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Liste complète des personnages

Henriette d'Entragues, marquise de Verneuil

Henriette d'Entragues, marquise de Verneuil
Henriette d'Entragues, marquise de Verneuil
Henriette d'Entragues, marquise de Verneuil
Henriette d'Entragues, marquise de Verneuil, par Quesnel


Gaston-Henri de Bourbon, duc de Verneuil, et sa femme Charlotte Séguier de Villemor

Gaston-Henri de Bourbon, légitimé de France, évêque de Metz, puis duc de Verneuil
Gaston-Henri de Bourbon, légitimé de France, évêque de Metz, puis duc de Verneuil
Gaston-Henri de Bourbon, légitimé de France, évêque de Metz, puis duc de Verneuil
Gaston-Henri de Bourbon, légitimé de France, évêque de Metz, puis duc de Verneuil
Gaston-Henri de Bourbon, légitimé de France, et sa femme Charlotte Séguier de Villemor, duc et duchesse de Verneuil


Gabrielle-Angélique de Bourbon - Bernard de Nogaret de Foix, duc d'Épernon - Louis-Charles de Nogaret de Foix, duc de Candale

Gabrielle-Angélique de Bourbon, légitimée de France, duchesse d'Épernon, par Dumonstier
Bernard de Nogaret de Foix, duc d'Épernon, par Nanteuil
Louis-Charles-Gaston de Nogaret de Foix, duc de Candale


Jacqueline de Bueil, comtesse de Moret

Jacqueline de Bueil, comtesse de Moret
Jacqueline de Bueil, comtesse de Moret
Jacqueline de Bueil, comtesse de Moret, par Dumonstier
Jacqueline de Bueil, comtesse de Moret, en 1626, à 38 ans, par Dumonstier


Antoine de Bourbon, comte de Moret

Antoine de Bourbon, légitimé de France, comte de Moret, atelier de Van Dyck
Antoine de Bourbon, légitimé de France, comte de Moret, par Dumonstier


Charlotte des Essarts, comtesse de Romorantin

Charlotte des Essarts, comtesse de Romorantin


Jeanne-Baptiste de Bourbon, abbesse de Fontevrault

Jeanne-Baptiste de Bourbon, légitimée de France, abbesse de Fontevrault
Jeanne-Baptiste de Bourbon, légitimée de France, abbesse de Fontevrault
Jeanne-Baptiste de Bourbon, légitimée de France, abbesse de Fontevrault


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Henriette d'Entragues, marquise de Verneuil (1579-1633)

puis ses enfants

Gaston-Henri de Bourbon, duc de Verneuil (1601-1682)
et sa femme Charlotte Séguier de Villemor (1622-1704)

et
Gabrielle-Angélique de Bourbon (1603-1627)
son mari Bernard de Nogaret de Foix, duc d'Épernon (1592-1661)
et leur fils
Louis-Charles-Gaston de Nogaret de Foix, duc de Candale et de La Valette (1627-1658)


Jacqueline de Bueil, comtesse de Moret (1588-1651)
puis son fils
Antoine de Bourbon, comte de Moret (1607-1632)

Charlotte des Essarts, comtesse de Romorantin (1585-1651)
puis sa fille
Jeanne-Baptiste de Bourbon, abbesse de Fontevrault (1608-1670)






Henriette d'Entragues, marquise de Verneuil, était la fille de François de Balsac, comte d'Entragues, et de Marie Touchet.

Sa mère Marie Touchet avait été favorite de Charles IX. Et elle-même fut favorite de Henri IV.

Le roi l'aima avec passion, mais cet amour ne fut en rien réciproque. Henriette n'avait qu'un sentiment dans le cœur, c'était une ambition effrénée. Secondée en cela par ses parents, elle ne céda au roi, d'accord avec eux, qu'en échange du versement de cent mille écus, somme démesurée ; mais surtout, en échange d'une promesse de mariage, assortie cependant d'une condition : il fallait que Henriette lui donnât un fils dans le délai d'un an.

Sully, outré tant de la somme que de la promesse, eut la finesse d'apporter l'argent au roi et de le compter devant lui, en étalant l'or sur le plancher. Prenant de visu conscience de ce que représentait le prix demandé par Henriette, Henri IV ne put réprimer la remarque qu'attendait Sully : "Ventre-saint-gris, dit-il, voilà une nuit bien payée !"… Mais il la paya bel et bien. Quant à la promesse de mariage, Sully eut beau remontrer au roi que l'annulation en cour de Rome de son mariage avec Marguerite de Valois était suffisamment difficile ; qu'elle le serait d'autant plus si l'on apprenait qu'il avait d'avance promis d'épouser sa maîtresse, comme il avait déjà pu le constater avec Gabrielle d'Estrées ; rien n'y fit.

Cependant peu après l'annulation fut obtenue. Et Sully, qui n'avait que faire de la promesse extorquée à son maître, engagea les négociations avec le grand-duc de Toscane pour le mariage du roi avec Marie de Médicis. Henri IV, sentant bien au fond que c'était la sagesse, laissait faire mollement… tout en redoutant le jour où il lui faudrait affronter Henriette. Ce jour arriva, car le mariage fut bientôt conclu, et même célébré par procuration à Florence, bien plus tôt que le roi ne l'aurait voulu.

Lorsqu'il dut l'annoncer à Henriette, ce fut bien entendu une explosion de fureur. D'autant plus qu'elle approchait du terme de sa grossesse, cette grossesse dont l'issue devait décider de son propre mariage avec le roi, selon le marché conclu un an plus tôt. Mais la fatalité fut propice à Henri IV : peu avant la délivrance de Henriette, au cours d'un orage d'une violence extrême, la foudre tomba dans sa chambre et fit même le tour de son lit. Saisie de terreur, elle accoucha prématurément d'un enfant mort. La promesse était caduque, et Henriette dut se résigner à n'être jamais que la maîtresse du roi, qui la fit, petit dédommagement, marquise de Verneuil.

Les rapports avec Marie de Médicis bientôt arrivée en France ne furent, comme on l'imagine, rien moins que cordiaux. Le jour où Henriette fut présentée à la reine, l'usage voulait qu'elle plongeât dans une profonde révérence et portât à ses lèvres le bas de la robe de la souveraine. Avec une désinvolture affectée, Henriette esquissa une légère inclination et prit la robe de la reine au niveau du genou. Excédé, le roi, qui était présent, empoigna le bras de sa maîtresse, le baissa jusqu'à terre et lui fit saisir le bas de la jupe. Il y eut un froid…

Avec des périodes alternées d'apaisement (rarement) et de discorde (la plupart du temps), il fallut bien que tout le monde vécût ainsi les années suivantes. Henriette n'appelait pas la reine autrement que "la grosse banquière", et Marie appelait tout simplement Henriette "la putana". Voilà qui était clair.

Henriette donna un fils au roi, qui naquit quelques mois avant le dauphin. Henri IV comparant ses deux fils déclara en public que "celui de Henriette était de beaucoup plus beau que celui de la reine, lequel ressemblait aux Médicis, étant noir et gros comme eux". Marie de Médicis apprécia beaucoup.

Sur ce que son fils était l'aîné, Henriette s'avisa un beau jour de prendre la tête d'un complot extravagant. Remettant absurdement cette vieille promesse de mariage sur le tapis, elle prétendit se faire reconnaître comme la femme légitime du roi, faire proclamer son fils véritable héritier de la couronne, Marie de Médicis n'étant donc, cela va de soi, qu'une concubine, et ses enfants des bâtards. Elle entraîna dans ces folies son père le comte d'Entragues, et son demi-frère le comte d'Auvergne, depuis duc d'Angoulême, fils de Charles IX et de Marie Touchet. L'ambassadeur d'Espagne alla jusqu'à garantir que le roi son maître soutiendrait ces prétentions, aiderait à mettre sur le trône de France le petit Gaston-Henri, fils du roi et de Henriette, et lui donnerait une infante en mariage. Il fut même question, dit-on, d'assassiner le roi et de s'assurer de la personne du dauphin.

Le complot fut découvert, tout le monde arrêté. Le comte d'Auvergne chargea sa demi-sœur de façon accablante, et ce fut entre eux une rupture sans merci. Du reste, Henriette montra dans ces circonstance un courage altier, d'autant plus remarquable qu'il pouvait y aller de sa tête : "Je n'ai pas peur de la mort, au contraire je la désire. Si le roi m'ôte la vie, on dira au moins qu'il a fait mourir sa femme. J'étais reine avant l'Italienne. Au surplus, je ne demande rien d'autre au roi que le pardon pour mon père, justice pour moi… et une corde pour mon frère !"

Le comte d'Entragues et le comte d'Auvergne furent condamnés à mort, Henriette à être tondue et enfermée à perpétuité au couvent de Beaumont-lès-Tours. Décidément généreux, le roi gracia tout le monde. Le comte d'Entragues fut assigné à résidence chez lui, le comte d'Auvergne, qui parut le plus coupable, passa douze ans à la Bastille, mais confortablement installé.

Et Henriette renoua avec le roi… Mais on le conçoit, la passion de Henri IV alla désormais s'amenuisant, d'autant qu'un nouvel amour s'empara bientôt de son cœur : Charlotte de Montmorency, princesse de Condé.

Sur ces entrefaites, le roi fut assassiné, et certains ne manquèrent pas d'accuser Henriette d'y avoir été pour quelque chose. Elle avait prouvé qu'elle en était bien capable ; cependant, en l'occurrence, à part une sotte vengeance qui n'eût pas vu plus loin que le bout de son nez, elle n'aurait rien eu à gagner dans l'affaire. Leur liaison était terminée, mais ses deux enfants avaient encore beaucoup à obtenir du roi. La mort de Henri IV était la moins désirable chose qui pût leur arriver. De fait, à compter de ce jour, Henriette se retira à Verneuil, et passa la fin de sa vie dans une obscurité à peu près totale.

Elle avait donné deux enfants au roi :

- Gaston-Henri, évêque de Metz, puis duc de Verneuil ;

- Gabrielle-Angélique, duchesse d'Épernon qui épousa Bernard de Nogaret de Foix, duc d'Épernon, fils du duc d'Épernon, mignon de Henri III ; deux enfants morts sans postérité, dont Louis-Charles-Gaston de Nogaret de Foix, duc de Candale et de La Valette ; "l'homme le mieux fait de son temps", dit de lui Bussy-Rabutin, qui en fait l'un des héros de son "Histoire amoureuse des Gaules" ; Âmelot de la Houssaye rapporte : "Le duc de Candale prétendait être prince, à cause de sa mère qui était fille bâtarde de Henri IV, mais toute la cour se moquait de cette prétention dont il ne recueillit que le sobriquet de prince des Vandales".


Gaston-Henri d'abord évêque de Metz, n'ayant pu devenir cardinal, quitta les ordres assez tardivement, fut fait duc de Verneuil en 1663, et se maria plus tardivement encore puisqu'il avait soixante-sept ans.

Il épousa donc en 1668 Charlotte Séguier de Villemor, fille de Pierre Séguier, duc de Villemor, chancelier de France, et de Madeleine Fabry. Il s'agit du fameux chancelier Séguier immortalisé par le somptueux portrait équestre de Le Brun.

Ils n'eurent pas d'enfants.

Ironie du sort, Charlotte Séguier était déjà veuve du duc de Sully, petit-fils du ministre de Henri IV qui avait été si hostile à Henriette d'Entragues. Le fils de ce premier mariage fut le père du duc de Sully qui épousa Jeanne Guyon, fille de la fameuse Madame Guyon de l'affaire du quiétisme. Jeanne Guyon était déjà veuve de Louis-Nicolas Fouquet, vicomte de Vaux, le propre fils du surintendant Fouquet… Voilà une jeune femme qui était manifestement vouée de toutes parts aux "causes célèbres et intéressantes"

Ajoutons que Gaston-Henri était le filleul de son demi-frère Louis XIII et de sa demi-sœur Élisabeth de France.


Jacqueline de Bueil était la fille de Claude de Bueil, seigneur de Courcillon, et de Catherine de Montecler.

Notons que Claude était frère cadet de Jean, comte de Sancerre, grand-échanson de France, et que leur mère était La Trémoille, arrière-petite-fille de Louis, prince de Talmont, et de Gabrielle de Bourbon-Montpensier (sœur de Gilbert, et donc tante du Connétable de Bourbon). Louis s'était remarié en secondes noces avec Louise Borgia, propre fille de César Borgia, duc de Valentinois.

Jacqueline de Bueil donna à Henri IV un fils :

- Antoine, comte de Moret.

Ayant rejoint la rébellion de son demi-frère Gaston d'Orléans contre son autre demi-frère Louis XIII, il fut tué au combat de Castelnaudary, à l'âge de vingt-cinq ans.

Jacqueline de Bueil épousa sur le tard le marquis de Vardes, dont elle eut le fameux marquis de Vardes dont le nom est attaché à la chronique galante des premières années du règne de Louis XIV.


Charlotte des Essarts était la fille de François des Essarts, seigneur de Sautour, et de Charlotte de Harlay.

Sa liaison avec Henri IV fut orageuse, car elle ne lui dissimulait ni ses railleries ni ses infidélités. À quoi d'autre pouvait d'ailleurs s'attendre un vieux soupirant de presque soixante ans, de la part d'une coquette de vingt ? Et pour tout dire, au surplus, un soupirant dont les prouesses amoureuses étaient depuis longtemps plus souvent tentées qu'accomplies. Henriette d'Entragues l'avait cruellement surnommé "le capitaine Bon-Vouloir"

Non moins impitoyable, Charlotte déclara qu'il était "plus vermoulu que vert-galant…" Le roi fut tellement piqué de ce mot qu'il l'exila lorsqu'il l'apprit. Peu après, il était assassiné.

Charlotte revint à la Cour et devint alors la maîtresse de Louis III de Lorraine-Guise, cardinal-archevêque-duc de Reims, qui l'épousa même secrètement. Ils eurent plusieurs enfants (notamment Achille, prince de Guise, comte de Romorantin), qui eux n'eurent pas de postérité.

Après la mort du cardinal, Charlotte épousa encore le maréchal de l'Hospital dont elle n'eut pas d'enfant. Il se remaria avec Françoise Mignot, qui veuve à son tour sans enfants, épousa alors Jean-Casimir Vasa, roi de Pologne

Charlotte des Essarts donna à Henri IV deux filles dont la seconde, Henriette, née après la disgrâce de sa mère et peu avant l'assassinat du roi, ne fut pas légitimée, elle devint abbesse de Chelles et mourut à vingt ans. L'aînée fut :

- Jeanne-Baptiste, abbesse de Fontevrault.