AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours

Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours, par Nocret
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours, en Diane, par Claude Lefebvre
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours, atelier de Mignard
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours, par Mignard
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours, avec ses enfants le comte de Vermandois et Mademoiselle de Blois, par Mignard
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours, en habit de ballet, par Werner
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours, carmélite sous le nom de Sœur Louise de la Miséricorde
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours, carmélite sous le nom de Sœur Louise de la Miséricorde
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours, carmélite sous le nom de Sœur Louise de la Miséricorde
La duchesse de la Vallière au carmel, donnant des instructions de piété à sa fille Mademoiselle de Blois, par Sophie Brinisholtz-Lemire (1812)
Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours, carmélite sous le nom de Sœur Louise de la Miséricorde, sur son lit de mort


Louis de Bourbon, légitimé de France, comte de Vermandois

Louis de Bourbon, légitimé de France, comte de Vermandois, enfant
Louis de Bourbon, légitimé de France, comte de Vermandois, enfant, avec sa sœur Mademoiselle de Blois, future princesse de Conti, par Rioult
Louis de Bourbon, légitimé de France, comte de Vermandois, par Mignard
Louis de Bourbon, légitimé de France, comte de Vermandois
Louis de Bourbon, légitimé de France, comte de Vermandois


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Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours (1644-1710)
et son fils
Louis de Bourbon, légitimé de France, comte de Vermandois (1667-1683)






Louise-Françoise de la Beaume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours, était la fille de Laurent de la Beaume Le Blanc, seigneur de la Vallière, baron de Maisonfort, et de Françoise Le Prévost.

Elle fut la favorite de Louis XIV, roi de France, qui la fit duchesse en 1667.

Sa faveur ne dura guère plus de quatre ans. Bientôt délaissée pour madame de Montespan, mademoiselle de la Vallière, sincèrement éprise de Louis XIV, souffrit vivement de l'inconstance du roi. Profondément pieuse, elle éprouvait en outre de sa position de maîtresse royale une perpétuelle torture de conscience, que l'amour balançait sans jamais parvenir à la faire taire tout-à-fait.

Aussi, la fin de son idylle fut pour elle l'occasion d'un grand retour sur elle-même. En 1674, elle décida d'entrer au Carmel du Faubourg Saint-Jacques, à Paris, où elle prit le voile sous le nom de Sœur Louise de la Miséricorde, et où elle passa les trente-six années qui lui restaient à vivre, dans les pratiques de piété les plus rigoureuses et la pénitence la plus sévère.

On remarquera ici particulièrement le tableau de Mignard qui la représente avec ses enfants, et qu'elle fit peindre peu avant de quitter le siècle, à la fois comme un souvenir d'affection pour eux et comme le témoignage de sa décision relative à la vie qu'elle abandonnait et à celle qui l'attendait.

À terre, comme foulés au pied, les vains symboles de la fortune et des plaisirs, une bourse d'or, un coffret à bijoux, un masque, un guitare, un globe terrestre. La montre posée sur la table, et la rose qui s'effeuille dans sa main rappellent la brièveté des biens de cette vie. Les deux ouvrages auprès d'elle sont L'Imitation de Jésus-Christ et la Règle de sainte Thérèse. Au pied de la colonne, à droite, on distingue l'inscription : Sic transit gloria mundi. Enfin, sur la partition près de la guitare est noté ce cantique :

"Le monde étale en vain sa pompe et ses appas.

J'écoute la voix qui m'appelle !
Ah ! Qu'on méprise aisément,
Pour jouir de la gloire éternelle,
Celle qui passe en un moment !
"


Louis XIV et la duchesse de la Vallière eurent cinq enfants, dont les trois premiers moururent au berceau avant que la liaison de leurs parents fût avouée au grand jour. Ils n'eurent donc pas à être légitimés, à la différence des deux suivants :

- Marie-Anne de Bourbon, légitimée de France, mademoiselle de Blois, qui épousa Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti ;

- Louis de Bourbon, légitimé de France, comte de Vermandois.


Ce dernier, nommé grand-amiral de France à deux ans, eut une triste et brève existence. Il fut compromis à quatorze ans dans un scandale de mœurs qu'on étouffa tant bien que mal, et que son père ne lui pardonna jamais. Chassé de la Cour, il mourut deux ans plus tard, triste et alcoolique, au siège de Courtrai.

Bussy-Rabutin le décrit comme "beau, jeune, et bien fait", et Sophie, électrice de Hanovre en visite à Versailles, le trouve "fort aimable".

À propos des désordres commis par le jeune prince et ses amis, le marquis de Sourches note : "Tous ces jeunes gens avaient poussé leurs débauches dans des excès horribles, et la Cour était devenue une petite Sodome."

Ézéchiel Spanheim rapporte : "Il était d'une taille médiocre, mais bien prise, et d'ailleurs fort aimable dans tout l'air, le port et les manières de sa personne. Les agréments de l'esprit et de l'humeur y répondaient, aussi bien que la noblesse et les sentiments du cœur, et ce qui tout ensemble donnait de grandes et de belles espérances de ce qu'on en pouvait un jour attendre. Il n'y eut qu'un endroit malheureux dans sa conduite, au sujet de l'engagement d'un vilain commerce entre de jeunes seigneurs de la cour, où, sortant à peine de l'enfance, il se trouva qu'il avait été entraîné, et dont il fut châtié sévèrement par ordre du Roi son père…"

Madame, duchesse d'Orléans, qui l'aimait infiniment, écrit à la princesse de Galles : "Le comte de Vermandois était agréable et bien fait. Il louchait un peu, mais pas beaucoup. Je sais bien que le bruit a couru que M. le Dauphin l'avait débauché, mais je parierais bien ma tête que ce n'est pas vrai, car M. le Dauphin n'était pas de la secte ; il n'aimait que les femmes. Ceux qui ont débauché le pauvre M. de Vermandois sont le chevalier de Lorraine et son frère, le comte de Marsan. Ils lui ont enseigné le bel art…"

Le courroux de Louis XIV contre son malheureux fils ne fut pas désarmé par sa mort, qu'il accueillit avec indifférence. S'il faut en croire Madame, outre les mœurs de l'adolescent, il y avait là une seconde raison.

Selon elle, le Roi "ne fut point ému de la perte du pauvre comte de Vermandois, car la Montespan et la vieille (Mme de Maintenon, toujours aussi aimablement traitée par Madame) avaient fait croire au Roi que cet enfant n'était pas à lui, mais à Lauzun. Mais il eût été à désirer que tous les bâtards du roi eussent été à lui aussi sûrement que celui-là (allusion à une lubie de Madame qui voulait que certains des enfants de Mme de Montespan ne fussent pas du Roi…). Mlle de La Vallière n'était pas une maîtresse étourdie et volage, et elle l'a bien montré par son repentir et sa pénitence jusqu'à la fin de sa vie. C'était une personne tout à fait agréable, bonne, douce, tendre. Elle n'avait pas aimé le roi par ambition, mais elle avait pour lui une passion sincère, et de sa vie elle n'a aimé personne si ce n'est lui."

Quand la duchesse de la Vallière apprit par Bossuet la mort de son enfant, elle ne put retenir ses larmes, mais se reprit bientôt, en murmurant : "C'est trop pleurer la mort d'un fils dont je n'ai pas assez pleuré la naissance".

Ce mot sublime, dans la forme et dans le fond, c'est tout le XVIIe siècle…