AMATOR TEMPORIS ACTI

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Ascension
Liste complète des personnages

Louis de France, comte d'Évreux, et Marguerite d'Artois

Louis de France, comte d'Évreux
Marguerite d'Artois, comtesse d'Évreux
Louis de France, comte d'Évreux
Marguerite d'Artois, comtesse d'Évreux
Louis de France et Marguerite d'Artois, comte et comtesse d'Évreux
Marguerite d'Artois, comtesse d'Évreux


Charles d'Évreux, comte d'Étampes

Charles d'Évreux, comte d'Étampes


Philippe, comte d'Évreux, et Jeanne de France, reine de Navarre

Philippe d'Évreux, roi de Navarre
Philippe d'Évreux, roi de Navarre, rendant hommage à son cousin Philippe VI, roi de France
Philippe d'Évreux et Jeanne de France, roi et reine de Navarre
Philippe d'Évreux, roi de Navarre
Jeanne de France, reine de Navarre
Jeanne de France, reine de Navarre, avec sa fille Blanche d'Évreux, reine de France, présentées par leur aïeul saint Louis
Jeanne de France, reine de Navarre
Gisant de Jeanne de France, reine de Navarre, à Saint-Denis
Jeanne de France, reine de Navarre


Charles II le Mauvais, roi de Navarre, et Jeanne de Valois

Charles II le Mauvais, roi de Navarre
Charles II le Mauvais, roi de Navarre
Jeanne de Valois, reine de Navarre
Charles le Mauvais pardonné par Jean II le Bon, roi de France
Charles le Mauvais pardonné par Jean II, roi de France, par Joseph-Merry Blondel (1834)


Charles III le Noble, roi de Navarre, et Éléonore de Castille

Charles III le Noble, roi de Navarre
Charles III le Noble, roi de Navarre
Éléonore de Castille, reine de Navarre
Gisants de Charles III et d'Éléonore de Castille, roi et reine de Navarre


Pierre de Navarre, comte de Mortain, et Catherine d'Alençon

Pierre de Navarre, comte de Mortain
Catherine d'Alençon, comtesse de Mortain


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Louis de France, comte d'Évreux (1276-1319)
et sa femme Marguerite d'Artois (1285-1311)

puis leurs fils
Charles, comte d'Étampes (1305-1336)

Philippe, comte d'Évreux, roi de Navarre (1306-1343)
et sa femme Jeanne de France, reine de Navarre (1311-1349)

puis leur fils
Charles II le Mauvais, roi de Navarre (1332-1387)
et sa femme Jeanne de Valois (1343-1373)

puis leurs fils
Charles III le Noble, roi de Navarre (1361-1421)
et sa femme Éléonore de Castille (1363-1416)

Pierre, comte de Mortain (1366-1412)
et sa femme Catherine d'Alençon (1380-1462)






Louis de France, comte d'Évreux, était le fils de Philippe III le Hardi, roi de France, et de Marie de Brabant.

Marguerite d'Artois était la fille de Philippe d'Artois et de Blanche de Bretagne.

Philippe d'Artois, mort avant son père Robert II le Noble, comte d'Artois, ne fut donc pas lui-même comte d'Artois. Conformément à la coutume artésienne, qui reconnaissait la transmission en ligne féminine et la priorité des enfants du dernier comte sur ses petits-enfants (même issus de l'aîné), c'est sa sœur Mahaut d'Artois qui succéda à Robert II. Mais le fils de Philippe, Robert d'Artois, comte de Beaumont-le-Roger, s'efforça sa vie durant, et de façon assez perfide, de disputer l'héritage à sa tante. Dans cette lutte implacable entre Mahaut et Robert d'Artois, on aura bien sûr reconnu le sujet qui constitue le cœur des Rois Maudits de Maurice Druon.

Louis d'Évreux et Marguerite d'Artois eurent essentiellement :

- Charles, comte d'Étampes, d'où un fils mort sans postérité (Charles d'Étampes avait épousé Marie de La Cerda qui se remaria avec Charles d'Alençon, "demi-cousin germain" de son premier mari) ;

- Philippe, comte d'Évreux (qui suit) ;

- Jeanne, qui épousa Charles IV le Bel, roi de France.

Ajoutons deux filles, Marie, mariée à Jean III, duc de Brabant, d'où Marguerite de Brabant, comtesse de Flandres et de Nevers ; et Marguerite, mariée à Guillaume XII d'Auvergne, comte de Boulogne, d'où Jeanne de Boulogne, reine de France.


Philippe d'Évreux épousa Jeanne de France, reine de Navarre, fille de Louis X le Hutin, roi de France, et de Marguerite de Bourgogne.

Jeanne devint reine de Navarre ("Jeanne II") en tant qu'aînée des descendants de sa grand-mère Jeanne de Navarre (Jeanne Ire"), femme de Philippe le Bel. Et selon la coutume navarraise, son mari devint par elle, jure uxoris, roi de Navarre (Philippe III), et ils furent couronnés ensemble à Pampelune. On se reportera à la page de Philippe le Bel pour trouver des détails sur cette succession.

Jeanne aurait pu, d'autre part, devenir reine régnante de France, si l'on n'avait écarté à son détriment la possibilité pour les filles de régner en France. On se reportera à la page de Louis X le Hutin pour trouver des détails sur cette succession.

Philippe et Jeanne eurent essentiellement :

- Charles II le Mauvais, roi de Navarre ;

- Blanche, qui épousa Philippe VI, roi de France.

Ajoutons deux filles, Agnès, mariée au fameux Gaston Phoebus, comte de Béarn, sans postérité ; et Jeanne, mariée à Jean Ier, vicomte de Rohan, souche de la branche de Rohan-Guéméné.


Le surnom peu enviable de Charles le Mauvais fut mérité par les troubles incessants qu'il agita toute sa vie dans le royaume de France, dont il ambitionna inlassablement la couronne. Mais, hâtons-nous de le dire, sur ce dernier point, il faut admettre honnêtement qu'il ne tentait que de faire valoir ses droits. Sorti d'un père demi-frère de Philippe le Bel et d'une mère fille de Louis X le Hutin, pouvant se dire "issu des Lys de tous côtés", il lui eût été difficile de se résoudre passivement au résultat du concours de circonstances qui avait donné la couronne à la branche de Valois, dont les droits n'étaient pas indiscutablement supérieurs aux siens. Comme si cela n'avait pas suffi, les Valois le spolièrent également de la succession du duché de Bourgogne, auquel, là encore, ses droits étaient incontestables et peut-être supérieurs (voir ICI pour ce sujet).

Mais, si le fond de sa querelle avait donc une légitimité certaine, il la mena par des moyens si déloyaux, accumulant tant de trahisons, violences, fourberies et parjures divers, qu'il n'est guère possible de réhabiliter sa mémoire.

Charles le Mauvais épousa Jeanne de Valois, fille de Jean II le Bon, roi de France, et de Bonne de Luxembourg.

La bonne entente dont ce mariage était censé constituer un gage fut de très courte durée. Tout au plus cette alliance permit-elle quelques années plus tard à Charles de se faire pardonner de son beau-père lorsqu'il fut impliqué dans l'assassinat du connétable de La Cerda, favori du roi. Jeanne de Valois plaida la cause de son mari auprès de son père, et Blanche d'Évreux, propre sœur de Charles, qui était la jeune belle-mère du roi (seconde femme de son père Philippe VI) se joignit à ses supplications.

C'est cette scène qu'illustrent, d'une part la jolie miniature des "Grandes Chroniques de France" présentée ici.

D'autre part le superbe tableau troubadour de Joseph-Merry Blondel, qui ajoute de dos une troisième suppliante, la tante de Charles le Mauvais, c'est-à-dire Jeanne d'Évreux, reine de France, veuve de Charles IV le Bel.

Charles et Jeanne eurent essentiellement :

- Charles III le Noble, roi de Navarre ;

- Pierre, comte de Mortain, qui épousa Catherine d'Alençon, fille de Pierre II, comte d'Alençon. Sans postérité. Catherine se remaria avec Louis VII, duc de Bavière-Ingolstadt, propre frère d'Isabeau de Bavière. Cette fois encore, sans postérité ;

- Jeanne, qui épousa Jean V, duc de Bretagne, puis Henry IV, roi d'Angleterre.


Charles III le Noble épousa Éléonore de Castille, fille de Henri II, roi de Castille, et de Jeanne Manuel de Villena.

Pour l'anecdote, précisons que Charles III naquit à… Mantes-la-Jolie. Il y a quelque chose de vertigineux dans le rapprochement de ces évocations historiques pleines d'azur, de pourpre et d'or, et des images qui viennent à l'esprit aujourd'hui lorsqu'il est question de Mantes-la-Jolie. Pour reprendre et détourner honteusement avec un sourire amer une formule plaisante, on en remerciera l'afflux de "ces familles qui au cours des siècles, ont apporté un sang nouveau à notre pays : Broglie, Bonaparte ou Cahen d'Anvers" (copyright Charondas) Mais au lieu de donner à la France des maréchaux, des empereurs ou des mécènes, cet apport-là lui donne… Eh bien, Mantes-la-Jolie. C'est tout dire.

Charles III et Éléonore de Castille eurent postérité, dont essentiellement :

- Blanche, reine de Navarre, qui épousa Jean II, roi d'Aragon.

De ce mariage sortit Éléonore, reine de Navarre, mère de Gaston de Foix, prince de Viane (c'est-à-dire héritier de Navarre, mais il mourut avant sa mère), père de Catherine de Foix, reine de Navarre, laquelle épousa Jean d'Albret, d'où Henri d'Albret, roi de Navarre, grand-père de Henri IV

Finalement, Henri IV fit bel et bien monter ainsi, par un chemin détourné, le sang d'Évreux-Navarre sur le trône de France, ce dont, outre-tombe, son aïeul Charles le Mauvais dut se réjouir…