AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Louis de Melun, prince d'Epinoy
Élisabeth de Lorraine-Lillebonne, mademoiselle de Commercy, princesse d'Epinoy
Charles de Ligne, prince d'Arenberg, avec sa femme Anne de Croÿ, et leurs enfants, attribué à Pourbus
Jean de Ligne, comte d'Arenberg, en grande tenue de chevalier de la Toison d'Or
Marguerite de La Mark, comtesse d'Arenberg
Béatrice-Hiéronyme de Lorraine-Lillebonne, mademoiselle de Lillebonne, abbesse de Remiremont
Béatrice-Hiéronyme de Lorraine-Lillebonne, mademoiselle de Lillebonne, abbesse de Remiremont


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Louis de Melun, prince d'Epinoy (1673-1704)
et sa femme Élisabeth de Lorraine-Lillebonne, mademoiselle de Commercy (1664-1748)

puis
les arrière-grands-parents de Louis de Melun
Charles de Ligne, prince d'Arenberg (1550-1616)
et sa femme Anne de Croÿ (1563-1635)

puis
les parents de Charles de Ligne-Arenberg
Jean de Ligne, comte d'Arenberg (1525-1568)
et sa femme Marguerite de La Mark (1527-1599)

enfin
la sœur d'Élisabeth,
Béatrice-Hiéronyme de Lorraine-Lillebonne, mademoiselle de Lillebonne, abbesse de Remiremont (1662-1738)






Louis de Melun, prince d'Epinoy, était le fils d'Alexandre de Melun, prince d'Epinoy, et de Jeanne de Rohan-Chabot.

Élisabeth de Lorraine-Lillebonne, mademoiselle de Commercy, était la fille de François-Marie de Lorraine, comte de Lillebonne (fils de Charles II de Lorraine, duc d'Elbeuf, et Catherine-Henriette de Bourbon) et d'Anne de Lorraine (fille de Charles IV, duc de Lorraine, et Béatrice de Cusance).

Alexandre de Melun, prince d'Epinoy, était fils de Guillaume de Melun, prince d'Epinoy, et d'Ernestine de Ligne-Arenberg.

Ernestine de Ligne-Arenberg était la fille de Charles de Ligne, prince d'Arenberg, et d'Anne de Croÿ.

Sur le beau portrait de famille attribué à Pourbus, on peut contempler Charles posant la main sur la tête de son fils aîné Philippe, et Anne tenant sur ses genoux leur dernier fils à cette époque, Antoine. Puis de gauche à droite Charles, Ernestine et Alexandre. Sur la table, les deux roses tombées du bouquet rappellent le souvenir de Salentin, mort à huit mois, et d'un autre enfant mort-né. Derrière le prince d'Arenberg, l'homme qu'on distingue est probablement le peintre lui-même.

Ajoutons que Charles de Ligne-Arenberg était fils de Jean de Ligne et de Marguerite de La Mark, et Jean de Ligne était fils de Louis de Ligne et de Marie de Glymes-Berghes, fille de Corneille de Glymes-Berghes, frère de Jean III et Henri de Glymes-Berghes.


Louis de Melun et Élisabeth de Lorraine eurent :

- Louis de Melun, prince d'Epinoy, soupirant et peut-être époux secret de Marie-Anne de Bourbon-Condé, mademoiselle de Clermont (sans postérité) ;

- Anne, qui épousa Jules de Rohan, prince de Soubise.

D'où essentiellement :

- Charles de Rohan, prince de Soubise, le célèbre maréchal de Soubise ;

- Armand de Rohan-Soubise, cardinal, prince-évêque de Strasbourg, grand aumônier de France, le second cardinal de Rohan ;

- Marie-Louise-Geneviève de Rohan-Soubise, qui épousa Gaston de Lorraine, comte de Marsan (voir ICI). Gouvernante des Enfants de France, elle éleva notamment Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.


Élisabeth de Lorraine-Lillebonne avait une sœur, Béatrice-Hiéronyme de Lorraine-Lillebonne, mademoiselle de Lillebonne.


Laissons sur ces deux princesses de Lorraine la parole à Saint-Simon, sans lui accorder plus de crédit qu'il n'en mérite, car il les détestait, comme il détestait toute la maison de Lorraine, dont les membres établis en France avaient surtout pour le mémorialiste le tort impardonnable de jouir à la Cour d'un rang plus élevé que celui des ducs - et à juste titre ; mais qui les détestait encore plus précisément en l'occurrence parce qu'elles faisaient partie des intimes du Grand Dauphin, et donc de la côterie des enfants légitimés de Louis XIV, que Saint-Simon haïssait parce que… les princes légitimés, eux aussi, jouissaient d'un rang supérieur à celui des ducs…

"Mlle de Lislebonne et (…) sa sœur Mme d'Espinoy, (…) n'étaient ensemble qu'un cœur, qu'une âme et qu'un esprit. La dernière était une personne douce, belle, qui n'avait d'esprit que ce qu'il lui en fallait pour aller à ses fins, mais qui l'avait au dernier point, et qui jamais ne faisait rien que par vues ; d'ailleurs naturellement bonne, obligeante et polie.

L'autre avait tout l'esprit, tout le sens et toutes les sortes de vues qu'il est possible ; élevée à cela par sa mère, et conduite par le chevalier de Lorraine, avec lequel elle était si anciennement et si étroitement unie qu'on les croyait secrètement mariés.

On a vu en plus d'un endroit de ces Mémoires quel homme c'était que ce Lorrain, qui, du temps des Guise, eût tenu un grand coin parmi eux. Mlle de Lislebonne ne lui était pas inférieure, et sous un extérieur froid, indolent, paresseux, négligé, intérieurement dédaigneux, brûlait de la plus vaste ambition avec une hauteur démesurée, mais qu'elle cachait sous une politesse distinguée, et qu'elle ne laissait se déployer qu'à propos.
"


Mademoiselle de Lillebonne était ainsi, peut-être, mariée secrètement à son cousin le chevalier de Lorraine.

Après avoir été l'une des figures les plus brillantes de Versailles, mademoiselle de Lillebonne vit sa position à la Cour perdre son éclat à la mort du Grand Dauphin, puisque le fils et la belle-fille de ce dernier, le duc et la duchesse de Bourgogne, désormais dauphin et dauphine, étaient très mal disposés envers l'entourage de leur père et beau-père, et particulièrement envers elle.

Aussi, encore selon Saint-Simon :

"Mlle de Lislebonne, pénétrée d'une si profonde chute personnelle et commune, trop sûre de sa situation avec Mme la dauphine, et avec tout ce qui approchait intimement le dauphin, n'était pas pour se pouvoir résoudre, altière comme elle était, à traîner dans une cour où elle avait régné toute sa vie.

Son oncle (le prince de Vaudémont) et elle prirent donc le parti d'aller passer l'été en Lorraine, pour se dérober à ces premiers temps de trouble, et se donner celui de se former un plan de vie tout nouveau.

La fortune secourut cette fée. La petite vérole enleva tout de suite plusieurs enfants à M. de Lorraine, entre autres une fille de sept ou huit ans, qu'il avait fait élire abbesse de Remiremont, il y avait deux ans, après la mort de Mme de Salm.

Cet établissement parut à l'oncle et à la nièce une planche après le naufrage, un état noble et honnête pour une vieille fille, une retraite fort digne et sans contrainte, une espèce de maison de campagne pour quand elle y voudrait aller, sans nécessité de résidence assidue, ni d'abdiquer Paris et la cour, et un prétexte de l'en tirer à sa volonté, avec quarante mille livres de rente à qui en avait peu et se trouvait privée des voitures de Monseigneur et de toutes les commodités qu'elle en tirait.

Elle n'eut que la peine de désirer cet établissement ; tout en arrivant en Lorraine, son élection se fit aussitôt.
"

Mademoiselle de Lillebonne passa donc la fin de son existence tantôt dans son abbaye tantôt à Paris, où elle mourut.