AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Louis X le Hutin, roi de France

Louis X le Hutin, roi de France, par Octave Tassaert
Louis X le Hutin, roi de France et de Navarre, recevant l'hommage de la "Vie de Saint Louis", son arrière-grand-père, par le Sire de Joinville
Louis X le Hutin, roi de France
Louis X le Hutin, roi de France, d'après Tassaert
Gisant de Louis X le Hutin, roi de France, à Saint-Denis
Gisant de Louis X le Hutin, roi de France, à Saint-Denis
Louis X le Hutin, roi de France, et son fils Jean I<sup>er</sup> le Posthume, relevé de leur tombeau à Saint-Denis, tel qu'il était avant la Révolution, par Gaignières
Louis X le Hutin, roi de France, d'après son gisant


Marguerite de Bourgogne, reine de France

Marguerite de Bourgogne, reine de France
Marguerite de Bourgogne, reine de France, alors reine de Navarre, relevé de son sceau au bas d'une charte d'août 1311


Clémence de Hongrie, reine de France

Gisant de Clémence de Hongrie, reine de France, à Saint-Denis
Clémence de Hongrie, reine de France, d'après son gisant
Louis X le Hutin, roi de France, et sa seconde femme Clémence de Hongrie, d'après leurs gisants


Jean Ier le Posthume, roi de France

Gisant de Jean I<sup>er</sup> le Posthume, roi de France, à Saint-Denis
Gisant de Jean I<sup>er</sup> le Posthume, roi de France, à Saint-Denis
Convoi funèbre du petit Jean I<sup>er</sup> le Posthume, roi de France, de Paris à Saint-Denis


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Louis X le Hutin, roi de France et de Navarre (1289-1316)
et
sa femme Marguerite de Bourgogne (1290-1315)
sa seconde femme Clémence de Hongrie (1293-1328)

puis le fils du second lit
Jean Ier le Posthume, roi de France et de Navarre (1316-1316)






Louis X, avec ses deux frères Philippe V et Charles IV, leur sœur Isabelle, reine d'Angleterre, leur père Philippe le Bel et leur oncle Charles de Valois : ICI.


Louis X le Hutin, roi de France, était le fils de Philippe IV le Bel, roi de France, et de Jeanne de Navarre.

En tant qu'héritier de sa mère, il fut aussi roi de Navarre.

Il épousa d'abord Marguerite de Bourgogne, fille de Robert II, duc de Bourgogne, et d'Agnès de France (fille de Saint Louis).

Louis X était donc neveu à la mode de Bretagne de Marguerite de Bourgogne, puisque cette dernière était cousine germaine de Philippe le Bel, père de son mari (Marguerite étant fille d'Agnès de France, et Philippe le Bel fils de Philippe III, Agnès et Philippe III étant frère et sœur).

Très jolie, très coquette (on dit qu'elle mit à la mode un modèle de robe fendue jusqu'en haut de la jambe), Marguerite fut compromise dans le scandale de la Tour de Nesle, où elle et sa belle-sœur Jeanne de Bourgogne rencontraient leurs amants respectifs, les frères Philippe et Gauthier d'Aunay.

Marguerite fut tondue et emprisonnée dans la forteresse de Château-Gaillard, où elle mourut un an plus tard, à vingt-cinq ans. Fut-elle étranglée ou étouffée entre deux matelas, comme on l'a dit ? Le fait est que Louis X n'avait pas de fils, et que, ne voulant plus jamais revoir sa femme, il devait pour cela impérativement se remarier ailleurs. Or, tant que Marguerite était en vie, aucun remariage n'était possible, car l'Église n'admet pas que l'adultère soit une cause d'annulation. Le sort d'une jeune femme, face à ce genre de situation, au XIVe siècle, était extrêmement facile à prévoir - et comme par miracle, la question se régla bel et bien à point nommé, en très peu de temps… Mais il se peut qu'il n'ait pas été absolument nécessaire d'assassiner directement Marguerite. Les conditions implacables de sa détention dans une cellule ouverte à tous les vents, au sommet d'une haute tour, suffisaient bien à la faire mourir d'elle-même.

Néanmoins, on peut tout de même s'interroger sur le fait que plusieurs mois avant la mort de Marguerite, Louis X ait déjà conclu son remariage, ait d'avance fait venir en France la princesse choisie, et l'ait épousée le 19 août 1315, quand Marguerite fut trouvée morte autour du 15…

Marguerite fut discrètement inhumée au couvent des cordeliers de Vernon, rasé à la Révolution, et dont il ne reste plus rien. Bien évidemment, il a fallu que fleurisse une invraisemblable légende selon laquelle Marguerite ne serait pas morte en 1315, mais aurait secrètement été transférée au château de Couches, en Bourgogne, où elle avait passé son enfance, et où elle aurait ainsi paisiblement vécu jusqu'en 1333… Il faudra vraiment un jour chercher à comprendre à quoi correspond cette éternelle manie des affabulations survivantistes, frères cachés, substitutions de personnes et autres mystifications…

Louis et Marguerite avaient eu :

- Jeanne, reine de Navarre, qui épousa Philippe, comte d'Évreux, roi-consort de Navarre.

À noter l'ironie du fait que par cette fille, Marguerite de Bourgogne est bel et bien l'aïeule directe de Henri IV et de ses successeurs ; et qu'ainsi, même si l'on avait admis en France la transmission de la couronne en ligne féminine, c'est toujours aux Bourbons, aînés des descendants de Louis X, que cette couronne serait revenue…


Louis X se remaria donc avec Clémence de Hongrie, fille de Charles-Martel d'Anjou, roi de Hongrie, et de Clémence d'Autriche.

Remarquons que Clémence serait peut-être plus pertinemment nommée Clémence d'Anjou, car enfin son père ne fut que roi titulaire de Hongrie, étant neveu par sa mère du roi Ladislas IV, mort sans postérité. Mais il ne fut jamais reconnu par les magnats hongrois et ne mit jamais les pieds dans son supposé royaume, qu'il ne tenta même pas de conquérir. Et naturellement Clémence naquit et ne vécut jamais qu'à Naples jusqu'à son mariage.

Louis et Clémence étaient cousins issus d'issus de germains : Louis X, fils de Philippe le Bel, fils de Philippe III, fils de saint Louis ; Clémence, fille de Charles-Martel d'Anjou, fils de Charles II d'Anjou, roi de Sicile, fils de Charles Ier d'Anjou, roi de Sicile, frère de saint Louis…

Louis et Clémence eurent :

- Jean Ier le Posthume, roi de France et de Navarre.

Comme son nom l'indique, Jean naquit après la mort de son père. Louis X mourut en effet quelques mois après son second mariage, n'ayant que vingt-six ans.

Il fallut attendre l'accouchement de la reine ; le frère puîné du roi, Philippe, fut nommé régent.

Lorsque Clémence donna naissance à un fils, l'enfant fut immédiatement proclamé roi, mais le soulagement fut de courte durée, car Jean Ier ne vécut que cinq jours.

Une grave question se posa alors, car pour la première fois depuis Hugues Capet, le roi défunt n'avait plus de fils. Jusque-là, jamais un roi de France capétien n'était mort sans un héritier mâle.

Cette fois, l'héritier de la couronne était une héritière : la petite Jeanne, fille que Louis avait eue avec Marguerite de Bourgogne.

Comme on sait, la prétendue loi salique excluant les femmes de la succession ne fut invoquée a posteriori qu'une trentaine d'années plus tard, par un chroniqueur ingénieux dont l'idée fit dès lors fortune, malgré son absence de pertinence en l'affaire, car jamais cette antique loi franque de droit privé n'avait concerné la transmission de la couronne.

Mais en soi, à l'époque des faits, aucun usage ne s'opposait vraiment à ce qu'en France, comme dans la plupart des autres royaumes, fiefs, duchés ou comtés d'Europe, une femme ne succédât de son chef à son père à défaut d'héritier mâle.

La suite aurait pu être différente, si lorsque la question se posa, Jeanne avait déjà été adulte et en mesure de défendre ses intérêts. Et si l'inconduite de sa mère ne jetait pas sur sa légitimité une inévitable suspicion…

Mais de tout cela son oncle Philippe, frère de Louis X, sut profiter. Il réunit à la hâte un aréopage de légistes qui déclarèrent que Jeanne ne pouvait succéder à son père, car le royaume de France "est de si grande noblesse qu'il ne doit pas par succession aller à femelle", et ne saurait "tomber de lance en quenouille" (c'était justement ce qui était en débat ! Voilà pourquoi votre fille est muette…). On invoqua métaphoriquement le mot de l'Évangile selon lesquels "les lys ne filent pas". Bien trouvé, mais enfin…

Voltaire, il faut bien l'admettre, a sur ce point de quoi faire grincer son sourire sardonique, avec quelque talent. Après s'être justement demandé ce que les royaumes d'Angleterre et d'Espagne, où les femmes règnent, ont de moins noble que celui de France, il ajoute :

"On a allégué qu'il est dit dans la sainte Écriture que les lys ne filent point : on en a conclu que les femmes ne doivent point régner en France. C'est encore puissamment raisonner : mais on a oublié que les léopards, qui sont (on ne sait pourquoi) les armoiries d'Angleterre, ne filent pas plus que les lys, qui sont (on ne sait pourquoi) les armoiries de France. En un mot, de ce qu'on n'a jamais vu filer un lys, il n'est pas démontré que l'exclusion des filles soit une loi fondamentale des Gaules."

L'oncle et la grand-mère de Jeanne, Eudes IV, duc de Bourgogne, et Agnès de France, tentèrent bien de lutter au nom de leur nièce et petite-fille.

Mais baste ! Quoi qu'il en soit, Jeanne fut écartée, et son oncle devint Philippe V, roi de France et de Navarre.