AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Jean II le Bon, roi de France
Jean II le Bon, roi de France, par Lugardon
Jean II le Bon, roi de France, en grand-maître son éphémère Ordre de l'Étoile
Jean II le Bon, roi de France, gisant de son tombeau à Saint-Denis
Jean II le Bon, roi de France, d'après son gisant
Jean II le Bon, roi de France, adoubant trois chevaliers
Jean II le Bon, roi de France, et sa première femme Bonne de Luxembourg, alors duc et duchesse de Normandie
Jean II le Bon, roi de France, et sa première femme Bonne de Luxembourg
Entrée officielle dans Paris de Jean II le Bon et de sa deuxième femme Jeanne de Boulogne, par Jean Fouquet


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Jean II le Bon, roi de France (1319-1364)
et
sa première femme Bonne de Luxembourg (1315 ?1348)
sa seconde femme Jeanne de Boulogne (1326 ?1360)






Jean II le Bon, roi de France, était le fils de Philippe VI, roi de France, et de Jeanne de Bourgogne.

Il épousa d'abord Bonne de Luxembourg, fille de Jean Ier de Luxembourg, roi de Bohême, et d'Élisabeth de Bohême.

Bonne de Luxembourg était donc la sœur de l'Empereur Charles IV.

Son véritable prénom était Jutta, probable dérivé germanique de Judith, illustré vers 1100 par la bienheureuse Jutta de Sponheim, qui éleva dans son couvent sainte Hildegarde de Bingen, qui lui succéda comme supérieure de l'abbaye de Disibodenberg. Mais lorsque la princesse arriva en France, ce prénom, étrange pour sa nouvelle patrie, fut changé en Bonne, par une acrobatique traduction reposant sur la variante Gutta, prise comme le féminin de "gut", c'est-à-dire, "bonne"…

Elle ne fut pas reine de France, car elle mourut alors que son mari n'était encore que duc de Normandie, le roi Philippe VI étant toujours vivant et ayant donné cet apanage à son fils (le titre de dauphin n'existait pas encore en France : cet usage ne commença justement que sous le règne de Jean II).

Jean II et Bonne eurent essentiellement :

- Charles V le Sage, roi de France (qui fut donc le premier héritier du trône à porter le titre de dauphin) ;

- Louis, duc d'Anjou ;

- Jean, duc de Berry ;

- Philippe le Hardi, duc de Bourgogne ;

- Jeanne, qui épousa Charles le Mauvais, roi de Navarre ;

- Isabelle, qui épousa Jean-Galéas Visconti, duc de Milan.


Jean épousa ensuite Jeanne de Boulogne, fille de Guillaume XII d'Auvergne, comte de Boulogne, et de Marguerite d'Évreux (fille de Louis de France, comte d'Évreux, fils cadet du roi Philippe III le Hardi).

Il n'en eut que trois enfants morts au berceau.

Jeanne de Boulogne était déjà veuve de Philippe Monsieur, fils et héritier d'Eudes IV, duc de Bourgogne, dont elle avait eu un fils, Philippe de Rouvres, dernier duc de Bourgogne de la maison capétienne issue de Robert le Pieux.

À la mort sans héritier de Philippe de Rouvres, le roi Jean II se déclara son successeur comme duc de Bourgogne, puisqu'il était le fils de Jeanne de Bourgogne, sœur d'Eudes IV. Et, incidemment, son remariage avec la mère du dernier duc renforçait symboliquement ses prétentions.

Mais à la vérité, l'héritier du duché était Charles le Mauvais, roi de Navarre, fils de Jeanne de France, fille de Marguerite de Bourgogne, sœur aînée de Jeanne de Bourgogne. Seulement, le scandale de la Tour de Nesle avait irrémédiablement compromis les chances de la postérité de Marguerite de Bourgogne en toutes circonstances. De même que Jeanne de France n'est sans doute pas devenue reine régnante de France, en grande partie, parce que soupçonnée d'être bâtarde (avant qu'on eût l'idée d'invoquer, bien plus tard, une fictive loi salique), de même son fils subit-il pour la Bourgogne les conséquences de l'infamante suspicion… Il est vrai également que Jean II était, en degré, plus proche parent du dernier duc de Bourgogne, puisque fils de la sœur d'Eudes IV, alors que Charles était petit-fils de l'autre sœur d'Eudes IV…

Quoi qu'il en soit, Jean II le Bon hérita du duché de Bourgogne, mais il importe de bien préciser que ce fut dans un régime d'union personnelle.

Jean II était distinctement roi de France et duc de Bourgogne, et la Bourgogne ne fut pas incorporée au domaine royal. Ce n'est pas que Jean II n'ait eut l'intention de le faire ; il prépara des lettres patentes en ce sens. Mais les États de Bourgogne s'y opposèrent officiellement le 28 décembre 1361, et le roi révoqua lesdites lettres.

Aussitôt après, pour tout concilier, Jean confia le duché de Bourgogne à son fils préféré Philippe qui s'était si héroïquement conduit à la bataille de Poitiers malgré ses quatorze ans ("Père, gardez-vous à droite ! Père, gardez-vous à gauche !"), et qui y gagna son surnom de Hardi.

Ainsi commencèrent les ducs de Bourgogne de la maison de Valois.