AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Henri II d'Orléans, duc de Longueville
Henri II d'Orléans, duc de Longueville
Henri II d'Orléans, duc de Longueville, par Dumonstier
Henri II d'Orléans, duc de Longueville
Louise-Marie de Bourbon-Soissons, duchesse de Longueville, par Dumonstier
Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville, d'après Beaubrun
Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville
Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville, par Ribou d'après Van Hulle
Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville
Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville
Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville, en veuve
Jean-Louis-Charles d'Orléans, duc de Longueville
Charles-Paris d'Orléans, duc de Longueville, enfant
Charles-Paris d'Orléans, duc de Longueville, enfant
Charles-Paris d'Orléans, duc de Longueville
Charles-Paris d'Orléans, duc de Longueville, par François Jouffroy
Charles-Paris d'Orléans, duc de Longueville


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Henri II d'Orléans, duc de Longueville (1595-1663)
et
sa première femme Louise-Marie de Bourbon-Soissons (1603 ?1637)
sa seconde femme Anne-Geneviève de Bourbon-Condé (1619-1679)

puis les fils de Henri et Anne-Geneviève
Jean-Louis-Charles d'Orléans, duc de Longueville (1646-1694)
et
Charles-Paris d'Orléans, duc de Longueville (1649-1672)






Henri II d'Orléans, duc de Longueville, était le fils de Henri Ier de Bourbon, duc de Longueville, et de Catherine de Nevers-Mantoue.

Il épousa d'abord Louise-Marie de Bourbon-Soissons, fille de Charles de Bourbon-Condé, comte de Soissons, et d'Anne de Montafié.

D'où :

- Marie, qui épousa Henri II de Savoie, duc de Nemours.

Il épousa ensuite Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, fille de Henri II de Bourbon, prince de Condé, et de Charlotte de Montmorency.

D'où :

- Jean-Louis-Charles, comte de Dunois, puis duc de Longueville, dit l'abbé d'Orléans après son ordination et son entrée dans la Compagnie de Jésus ;

- Charles-Paris, duc de Longueville.


Personnage assez falot, Henri II de Longueville fut entraîné dans les troubles de la Fronde par sa seconde épouse, sœur des princes de Condé et de Conti, et dont on disait qu'elle était pour l'un comme pour l'autre, un peu plus qu'une sœur…

La duchesse de Longueville, après, effectivement, une vie plus que galante (son second fils Charles-Paris, prénommé ainsi car filleul de la ville de Paris, eut certainement pour père le duc de La Rochefoucauld, l'immortel auteur des "Maximes", qui fut le grand amour de sa mère, sinon le seul…), se convertit et passa la dernière partie de sa vie dans la plus grande dévotion, ce qui était fort bien faire, mais suivant les erreurs jansénistes, ce qui l'était un peu moins. Elle fut d'ailleurs la protectrice fidèle de l'abbaye rebelle de Port-Royal-des-Champs, que Louis XIV ne se permit de mettre au pas qu'après la mort de la duchesse, par égard pour elle.


Le fils aîné du duc de Longueville, Jean-Louis-Charles, renonça à ses titres en faveur de son frère cadet lorsqu'il prit l'habit ecclésiastique. Saint-Simon, toujours bienveillant, l'évoque en ces termes :

"M. de Longueville (…) n'avait eu que deux fils : le cadet, d'une grande espérance, tué au passage du Rhin, sans alliance ; l'autre, d'un esprit faible, qu'on envoya à Rome, que les jésuites empaumèrent et que le pape fit prêtre. Revenu en France il devint de plus en plus égaré, en sorte qu'il fut renfermé dans l'abbaye de Saint-Georges près de Rouen pour le reste de sa vie, où il n'était vu de personne, et M. le Prince (le Grand Condé, frère de sa mère) prit l'administration de ses biens.

Il mourut les premiers jours de février
(1694), et il se trouva un testament de lui fait à Lyon, allant à Rome, par lequel il donnait tout son bien à son frère, tué depuis au passage du Rhin, et à son défaut et de sa postérité, à Mme sa mère, et après elle à MM. les princes de Conti l'un après l'autre. L'aîné de ces princes était mort il y avait déjà longtemps, en sorte que celui-ci devint le seul appelé à ce grand héritage, que Mme de Nemours résolut bien de lui contester."

En effet, Charles-Paris était mort pendant la guerre de Hollande.

Mme de Sévigné le raconte dans une lettre fameuse (3 juillet 1672) :

"Vous devez avoir reçu des relations fort exactes ; elles vous auront fait voir que le Rhin était mal défendu ; le grand miracle c'est de l'avoir passé à la nage. M. le Prince et ses argonautes étaient dans un bateau ; les premières troupes qu'ils rencontrèrent au-delà demandaient quartier ; quand le malheur voulut que M. de Longueville, qui sans doute ne l'entendit pas, s'approche de leurs retranchements et, poussé d'une bouillante ardeur, arrive à la barrière où il tue le premier qui se trouve sous sa main : en même temps, on le perce de cinq ou six coups.

(…)Au reste, il n'est rien de plus vrai que M. de Longueville avait été à confesse avant que de partir : comme il ne se vantait jamais de rien, il n'en avait pas même fait sa cour à madame sa mère ; mais ce fut une confession conduite par nos amis
(i.e. de Port-Royal, hélas !) et dont l'absolution fut différée plus de deux mois. Cela s'est trouvé si vrai que madame de Longueville n'en peut pas douter : vous pouvez penser quelle consolation. Il faisait une infinité de libéralités et de charités que personne ne savait et qu'il ne faisait qu'à condition qu'on n'en parlât point ; jamais un homme n'a eu tant de solides vertus : il ne lui manquait que des vices, c'est-à-dire un peu d'orgueil, de vanité, de hauteur ; mais du reste jamais on n'a été si près de la perfection : pago lui, pago il mondo (i.e. "lui heureux, tout le monde l'était", citation tirée du Pastor Fido de Guarini) ; il était au-dessus des louanges : pourvu qu'il fût content de lui c'était assez. Je vois souvent des gens qui sont encore fort éloignés de se consoler de cette perte ; mais pour tout le gros du monde, ma pauvre enfant, cela est passé : cette triste nouvelle n'a assommé que trois ou quatre jours."

Comme l'évoque Saint-Simon, la mort sans postérité des deux frères ouvrit une longue querelle de succession.

Le duché de Longueville fit retour à la couronne.

Mais pour la principauté de Neuchâtel et Valengin, le prince de Conti, désigné par le testament de Jean-Louis-Charles, dont il était cousin germain (puisque fils du prince de Conti frère de la duchesse de Longueville) entendit faire valoir ses droits ; et la duchesse de Nemours, demi-sœur de Jean-Louis-Charles ne l'entendait pas moins.

On sait que c'est cette dernière qui l'emporta finalement, les bourgeois de Neuchâtel ayant préféré se donner à elle plutôt qu'au prince de Conti, qui passait pour un simple prête-nom de Louis XIV, et qui leur faisait craindre un futur rattachement de la principauté à la France.