AMATOR TEMPORIS ACTI

Bienvenue sur le site de Guillaume Attlane



Liste complète des personnages

Charles de France, duc de Berry

Charles de France, duc de Berry, enfant
Charles de France, duc de Berry, enfant
Charles de France, duc de Berry, enfant
Charles de France, duc de Berry, enfant, atelier de De Troy
Charles de France, duc de Berry, enfant, d'après De Troy
Charles de France, duc de Berry, adolescent
Charles de France, duc de Berry, adolescent
Charles de France, duc de Berry, par Vivien
Charles de France, duc de Berry
Charles de France, duc de Berry
Charles de France, duc de Berry, par Largillière
Charles de France, duc de Berry, d'après Largillière
Charles de France, duc de Berry (à droite), avec son frère Louis, duc de Bourgogne, puis dauphin de France, en 1701
Charles de France, duc de Berry, et ses trois enfants
Convoi funèbre de Charles de France, duc de Berry, de Paris à Saint-Denis, le 16 mai 1714


Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry

Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry, en habit de ballet, à 19 ans, en 1714, par Gobert
Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry, par Gobert
Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry, par Gobert
Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry, par Gobert
Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry, atelier de Gobert
Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry
Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry
Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry
Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry, en habit de chasse
Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry
Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry, en grand deuil de veuve, en 1714, d'après Louis de Silvestre


------


Charles de France, duc de Berry (1686-1714)
et sa femme Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans (1695-1719)






Charles de France, duc de Berry, était le fils de Louis, dauphin de France, le Grand Dauphin, et de Marie-Anne-Christine de Bavière.

Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans était la fille de Philippe, duc d'Orléans, Régent de France, et de Françoise-Marie de Bourbon, légitimée de France.

Ils eurent trois enfants. D'abord une fille mort-née ; puis un fils, titré duc d'Alençon, mort à vingt-et-un jours ; enfin une seconde fille posthume et morte quelques heures après sa naissance.


La duchesse de Berry a laissé dans l'Histoire un souvenir désolant. Il est inutile de s'appesantir sur sa vie de débauche, la perversité de son caractère et l'impudence inouïe de sa conduite, dont Saint-Simon a laissé des récits circonstanciés et des analyses qui sont assurément parmi ses pages les plus éblouissantes.

"Timide d'un côté en bagatelles, hardie d'un autre jusqu'à effrayer, haute jusqu'à la folie, basse aussi jusqu'à la dernière indécence, il se peut dire qu'à l'avarice près, elle était un modèle de tous les vices…"

Il faut lire dans l'inimitable mémorialiste le tableau incroyable de l'existence de la duchesse de Berry, qui fit de la vie de son brave et sympathique époux un véritable enfer, et finit par épuiser sa patience longtemps inlassable. "Il y eut entre eux des scènes violentes et redoublées. La dernière qui se passa à Rambouillet, par un fâcheux contre-temps, attira un coup de pied dans le cul à Mme la duchesse de Berry, et la menace de l'enfermer dans un couvent pour le reste de sa vie".

Le malheureux prince en arriva à solliciter à son grand-père Louis XIV l'autorisation de se séparer de sa femme, lorsque sa mort inopinée rendit ce projet inutile.

Pour faire genre, quelques auteurs contemporains se sont employés à tenter de la réhabiliter, tâche pour laquelle il faut bien du courage et surtout bien de la mauvaise foi, tant les témoignages des contemporains de la princesse sont unanimes à son sujet.

Moins souvent citée que Saint-Simon, Mme de Caylus confirme en tout point le tableau, et l'on n'en donnera ici qu'un abrégé.

"Elle se montra donc, dès le lendemain de ses noces, telle qu'elle était, c'est-à-dire une autre reine de Navarre (ie. la Reine Margot) pour les mœurs ; à quoi elle ajoutait le goût du vin (…). Mais il faut avouer qu'elle avait élevée d'une façon bien propre à porter ses mauvaises qualités aussi loin qu'elles pouvaient aller. M. son père avait eu pour elle, dès sa naissance, une amitié singulière. (…) Elle le voyait avec ses maîtresses ; il la faisait souvent venir en tiers entre Mme d'Argenton et lui ; et comme il avait le goût de la peinture, il peignit lui-même sa fille toute nue."

Mme de Caylus raconte ensuite comment la princesse sut admirablement cacher sa vraie nature dès qu'il fut question de la marier au duc de Berry, pour ne pas compromettre ses ambitions.

"Mais quand elle fut une fois mariée, elle crut que rien ne valait la peine qu'elle se contraignît. Aussi s'enivra-t-elle avec M. son père deux jours après son mariage, dans un souper qu'il donna à Mme la Dauphine à Saint-Cloud, aux yeux de cette princesse, de Mme sa mère et de M. le duc de Berry. Non contents d'avoir bu beaucoup à table, ils allèrent s'achever avec des liqueurs dans un petit cabinet (…). Je ne dirai pas comment elle manifesta ses autres inclinations ; il suffit de dire qu'elle ne tarda pas à les faire connaître."

Sur ce souper, complète Saint-Simon, la princesse et son père, "mais elle bien plus que lui, s'y enivrèrent au point que Mme la duchesse de Bourgogne, Mme la duchesse d'Orléans et tout ce qui était là ne surent que devenir (…). L'effet du vin, haut et bas, fut tel qu'on en fut en peine, et ne la désenivra point : tellement qu'il fallut la ramener en cet état à Versailles. Tous les gens des équipages la virent, et ne s'en turent point."

Et ailleurs, ajoute-t-il, "elle ne faisait guère de repas libres, et ils étaient fréquents, qu'elle ne s'enivrât à perdre connaissance, et à rendre partout ce qu'elle avait pris".

Quant à sa vie privée, ses amants, ses nombreuses fausses couches dans les années qui suivirent son veuvage, faisons comme Mme de Caylus, n'insistons pas…

Ajoutons honnêtement que les rumeurs de rapports incestueux entre la princesse et son père, dont elle aurait même eu un enfant, sont certainement de pures calomnies, et bien qu'on ne prête qu'aux riches, il était bien inutile de noircir ainsi la princesse plus que la vérité ne l'exigeait.

On ne citera donc que pour la curiosité cette perfide épigramme du temps :

"Ce n'est pas le fils, c'est le père,
C'est la fille et non pas la mère,
À cela près tout est au mieux,
Ils ont déjà fait Étéocle,
Et s'il vient à perdre les yeux,
C'est le vrai sujet de Sophocle
".

Enfin le scandale public de cette vie fut tel que lorsqu'elle mourut, nul ne put ni ne voulut prononcer aucune oraison funèbre, fait absolument sans exemple pour une princesse de ce rang.

Mais la plus éloquente oraison funèbre, du reste, se trouve dans deux passages de la correspondance de sa grand-mère, Madame, duchesse d'Orléans, qui, tout en déplorant son inconduite, adorait cette petite-fille indigne, et ne peut être soupçonnée de malveillance sur son compte.

Après avoir écrit à sa demi-sœur la raugrave Louise plusieurs lettres sur son affliction provoquée par la maladie et la mort de la princesse, Madame soudain change de ton. Elle confie que les gens de la duchesse de Berry semblent s'être facilement consolés de sa mort, et…

"Moi aussi, ma chère Louise, je m'en console et pour bien des raisons : j'ai appris après sa mort beaucoup de choses qu'il est impossible d'écrire…"

Et un mois plus tard : "C'est ce qu'on peut faire de mieux, de ne pas parler du tout de la pauvre duchesse de Berry. Plût à Dieu que j'aie moins de motifs de me consoler de sa mort ! C'est pire que tout ce que vous sauriez imaginer…"

N'en demandons pas plus…