AMATOR TEMPORIS ACTI

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Ascension
Liste complète des personnages

Charles V, duc de Lorraine

Charles V, duc de Lorraine, jeune homme, par Nanteuil
Charles V, duc de Lorraine, jeune homme, émail d'après Nanteuil
Charles V, duc de Lorraine, jeune homme
Charles V, duc de Lorraine
Charles V, duc de Lorraine
Charles V, duc de Lorraine
Charles V, duc de Lorraine
Charles V, duc de Lorraine
Charles V, duc de Lorraine, chargeant à la bataille de Mohacs, par Jean-Baptiste Martin
Charles V, duc de Lorraine, à la bataille de Mohacs (détail), par Jean-Baptiste Martin
Les Turcs vaincus remettant les clefs de la ville de Mohacs à Charles V, duc de Lorraine, par Jean-Baptiste Martin
Charles V, duc de Lorraine, par Rémy-François Chassel


Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine

Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine, enfant
Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine
Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine
Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine
Éléonore-Marie-Josèphe d'Autriche, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine
Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine
Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine
Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine, avec ses enfants Léopold, Charles-Joseph et Charles-Ferdinand
Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine, par Franque
Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine, atelier de Gobert
Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine
Sarcophage d'Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, duchesse de Lorraine, dans la Crypte des Capucins, à Vienne


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Charles V, duc de Lorraine (1643-1690)
et sa femme Éléonore-Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche (1653-1697)






Charles V, duc de Lorraine (Charles-Léopold-Nicolas-Sixte), était le fils de Nicolas-François, duc de Lorraine, et de Claude de Lorraine.

Il épousa Éléonore-Marie-Josèphe d'Autriche, archiduchesse d'Autriche, fille de l'Empereur Ferdinand III et d'Éléonore de Nevers-Mantoue.

Charles était héritier de son oncle Charles IV, duc de Lorraine. Et malgré les rapports plus qu'orageux entre la France et cette Lorraine dont il était l'héritier, Charles passa toute sa jeunesse à la Cour de France, où il fut la fleur des pois et le bourreau des cœurs. Il inspira entre autres un tendre attachement à la princesse Marguerite-Louise d'Orléans, idylle qui aurait peut-être abouti à un mariage si la Grande Mademoiselle, demi-sœur de la princesse, n'avait fait échouer l'affaire par jalousie ; puis il fut sur le point d'épouser Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie-Nemours. Mais cette fois, c'est Charles IV de Lorraine qui fit des siennes.

Comme on sait, Charles IV, après avoir de son propre chef rompu son premier mariage, en avait conclu un second, dont il avait eu notamment un fils, Charles-Henri, prince de Vaudémont, dont il aurait bien voulu faire, de préférence à son neveu, l'héritier de ses États. Même si la naissance irrégulière du prince ne permettait pas raisonnablement d'espérer un tel avenir, Charles IV n'abandonnait pas son idée. En voyant son neveu presque marié à mademoiselle de Nemours, nièce à la mode de Bretagne de Louis XIV, Charles IV fut fort inquiet de la position éminente que Charles allait acquérir auprès du roi, et qui rendrait difficile toute entreprise contre lui en faveur de Charles-Henri. Aussi, toujours prêt aux résolutions ineptes, Charles IV s'empressa-t-il de prendre les devants en concluant avec Louis XIV le traité de Montmartre, le 6 février 1662.

Selon ce traité, Charles IV obtenait pour son fils la reconnaissance de possessions considérables en Lorraine, pour un revenu annuel de deux cent mille livres, et pour lui-même la jouissance de ses États à titre viager. En contrepartie, à sa mort, il cédait tout simplement la Lorraine à la France. Une autre clause curieuse, mais qui d'ailleurs n'engageait pas à grand-chose, était qu'en cas d'extinction complète de la maison de Bourbon, la couronne de France reviendrait à la maison de Lorraine…

Charles, héritier légitime dépossédé aussi outrageusement, fut, comme bien on pense, ulcéré de voir ainsi tout le monde se mettre d'accord à ses frais. Il protesta auprès du roi et ne fut pas entendu. Il rompit alors ses fiançailles avec mademoiselle de Nemours et quitta la France, pour aller s'établir à la Cour d'Autriche auprès de l'Empereur Léopold.

Ajoutons que Charles IV, toujours très cohérent, n'eut pas plus tôt signé le traité de Montmartre qu'il commença à vouloir s'en dédire, ce qui amena à un autre traité, celui de Nomény, dont on passera les clauses ; puis, sitôt signé le traité de Nomény, par lequel il jurait loyauté à Louis XIV, il se relança dans des hostilités plus ou moins ouvertes contre la France… Excédé, Louis XIV envoya finalement le maréchal de Créquy s'assurer de la Lorraine. Le duché fut occupé par les troupes françaises à compter de 1670, et Charles IV contraint de se réfugier en Allemagne, où il mourut cinq ans plus tard.

Charles se proclama aussitôt Charles V, duc de Lorraine - de jure sinon de facto, puisque ses États étaient aux mains de Louis XIV qui n'entendait pas les rendre. Il ne fut d'ailleurs connu en France, après comme devant la mort de son oncle, que sous le nom de prince Charles de Lorraine, mais tout le reste de l'Europe le reconnut pour ce qu'il était bel et bien, le duc de Lorraine.

Dans le même temps, s'étant brillamment illustré au service de Léopold Ier, il était fait généralissime des armées impériales. Et surtout, la puissance de ses charmes auprès du sexe féminin ne s'étant manifestement pas affaiblie, il eut le privilège de faire battre le cœur de la sœur de l'Empereur…

Éléonore-Marie-Josèphe était veuve de Michel Wisniowiecki, roi de Pologne.

Après ce bref et assez malheureux mariage avec un prince faible et alcoolique, elle était revenue vivre à la cour de son frère, portant le titre de reine douairière de Pologne. Malgré toute son affection pour Charles de Lorraine, Léopold Ier fut d'abord réticent à consentir à l'union de sa sœur avec ce duc sans duché. Mais les deux amoureux finirent par fléchir le souverain, qui pour assurer une position au ménage, mit dans la corbeille de mariage le gouvernement du Tyrol…

Charles et Éléonore-Marie-Josèphe allèrent donc s'établir à Innsbruck, d'où Charles repartit bientôt se couvrir de gloire à la tête des armées de son beau-frère. De concert avec Jean Sobieski, roi de Pologne, et le margrave Louis de Bade, il vainquit les Turcs devant Vienne en 1683 ; ensuite il leur reprit Buda en 1686, puis reconquit la Hongrie, la Slavonie et la Transylvanie, écrasant définitivement les troupes ottomanes à la bataille de Mohacs en 1687, après laquelle jamais les Turcs ne parvinrent plus à menacer l'Europe. Il n'est pas bien sûr aujourd'hui que cela va durer, mais c'est un autre sujet.

Charles mourut trois ans après cette dernière victoire, sans jamais avoir pu prendre possession de son duché de Lorraine.

Selon les dernières volontés de son mari, Éléonore-Marie-Josèphe n'abandonna pas la lutte. Elle finit enfin par obtenir lors de la conclusion du Traité de Ryswick (1697) que la Lorraine fût rendue à son fils aîné. Ce fut du reste son ultime joie, car elle s'éteignit quelques mois plus tard, sans avoir eu, non plus que son époux, le temps de fouler au moins une fois la terre dont elle était duchesse.

Après avoir été inhumé à Innsbruck, le corps de Charles V fut transporté dès 1697 dans l'église des Cordeliers de Nancy, nécropole des ducs de Lorraine, mais celui d'Éléonore-Marie-Josèphe demeura dans la Crypte des Capucins de Vienne, nécropole de la maison d'Autriche.


Charles et Éléonore-Marie-Josèphe avaient eu (outre Éléonore et Charles-Ferdinand, morts au berceau) :

- Léopold Ier le Bon, duc de Lorraine (Léopold-Joseph-Charles-Dominique-Agapet-Hyacinthe) ;

- Charles-Joseph, évêque d'Olmutz, prince-évêque d'Osnabruck, archevêque-électeur de Trêves (Charles-Joseph-Jean-Antoine-Ignace-Félix) ;

- Joseph-Ignace-Emmanuel ;

- François-Antoine-Joseph, prince-abbé de Stavelot-Malmédy.