AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Louis-Armand de Bourbon et Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, prince et princesse de Conti - Pendants

Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti, peu après son mariage
Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti


Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, princesse de Conti

Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti, enfant
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti, enfant, par Mignard
Louis de Bourbon, légitimé de France, comte de Vermandois, enfant, avec sa sœur Mademoiselle de Blois, future princesse de Conti, par Rioult
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti, par De Troy
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti, atelier de De Troy
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti
De g. à d., Louise-Françoise de Bourbon, son mari Louis, duc de Bourbon, son demi-frère le Grand Dauphin, sa demi-sœur Marie-Anne de Bourbon, princesse de Conti, et leur cousin Philippe de Bourbon-Vendôme
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti, à l'âge de 40 ans, en 1706, par Rigaud
Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, princesse de Conti, atelier de De Troy


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Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti (1661-1685)
et sa femme Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, Mademoiselle de Blois (1666-1739)






Louis-Armand de Bourbon, second prince de Conti, était le fils d'Armand de Bourbon, prince de Conti, et d'Anne-Marie Martinozzi.

Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, Mademoiselle de Blois, était la fille de Louis XIV, roi de France, et de sa favorite Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours.

Ils n'eurent pas d'enfants. Le prince de Conti mourut fort jeune, cinq ans après son mariage, ayant contacté la petite vérole au chevet de sa femme, qui, elle, en revint.

Le prince n'a pas laissé de grande trace dans l'Histoire, si ce n'est le fameux épisode au cours duquel il partit combattre en Hongrie avec son frère contre les Turcs, séjour au cours duquel on intercepta des lettres entre les princes et divers seigneurs de leur entourage, dans lesquelles étaient fort maltraités non seulement la religion et les mœurs, mais aussi (et surtout, dirait-on) le Roi et Mme de Maintenon. Louis XIV ne pardonna jamais ni à son gendre ni au frère de celui-ci, et on peut mesurer l'ampleur du ressentiment du Roi, en songeant que Louis-Armand perdit dès lors les Grandes Entrées, c'est-à-dire le privilège d'entrer dans la chambre du Roi quand il était encore au lit, et de pouvoir aussi entrer à toute heure dans le cabinet du Roi quand il n'y avait point de travail de ministre, lorsqu'on avait quelque chose de pressé à dire au Roi.


C'est encore sa cousine Mlle de Montpensier qui en parle le plus au long - et guère : "M. le prince de Conti n'avait pas une conduite qui fût agréable au Roi : il hantait beaucoup de gens qui ne lui plaisaient pas ; il se donnait des airs de libéralité qui le faisaient fort louer, et qui avaient un grand air de dérèglement ; il empruntait pour donner, sans savoir s'il aurait pour le rendre (…). Il avait paru fort dévot dans sa jeunesse, et tout d'un coup il avait planté là ses amis qui étaient gens réglés, et la dévotion, pour être toujours avec des débauchés, et se piquait de l'être. Ces hauts et bas ne seyent à personne.

Il était beau et bien fait ; mais on voyait bien à sa taille qu'il était fils d'un bossu, aussi bien que M. son frère, que l'on nommait le prince de La Roche-sur-Yon (…).

M. le prince de Conti avait beaucoup d'esprit, mais un esprit savant, contraint, distrait, qui convenait mieux à la dévotion qu'à la galanterie.
"

Mme de Caylus confirme le côté hâbleur noté par Mlle de Montpensier. Selon elle, le prince avait de l'esprit et était fort instruit, mais "gauche dans toutes ses actions, (il) n'était goûté de personne, par l'envie qu'il eut toujours de paraître ce qu'il n'était pas."

Elle ajoute ailleurs : "Pour Madame le princesse de Conti, elle ne perdit à sa petite vérole qu'un mari quelle ne regretta pas. D'ailleurs, veuve à dix-huit ans, princesse du sang, et aussi riche que belle, elle eut de quoi se consoler. On a dit qu'elle avait beaucoup plu à monsieur son beau-frère. Et comme il était lui-même fort aimable, il est vraisemblable qu'il lui plut aussi…"


Quant à la princesse de Conti, en effet, tous les mémorialistes du temps s'extasient sur sa beauté éblouissante, qui fit l'admiration générale et unanime de ses contemporains. Elle est certes ravissante sur les portraits que nous en avons, mais ils ne montrent cependant rien de plus qu'une jolie femme, et non la déesse qu'on nous décrit. Or sachons justement qu'il ne faut pas beaucoup se fier à ces portraits, car Madame, duchesse d'Orléans, déclare qu'aucun portrait de la princesse ne lui ressemble…

Ézéchiel Spanheim, ambassadeur de l'Électeur de Brandebourg, rapporte (dans son style d'ailleurs un peu pesant, qui sent sa lourdeur germanique) : "Cette princesse mérite bien qu'on en parle, puisqu'elle fait depuis quelque temps un des plus beaux ornements de la cour de France (…) Elle fut mariée au feu prince de Conti en janvier 1680, âgée seulement de quatorze ans, mais déjà avec tous les agréments d'une taille, d'un port, d'un air et d'une beauté qui charmait toute la cour. Aussi peut-on dire que sa taille, grande dès lors pour une personne de son sexe et de son âge, pour ne pas dire de sa nation, et qui s'est accrue depuis au-delà même des belles tailles, n'en est pas moins la plus belle, et la plus aisée, et la plus noble qu'on puisse voir.

Le port surtout qui l'accompagne a quelque chose de si grand, de si dégagé et de si particulier, qu'on n'en vit peut-être jamais un qui eût tout ensemble plus de majesté et plus d'agrément, qui fût aussi plus distingué de celui des autres femmes qui sont d'ailleurs les mieux partagées du côté de la taille et du port : ce qui se trouve accompagné en même temps d'un air et de manières si hautes, si belles, si assorties d'un charme nouveau, qu'elle ne peut qu'attirer les yeux sur elle et l'admiration de toute la cour. Elle brilla, entre autres, par tous ces endroits dans les divertissements de cette même cour, et surtout, dans les bals ou les ballets qui s'y faisaient, et où sa grâce et son adresse merveilleuse à la danse se joignit à tous ces avantages susdits de sa personne.

La blancheur et la beauté du teint n'y répondait pas entièrement, mais après tout qui ne laissait pas d'avoir de l'éclat ; et, comme elle fut depuis atteinte de petite vérole, durant le séjour de la cour à Fontainebleau, en automne 1686
(NB. en réalité 1685), son teint en a conservé quelques marques, surtout plus de rougeur qu'elle n'y avait auparavant."

Il est vrai que les cicatrices de la petite vérole, comme le notent aussi Mme de Caylus et Madame, duchesse d'Orléans, endommagèrent hélas la beauté éclatante de la princesse. Mais même après ce malheureux événement, l'une constate qu'"auprès d'elle, les plus belles et les mieux faites n'étaient pas regardées", et l'autre qu'"elle conserve encore la taille parfaite et une tournure de reine ; elle danse dans la perfection."

Lorsque le doge Lercaro vint présenter les excuses de la République de Gênes à Louis XIV, accompagné de quatre sénateurs, la princesse les reçut allongée sur son lit, en déshabillé. Lercaro, saisi, en perdit la parole et ne revint à lui que lorsque l'un des sénateurs lui souffla : "Au moins, Monsieur, souvenez-vous que vous êtes doge !"

Primi Visconti note : "Tous en sont amoureux, et j'ai entendu cent courtisans dire qu'ils consentiraient à être pendus un quart d'heure après l'avoir possédée (…) Elle est tout amour, et l'on a peur de laisser auprès d'elle des pages qui aient plus de dix à douze ans…"

On sait que le roi du Maroc, Moulay Ismaël, ayant entendu son ambassadeur à Versailles lui parler de la princesse comme de la plus belle femme qu'il ait jamais vue, se fit envoyer son portrait, et en tomba amoureux. Il demanda officiellement sa main à Louis XIV, qui, on l'imagine, déclina poliment… Mais pour consoler Moulay Ismaël, Louis XIV lui envoya, à défaut de sa fille, quatre horloges comtoises qui plurent tant au souverain chérifien qu'il les fit disposer autour de son mausolée, aux quatre coins de la pièce, pour veiller sur son tombeau, telles qu'elles se trouvent encore aujourd'hui, à Meknès…

Voilà à propos de cette extraordinaire anecdote, ce qu'en conte, le 27 décembre 1699, Madame, duchesse d'Orléans, à sa tante Sophie, duchesse de Hanovre : "Le roi de Maroc a écrit une énorme lettre au Roi et lui propose une alliance offensive et défensive. Ses envoyés, ajoute-t-il, lui ont parlé d'une belle princesse qu'il y a en France. À la vérité il a oublié son nom, mais c'est celle qui, au bal que Monsieur a donné au Palais-Royal, était assise à la gauche du duc de Chartres. On lui a assuré qu'elle est veuve et fille du Roi, c'est pourquoi il espère que le Roi ne la lui refusera pas. Par rapport à la religion, le Roi peut être sans crainte ; il lui laissera toute liberté et lui donnera autant de capucins qu'elle voudra, pour que chaque jour elle puisse entendre la messe. Dès qu'il aura le consentement du roi, il montera sur un navire et viendra chercher lui-même la princesse, car rien que sur la description de ses ambassadeurs il en est tombé follement amoureux. Vous voyez bien que c'est de la princesse de Conti qu'il s'agit."

On ne peut se défendre de laisser flotter son imagination à l'idée de la fille de Louis XIV devenue reine du Maroc, et qui sait mère de l'héritier de la couronne… La petite-fille de saint Louis mêlant son sang à celui du petit-fils de Mahomet, voilà qui rend songeur… Et l'on regrette presque que l'expérience n'ait pas été tentée…

Un autre mari inattendu (assurément moins que le roi du Maroc, cela dit), qui fut envisagé cette fois sérieusement pour la princesse, et par Louis XIV en personne, fut Guillaume III, prince d'Orange et futur roi d'Angleterre. On se reportera à la page qui lui est consacrée pour connaître les détails de ce projet.

Précisons pour être complet que l'esprit de la princesse ne passait pas pour être à la hauteur de sa beauté, ce qui la laissait démunie face aux railleries de sa demi-sœur la duchesse de Bourbon, qui avait hérité de l'esprit de sa mère. Quand, lors de leurs fréquentes querelles, elle avait traité la duchesse de Bourbon ou son autre demi-sœur la duchesse d'Orléans de "sac à vin", parce qu'elles étaient portées sur la bouteille, elle ne trouvait plus grand chose d'autre à leur dire, et se voyait décocher mille flèches acérées en retour, les deux filles de Madame de Montespan se moquant de celle de Mademoiselle de la Vallière au sujet de ses amours malheureuses. Car malgré toute sa beauté, la princesse de Conti ne parvint jamais à garder un seul de ses galants, qui la trompaient dans son dos, et qui pis est, avec des laiderons, comme le fit le chevalier de Clermont-Chaste avec la vilaine Mlle de Choin, qui devait d'ailleurs plus tard parvenir à épouser secrètement le demi-frère des princesses, le Grand Dauphin.

Cette circonstance de n'avoir jamais trouvé que des soupirants infidèles, jointe à l'affaire marocaine, inspira cette épigramme adressée à la princesse :

"Pourquoi refusez-vous l'hommage glorieux
D'un roi qui vous attend,
Et qui vous trouve belle ?
Puisque l'Hymen au Maroc vous appelle,
Partez : c'est peut-être en ces lieux
Qu'il vous garde un amant fidèle !
"


Enfin, si ses demi-sœurs aimaient un peu trop le vin, le penchant de la princesse de Conti était plutôt pour le tabac. Selon Saint-Simon, elle s'enfermait chez elle pour fumer en cachette des pipes qu'elle envoyait chercher chez les gardes suisses…


On l'a vu, de leur brève union, le prince et la princesse de Conti n'eurent pas de postérité. Le successeur de Louis-Armand fut donc son frère cadet, François-Louis de Bourbon, prince de La Roche-sur-Yon, puis troisième prince de Conti, dit le Grand Conti.