AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Marie-Anne d'Autriche, Abbesse Perpétuelle du Monastère Royal de Las Huelgas de Burgos
Anne-Dorothée, marquise d'Autriche, en religion Sœur Anne-Dorothée de la Conception, en 1628, par Rubens
Jeanne d'Aragon-Borja y Guera, en religion Mère Jeanne du Saint-Esprit, abbesse du Monastère des Carmélites Déchaussées de Madrid, suivie de Marie-Anne d'Autriche, en religion Sœur Marie-Anne de la Croix, et de Marguerite d'Autriche, en religion Sœur Marguerite de la Croix, par Matias de Tores


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Marie-Anne d'Autriche, fille naturelle de Don Juan d'Autriche, fils naturel de Charles-Quint (1568-1629)
Abbesse Perpétuelle du Monastère Royal de Las Huelgas de Burgos

puis

Anne-Dorothée, marquise d'Autriche, fille naturelle de l'Empereur Rodolphe II
en religion Sœur Anne-Dorothée de la Conception (1612-1694)

Marie-Anne d'Autriche, fille naturelle de Don Ferdinand d'Autriche, infant d'Espagne, le Cardinal-Infant
en religion Sœur Marie-Anne de la Croix (1641-1715)

Marguerite d'Autriche, fille naturelle de Don Juan-José d'Autriche, fils naturel de Philippe IV, roi d'Espagne
en religion Sœur Marguerite de la Croix (1650-1686)

Religieuses au Monastère Royal des Carmélites Déchaussées de Madrid






Marie-Anne d'Autriche était la fille naturelle de Don Juan d'Autriche (fils naturel de Charles-Quint) et de sa maîtresse Marie de Mendoza.

Marie de Mendoza, fille naturelle de Don Diego Hurtado de Mendoza, prince de Melito, était fille d'honneur de Jeanne d'Autriche, infante d'Espagne, future infante de Portugal.

D'une brève liaison avec Don Juan d'Autriche, demi-frère de l'infante, elle eut une fille, dont elle accoucha secrètement et qui fut élevée dans la clandestinité à Pastrana, dans le palais de la fameuse princesse d'Eboli, demi-sœur de Marie de Mendoza (la princesse était fille de Don Diego de Mendoza et de sa femme Catherine de Silva, fille du comte de Cifuentes).

À la mort de Don Juan, le roi Philippe II, demi-frère de ce dernier, apprit l'existence de cette nièce illégitime, la fit officiellement reconnaître comme fille de son père avec le droit de porter le nom d'Autriche, mais lui fit prendre le voile aux Augustines de Madrigal de Las Altas Torres, près d'Avila, en 1589, à l'âge de vingt-et-un ans.

Son histoire aurait pu s'arrêter là, mais il s'en fallut de beaucoup, car elle trempa bientôt dans la conspiration de Gabriel de Espinosa, qui prétendait être le roi Dom Sébastien de Portugal, miraculeusement rescapé de la bataille de l'Alcacer-Quibir, où le corps du roi ne fut de fait jamais retrouvé, suscitant longtemps de "faux Dom Sébastien" divers. Prenant feu et flamme pour le conspirateur, dont elle se persuada qu'il était bel et bien son royal "demi-cousin", et qui en outre lui promit le mariage et donc une couronne de reine de Portugal en cas de succès, la très romanesque jeune femme lui confia tous ses bijoux pour financer l'entreprise - consistant à reprendre le Portugal à Philippe II. La conspiration échoua bientôt lamentablement, Gabriel fut pendu puis décapité à Madrigal, le frère Miguel de Los Santos, confesseur de Marie-Anne, qui avait participé au complot, réduit à l'état laïc et lui aussi pendu à Madrid.

Quant à Marie-Anne, elle fut transférée et confinée sous la plus rigoureuse clôture aux Augustines d'Avila. Après trois ans de pénitence très stricte, elle put retourner à son couvent de Madrigal, dont elle fut bientôt élue prieure.

Quelques années plus tard, son cousin Philippe III la nomma abbesse perpétuelle du Monastère Royal de Las Huelgas de Burgos, assurément la plus prestigieuse charge qu'il fût possible d'obtenir pour une religieuse (précisons qu'elle quitta bien sûr par la même occasion l'ordre de Saint-Augustin pour l'ordre cistercien). Elle consacra la fin de sa vie à sa nouvelle dignité avec une grande énergie, tant par les réparations et nouvelles constructions qu'elle fit entreprendre, que par la direction spirituelle et administrative de son monastère. Elle y repose toujours aujourd'hui, son tombeau voisinant avec les très nombreuses autres sépultures des souverains et princes de Castille qui y furent inhumés, pour l'essentiel du XIIIe au XIVe siècle. C'est ici l'occasion d'ajouter que tous ces tombeaux furent odieusement profanés par les troupes françaises lors de l'invasion napoléonienne, abominations bien dignes de la Révolution dont cet épisode fut en somme un tardif avatar, et non des moins honteusement impardonnables, parmi tous ceux dont la France se souilla surabondamment à compter de 1789.



Anne-Dorothée d'Autriche était la fille naturelle de L'Empereur Rodolphe II et de sa maîtresse Catherine Strada.

L'identité de sa mère n'est d'ailleurs pas totalement certaine. La grande majorité des auteurs considère toutefois que Catherine Strada, dont la liaison avec l'Empereur fut longue et qui lui donna plusieurs enfants naturels, doit être considérée comme la plus probable.

Anne-Dorothée reçut d'ailleurs, comme les autres enfants de Rodolphe II, le titre de marquise d'Autriche (référence à l'antique titre porté par les marquis de Habsbourg, avant qu'ils ne devinssent ducs puis archiducs d'Autriche).

A la mort de son père, son éducation fut confiée aux soins de sa tante l'Impératrice Anne de Médicis, femme de l'Empereur Matthias, qui la plaça au Monastère des Augustines Régulières de Vienne.

Lorsque l'Empereur Matthias mourut à son tour, son autre tante, sœur de Rodolphe et Matthias, l'archiduchesse Marguerite d'Autriche, qui avait pris le voile aux Carmélites Déchaussées de Madrid sous le nom de Sœur Marguerite de La Croix, s'inquiéta pour la sécurité de la jeune fille, à l'occasion des troubles consécutifs à la défenestration de Prague, et demanda qu'on la lui confie.

Anne-Dorothée fut donc envoyée à Madrid, où elle prit solennellement le voile sous le nom de Sœur Anne-Dorothée de la Conception, en présence de la famille royale et de toute la Cour.

Elle fut toute sa vie très liée à sa tante qu'elle considérait comme une mère adoptive, et mourut à l'âge avancé de quatre-vingt-deux ans.


Marie-Anne d'Autriche était la fille naturelle de Don Ferdinand d'Autriche, infant d'Espagne, le Cardinal-Infant.

Elle naquit à Bruxelles, mais l'identité de sa mère est inconnue. Elle fut placée dès l'âge de quatre ans aux Carmélites Déchaussées, y prit le voile à dix-huit ans sous le nom de Sœur Marguerite de la Croix, et y mourut en 1715, étant devenue alors la dernière survivante de la maison des Habsbourg d'Espagne. Le roi Philippe V assista en personne à ses funérailles.


Marguerite d'Autriche était la fille naturelle de Don Juan-José d'Autriche (fils naturel de Philippe IV, roi d'Espagne), et d'une fille ou nièce du célèbre peintre José de Ribera.

Plusieurs contemporains, dont le P. Jean-Évrard Nithard, confesseur de la reine Marie-Anne, belle-sœur de Don Juan-José, rapportent que la mère de Marguerite était une fille du peintre. Cependant, il semble qu'il s'agisse plutôt de sa nièce, Rosa Azzolino.

Quoi qu'il en soit, Marguerite entra aux Carmélites Déchaussées à l'âge de six ans et prit le voile à seize, sous le nom de Sœur Marguerite de la Croix, et mourut à trente-six ans, sans qu'on en puisse dire beaucoup plus à son propos.