Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, à quinze ans, en 1616, par Pourbus
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, à quinze ans, en 1616, par Pourbus

Parfois fautivement présenté comme un portrait d'Élisabeth de France, reine d'Espagne. Il est évident qu'il s'agit d'Anne d'Autriche, quand ce ne serait qu'au vu des traits du visage, absolument caractéristiques de cette princesse, avec ses grands yeux caressants, son nez un peu gros, sa lèvre autrichienne et son menton un peu fuyant. La comparaison avec ses autres portraits est criante, ne citons que le dessin très précis de Dumonstier réalisé quelques années plus tard, qui semble presque un calque du visage de Pourbus. Mais au-delà de la physionomie, l'identification avec Anne d'Autriche ne fait aucun doute pour deux autres raisons : d'abord, le fait qu'il s'agisse d'un pendant au portrait de Louis XIII, présenté ici en regard. Il est certain qu'un an après son mariage, le pendant d'un portrait du jeune roi ne saurait être que le portrait de son épouse, et non celui de sa sœur, elle-même mariée et partie en Espagne un an plus tôt. Ensuite, on reconnaît la croix de diamants ornée de perles en poires que porte la reine, qui était un de ses bijoux préférés, et qu'on retrouve sur d'autres portraits (voir notamment celui de Rubens en grand costume royal, et les gravures). Ce modèle de croix de diamants et perles, essentiellement français, était presque un attribut des reines de France. Marie de Médicis l'arborait déjà fréquemment, comme ses portraits en attestent aussi.