AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Frédéric-Charles, duc de Wurtemberg-Winnental
Frédéric-Charles, duc de Wurtemberg-Winnental
Frédéric-Charles, duc de Wurtemberg-Winnental
Frédéric-Charles, duc de Wurtemberg-Winnental, exposé sur son lit de mort
Éléonore-Juliana de Brandebourg-Ansbach, duchesse de Wurtemberg-Winnental
Charles-Alexandre, duc de Wurtemberg, par Beck
Charles-Alexandre, duc de Wurtemberg
Charles-Alexandre, duc de Wurtemberg
Charles-Alexandre, duc de Wurtemberg
Charles-Alexandre, duc de Wurtemberg
Charles-Alexandre, duc de Wurtemberg
Charles-Alexandre, duc de Wurtemberg, par Johann-Jakob Ihle
Marie-Augusta-Sophie de la Tour-et-Taxis, duchesse de Wurtemberg
Charles-Eugène, duc de Wurtemberg, adolescent
Charles-Eugène, duc de Wurtemberg, à 16 ans, en 1744, par Pesne
Charles-Eugène, duc de Wurtemberg, à l'époque de ses fiançailles, d'après son portrait par Pesne
Charles-Eugène, duc de Wurtemberg, à 25 ans, en 1753, par Pompeo Batoni
Charles-Eugène, duc de Wurtemberg
Charles-Eugène, duc de Wurtemberg, vers 1765, miniature sur porcelaine de Joseph-Philippe Danhoffer
Charles-Eugène, duc de Wurtemberg
Charles-Eugène, duc de Wurtemberg
Charles-Eugène, duc de Wurtemberg, à l'âge de 54 ans, en 1782, par Schlotterbeck
Élisabeth-Frédérique de Brandebourg-Bayreuth, duchesse de Wurtemberg, à 13 ans, en 1745, par Wolfgang-Dietrich Mayer
Élisabeth-Frédérique de Brandebourg-Bayreuth, duchesse de Wurtemberg, miniature attribuée à Sandrart
Élisabeth-Frédérique de Brandebourg-Bayreuth, duchesse de Wurtemberg, par Tischbein
Élisabeth-Frédérique de Brandebourg-Bayreuth, duchesse de Wurtemberg, par Liotard
Élisabeth-Frédérique de Brandebourg-Bayreuth, duchesse de Wurtemberg, par Rosina Lisiewska
Françoise de Bernerdin, comtesse d'Hohenheim, épouse morganatique de Charles-Eugène, duc de Wurtemberg, vers 1765, par Nicolas Guibal
Françoise de Bernerdin, comtesse d'Hohenheim, épouse morganatique de Charles-Eugène, duc de Wurtemberg, vers 1785
Charles-Eugène, duc de Wurtemberg, et sa femme Sophie de Hohenheim, en visite à la "Karlsschule" de Stuttgart, académie militaire fondée par Charles-Eugène
Louis-Eugène, duc de Wurtemberg
Frédéric-Eugène, duc de Wurtemberg, vers 1750, par Sperling
Frédéric-Eugène, duc de Wurtemberg
Frédéric-Eugène, duc de Wurtemberg
Frédéric-Eugène, duc de Wurtemberg
Frédéric-Eugène, duc de Wurtemberg
Frédérique-Sophie de Brandebourg-Schwedt, duchesse de Wurtemberg
Frédérique-Sophie de Brandebourg-Schwedt, duchesse de Wurtemberg
Frédérique-Sophie de Brandebourg-Schwedt, duchesse de Wurtemberg
Frédérique-Sophie de Brandebourg-Schwedt, duchesse de Wurtemberg


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Frédéric-Charles, duc de Wurtemberg-Winnental (1652-1698)
et sa femme Éléonore-Juliana de Brandebourg-Ansbach (1663 ?1724)

puis leur fils
Charles-Alexandre, duc de Wurtemberg (1684 ?1737)
et sa femme Marie-Augusta de la Tour-et-Taxis (1706 ?1756)

puis leurs fils
Charles-Eugène, duc de Wurtemberg (1728-1793)
et
sa première femme Élisabeth-Frédérique de Brandebourg-Bayreuth (1732-1780)
sa seconde femme (morganatique) Françoise de Bernerdin, comtesse d'Hohenheim (1748-1811)

Louis-Eugène, duc de Wurtemberg (1731-1795)

Frédéric-Eugène, duc de Wurtemberg (1732-1797)
et sa femme Frédérique-Sophie de Brandebourg-Schwedt (1736-1798)






Frédéric-Charles, duc de Wurtemberg-Winnental, était le fils d'Eberhard III, duc de Wurtemberg, et d'Anne-Catherine de Salm-Kyrbourg.

Éléonore-Juliana de Brandebourg-Ansbach, était la fille d'Albert, margrave de Brandebourg-Ansbach, et de Sophie-Marguerite d'Oettingen-Oettingen.

Ils eurent essentiellement :

- Charles-Alexandre, duc de Wurtemberg ;

- Christine-Charlotte, qui épousa son cousin germain Guillaume-Frédéric, margrave de Brandebourg-Ansbach.


Charles-Alexandre succéda à son cousin germain Eberhard-Louis.

Le nouveau duc de Wurtemberg avait eu l'honneur de revenir à la foi catholique de ses aïeux en 1712 ; il devint du reste chevalier de la Toison d'Or en 1716. Mais hélas, sa religion ne le rendit pas sympathique à ses sujets luthériens (qui avaient bien oublié comment, au temps du duc Ulrich, leurs pères furent arrachés de force au catholicisme)… C'est au règne de Charles-Alexandre que se rattache un épisode devenu tristement célèbre rétrospectivement : l'histoire du "Juif Süss".

En effet, le duc avait choisi pour conseiller privé le banquier juif Joseph Süsskind-Oppenheimer, de Francfort. Ce dernier modernisa et rétablit de façon spectaculaire les finances du duché, jusqu'alors fort mal en point, créa la première banque du Wurtemberg, réforma la fiscalité (sujet périlleux…), déploya une activité impressionnante et améliora considérablement les revenus de Charles-Alexandre.

De telles innovations, comme toujours dans ces domaines, se heurtèrent néanmoins à la résistance de la Diète du duché, dont Charles-Alexandre eut bientôt l'intention de réduire les empiétements sur son autorité, pour s'approcher d'un gouvernement absolu. Ajoutons-y le pieux projet de redonner au catholicisme une place prépondérante dans le Wurtemberg, et l'on aura une idée de la haine farouche que conçut rapidement cette plèbe protestante pour un souverain catholique conseillé par un Juif - mais il fallait bien, pour l'heure, se résoudre à ronger son frein.

Malheureusement, les choses en étaient à ce point de tension extrême, lorsque Charles-Alexandre mourut subitement d'une embolie pulmonaire. Le jour même, Oppenheimer fut arrêté sur ordre du parlement, et après une parodie de procès, condamné pour "haute-trahison", "crime de lèse-majesté" (la majesté des bourgeois du Wurtemberg ?), "corruption", "détournements de fonds", "offense à la religion protestante", et bien d'autres choses encore. Il fut pendu dans une cage de fer. Charles-Eugène, fils de Charles-Alexandre, n'avait que neuf ans, et son cousin Charles-Rodolphe, administrateur du duché pendant sa minorité, n'intervint pas, ce qui du reste aurait été imprudent face à la rage populaire. Le corps d'Oppenheimer resta suspendu à sa potence six ans durant, avant que le duc Charles-Eugène, déclaré majeur à seize ans, ne fasse immédiatement donner, fidèle à la mémoire de son père, une sépulture décente au conseiller de ce dernier.

Cette sordide histoire aurait pu en rester là, n'était la fameuse adaptation cinématographique qui en fut tirée par le nazisme, à des fins de propagande antisémite. À noter que ce brûlot mensonger contre Oppenheimer, alias le "Juif Süss", n'est pas moins révoltant dans la façon dont il présente le duc Charles-Alexandre, obèse faible, débauché et abruti, et jusqu'à son épouse, la duchesse Marie-Augusta devenant, ni plus ni moins, la maîtresse de Süss. S'il y eut jamais un jour "lèse-majesté" dans toute cette affaire, c'est assurément dans ce film. Fermons la parenthèse.


Charles-Alexandre avait donc épousé Marie-Augusta de la Tour-et-Taxis, fille d'Anselme-François, prince de la Tour-et-Taxis, et de Marie-Louise de Lobkowitz.

Ils eurent :

- Charles-Eugène, duc de Wurtemberg ;

- Louis-Eugène, duc de Wurtemberg ;

- Frédéric-Eugène, duc de Wurtemberg ;

- Augusta-Élisabeth, qui épousa son cousin germain, Charles-Anselme, prince de la Tour-et-Taxis.


Charles-Eugène étant enfant à la mort de son père, comme on l'a vu, le duché fut administré par successivement par deux de ses cousins, d'abord Charles-Rodolphe, duc de Wurtemberg-Neuenstadt, qui ne fit guère que passer brièvement et symboliquement, en raison de sa mauvaise santé, puis Charles-Frédéric, duc de Wurtemberg-Œls.

Charles-Eugène, bien que catholique (chevalier de la Toison d'Or en 1735), épousa la protestante Élisabeth-Frédérique de Brandebourg-Bayreuth, fille de Frédéric, margrave de Brandebourg-Bayreuth, et de Frédérique-Sophie-Wilhelmine de Prusse (sœur de Frédéric II).

Il est vrai qu'au dire de Casanova, connaisseur s'il en fut, Élisabeth-Frédérique était alors "la plus belle princesse d'Allemagne" ; ce que ses portraits semblent confirmer…

Ce mariage, qui était un vrai mariage d'amour et fut d'abord heureux, se désunit assez rapidement, Charles-Eugène étant d'une infidélité ostentatoire, et se termina après huit ans par une séparation de fait. La duchesse retourna vivre à Bayreuth, où elle s'établit dans son ravissant Château Fantaisie. Ils n'avaient eu qu'une fille, qui ne vécut pas.

Lorsqu'Élisabeth-Frédérique mourut, longtemps plus tard, Charles-Eugène épousa morganatiquement sa maîtresse Françoise de Bernerdin, fille de Louis-Guillaume, baron de Bernerdin, et de Jeanne de Vonheim-Adelmannsfelden.

Il obtint pour elle en 1774 de l'Empereur Joseph II un titre de comtesse d'Hohenheim (le titre demandé de princesse d'Empire ne fut pas accordé). Mais mieux, Françoise eut même l'autorisation, à compter de 1790, de porter le titre de duchesse de Wurtemberg, l'éventuelle postérité de ce mariage restant cependant exclue de la succession - la question du reste n'eut pas à se poser. Profondément généreuse et charitable, Françoise fut très aimée des sujets de son mari, qui la surnommèrent le bon ange du Wurtemberg.

On remarquera les deux charmants petits tableaux représentant Charles-Eugène et Françoise en visite à la "Karlsschule", académie militaire fondée en 1770 par le duc à Stuttgart, et dont à cette époque furent élèves Schiller et Cuvier (eh oui ; ce dernier, natif de Montbéliard, était alors sujet wurtembergeois…).

Si de ses deux mariages Charles-Eugène n'eut pas d'héritier, du moins se rattrapa-t-il ailleurs puisqu'il reconnut… 77 enfants naturels.


A sa mort, son frère Louis-Eugène lui succéda, mais mourut lui-même deux ans plus tard. Il avait contacté un mariage morganatique avec Sophie-Albertine de Beichlingen, fille d'Auguste, comte de Beichlingen, et de Sophie-Hélène de Stoecken, dont deux filles mariées dans les maisons d'Oettingen et de Hohenlohe.


Frédéric-Eugène, le dernier des trois frères, devint alors à son tour duc de Wurtemberg.

Il avait épousé Frédérique-Dorothée de Brandebourg-Schwedt, fille de Frédéric-Guillaume, margrave de Brandebourg-Schwedt, et de Sophie-Dorothée de Prusse (sœur de Frédéric II).

Comme ses parents et ses deux frères, Frédéric-Eugène était catholique ; il fut même dans un premier temps destiné à l'Église, chanoine de Constance et de Salzbourg, et évêque-coadjuteur de Breslau.

Finalement, il abandonna la soutane pour la cuirasse, ce qui arrivait alors à des gens très bien, témoin l'archiduc Albert, qui avait même été cardinal.

Il épousa une protestante, ce qui n'était pas encore bien grave, Charles-Eugène avait fait de même en épousant, lui aussi, une nièce de Frédéric II.

Mais ce qui ne se pardonne pas, c'est qu'il admit que dans son contrat de mariage, figurât l'engagement d'élever ses enfants dans la religion protestante, suivant l'exigence explicite de Frédéric II, dont l'athéisme s'accommodait manifestement plus du protestantisme que du catholicisme - et c'est un jugement qui en dit long…

Ainsi donc, à compter de son successeur, malgré l'heureuse initiative de Charles-Alexandre, les ducs de Wurtemberg redevinrent-ils protestants. Il est vrai que la roue tourna plus tard une seconde fois (et a priori définitivement !), mais n'anticipons pas.

Frédéric-Eugène et Frédérique-Dorothée eurent essentiellement :

- Frédéric Ier, roi de Wurtemberg ;

- Louis, duc de Wurtemberg ;

- Eugène, duc de Wurtemberg ;

- Guillaume, duc de Wurtemberg ;

- Ferdinand, duc de Wurtemberg ;

- Alexandre, duc de Wurtemberg ;

- Sophie-Dorothée (Marie-Féodorovna), qui épousa Paul Ier, tsar de Russie ;

- Frédérique-Élisabeth, qui épousa Pierre Ier, grand-duc d'Oldenbourg ;

- Élisabeth-Wilhelmine, qui épousa l'Empereur François II.