AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Maximilien II Emmanuel, futur électeur de Bavière, enfant, avec sa sœur Marie-Anne-Christine de Bavière, future dauphine de France, par Stefano Bombelli
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière, à 32 ans, en 1694
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière, par Karl-Ferdinand Bruni
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière, par Vivien
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière, par Vivien (détail)
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière, en triomphateur des Turcs, par Vivien
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière, à cheval
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière, devant Mons, par Vivien
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière, par Vivien
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière, gravure de Vermeulen d'après Vivien
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière
Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière, par Vivien
Médaille frappée à l'occasion du mariage de Maximilien II Emmanuel et Marie-Antoinette d'Autriche, électeur et électrice de Bavière, en 1685
Marie-Antoinette d'Autriche, électrice de Bavière, enfant
Marie-Antoinette d'Autriche, électrice de Bavière
Marie-Antoinette d'Autriche, électrice de Bavière
Marie-Antoinette d'Autriche, électrice de Bavière, à 20 ans, en 1689, gravure de Heiss d'après Gascar
Joseph-Ferdinand, prince électoral de Bavière
Joseph-Ferdinand, prince électoral de Bavière, à 7 ans, en 1698, par Vivien
Thérèse-Cunégonde Sobieska, électrice de Bavière, jeune fille
Thérèse-Cunégonde Sobieska, électrice de Bavière, jeune fille
Thérèse-Cunégonde Sobieska, électrice de Bavière, à l'époque de ses fiançailles, à 18 ans, en 1694
Thérèse-Cunégonde Sobieska, électrice de Bavière, à 28 ans, en 1704, tenant un médaillon à l'effigie de son fils Charles-Albert, par Johann-Andreas Wolff
Thérèse-Cunégonde Sobieska, électrice de Bavière
Thérèse-Cunégonde Sobieska, électrice de Bavière, devant les portraits de son mari et de ses six enfants
Thérèse-Cunégonde Sobieska, électrice de Bavière
Thérèse-Cunégonde Sobieska, électrice de Bavière, par Vivien
Thérèse-Cunégonde Sobieska, électrice de Bavière
Thérèse-Cunégonde Sobieska, électrice de Bavière
Thérèse-Cunégonde Sobieska, électrice de Bavière
Maximilien-Emmanuel et sa famille en 1715, allégorie du retour de la famille électorale en Bavière après le Traité d'Utrecht, par Vivien


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Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière (1662-1726)
puis
sa première femme Marie-Antoinette d'Autriche (1669-1692)
et leur fils Joseph-Ferdinand, prince électoral de Bavière (1692-1699)

sa seconde femme Thérèse-Cunégonde Sobieska (1676-1730)






Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière (Maximilien-Emmanuel-Louis-Marie-Joseph-Gaétan-Antoine-Nicolas-François-Ignace-Félix), était le fils de Ferdinand-Marie, électeur de Bavière, et de Henriette-Adélaïde de Savoie.

Il épousa d'abord Marie-Antoinette d'Autriche, fille de l'Empereur Léopold Ier et de Marguerite-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne.

Le mariage ne fut pas heureux, Marie-Antoinette fut aussitôt très délaissée par son mari, très isolée à la cour de Munich sous la férule de dames d'honneur revêches, et elle sombra rapidement dans une mélancolie profonde. Deux premiers fils moururent au berceau, et Marie-Antoinette épuisée et dépressive mourut peu après avoir donné le jour au troisième, Joseph-Ferdinand. Elle n'avait que vingt-trois ans.

Joseph-Ferdinand vécut seulement jusqu'à ses sept ans et fut pourtant durant sa courte existence l'un des personnages les plus considérables de l'Europe, puisqu'héritier du trône d'Espagne…

En effet, le roi Charles II n'ayant pas d'enfants, la couronne devait aller aux descendants de l'une de ses deux sœurs : or Marie-Thérèse, l'aînée, avait renoncé à ses droits en épousant Louis XIV ; mais Marguerite-Thérèse, la cadette, ne l'avait pas fait en épousant Léopold Ier. Ainsi donc elle avait naturellement transmis ses droits à sa fille, et par elle à son petit-fils de Bavière. C'était en outre opportunément éviter de choisir entre la France et l'Autriche que de désigner un héritier bavarois, et c'est ce que fit Charles II. La mort inopinée de Joseph-Ferdinand rompit cet équilibre, car alors l'héritier d'Espagne devait nécessairement être français ou autrichien. À défaut de Joseph-Ferdinand, la candidature la mieux vue par l'Espagne à cette époque était d'ailleurs la candidature autrichienne ; c'est donc à l'Autriche que profitait la mort du jeune prince, et la Cour de Vienne fut fortement soupçonnée de l'avoir fait empoisonner. À tort ou à raison, on l'ignore ; mais Maximilien-Emmanuel pour sa part en fut persuadé, et à telle enseigne que, gendre de l'Empereur, jusqu'alors généralissime des armées impériales, et s'étant par excellence distingué en défendant héroïquement Vienne et Belgrade contre les Turcs, il fit aussitôt volte-face et choisit le camp français dans la Guerre de Succession d'Espagne - ce qui ne lui porta pas bonheur, pas plus qu'à la France, puisqu'il perdit et la bataille de Blenheim en 1704, et celle de Ramillies en 1706, fut contraint à l'exil, vit l'Autriche envahir la Bavière et fut mis au ban de l'Empire, en même temps que son frère Joseph-Clément, archevêque-électeur de Cologne, qui le soutenait.

Car en ce qui concerne la succession espagnole, on sait qu'après moult hésitations et revirements, Charles II choisit finalement l'héritier français, petit-fils de Marie-Thérèse, le duc d'Anjou devenu Philippe V, dont généalogiquement les droits étaient supérieurs - quant à la renonciation de Marie-Thérèse, elle pouvait légitimement être tenue pour nulle, n'ayant été consentie par la France que moyennant le paiement d'une dot de cinq cent mille écus d'or, comme le stipulait le contrat de mariage, dot dont l'Espagne n'avait pas même pu payer le premier versement…

C'est dès l'origine ce que la France, connaissant la désastreuse situation financière de l'Espagne, avait habilement prévu. Un des négociateurs espagnols du traité des Pyrénées, don Pedro Coloma, l'avait aussitôt avoué lui-même avec une lucidité désolée : "Il faudra (…) que tous les espagnols tant que nous sommes, engagions tout notre bien et nous mettions tous en prison s'il est nécessaire, pour ne pas manquer un seul instant à payer ces cinq cent mille écus d'or, et toujours un jour avant l'échéance de chaque terme, si nous ne voulons pas détruire nous-mêmes et par notre faute tout l'effet des renonciations de l'infante…" Or de fait personne en Espagne n'engagea tout son bien ni ne fut en prison pour la cause, et l'on connaît la suite.

Notons qu'indépendamment de sa rancune justifiée ou non contre l'Autriche, Maximilien-Emmanuel, en prenant parti pour la France, restait dans sa famille la plus proche ; car on se souvient que sa propre sœur était Marie-Anne-Christine de Bavière, dauphine de France, et justement la mère du duc d'Anjou ! Ainsi, ironie du destin et de la généalogie, à défaut d'avoir été père d'un roi d'Espagne, Maximilien-Emmanuel devint-il bel et bien l'oncle d'un autre roi d'Espagne…


Veuf, Maximilien-Emmanuel s'était remarié avec Thérèse-Cunégonde Sobieska, fille de Jean Sobieski, roi de Pologne, et de Marie-Casimire de la Grange d'Arquien.

D'où :

- Charles-Albert, électeur de Bavière, brièvement Charles VII, Empereur des Romains ;

- Philippe-Maurice-Marie, prince-évêque de Paderborn et de Munster ;

- Ferdinand-Marie-Innocent, feld-maréchal de l'Empire ;

- Clément-Auguste, archevêque-électeur de Cologne, grand-maître de l'Ordre Teutonique ;

- Jean-Théodore, cardinal-prince-évêque de Liège ;

- Marie-Anne-Caroline, clarisse à Munich.

On remarquera la gravure représentant Thérèse-Cunégonde devant les portraits de son mari et de ses six enfants. Elle date de l'époque où la famille électorale de Bavière subissait toutes les infortunes consécutives aux défaites de Maximilien-Emmanuel dans la Guerre de Succession d'Espagne, après 1706. Maximilien-Emmanuel s'enfuit aux Pays-Bas puis en France, Thérèse-Cunégonde à Venise, les quatre fils aînés furent retenus à Klagenfurt par l'Autriche, seuls Jean-Théodore et Marie-Anne-Caroline restèrent à Munich. Cette gravure évoque donc la douleur de l'électrice séparée de toute sa famille, dont elle contemple les médaillons en écrivant à son mari un billet débutant par la formule évocatrice "Pénélope à Ulysse…" Passant de la mythologie à l'Écriture, par une inscription à droite, le graveur compare en outre Thérèse-Cunégonde à Rachel, Suzanne, Judith et Sarah… Par la croisée on aperçoit Venise, ses dômes, ses canaux et ses gondoles.

La famille ne fut réunie à Munich qu'en 1715, après la paix et le Traité d'Utrecht. Ce sont ces retrouvailles que célèbre la grande composition allégorique de Vivien. Maximilien-Emmanuel et Thérèse-Cunégonde sont au centre, le prince Charles-Albert est le premier à baiser la main de son père, ses quatre frères et sa sœur sont rangés derrière lui.