AMATOR TEMPORIS ACTI

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Ascension
Liste complète des personnages
Henry III, roi d'Angleterre, effigie funéraire de son tombeau dans l'abbaye de Westminster
Henry III, roi d'Angleterre, effigie funéraire de son tombeau dans l'abbaye de Westminster
Éléonore de Provence, reine d'Angleterre, effigie funéraire de son tombeau dans l'abbaye de Westminster
Édouard I<sup>er</sup>, roi d'Angleterre, par Renold Elstrick
Édouard I<sup>er</sup>, roi d'Angleterre
Édouard I<sup>er</sup>, roi d'Angleterre, créant prince de Galles son fils le futur Édouard II
Édouard I<sup>er</sup>, roi d'Angleterre, rendant hommage à son beau-frère Philippe IV le Bel, roi de France, pour le duché d'Aquitaine, en 1286
Édouard I<sup>er</sup>, roi d'Angleterre, et sa première femme Éléonore de Castille, statues de la cathédrale de Lincoln
Édouard I<sup>er</sup>, roi d'Angleterre, et sa première femme Éléonore de Castille
Corps d'Édouard I<sup>er</sup>, roi d'Angleterre, dessiné tel qu'il apparut lors de l'ouverture de sa tombe en 1774
Éléonore de Castille, reine d'Angleterre, effigie funéraire de son tombeau dans l'abbaye de Westminster
Marguerite de France, reine d'Angleterre, statue de la cathédrale de Lincoln
Éléonore de Castille, reine d'Angleterre, effigie funéraire du monument renfermant ses entrailles, dans la cathédrale de Lincoln
Édouard II, roi d'Angleterre, effigie funéraire dans la cathédrale de Gloucester
Édouard II, roi d'Angleterre, effigie funéraire dans la cathédrale de Gloucester
Isabelle de France, reine d'Angleterre, avec son père Philippe IV le Bel, roi de France, ses frères les futurs Philippe V, Charles IV, Louis X (alors roi de Navarre), et son oncle Charles de Valois
Mariage d'Édouard II, roi d'Angleterre, avec Isabelle de France, à Boulogne-sur-Mer, le 25 janvier 1308
Isabelle de France, reine d'Angleterre, rendant visite à son frère Charles IV le Bel, roi de France, en 1325
Édouard Fitzalan, comte d'Arundel, et Hugh Le Despencer, comte de Winchester, amenés captifs devant Isabelle de France, reine d'Angleterre, et son fils Édouard III
Édouard III, roi d'Angleterre, faisant arrêter sa mère Isabelle de France et l'amant de celle-ci, Lord Mortimer
Isabelle de France, reine d'Angleterre, fragment d'une sculpture de la cathédrale de Bristol
Édouard III, roi d'Angleterre
Édouard III, roi d'Angleterre, rendant hommage à Philippe VI, roi de France, pour le duché d'Aquitaine, à Amiens, le 6 juin 1329
Édouard III, roi d'Angleterre, relevé d'une fresque de la chapelle Saint-Étienne de l'abbaye de Westminster
Édouard III, roi d'Angleterre, copie d'une miniature des "Chroniques" de Froissart
Édouard III, roi d'Angleterre, tête de l'effigie réalisée pour les cérémonies funèbres du roi
Édouard III, roi d'Angleterre, par Henry Pierce Bone
Édouard III, roi d'Angleterre
Édouard III, roi d'Angleterre
Édouard III, roi d'Angleterre
Édouard III, roi d'Angleterre, statue de la cathédrale d'York
Édouard III, roi d'Angleterre, effigie funéraire de son tombeau dans l'abbaye de Westminster
Édouard III et Philippa de Hainaut, roi et reine d'Angleterre, relevé de leurs gisants dans l'abbaye de Westminster
Couronnement de Philippa de Hainaut, reine d'Angleterre, à Westminster, le 4 mars 1330
Philippa de Hainaut, reine d'Angleterre, effigie funéraire de son tombeau dans l'abbaye de Westminster
Philippa de Hainaut, reine d'Angleterre, en protectrice du "Queen's College" d'Oxford fondé en son honneur, gravure de Murray d'après son gisant de Westminster
Édouard d'Angleterre, prince de Galles, dit "le Prince Noir" (inscription en français "Le prinche Eduard"), miniature d'un armorial de l'Ordre de la Jarretière, vers 1435
Édouard d'Angleterre, prince de Galles, dit "le Prince Noir", effigie funéraire de tombeau dans l'abbaye de Westminster
Jeanne de Kent, princesse de Galles
Jeanne de Kent, princesse de Galles, avec son fils Richard II, roi d'Angleterre, copie d'une enluminure du temps
Richard II, roi d'Angleterre
Richard II, roi d'Angleterre, avec saint Edmond, saint Édouard le Confesseur et saint Jean-Baptiste, panneau du "Dyptique Wilton"
Richard II, roi d'Angleterre
Richard II, roi d'Angleterre, par Henry Pierce Bone
Richard II, roi d'Angleterre
Richard II, roi d'Angleterre
Richard II, roi d'Angleterre, effigie funéraire de son tombeau dans l'abbaye de Westminster
Richard II, roi d'Angleterre, capturé par le comte de Northumberland
Couronnement de Richard II et Anne de Bohême, roi et reine d'Angleterre
Anne de Bohême, reine d'Angleterre, tête de l'effigie réalisée pour les cérémonies funèbres de la reine
Anne de Bohême, reine d'Angleterre, effigie funéraire de son tombeau dans l'abbaye de Westminster
Isabelle de France, reine d'Angleterre, est présentée par son père Charles VI, roi de France, à son futur mari Richard II, roi d'Angleterre
Isabelle de France, reine d'Angleterre, est présentée par son père Charles VI, roi de France, à son futur mari Richard II, roi d'Angleterre


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Henry III, roi d'Angleterre (1207-1272)
et sa femme Éléonore de Provence (1217-1291)

puis leur fils
Édouard Ier, roi d'Angleterre (1239-1307)
et
sa première femme Éléonore de Castille (1241-1290)
sa deuxième femme Marguerite de France (1282-1317)

puis le fils du premier lit
Édouard II, roi d'Angleterre (1284-1327)
et sa femme Isabelle de France (1295-1358)

puis leur fils
Édouard III, roi d'Angleterre (1312-1377)
et sa femme Philippa de Hainaut (1314-1369)

puis leur fils
Édouard de Woodstock, prince de Galles, le Prince Noir (1330-1376)
et sa femme Jeanne de Kent (1328-1385)

puis leur fils
Richard II, roi d'Angleterre (1367-1400)
et
sa première femme Anne de Bohême (1366-1394)
sa seconde femme Isabelle de France (1389-1409)






Henry III, roi d'Angleterre était le fils de Jean Sans Terre, roi d'Angleterre, et d'Isabelle d'Angoulême.

Précisons que les rois d'Angleterre étaient également seigneurs d'Irlande sous la suzeraineté du Saint-Siège, depuis la bulle Laudabiter (1155) par laquelle le pape Adrien IV accordait la possession de ces territoires au roi Henry II. C'est seulement à compter d'Henry VIII, en 1541, qu'ils prirent le titre de rois d'Irlande, puisque la rupture avec le Saint-Siège rendait caduque (de façon toute théorique d'ailleurs) la situation antérieure.

Éléonore de Provence était la fille de Raymond-Bérenger IV, comte de Provence, et de Béatrice de Savoie.

Elle était donc la sœur de Marguerite de Provence, reine de France.

Henry III et Éléonore de Provence eurent essentiellement :

- Édouard Ier, roi d'Angleterre.


Édouard Ier épousa d'abord Éléonore de Castille, fille de saint Ferdinand (Ferdinand III), roi de Castille, et de Jeanne de Dammartin.

Il en eut le nombre honorable de vingt enfants - à peu près un par an durant la vingtaine d'année qui suivit leur mariage… Parmi ceux qui parvinrent à l'âge adulte, essentiellement :

- Édouard II, roi d'Angleterre (qui suit).

Il épousa ensuite Marguerite de France, fille de Philippe III le Hardi, roi de France, et de Marie de Brabant.

Il en eut essentiellement Edmond (dit de Woodstock, du lieu de sa naissance), comte de Kent, qui fut père de Jeanne de Kent, épouse du Prince Noir (voir ci-dessous).


Édouard II épousa Isabelle de France, fille de Philippe IV le Bel, roi de France, et de Jeanne de Navarre.

Édouard II et Isabelle étaient donc cousins germains, puisque Marguerite de France, mère d'Édouard, et Philippe le Bel, père d'Isabelle, étaient frère et sœur.

Cette étroite parenté ne rendit pas le mariage plus heureux, même s'il débuta sous les meilleurs auspices.

Édouard II était beau, grand, athlétique, habile aux exercices du corps et de l'esprit. Et Isabelle, que son mari surnomma dès l'abord Isabella the Fair (Isabelle la belle), était en effet au dire du chroniqueur Geoffroy de Paris, "la plus belle des belles du royaume, si ce n'est de toute l'Europe". C'était de famille, tant les contemporains semblent avoir été pareillement frappés par la beauté de son père et de ses frères.

Malheureusement, Édouard préféra rapidement à sa femme des attachements masculins, et l'entente des premiers temps se rompit tout à fait. Isabelle rongea son frein, jusqu'au jour où elle sut mettre à profit les événements pour faire subir à son mari une implacable vengeance.

Édouard, entièrement et publiquement soumis à son favori Hugues Le Despencer, atteignit progressivement des sommets d'impopularité. Dans le même temps, l'éternelle querelle entre le roi d'Angleterre et le roi de France au sujet de l'hommage que devait rendre le premier au second pour le duché d'Aquitaine se réveilla une fois de plus.

Il fut décidé qu'Isabelle se rendrait dans sa France natale en vue d'y négocier une conciliation avec son frère le roi Charles IV. Isabelle trouvait un prétexte véritablement inespéré pour quitter l'Angleterre et cet époux désormais détesté, et c'est Édouard lui-même qui le lui offrait sur un plateau d'argent ! Première erreur d'Édouard. Isabelle n'eut garde de perdre une seconde. Elle partit pour la France en mars, devant être de retour en Angleterre pour l'été. Elle conclut l'accord tant bien que mal, et du reste en sorte que fût confirmée l'obligation pour son mari de rendre l'hommage à son frère, belle conclusion pour les anglais, et qui ne valait certes pas le voyage…

Mais alors seconde et fatale erreur d'Édouard : plutôt que de venir lui-même rendre l'hommage, il envoya en France, pour le faire en son nom, son jeune fils le prince de Galles (futur Édouard III), âgé de treize ans. Le jeune prince ne fut pas sitôt en France qu'Isabelle fit savoir à son époux que ni elle ni leur fils ne retourneraient en Angleterre.

Édouard écrivit en vain à Charles IV, qui lui répondit froidement qu'Isabelle était venue librement en France et qu'elle en partirait de même, et puis qu'au demeurant, au cas où elle ne voudrait pas partir, elle était sa sœur, et qu'il ne la chasserait pas.

A la même époque, Isabelle prit un amant, Lord Mortimer, seigneur anglais rebelle à Édouard II, qui avait fui le royaume deux ans plus tôt et s'était établi en France.

Le scandale de cette liaison quasi-affichée ne plut pas à son frère Charles IV, et Isabelle dut quitter la France ; elle partit pour le Hainaut avec son fils et Lord Mortimer. Là, ils négocièrent le mariage du jeune prince de Galles avec la fille de Guillaume Ier, comte de Hainaut, et surtout levèrent une armée destinée à envahir l'Angleterre et à détrôner Édouard II.

Bientôt ils débarquèrent sur les côtes anglaises à la tête de leurs troupes, et au fur et à mesure de leur avancée sur les terres, ralliant à leur cause les armées envoyées par Édouard pour les appréhender ! Rapidement une immense coalition de tous les mécontents se rangea derrière Isabelle et Lord Mortimer. Édouard abandonné de toute part dut fuir Londres, dont approchait l'armée de sa femme. Enfin, il fut capturé et Isabelle le fit jeter en prison, pendant que ses derniers fidèles étaient impitoyablement exécutés. Parmi eux, les plus notables étaient Édouard Fitzalan, comte d'Arundel, et Hugues Le Despencer, comte de Winchester (père et homonyme du favori d'Édouard II). On les voit, sur l'une des miniatures présentées ici, traînés devant Isabelle après leur arrestation. A l'arrière-plan, une charmante allusion au sort qui les attend…

Isabelle fit, comme du juste, réserver le plus atroce supplice au favori de son mari, Hugues Le Despencer, qui fut (entre autres horribles tourments) châtré, éventré, puis décapité et découpé en morceaux, après quoi ses membres furent jetés aux quatre vents.

Édouard fut contraint à l'abdication, et Isabelle prit le titre de régente. Néanmoins, la situation n'était pas pleinement assurée tant que son époux restait en vie. Comme cela se trouve : il mourut à point nommé, dans sa prison, neuf mois plus tard, et Isabelle n'eut plus à craindre aucun retournement de fortune de ce côté… Assurément, il n'existe aucune trace formelle d'un ordre d'assassinat (le contraire serait étonnant). Mais la naïveté a des limites, surtout lorsqu'on a pu constater, par l'ensemble de son existence, à quel point les scrupules eurent de prise sur l'âme de la Louve de France, comme la surnommèrent ses sujets…

Ajoutons que bien sûr, certains racontèrent et racontent encore qu'Édouard II ne connut alors qu'une mort simulée, qu'il vécut encore longtemps en Italie sous une identité empruntée, bla, bla, bla (voir Jeanne d'Arc, Marguerite de Bourgogne, le duc de Beaufort, Louis XVII, Madame Royale, Anastasia de Russie, etc.). Sempiternelles et fatigantes sottises.

Quant à Isabelle, elle gouverna de concert avec Lord Mortimer quelques années encore, le jeune Édouard III restant sous leur tutelle absolue. Du reste l'arrogance et la morgue de Lord Mortimer envers le souverain adolescent allaient toujours plus loin. Cela n'était pas prudent de sa part, et l'on se demande toujours comment il est possible à ce genre de favoris de ne pas prévoir qu'ils auront à payer un jour leurs effronteries du moment… En somme se jouait ici (la liaison amoureuse mis à part) l'exacte préfiguration des rapports entre Marie de Médicis, Concini et le jeune Louis XIII. Comme il se doit, tout cela finit exactement de la même façon.

Peu avant ses dix-huit ans, suite à une dernière insolence du favori de sa mère, Édouard III assembla quelques fidèles, et fit soudainement arrêter en même temps Lord Mortimer et Isabelle, surpris dans leur sommeil en pleine nuit. Isabelle désespérée se jeta aux pieds de son fils pour sauver son amant, en pure perte. Il fut condamné pour usurpation du pouvoir royal et pour diverses autres malversations, constituant en tout le crime de haute trahison. Et il fut pendu.

Isabelle passa elle-même deux années en résidence surveillée, après quoi elle put se retirer dans son château de Norfolk, et vécut alors paisiblement et encore près de trente ans, dans une retraite dorée, paraissant d'ailleurs régulièrement à la cour. L'année même de sa mort, elle participait encore aux cérémonies de la Saint-Georges à Windsor, en robe de soie brodée d'argent semée de trois cents rubis et de mille huit cents perles, une couronne d'or en tête. Elle prit le voile chez les clarisses dans les derniers mois de sa vie, et mourut peu après.

Selon ses propres volontés, elle fut enterrée dans sa robe de mariée et avec l'urne renfermant le cœur d'Édouard II. Inconcevable sommet d'hypocrisie ou bien plutôt témoignage de tardifs remords, bien légitimes ? Accordons-lui le bénéfice de la seconde hypothèse.

Son tombeau n'existe plus, car il se trouvait dans l'église des franciscains ("Greyfriars", c'est-à-dire "frères-gris") de Londres, laquelle fut en grande partie démolie lors de la dissolution des monastères sous Henry VIII, ainsi disparurent, outre le tombeau d'Isabelle, celui de Marguerite de France, femme d'Édouard Ier, et le monument du cœur d'Éléonore de Provence, femme d'Henry III. Profanations de Saint-Denis avant l'heure… Réforme, révolution, vandalisme et barbarie se tiennent par la main.

Édouard II et Isabelle avaient eu (outre Jean, comte de Cornouailles, mort jeune, et Jeanne, reine d'Écosse, sans postérité) :

- Aliénor, duchesse de Gueldres, arrière-arrière-grand-mère d'Arnold d'Egmont, duc de Gueldres ;

- Édouard III, roi d'Angleterre.


Édouard III épousa Philippa de Hainaut, fille de Guillaume Ier, comte de Hainaut, et de Jeanne de Valois.

Jeanne, mère de Philippa, était la sœur de Philippe VI, roi de France, qui par le mariage de sa nièce fut ainsi l'oncle d'Édouard III. Naturellement Philippe VI était aussi directement l'oncle à la mode de Bretagne d'Édouard III, puisque cousin germain d'Isabelle de France (les pères de Philippe VI et d'Isabelle étant frères).

Ainsi l'on voit à quel point les liens familiaux étaient étroits entre les antagonistes de la Guerre de Cent Ans qui commença à cette époque. Sur ce sujet, on se contentera de redire combien les prétentions d'Édouard III à la couronne de France étaient insoutenables de tous côtés, quand bien même on eût admis la transmission de la couronne de France en ligne féminine, puisqu'en ce cas devaient passer avant lui d'autres princes déjà nés ou susceptibles de naître des différentes filles des frères aînés d'Isabelle, Louis X, Philippe V, et Charles IV.

D'ailleurs, lorsqu'Édouard écrivit au pape Benoît XII, le 30 janvier 1340, une lettre assez incohérente pour lui demander son appui dans ses prétentions, le sage et pieux Souverain Pontife ne manqua pas de lui répondre par la réfutation point par point de toutes ses raisons, et conclut en lui conseillant "de quitter au plus tôt le titre de roi de France, titre qui ne pourra le faire passer que pour un prince très injuste, et lui attirer à jamais, et à sa postérité, la haine de tous les français." Ce qui advint, effectivement.

Édouard III et Philippa eurent essentiellement :

- Édouard de Woodstock, prince de Galles, dit le Prince Noir ;

- Jean de Gand, duc de Lancastre.

Et notamment deux autres fils, peu importants en eux-mêmes mais fort importants par leur postérité, comme on le verra. Ces deux fils furent Lionel d'Anvers, duc de Clarence, aîné de Jean de Gand, et Edmond de Langley, duc d'York, cadet de Jean de Gand. Or les descendants respectifs de ces trois frères du Prince Noir s'engagèrent dans une fratricide lutte de succession après la mort sans postérité de Richard II, fils du Prince Noir. Concernant ce que l'Histoire a retenu comme la Guerre des Deux-Roses, reprenons les choses par le commencement.

Le Prince Noir (surnom dû à la couleur de son armure), Édouard de Woodstock, ne régna pas, car il mourut avant son père.

Il avait épousé Jeanne de Kent, fille d'Edmond, comte de Kent, et de Marguerite Wake. Edmond de Kent était fils du second mariage d'Édouard Ier, roi d'Angleterre, voir ci-dessus.

D'où :

- Richard II, roi d'Angleterre.


Richard II épousa d'abord Anne de Bohême, fille de Charles IV de Luxembourg, Empereur des Romains et roi de Bohême, et d'Élisabeth de Poméranie.

Notons qu'Anne était ainsi la nièce de Bonne de Luxembourg, femme de Jean II le Bon, roi de France.

Richard II épousa ensuite Isabelle de France, fille de Charles VI, roi de France, et d'Isabeau de Bavière.

Étrange union puisque le jeune veuf avait vingt-neuf ans, mais la nouvelle épouse… six ans.

Quatre ans plus tard, comme on le verra, Richard II fut détrôné, puis mourut (probablement assassiné) dans sa prison. Isabelle (veuve à dix ans !), fut renvoyée en France, où elle se remaria ultérieurement avec Charles d'Orléans le Poète, son cousin germain, et peu après mourut en couches (d'une fille sans postérité), à l'âge de vingt ans.

Pour en revenir à Richard II, il se vit en effet confronté à une révolte des seigneurs du royaume, à la tête desquels se mit son cousin germain Henry de Boolingbroke, fils de Jean de Gand, duc de Lancastre, qui parvint à obtenir l'abdication de Richard, et à se voir reconnu roi d'Angleterre par le Parlement. Il prit le nom d'Henry IV.

Seulement, il n'était pas sans conteste l'héritier légitime. Car a priori la branche issue de Lionel d'Anvers, duc de Clarence, frère aîné de Jean de Gand, aurait dû avoir la préférence.

Cette branche se présentait ainsi : Lionel eut une fille unique, qui épousa Roger Mortimer (un descendant de l'amant d'Isabelle de France). D'où un fils, autre Roger, qui eut lui-même une fille, Anne Mortimer, et un fils, Edmond Mortimer, un enfant à l'époque de l'usurpation d'Henry V. C'est d'ailleurs lui qui avait primitivement été désigné comme successeur par Richard II.

Mais Henry, après avoir réglé le problème dans les faits (c'était plus sûr…), se justifia sur le terrain du droit, et fit valoir que la branche d'Edmond Mortimer n'était sortie que de la fille de Lionel, tandis que celle de Lancastre était en ligne exclusivement masculine, et comme telle possédait des droits supérieurs. Les deux partis pouvaient se défendre, car le cas ne s'était jamais posé, et aucune coutume établie ne régissait la transmission de la couronne anglaise.

De toute façon, dans un premier temps, les descendants de Lionel ne firent pas vraiment valoir leurs droits. La maison de Lancastre s'installa donc et Henry IV, son fils Henry V, son petit-fils Henry VI se succédèrent sans grands troubles, malgré quelques complots qui n'allèrent pas bien loin.

Mais à l'époque d'Henry VI, Edmond Mortimer mourut sans postérité, et les droits de la maison de Clarence passèrent à sa sœur Anne Mortimer, qui avait épousé Richard, comte de Cambridge, fils d'Edmond de Langley, duc d'York, le dernier frère de Lionel d'Anvers et de Jean de Gand.

Et ainsi c'est désormais la maison d'York, par héritage de la maison de Clarence, qui devenait titulaire des prétentions concurrentes à la maison de Lancastre. Et le chef de la maison d'York, c'est-à-dire Richard, duc d'York (fils de Richard, comte de Cambridge, et d'Anne Mortimer), n'entendait pas demeurer dans l'attitude passive des prétendants antérieurs. Il engagea la lutte contre Henry VI.

Ce fut donc la fameuse Guerre des Deux-Roses, la maison de Lancastre ayant pour emblème une rose rouge et la maison d'York ayant pour emblème une rose blanche.

Richard ne put l'emporter contre Henry VI, et fut tué en l'affrontant à la bataille de Wakefield.

Mais un an plus tard, son fils prit sa revanche. Il écrasa les armées royales à la bataille de Mortimer's Cross, détrôna Henry VI et devint Édouard IV, roi d'Angleterre.