AMATOR TEMPORIS ACTI

Bienvenue sur le site de Guillaume Attlane



Trinité

Charles V le Sage, roi de France

Charles V le Sage, roi de France, par Dejuinne
Charles V le Sage, roi de France
Charles V le Sage, roi de France, par Saint-Evre (1837)
Charles V le Sage, roi de France, en 1363
Sacre de Charles V, roi de France, à Reims, le 19 mai 1364
Sacre de Charles V, roi de France, à Reims, le 19 mai 1364
Charles V, roi de France, se fait remettre la bannière de France à Saint-Denis avant de partir à la guerre.
Charles V, roi de France
Charles V le Sage, roi de France, recevant l'hommage de la Bible de Jean de Vaudetar
Charles V le Sage, roi de France
Charles V, roi de France recevant l'hommage de son beau-frère Louis II, duc de Bourbon
Charles V le Sage, roi de France
Charles V le Sage, roi de France
Charles V le Sage, roi de France
Charles V le Sage, roi de France
Charles V le Sage, roi de France
Charles V le Sage, roi de France
Étienne Marcel coiffant de son chaperon le dauphin, futur Charles V, pour le garantir des violences des émeutiers parisiens, par Lucien-Étienne Melingue (1879)


Jeanne de Bourbon, reine de France

Jeanne de Bourbon, reine de France
Sacre de Jeanne de Bourbon, reine de France
Jeanne de Bourbon, reine de France


Ensembles et Pendants

Charles V le Sage, roi de France
Jeanne de Bourbon, reine de France
Charles V le Sage, et Jeanne de Bourbon, roi et reine de France
Charles V le Sage, et Jeanne de Bourbon, roi et reine de France
Charles V le Sage, roi de France
Jeanne de Bourbon, reine de France
Charles V le Sage, roi de France
Jeanne de Bourbon, reine de France
Charles V et Jeanne de Bourbon, roi et reine de France,
Sacre de Charles V et de Jeanne de Bourbon, roi et reine de France, à Reims, le 19 mai 1364
Charles V et Jeanne de Bourbon, roi et reine de France
Charles V le Sage et Jeanne de Bourbon, roi et reine de France


Jeanne de France - Bonne de France - Marie de France - Isabelle de France

Jeanne de France
Bonne de France, par Jean de Liège
Marie et Isabelle de France
Marie et Isabelle de France


------


Charles V le Sage, roi de France (1338-1380)
et sa femme Jeanne de Bourbon (1338-1378)

puis leurs filles

Jeanne de France (1357-1360)

Bonne de France (1360-1360)

Marie de France (1370-1377)

Isabelle de France (1373-1378)




Charles V le Sage, roi de France, était le fils de Jean II le Bon, roi de France, et de Bonne de Luxembourg.

Jeanne de Bourbon était la fille de Pierre Ier, duc de Bourbon, et d'Isabelle de Valois.

Jeanne de Bourbon était donc la demi-cousine germaine du père de son mari. En effet Jean II le Bon était fils de Philippe VI, roi de France, et Jeanne de Bourbon était fille d'Isabelle de Valois, Philippe VI et Isabelle étant demi-frère et demi-sœur, puisqu'enfants de Charles de France, comte de Valois, et de ses deux épouses successives, Marguerite d'Anjou et Mahaut de Châtillon-Saint-Pol.

Ce mariage fut très heureux. Charles V parlait de son épouse comme "la belle lumière et le soleil de mon royaume".

La mort de Jeanne de Bourbon plongea le roi dans une profonde affliction pour le restant de ses jours. Christine de Pisan rapporte : "Le roi fut très dolent du trépas de la reine ; malgré sa grande vertu de constance, cette séparation lui causa si grande douleur et dura si longtemps que jamais on ne lui vit pareil deuil : car moult s'aimaient de grande amour."

Ils avaient eu neuf enfants, dont Jeanne, Bonne, Marie et Isabelle, mais seuls deux fils atteignirent l'âge adulte :

- Charles VI le Fol, roi de France ;

- Louis, duc d'Orléans.


On remarquera la miniature représentant Charles V recevant l'hommage de son cousin et beau-frère Louis II, duc de Bourbon, pour le comté de Clermont. A côté du roi, on aperçoit ses deux fils, les petits Charles (futur Charles VI, portant sur sa tunique ses armes de dauphin) et Louis (futur duc d'Orléans). A l'extrême-droite de la miniature, l'un au dessus de l'autre, les trois frères de Charles V, reconnaissables également aux armes sur leur tunique. En haut de profil Louis, duc d'Anjou (tunique fleurdelisée à bordure de gueules), en dessous Jean, duc de Berry (tunique fleurdelisée à bordure engrêlée de gueules), en dessous Philippe, duc de Bourgogne (tunique bandée d'or et d'azur, à bordure de gueules - on distingue, mais à peine, l'écartelé de fleurs-de-lis à bordure componée d'argent et de gueules). Enfin, derrière les deux jeunes fils du roi, la main sur le dossier du trône, Philippe, duc d'Orléans, oncle du roi (c'était un frère cadet de Jean II le Bon ; tunique fleurdelisée à lambel componé d'argent et de gueules, anciennes armes du duché-pairie d'Orléans, créé pour lui et éteint avec lui).


La composition de Lucien-Étienne Melingue évoque l'épisode tumultueux qui marqua l'adolescence de Charles V. Alors dauphin, il était régent de France en raison de la captivité de son père à Londres, Jean II le Bon ayant été fait prisonnier par les anglais à la suite de la défaite de Poitiers.

La lie du peuple parisien, à sa tête le prévôt des marchands Étienne Marcel, s'avisa de profiter de la situation pour saper le pouvoir royal et arracher au jeune régent la renonciation à l'essentiel de ses prérogatives.

Une foule sanguinaire envahit le Palais de la Cité, alors résidence royale (l'actuelle Conciergerie en est le seul vestige). C'est le sujet du tableau de Melingue.

Les émeutiers massacrèrent devant le dauphin les maréchaux Robert de Clermont et Jean de Conflans, qui s'étaient précipités pour défendre le prince. Ce dernier lui-même n'aurait peut-être pas été sûr de la vie sans l'intervention d'Étienne Marcel, qui plutôt que de le faire tuer, comptait dans l'avenir l'utiliser comme un fantoche. Pour manifester à la foule que le dauphin faisait cause commune avec l'émeute, Étienne Marcel lui posa sur la tête son propre chaperon bleu et rouge, aux couleurs de Paris, et se coiffa lui-même de la toque du prince. Voilà qui a un fâcheux air de famille avec les navrantes humiliations qu'aura à subir le lointain successeur de Charles V dans les années 1789 et suivantes… Et songer à Louis XVI à propos d'Étienne Marcel est assez piquant, comme on le verra plus loin.

Le P. Daniel rapporte ainsi la scène dans son "Histoire de France" (1713) :

"Étienne Marcel fit venir devant le Palais deux ou trois mille hommes armés, la plupart gens de métier, avec leurs chaperons mi-parti de bleu et de rouge, et ayant pris avec lui les plus déterminés d'entre eux, il monta à l'appartement du Dauphin. Ce Prince le voyant entrer dans sa chambre ainsi escorté, en parut étonné. "Monseigneur, lui dit le Prévôt, ne soyez pas surpris de ce qui se va faire, c'est pour le bien public." Ayant dit ces paroles, il fit un signe à ceux de sa suite, qui mettant aussitôt l'épée à la main, se jetèrent sur Robert de Clermont, maréchal de Normandie, et sur Jean de Conflans, maréchal de Champagne, qu'ils massacrèrent à la vue et aux pieds du Prince. Tous ceux de la Cour du Prince qui étaient dans la Chambre, appréhendant un pareil traitement, s'enfuirent. Le Dauphin demeura seul, et demanda au Prévôt si on en voulait à sa personne. "Non, Monseigneur", répondit-il ; "mais pour vous mettre en sûreté, prenez mon chaperon." Le Prince le prit, et lui donna le sien, que cet insolent porta à sa tête pendant tout ce jour-là. Les corps des deux Seigneurs assassinés furent traînés dans la Place devant le Palais, et y demeurèrent tout le jour exposés aux insultes de la populace, sans qu'aucun de leurs domestiques osât les enlever."

Du reste le prévôt des marchands subit bientôt le châtiment qu'il méritait. Le Dauphin parvint à quitter Paris, qu'il assiégea. Étienne Marcel s'apprêtant à traiter avec les anglais et les navarrais, il fut bientôt l'objet de la vindicte populaire, et massacré à son tour. Destin qui guette tous les démagogues, toujours tôt ou tard dévorés par leurs propres comparses. Autre avant-goût de 1789…

Le seul mérite de ce traître à son roi, traître à son pays, fut en somme d'avoir inspiré à Saint-Saëns, en 1879, un très bel et très élégant opéra, fort injustement oublié, comme tous les opéras de Saint-Saëns à l'exception de "Samson et Dalila".

Ah… Non. Étienne Marcel a bien eu un autre mérite, et le meilleur pour la fin. C'est d'avoir donné une reine à la France (et quelle reine) en la personne de son arrière-arrière(…)-petite-fille. Qui cela ? Marie-Antoinette, tout simplement…

Difficile à croire ? Eh bien qu'on en juge :

Étienne Marcel épousa Marguerite des Essarts.

Il en eut une fille, Marie Marcel, qui épousa Jean Lhuillier (on paraît loin de Marie-Antoinette, certes. Mais attendons).

D'où un fils, autre Jean Lhuillier, qui épousa Jeanne de Vitry.

D'où Philippe Lhuillier, qui épousa Anne de Morvilliers.

D'où Charlotte Lhuillier, qui épousa Louis Picart d'Estelan.

D'où Isabeau d'Estelan, qui épousa François-Hélie de Pompadour, vicomte de Comborn, et fut dame d'honneur de la reine Éléonore d'Autriche, femme de François Ier (nous montons). À noter que la sœur d'Isabeau, Madeleine, fut comtesse de Brissac, et aïeule notamment du duc de Brissac massacré en 1792, et dont la tête fut portée à sa maîtresse la malheureuse comtesse du Barry, ancienne favorite de Louis XV, qui périt elle aussi décapitée peu après.

Isabeau et François-Hélie eurent une fille, Madeleine, qui épousa Tanneguy Le Veneur, comte de Tillières.

D'où Marie, qui épousa Paul, comte de Salm (nous y voilà).

D'où bien sûr, Christine de Salm, qui épousa François II, duc de Lorraine.

Et ce serait faire injure au lecteur de préciser que l'arrière-petit-fils de François II de Lorraine et de Christine de Salm fut Léopold, duc de Lorraine, père de l'Empereur François Ier, père de Marie-Antoinette…

Quod erat demonstrandum.

La généalogie n'est-elle pas une chose merveilleuse ?