AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Élisabeth, princesse palatine du Rhin, abbesse d'Herford, enfant
Élisabeth, princesse palatine du Rhin, abbesse d'Herford, jeune fille, avec ses frères de g. à d. Ruprecht, Maurice, et Charles-Louis, en 1631, par Honthorst
Élisabeth, princesse palatine du Rhin, abbesse d'Herford
Élisabeth, princesse palatine du Rhin, abbesse d'Herford, par Honthorst
Élisabeth, princesse palatine du Rhin, abbesse d'Herford, en bergère, par Honthorst
Élisabeth, princesse palatine du Rhin, abbesse d'Herford, par Honthorst
Élisabeth, princesse palatine du Rhin, abbesse d'Herford, en habit de ballet, par Honthorst
Élisabeth, princesse palatine du Rhin, abbesse d'Herford, par Honthorst
Élisabeth, princesse palatine du Rhin, abbesse d'Herford
Élisabeth, princesse palatine du Rhin, abbesse d'Herford, par Cooper


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Élisabeth, princesse palatine du Rhin, abbesse d'Herford (1618-1680)






Élisabeth, princesse palatine du Rhin, abbesse d'Herford, était la fille de Frédéric V, électeur palatin du Rhin, roi de Bohême, et d'Élisabeth Stuart.

Dans ses "Souvenirs", sa sœur Sophie, électrice de Hanovre, l'évoque avec affection et malice :

"Ma sœur qui s'appelait Élisabeth avait les cheveux noirs, le teint vif, les yeux bruns et brillants, les sourcils noirs et larges, le front bien fait, la bouche belle et vermeille, les dents admirables, le nez aquilin et menu, mais sujet à rougir. Elle aimait l'étude, mais toute sa philosophie ne l'empêchait pas d'être fort chagrine aux heures que la circulation du sang lui rendait le malheur d'avoir le nez rouge. Elle se cachait dans ce moment devant le monde. Je me souviens que ma sœur la princesse Louise, qui était sans façons, lui demanda dans une conjoncture si perverse si elle ne voulait monter chez la Reine, puisque l'heure qu'on était accoutumé d'y aller était venue. La princesse Élisabeth lui dit : "Voulez-vous que j'y aille avec ce nez ?". L'autre répliqua : "Voulez-vous attendre jusqu'à ce que vous en ayez un autre ?". Celle-ci avait un esprit vif et naturel. L'autre était fort savante ; elle savait toutes les langues et toutes les sciences et avait un commerce réglé avec M. Descartes. Mais ce grand savoir la rendait un peu distraite et nous donnait souvent sujet de rire."

Quant à sa nièce, Madame, duchesse d'Orléans, fidèle à son inénarrable truculence, elle raconte à propos de la légendaire distraction de sa tante dans une lettre du 8 octobre 1718 cette anecdote… un peu leste, dirons-nous :

"Ma tante Élisabeth, abbesse d'Herford, avait les cheveux très noirs. Un jour, sortant du bain et s'enveloppant d'un peignoir qui avait un grand trou sur le devant, elle se mit à gronder sa femme de chambre : « N'êtes-vous pas les gens les plus négligents et les plus malpropres du monde de me donner un peignoir avec une si horrible tache noire ? » La femme de chambre se mit à rire et pria ma tante de mettre la main sur cette tache afin de s'assurer de ce que c'était. Ma tante suivit le conseil de sa femme de chambre, et courut toute honteuse se cacher dans son lit…"

Et cette autre, impayable :

"Je deviens si rêveuse avec l'âge que bientôt, je crois, je vais tomber en enfance, devenir distraite comme notre tante la princesse Élisabeth d'Herford. Un jour, elle prit un pot de chambre pour un masque et dit : «Ce masque n'a pas d'yeux et il ne sent pas bon !»"