AMATOR TEMPORIS ACTI

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Ascension
Liste complète des personnages
Frédéric de Hesse-Darmstadt, cardinal-prince-évêque de Breslau
Tombeau de Frédéric de Hesse-Darmstadt, cardinal-prince-évêque de Breslau, par Domenico Guidi, chapelle Sainte-Élisabeth de la cathédrale de Breslau
Effigie funéraire de Frédéric de Hesse-Darmstadt, cardinal-prince-évêque de Breslau, détail
Georges de Hesse-Darmstadt, vice-roi de Catalogne
Philippe de Hesse-Darmstadt, gouverneur de Mantoue
Joseph de Hesse-Darmstadt, prince-évêque d'Augsbourg, par Strobel


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Frédéric de Hesse-Darmstadt, cardinal-prince-archevêque de Breslau (1616-1682)

puis ses petits-neveux

Georges de Hesse-Darmstadt, vice-roi de Catalogne (1669-1705)

Philippe de Hesse-Darmstadt, gouverneur de Mantoue (1671-1736)
puis son fils
Joseph, prince-évêque d'Augsbourg (1699-1768)






Frédéric de Hesse-Darmstadt était le dernier fils de Louis V, landgrave de Hesse-Darmstadt, et de Madeleine de Brandebourg.

À l'occasion d'un séjour à Rome, à l'âge de vingt-et-un ans, il revint à la foi catholique de ses ancêtres, et reçut la première communion des mains du pape Urbain VIII. Il fut bientôt grand-prieur d'Allemagne de l'Ordre de Malte. Le pape Innocent X le fit cardinal dix-huit ans plus tard, et l'Empereur Léopold Ier le choisit comme cardinal-protecteur de l'Empire. Enfin, il fut nommé prince-évêque de Breslau.

Son tombeau dans la chapelle Sainte-Élisabeth de la cathédrale de Breslau est l'œuvre de Domenico Guidi. On remarquera à gauche du monument la figure de la Vérité terrassant l'Hérésie, belle évocation de la conversion de Frédéric du protestantisme au catholicisme.

Georges et Philippe de Hesse-Darmstadt étaient les fils de Louis VI, landgrave de Hesse-Darmstadt, et d'Élisabeth-Dorothée de Saxe-Gotha-Altenbourg.

Eux aussi retournèrent au catholicisme environ leur vingtième année.

Georges de Hesse-Darmstadt, lors de la Guerre de la Ligue d'Augsbourg, fut le général de l'armée envoyée en Espagne par l'Empereur pour combattre les français en Catalogne. Il défendit énergiquement Barcelone, mais… son adversaire était le duc de Vendôme - c'est dire que le siège était perdu d'avance… Après cinquante-deux jours, Barcelone tomba.

Le prince n'en poursuivit pas moins la lutte dans cette province tant que dura la guerre. Après la Paix de Ryswick, Charles II le récompensa de ses services en le faisant chevalier de la Toison d'Or, grand d'Espagne de première classe, et vice-roi de Catalogne.

Lorsque Philippe V ceignit la couronne d'Espagne à la mort de Charles II, il n'eut garde de laisser en place ce héros du parti autrichien en Espagne, et lui retira toutes ses fonctions. Georges reprit bientôt la tête des armées impériales dans la Guerre de Succession d'Espagne, s'emparant de Gibraltar puis retournant mener les opérations en Catalogne. Il y fut tué à la citadelle de Montjuich.

On ne saurait passer sous silence l'explication officieuse de la brillante carrière qu'il accomplit en Espagne : rappelons qu'il était le cousin germain de la reine, Marie-Anne de Neubourg (Louis VI, père de Georges, et Éléonore-Madeleine, mère de Marie-Anne, étaient frère et sœur). Mais au-delà de ces liens de famille, il passait surtout pour l'amant de sa royale cousine, et sur ce point en service commandé. L'Empereur lui aurait confié la tâche de suppléer l'incapacité de Charles II à engendrer un héritier - sachant qu'un fils de Marie-Anne de Neubourg aurait assuré à l'Autriche la certitude de pouvoir diriger aisément l'Espagne par son intermédiaire.

A ce sujet, Saint-Simon consacre à ce prince de Darmstadt l'un des plus admirables passages de ses Mémoires :

"C'était un homme fort bien fait, de la maison de Hesse, parent de la reine d'Espagne, de ces cadets qui n'ont rien, qui servent où ils peuvent pour vivre, et qui vont cherchant fortune. On prétend qu'à un premier voyage qu'il fit en effet en Espagne, il ne déplut pas à la reine. Le reste de ce que je vais raconter, on le prétendit aussi, je n'en puis fournir d'autres garants, mais je l'ai ouï prétendre à des personnages qui n'étaient ni accusés ni en place de prétendre légèrement. On prétendit donc que le même conseil de Vienne qui, par raison d'État, ne se fit pas scrupule d'empoisonner la reine d'Espagne, fille de Monsieur, parce qu'elle n'avait point d'enfants, et parce qu'elle avait trop d'ascendant sur le cœur et sur l'esprit du roi son mari, et qui fit exécuter ce crime par la comtesse de Soissons, réfugiée en Espagne, sous la direction du comte de Mansfeld, ambassadeur de l'Empereur à Madrid, ne fut pas plus scrupuleux sur un autre point.

Il avait remarié le roi d'Espagne à la sœur de l'Impératrice. C'était une princesse grande, majestueuse, très bien faite, qui n'était pas sans beauté et sans esprit, et qui, conduite par les ministres de l'Empereur et par le parti qu'il s'était de longue main formé à Madrid, prit un grand crédit sur le roi d'Espagne. C'était bien une partie principale de ce que le conseil de l'Empereur s'était proposé ; mais le plus important manquait, c'était des enfants. Il en avait espéré de ce second mariage, parce qu'il s'était leurré que l'empêchement venait de la reine dont ce conseil s'était défait. Ne pouvant plus se dissimuler au bout de quelques années de ce second mariage que le roi d'Espagne ne pouvait avoir d'enfants, ce même conseil eut recours au prince de Darmstadt, et comme l'exécution n'était pas facile, et demandait des occasions qui ne pouvaient être amenées que par un long temps, ils l'engagèrent à s'attacher tout à fait au service d'Espagne, et l'Empereur et ses partisans l'appuyèrent de toutes leurs forces, non seulement pour lui faire trouver tous les avantages qui pouvaient l'y fixer, mais tous les moyens encore de pouvoir demeurer à la Cour, qui était tout leur but ; c'est ce qui le fit gouverneur des armes en Catalogne après la perte de Barcelone, et la paix faite, c'est ce qui, à la fin de cette année, le fit faire grand d'Espagne à vie, pour qu'il pût demeurer à la Cour et s'y insinuer à loisir, pour venir à bout du dessein de faire un enfant à la reine.

(…)Je ne dirai pas si la reine fut inaccessible de fait ou de volonté, je ne dirai pas non plus si elle-même (comme on l'a assuré, mais je crois sans le bien savoir) avait un empêchement de devenir mère. Quoi qu'il en soit, M. de Darmstadt, grand d'Espagne, s'établit et se familiarisa à la cour de Madrid, fut des mieux avec le roi et la reine, arriva à des privances fort rares en ce pays-là ; sans aucun fruit qui pût mettre la succession de la monarchie en sûreté contre les différentes prétentions, ni rassurer de ce côté le politique conseil de Vienne.
"

Saint-Simon est souvent insupportable ; mais que ne lui passerait-on pas, pour tant de pages pareilles !


Philippe de Hesse-Darmstadt, lui aussi général au service de l'Empereur durant la Guerre de Succession d'Espagne, servit pour sa part en Italie, notamment à Naples. Il fut enfin nommé gouverneur de Mantoue.

Il épousa Marie-Ernestine de Croÿ-Havré, fille de Ferdinand-François-Joseph de Croÿ, troisième duc d'Havré, et de Barbe de Hallewijn.

Il en eut :

- Joseph, prince-évêque d'Augsbourg (Joseph-Ignace-Philippe) ;

- Théodora, qui épousa Antoine-Ferrante de Gonzague, duc de Guastalla ;

- Léopold, second mari de Henriette d'Este-Modène, veuve d'Antoine Farnèse, duc de Parme (sans postérité).