AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan

Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, jeune fille, alors Mademoiselle de Tonnay-Charente, atelier de Beaubrun
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, en Iris, par Elle l'Ancien
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, par Mignard
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, par Franque d'après Mignard
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, atelier de Mignard
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, par Mignard
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, manière de Gascar
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, en Allégorie de la Fortune
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, devant la galerie du château de Clagny, par Henri Gascar
Les Trois Grâces soutenant le portrait de Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, avec ses enfants
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan
Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, vers 1680, à la fin de sa faveur


Louis-César de Bourbon, légitimé de France, comte du Vexin, abbé de Saint-Denis et Saint-Germain-des-Prés

Louis-César de Bourbon, légitimé de France, comte du Vexin, abbé de Saint-Denis et Saint-Germain-des-Prés


Louise-Marie de Bourbon, légitimée de France, Mademoiselle de Tours

Louise-Marie de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Tours, faisant des bulles de savon, par Mignard
Louise-Marie de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Tours, miniature d'après Mignard


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Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan (1644-1707)

puis
son fils
Louis-César de Bourbon, légitimé de France, comte du Vexin, abbé de Saint-Denis et Saint-Germain-des-Prés (1672-1683)
et
sa fille
Louise-Marie de Bourbon, légitimée de France, Mademoiselle de Tours (1674-1681)






Le comte du Vexin avec son frère le duc du Maine et leur gouvernante, madame de Maintenon : ICI.

Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, était la fille de Gabriel de Rochechouart, duc de Mortemart, et de Diane de Grandseigne.

Appelée avant son mariage Mademoiselle de Tonnay-Charente, elle épousa Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan.

Favorite de Louis XIV, roi de France, elle lui donna :

- Louis-Auguste de Bourbon, légitimé de France, duc du Maine, prince souverain de Dombes ;

- Louis-César de Bourbon, légitimé de France, comte du Vexin, abbé de Saint-Denis et Saint-Germain-des-Prés, mort à onze ans ;

- Louise-Françoise de Bourbon, légitimée de France, Mademoiselle de Nantes, qui épousa Louis III, duc de Bourbon, prince de Condé ;

- Louise-Marie de Bourbon, légitimé de France, Mademoiselle de Tours, morte à sept ans ;

- Françoise-Marie de Bourbon, légitimée de France, Mademoiselle de Blois, qui épousa Philippe, duc d'Orléans, Régent de France ;

- Louis-Alexandre de Bourbon, légitimé de France, comte de Toulouse.


Signalons que le portrait de madame de Montespan avec ses enfants pose un réel problème d'identification.

On trouve partout, assez logiquement à première vue, que les enfants sont les quatre premiers : le duc du Maine, le comte du Vexin, et mesdemoiselles de Nantes et de Tours.

Mais si l'on y regarde de plus près, une impossibilité saute aux yeux : le duc de Maine, l'aîné, ne fait pas question. Mais le comte du Vexin avait deux ans de moins que lui, et leurs deux sœurs naquirent un et deux ans après le comte du Vexin.

Or, il est bien évident que l'enfant représenté en bas à gauche dans ce cas ne peut pas être le comte du Vexin, puisque non seulement cet enfant a beaucoup plus de deux ans de différence avec le duc de Maine (qui a sur ce portrait au moins huit ans, si ce n'est dix), mais encore il est clairement plus jeune que les deux petites filles censées être ses sœurs cadettes !

Cette identification ne tient donc pas.

Tout concorde en revanche pour une identification avec le comte de Toulouse, qui avait huit ans de moins que le duc du Maine, et se trouvait en outre le cadet de toutes ses sœurs.

Mais alors autre difficulté : le comte du Vexin devrait alors tout de même figurer sur ce tableau, puisque le comte de Toulouse avait cinq ans à la mort du comte du Vexin, et qu'à l'évidence nous le voyons ici représenté bien avant ses cinq ans. Et au fond même mademoiselle de Tours devrait y être aussi, car elle mourut lorsque le comte de Toulouse avait trois ans, et sur ce portrait il ne les a manifestement pas. En outre il devrait y avoir une troisième petite fille, mademoiselle de Blois, née un an avant le comte de Toulouse.

Alors, rien ne colle.

Une seule hypothèse satisfaisante subsiste. Il doit s'agir d'un portrait rétrospectif, qui ne présente que les quatre enfants de Mme de Montespan parvenus à l'âge adulte. D'ailleurs la position de Mme de Montespan est une reprise à l'identique d'un portrait antérieur dans la manière de Gascar, présenté ici, ce qui prouve qu'il s'agit d'une œuvre a posteriori. Il a été peint après la mort du comte du Vexin et de mademoiselle de Tours, mais en figurant les autres enfants à l'âge qu'ils avaient un an environ après la naissance du comte de Toulouse.

Le portrait recompose donc probablement une réalité arrangée, replaçant la marquise à l'époque de sa splendeur finissante quelques années plus tôt, tout en gommant les enfants disparus depuis lors.


On remarquera le portrait de mademoiselle de Tours par Mignard, riche de symbolisme. Il fut peint après la mort de la petite princesse et la brièveté de sa vie est évoquée en montrant la fillette s'amusant à faire des bulles de savon, aussi éphémères que le fut son existence. La montre posée sur la table est un autre rappel du peu de temps qu'elle passa sur la terre…


Enfin, de tous les portraits de madame de Montespan, aucun ne fait percevoir de façon aussi palpable la séduction écrasante et la sensualité de la favorite, plus que la somptueuse composition de Henri Gascar, la figurant devant la grande galerie du château de Clagny, que Louis XIV avait fait bâtir pour elle.

Devant cette opulente et lascive sultane alanguie en déshabillé, sa cascade de boucles dorées tombant sur ses épaules satinées, on pense au témoignage de Madame, duchesse d'Orléans, qui la haïssait, mais qui note qu'elle avait "tout le feu du libertinage dans les yeux, une très belle bouche et le sourire très agréable. Elle avait l'air effronté, et l'on voyait dans ses yeux l'indécence de son cœur. Elle avait de beaux cheveux blonds, de belles mains, et surtout de beaux bras…"

…Ou encore au témoignage moins aigre-doux de la marquise de Sévigné "…Mais, sérieusement, c'est une chose surprenante que sa beauté ; sa taille n'est pas de la moitié si grosse qu'elle était, sans que son teint, ni ses yeux, ni ses lèvres, en soient moins bien. Elle était tout habillée de point de France ; coiffée de mille boucles ; les deux des tempes lui tombent fort bas sur les joues ; des rubans noirs sur sa tête, des perles de la maréchale de L'Hospital, embellies de boucles et de pendeloques de diamants de la dernière beauté, trois ou quatre poinçons, point de coiffe : en un mot, une triomphante beauté à faire admirer à tous les ambassadeurs."

Il faut toutefois préciser que Mme de Montespan ne garda pas toujours intacte la beauté éclatante de ses jours de gloire, car elle finit, sans doute en raison de ses grossesses répétées, par être envahie d'un embonpoint réellement excessif.

Puis, même si Saint-Simon la prétend de façon peu vraisemblable "belle comme le jour jusqu'au dernier moment", il faut bien plus certainement en croire Madame qui, en 1701, écrit : "Mme de Montespan a la peau comme quand les enfants s'amusent à jouer avec du papier, à le plier et à le replier : tout son visage est recouvert de petites rides si rapprochées les unes des autres que c'en est étonnant ; ses beaux cheveux sont blancs comme la neige, et toute la figure est rouge…" Certes, après tout, l'ancienne favorite avait alors cinquante-sept ans…