des comparses les plus criminelles : on avait trouvé dans une de ses armoires un petit paquet offert par Mme Filleul, contenant… "vingt livres de bougies" !
Tout le monde fut condamné à mort. Dans l'acte d'accusation de Fouquier-Tinville, les vingt livres du procès-verbal de l'arrestation de Mme Chalgrin passaient à cinquante…
Carle Vernet se précipita chez son confrère David (nous y revoilà), alors tout-puissant sur l'esprit de Robespierre. Il le supplia de sauver sa sœur.
Réponse de David : "J'ai peint Brutus, je ne saurais solliciter Robespierre ; le tribunal est juste, ta sœur est une aristocrate, et je ne me dérangerai pas pour elle."
Eh oui… Il se serait d'autant moins dérangé qu'il lui avait quelques années plus tôt fait des avances qu'elle avait repoussées. David fit envoyer des gens à la mort pour moins que cela.
Et Mme Chalgrin fut donc guillotinée. "Pour ces paquets de bougies reçus en cadeau, Émilie-Félicité Vernet-Chalgrin périt sur l'échafaud avec dix autres femmes dont deux septuagénaires, et vingt-cinq hommes dont le plus jeune avait 16 ans et le plus âgé 84." (Gustave Gautherot, Les Suppliciées de la Terreur, Perrin, 1926)
Saisie d'horreur par la conduite infâme de David, Mme Pastoret refusa toujours de poser pour lui de nouveau, et même de seulement prendre possession du portrait inachevé. Son mari ne le racheta que sous la Restauration, à la vente après décès de ce peintre, qui fut incomparable en tout : en génie, si l'on juge l'artiste ; en abjection, si l'on juge l'homme.
De son mariage, le marquis de Pastoret avaient eu un fils :
Amédée-David, comte de Pastoret (4) (titre de courtoisie porté du vivant de son père), qu'Ingres, dont il était l'ami, peignit en tenue de Membre de l'Institut, et qui fut d'autre part Conseiller d'État et Pair de France sous la Restauration.
Comme son père, il refusa de prêter serment à Louis-Philippe, et fut même plusieurs années l'administrateur des biens du comte de Chambord. À la fin de sa vie, il se rallia toutefois à Napoléon III et finit sénateur.
Il avait eu une fille, Marie, qui épousa Hervé de Rougé, marquis de Plessis-Bellière, sans postérité.
Hervé de Rougé était fils de Bonabes, marquis de Rougé, et de Thimette de Crussol d'Uzès.
Et Bonabes de Rougé est le jeune garçon (l'aîné) du portrait de Mme Vigée-Lebrun, représentant à gauche la marquise de Pezay (née Caroline de Murat), et à droite la marquise de Rougé (née Victurnienne de Rochechouart-Mortemart) avec ses fils Bonabes et Adrien de Rougé. (1)
La marquise de Rougé était l'arrière-petite-fille du maréchal de Vivonne, duc de Mortemart, frère de Mme de Montespan.

Sapho, Phaon et l'Amour, par David (1809)


------


Sapho, Phaon et l'Amour, par David (1809)

(Musée de l'Hermitage, Saint-Pétersbourg)

Le Martyre de saint Pierre d'Arbuès, inquisiteur général d'Aragon, par Murillo (1664)


------


Le Martyre de saint Pierre d'Arbuès, inquisiteur provincial d'Aragon, par Murillo (1664)

(Musée de l'Hermitage, Saint-Pétersbourg)
Pierre d'Arbuès (en espagnol Pedro Arbués), chanoine de la cathédrale de Saragosse, était réputé depuis son plus jeune âge pour sa piété, sa science, son humilité et sa charité.
En 1484, il fut nommé inquisiteur provincial d'Aragon. Par son zèle, il s'attira la haine implacable des Marranes de la ville, qui résolurent de l'assassiner.
Le 15 septembre 1485, alors qu'il était en prière au pied de l'autel de la Vierge à la cathédrale, où chaque jour, éclairé d'une petite lanterne (qu'on aperçoit sur le tableau de Murillo), il se rendait seul avant l'aube pour dire l'office de mâtines, une troupe de meurtriers se jeta sur lui, et le frappèrent à coups de poignard et d'épée. Alertés par ses cris, les chanoines de la cathédrale accoururent, mais trop tard. Mortellement blessé, Pierre d'Albuès mourut deux jours plus tard.
De nombreux miracles éclatèrent aussitôt, ainsi son sang coagulé resté sur les marches de l'autel se mit-il bientôt à bouillonner, et l'on entendit la cloche de l'église de Velilla sonner toute seule.
Les assassins et leurs commanditaires furent châtiés comme ils le méritaient, et comme c'était prévisible, tout ce qu'ils obtinrent par leur crime fut de renforcer la haine et les rigueurs à l'encontre des faux chrétiens qui continuaient de pratiquer le judaïsme en secret.
La sentence que jamais personne ne méditera trop est bien celle-ci : "Qui sème le vent, récolte la tempête…"
Quant à Pierre d'Arbuès, immédiatement vénéré comme un saint, il fut béatifié officiellement par Alexandre VII en 1662 et canonisé par Pie IX en 1867. Son tombeau est à la cathédrale de Saragosse, dans la chapelle qui lui est consacrée.
Fête le 17 septembre.

Cassandre pendant le sac de Troie, par Jérôme-Martin Langlois (1810)


------


Cassandre pendant le sac de Troie, par Jérôme-Martin Langlois (1810)

(Musée des Beaux-Arts de Chambéry)

Adam et Ève, par Claude-Marie Dubufe (1827)


------


Adam et Ève, par Claude-Marie Dubufe (1827)

(Musée des Beaux-Arts de Nantes)

Saint Michel et Sainte Catherine apparaissant à Sainte Jeanne d'Arc, par Anton-Hermann Stilke (1843)
Sainte Jeanne d'Arc au combat, par Anton-Hermann Stilke (1843)
Sainte Jeanne d'Arc sur le bûcher, par Anton-Hermann Stilke (1843)


------


Triptyque de la vie de sainte Jeanne d'Arc, par Anton-Hermann Stilke (1843)

(Musée de l'Hermitage, Saint-Pétersbourg)

Sainte Cécile, vierge et martyre (école allemande, XIX<sup>e</sup> siècle)


------


Sainte Cécile, vierge et martyre (école allemande, XIXe siècle)

(Nouvelle-Cathédrale de Linz)

Tête d'adolescent, par Nicolas Régnier (1626)


------


Tête d'adolescent, par Nicolas Régnier (1626)

(Musée Magnin, Dijon)

Jeune valet allumant sa pipe à une lanterne, par Waldmüller (1824)


------


Jeune valet allumant sa pipe à une lanterne, par Waldmüller (1824)

(Kunsthalle, Hambourg)

Jeune paysan riant, par Waldmüller (1840)


------


Jeune paysan riant, par Waldmüller (1840)

(Collection particulière)

Saint Sébastien, par Carlo Dolci (v.1650)


------


Saint Sébastien, par Carlo Dolci (v. 1650)

(Palais Corsini, Florence)

Saint Sébastien, par François-Guillaume Ménageot (1750)


------


Saint Sébastien, par François-Guillaume Ménageot (1750)

(Haggerty Museum of Art, Milwaukee)

Dédale et Icare, par Lord Frédéric Leighton (1869)


------


Dédale et Icare, par Lord Frédéric Leighton (1869)

(Collection privée)

Sainte Rosalie, par Van Dyck (v.1625)


------


Sainte Rosalie, par Van Dyck (v.1625)

(Musée du Prado, Madrid)

Portrait d'un prince de la famille Chigi, par Jacob-Ferdinand Voet (v.1660)


------


Portrait d'un prince de la famille Chigi, par Jacob-Ferdinand Voet (v.1660)

(Musée des Beaux-Arts d'Alençon)

Sainte Jeanne d'Arc en extase, par John-Èverett Millais (v.1860)


------


Sainte Jeanne d'Arc en extase, par John-Èverett Millais (v.1860)

(Collection privée)

Esther, par John-Èverett Millais (v.1850)


------


Esther, par John-Èverett Millais (v.1860)

(Collection privée)