AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Richard, duc d'York, et son fils Édouard IV, roi d'Angleterre, vitrail de la Collégiale de Fotheringhay
Richard, duc d'York
Cécile Neville, duchesse d'York, relevé d'un vitrail de l'église de Penrith
Cécile Neville, duchesse d'York
Édouard IV, roi d'Angleterre, par Henry Pierce Bone, d'après une enluminure du temps
Édouard IV, roi d'Angleterre
Édouard IV, roi d'Angleterre
Édouard IV, roi d'Angleterre
Édouard IV, roi d'Angleterre
Édouard IV, roi d'Angleterre, par Renold Elstrick
Édouard IV, roi d'Angleterre
Édouard IV, roi d'Angleterre
Édouard IV, roi d'Angleterre, statue de cire du Potter's Wax Museum
Mariage d'Édouard IV et d'Élisabeth Woodville, roi et reine d'Angleterre
Édouard IV, roi d'Angleterre, avec sa femme Élisabeth Woodville et leur fils le futur Édouard V (miniature ayant inspiré les portraits de Henry Pierce Bone)
Élisabeth Woodville, reine d'Angleterre
Élisabeth Woodville, reine d'Angleterre, portrait original repris par diverses répliques ultérieures
Élisabeth Woodville, reine d'Angleterre
Élisabeth Woodville, reine d'Angleterre
Élisabeth Woodville, reine d'Angleterre
Élisabeth Woodville, reine d'Angleterre
Édouard V, roi d'Angleterre, alors prince de Galles, en 1482, vitrail du prieuré de Little Malvern
Édouard V, roi d'Angleterre, par Henry Pierce Bone, d'après une enluminure du temps
Édouard V, roi d'Angleterre
Édouard V, roi d'Angleterre
Édouard V, roi d'Angleterre, par Wenceslas Hollar
Édouard V, roi d'Angleterre, et son frère Richard, duc d'York, emprisonnés à la Tour de Londres, par Millais (1878)
Édouard V, roi d'Angleterre, et son frère Richard, duc d'York, emprisonnés à la Tour de Londres, par Paul Delaroche (1830)
Édouard V, roi d'Angleterre, et son frère Richard, duc d'York, emprisonnés à la Tour de Londres, par Paul Delaroche (1852)
L'assassinat d'Édouard V, roi d'Angleterre, et de son frère Richard, duc d'York, par Théodore Hildebrandt (1836)
L'assassinat d'Édouard V, roi d'Angleterre, et de son frère Richard, duc d'York, par William Simson (v.1840)
Richard III, roi d'Angleterre
Richard III, roi d'Angleterre
Richard III, roi d'Angleterre
Richard III, roi d'Angleterre
Richard III, roi d'Angleterre
Richard III, roi d'Angleterre, par Henry Pierce Bone
Richard III, roi d'Angleterre (remarquer son emblème, le sanglier, dévoré par le dragon, emblème de son vainqueur Henry VII)
Richard III, roi d'Angleterre, et sa femme Anne Neville
Richard III, roi d'Angleterre, sa femme Anne Neville, leur fils Édouard, relevé du "Rous Roll"
Richard III, roi d'Angleterre, et sa femme Anne Neville, vitrail du château de Cardiff
Anne Neville, reine d'Angleterre
Le tragédien anglais David Garrick interprétant Richard III, saisi par la vision de sa mort prochaine à la veille de la bataille de Bosworth, dans la pièce de Shakespeare, par Hogarth (1745)
Le tragédien américain Thomas W. Keene interprétant Richard III, dans la pièce de Shakespeare (1884)
Richard III, roi d'Angleterre, reconstitution faciale d'après son crâne retrouvé en 2012


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Richard Plantagenêt, duc d'York (1411-1460)
et sa femme Cécile Neville (1415-1495)

puis

leur fils aîné
Édouard IV, roi d'Angleterre (1442-1483)
et sa femme Élisabeth Woodville (1437-1492)

puis leurs fils
Édouard V, roi d'Angleterre (1470-1483)
Richard de Shrewsbury, duc d'York (1473-1483)

leur fils cadet
Richard III, roi d'Angleterre (1452-1485)
et sa femme Anne Neville (1456-1485)
et leur fils Édouard de Middleham, prince de Galles (1473-1484)






Richard Plantagenêt, duc d'York était le fils de Richard, comte de Cambridge, et d'Anne Mortimer.

Richard de Cambridge était fils d'Edmond de Langley, duc d'York, fils d'Édouard III, roi d'Angleterre, et de Philippa de Hainaut.

Anne Mortimer était fille de Roger Mortimer, comte de March, fils de Philippa Plantagenêt, fille de Lionel d'Anvers, comte de Clarence, fils d'Édouard III, roi d'Angleterre, et de Philippa de Hainaut.

Richard d'York descendait donc d'Édouard III des deux côtés. Mais en l'occurrence, c'est surtout du côté maternel que cette ascendance était importante.

Car rappelons qu'Édouard III eut quatre fils.

L'aîné, le Prince Noir, mourut avant lui et c'est son fils qui succéda à Édouard sous le nom de Richard II, lequel n'eut pas de postérité. Bien.

Le second fut Lionel d'Anvers, duc de Clarence, le troisième Jean de Gand, duc de Lancastre, le dernier Edmond de Langley, duc d'York. On sait que Richard II fut détrôné par le fils de Jean de Gand, qui devint Henry IV. La branche de Clarence aurait dû avoir la préférence puisque Lionel d'Anvers était le frère aîné de Jean de Gand. Mais Henry IV fit valoir que la branche de Clarence n'était issue que d'une fille (Philippa fille de Lionel), et que les droits de la branche de Lancastre étaient donc supérieurs puisqu'en ligne masculine. La branche de Clarence s'accommoda plus ou moins de cet argument, jusqu'au moment où elle s'éteignit, à l'exception d'Anne Mortimer, la dernière représentante de la lignée, qui avait épousé le comte de Cambridge, de la branche d'York, issue du dernier fils d'Édouard III, Edmond de Langley. Les droits de la maison de Clarence passèrent ainsi à la maison d'York. Alors Richard, duc d'York, fils de Richard de Cambridge et d'Anne Mortimer, déclara que, par sa mère, aîné de tous les descendants d'Édouard III, il n'admettait pas l'argument de la primauté masculine invoqué par Henry IV (de fait, rien ne permettait d'en décider dans un sens ou dans l'autre, la succession d'Angleterre n'étant réglée par aucun principe établi). La maison de Lancastre ayant pour emblème une rose rouge et la maison d'York ayant pour emblème une rose blanche, commença alors la Guerre des Deux-Roses


Richard d'York tenta de détrôner Henry VI (qui après son père Henry V avait succédé à son grand-père Henry IV), mais sans succès. Il fut tué en affrontant Henry VI à la bataille de Wakefield.

Mais le fils de Richard continua la lutte, et prit sa revanche.

En effet Richard avait épousé Cécile Neville, fille de Ralph Nevill, comte de Westmorland, et de Jeanne de Beaufort, fille de Jean de Gand et Catherine Swynford (fille née naturelle, puis légitimée par le mariage ultérieur de ses parents).

D'où essentiellement :

- Édouard IV, roi d'Angleterre ;

- Richard III, roi d'Angleterre ;

- Marguerite, qui épousa Charles le Téméraire, duc de Bourgogne.


Édouard écrasa les armées d'Henry VI à la bataille de Mortimer's Cross, le fit déposer par le Parlement et fut couronné roi d'Angleterre à sa place. Peu après, les partisans d'Henry VI parvinrent à le faire remonter sur le trône, et Édouard dut aller se réfugier à la cour de son beau-frère Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, époux de sa sœur Marguerite d'York. Mais l'intermède fut de courte durée. Édouard revint en force, et il écrasa définitivement les troupes de son adversaire à la Bataille de Tewkesbury. Henry VI mourut quelques jours plus tard, dans sa prison. Officiellement ce fut de chagrin, après avoir appris que son jeune fils avait été tué à Tewkesbury, mais on imagine sans peine ce qu'il faut comprendre de cette mort à point nommé.

Au demeurant Édouard IV fut un excellent roi, d'une prestance extrême, d'un visage agréable, de très haute taille (il mesurait 1m93), courageux et redoutable sur les champs de bataille, et il gouverna avec une grande sagesse et une grande habileté.

Il épousa Élisabeth Woodville, fille de Richard Woodwille, comte Rivers, et de Jacquette de Luxembourg (veuve du duc de Bedford, frère d'Henry V).

D'où essentiellement :

- Édouard V, roi d'Angleterre ;

- Richard de Shrewsbury, duc d'York ;

- Élisabeth, qui épousa Henry VII, roi d'Angleterre.


Lorsqu'Édouard IV mourut, son fils aîné n'avait que treize ans. Par testament, il avait donc nommé son frère Richard régent du royaume pendant la minorité de son neveu.

Or voici que quelques semaines après la mort d'Édouard IV, Robert Stillington, évêque de Bath, déclara qu'il avait jadis secrètement marié le défunt roi avec Lady Eleanor Talbot, laquelle était encore en vie lorsqu'Édouard avait épousé Élisabeth Woodville. En conséquence ce second mariage était nul, et les enfants qui en étaient issus étaient illégitimes, et bien sûr inaptes à succéder à la couronne.

Richard s'empressa d'obtenir du Parlement la déchéance de ses neveux et de se faire couronner sous le nom de Richard III. Les deux petits princes furent enfermés dans la Tour de Londres, et nul n'en entendit plus jamais parler.

On n'aura jamais fini de gloser sur ce qui leur advint exactement, quand et comment, le mystère des "Enfants d'Édouard" étant depuis lors une des plus grandes énigmes historiques. Mais jusqu'à preuve du contraire, il est difficile de ne pas souscrire à l'opinion qui a toujours prévalu dès l'époque même du drame, selon laquelle bien évidemment leur oncle Richard III les fit assassiner pour s'assurer définitivement de la couronne sans craindre de futures protestations.

Précisons en outre que quelques années plus tard, le roi Henry VII fit révoquer la déclaration de nullité du mariage d'Élisabeth Woodville, et réaffirmer officiellement la légitimité des enfants qui en étaient issus - parmi lesquels sa propre épouse Élisabeth d'York, comme de juste…


Quant à Richard III, il épousa Anne Neville, fille de Richard Neville, comte de Warwick, et d'Anne de Beauchamp (héritière du comté de Warwick, c'est elle qui le transmit à son mari).

Richard Neville était fils de Richard Neville, comte de Salisbury, frère de Cécile Neville, duchesse d'York. Richard III et le comte de Warwick étaient donc cousins germains, et Anne Neville était ainsi nièce à la mode de Bretagne de son mari.

Anne Neville épousa Richard lorsqu'il n'était encore que duc de Gloucester. Elle était déjà la très jeune veuve du malheureux Édouard de Westminster, prince de Galles, fils d'Henry VI, tué six mois après leur mariage.

Richard III et Anne Neville n'eurent qu'un fils mort enfant, Édouard de Middleham, prince de Galles. Anne mourut elle-même un an après son fils.

Et quelques mois plus tard, les armées de Richard III furent écrasées par celles d'Henry Tudor, héritier de la maison de Lancastre, à la bataille de Bosworth, et Richard y perdit la couronne et la vie.

Henry devint Henry VII, roi d'Angleterre, et épousa Élisabeth d'York, nièce de Richard, réconciliant symboliquement les deux branches de Lancastre et d'York et mettant définitivement fin à la fratricide et sanglante Guerre des Deux-Roses.


On sait que la réputation posthume de Richard III fut considérablement compromise par la légende noire que la dynastie Tudor, de façon du reste fort compréhensible, s'employa à répandre sur son compte, et dont la pièce de Shakespeare constitue la quintessence (l'aspect de l'acteur Keene dans le rôle du roi, qu'on peut voir ici sur une affiche de la fin du XIXe siècle, nous offre une excellente image de cette séculaire incarnation de Richard III comme "méchant de service"…).

Ses effigies elles-mêmes participèrent de ce phénomène, car les portraits dont nous disposons furent peints sous les Tudor, et montrent un homme passablement laid, au visage émacié, aux traits accusés, et à la physionomie cruelle. Un simple détail devait dès l'abord indiquer que ces représentations ne pouvaient pas être bien fidèles, puisque Richard III mourut à trente-trois ans, et semble en avoir cinquante sur tous ses portraits.

Or, en 2012, son squelette fut miraculeusement retrouvé… sous un parking de Leicester. Le roi avait en effet été inhumé chez les Franciscains de cette ville, mais sa tombe avait disparu depuis la dissolution et la destruction des monastères sous Henry VIII. Les restes formellement identifiés par l'ADN permirent aux spécialistes de livrer une reconstruction faciale à partir de son crâne.

Le résultat est particulièrement réussi, et nous restitue enfin le véritable aspect de Richard III.

Le visage a retrouvé ses traits harmonieux, et la jeunesse d'un homme de trente ans. Il est intéressant de le comparer avec les portraits, car une sorte de ressemblance est bel et bien incontestable, mais il apparaît alors tout-à-fait clairement que ces portraits sont des réinterprétations d'authentiques effigies disparues, qui furent "enlaidies" à dessein.

L'air de famille avec le visage agréable de son frère Édouard IV apparaît aussi désormais beaucoup plus nettement.