AMATOR TEMPORIS ACTI

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Ascension
Liste complète des personnages

Louis XIV, roi de France et de Navarre

Louis XIV, roi de France, sur les genoux de sa nourrice Élisabeth Longuet de la Giraudière, par Beaubrun
Louis XIV, roi de France, enfant
Louis XIV, roi de France, avec sa mère Anne d'Autriche, reine de France
Louis XIV, roi de France, avec sa mère Anne d'Autriche, reine de France
Louis XIV, roi de France, et son frère Philippe, duc d'Anjou puis d'Orléans, avec leur gouvernante Françoise de Souvré, marquise de Lansac
Louis XIV, roi de France, avec son frère Philippe, duc d'Anjou puis d'Orléans
Louis XIV, roi de France, enfant, avec son frère Philippe, duc d'Anjou puis d'Orléans, atelier de Beaubrun
Louis XIV, roi de France, enfant (alors encore dauphin)
Louis XIV, roi de France, à cinq ans, d'après Claude Deruet
Louis XIV, roi de France, à cinq ans, par Claude Deruet
Louis XIV, roi de France, à six ans, en 1644, par Philippe de Champaigne
Louis XIV, roi de France, enfant, par Sarrazin
Louis XIV, roi de France, enfant, par Sarrazin
Louis XIV, roi de France, enfant
Louis XIV, roi de France, à 10 ans, en 1648, cercle de Henri Toutain
Louis XIV, roi de France, enfant, par Toutain
Louis XIV, roi de France, enfant, à la chasse au faucon, par Jean de Saint-Igny
Louis XIV, roi de France, et son frère Philippe, duc d'Anjou puis d'Orléans
Louis XIV, roi de France, atelier de Mignard
Louis XIV, roi de France, enfant, atelier de Deruet
Louis XIV, roi de France, enfant
Louis XIV, roi de France, enfant, par Testelin
Louis XIV, roi de France, à l'âge de dix ans, en 1648, par Testelin
Louis XIV, roi de France, adolescent, par Juste d'Egmont
Louis XIV, roi de France, adolescent
Louis XIV, roi de France, en Jupiter, par Jean Nocret
Louis XIV, roi de France, dans le costume d'Apollon du ballet des "Noces de Thétis et Pélée", en 1654, par Henri de Gissey
Louis XIV, roi de France, vers 1655
Louis XIV, roi de France, vers 1655, par Petitot
Louis XIV, roi de France, vers 1655, par Wallerand Vaillant
Louis XIV, roi de France, par Mignard
Louis XIV, roi de France, terrassant la Fronde, par Gilles Guérin
Louis XIV, roi de France, par Petitot
Louis XIV, roi de France, en Apollon Pythien, allégorie de la victoire sur la Fronde, par Werner
Louis XIV, roi de France, en Apollon menant le char du soleil, par Joseph Werner
Louis XIV, roi de France, en Apollon, frontispice du "Hortus Regius" (1665), de Denis Jonquet
Louis XIV, roi de France, par Nocret
Louis XIV dans le rôle de l'Empereur Romain, pour le grand Carrousel des Tuileries donné les 5, 6, et 7 juin 1662
Louis XIV dans le rôle de l'Empereur Romain, pour le grand Carrousel des Tuileries donné les 5, 6, et 7 juin 1662
Louis XIV, roi de France, à 24 ans, en 1662, par Le Brun
Louis XIV, roi de France, par Joseph Werner
Louis XIV recevant son frère Philippe, duc d'Orléans, dans l'Ordre du Saint-Esprit, par Philippe de Champaigne
Louis XIV, roi de France, miniature anonyme
Louis XIV, roi de France, miniature de Petitot
Louis XIV, roi de France, par Claude Lefebvre
Louis XIV, roi de France, gravure d'après Claude Lefebvre
Louis XIV, roi de France
Louis XIV, roi de France, atelier de Mignard
Louis XIV, roi de France, atelier de Mignard
Louis XIV, roi de France, protecteur des arts, par Testelin
Louis XIV, roi de France, devant Maëstricht, par Mignard
Louis XIV, roi de France, en Apollon, d'après Nocret
Louis XIV, roi de France
Louis XIV, roi de France, par Le Brun
Louis XIV, roi de France, protecteur des arts et des sciences, par Garnier
La Gloire présentant le portrait de Louis XIV, roi de France, par Elle
Louis XIV, roi de France, par François Bonnemer
Louis XIV, roi de France, en 1663, par Le Brun
Louis XIV, roi de France, pastel de Nanteuil
Louis XIV, roi de France, gravure de Nanteuil
Louis XIV, roi de France
Louis XIV, roi de France, par Le Brun
Louis XIV, roi de France
Louis XIV, roi de France, en 1666, par Testelin
Louis XIV, roi de France, en 1667, par Renart de Saint-André
Louis XIV, roi de France
Louis XIV, roi de France, par Werner
Louis XIV, roi de France, par Le Brun
Louis XIV, roi de France, par Petitot
Louis XIV, roi de France, par Guglielmo Faija d'après Petitot
Louis XIV, roi de France, vers 1675, par Houasse
Louis XIV, roi de France, atelier de Houasse
Louis XIV, roi de France
Louis XIV, roi de France
Louis XIV, roi de France
Louis XIV, roi de France, par Le Bernin
Louis XIV, roi de France, par Jean Warin
Louis XIV, roi de France, par Coysevox
Louis XIV, roi de France, par Coysevox
Louis XIV, roi de France, recevant la soumission des villes de la Franche-Comté, en 1674, par Le Brun
Réconciliation de Louis XIV, roi de France, et de son beau-frère et cousin Charles II, roi d'Espagne, atelier de Gaspard de Crayer
Louis XIV, roi de France, donnant l'ordre d'attaquer en même temps les quatre plus fortes places de la Hollande, par Le Brun
Louis XIV couronné par la Gloire, vers 1685, allégorie de la Trève de Ratisbonne, par Antoine Coypel
Louis XIV révoquant l'Édit de Nantes, en 1685, par Guy-Louis Vernansal
Louis XIV, roi de France, représentation de l'acheminement jusqu'à la Place Vendôme de sa statue colossale par Girardon, en 1699
Louis XIV, roi de France, par Le Brun
Louis XIV, roi de France, atelier de Le Brun
Louis XIV, roi de France, présentant le plan de la maison royale de Saint-Cyr, par Jollain
Louis XIV, roi de France, touchant les scrofuleux (avec saint Marcoul en arrière-plan), par Jean Jouvenet
Louis XIV, roi de France, par Mignard
Louis XIV, roi de France, devant Namur, par Mignard
Louis XIV, roi de France, devant Besançon, par Van der Meulen
Louis XIV, roi de France, par Geuslin
Louis XIV, roi de France, en 1694, atelier de Rigaud
Louis XIV, roi de France, d'après Rigaud
Louis XIV, roi de France, d'après Rigaud
Louis XIV, roi de France
Louis XIV, roi de France, par Vignon d'après Jean Ranc
Louis XIV, roi de France, atelier de Jean Ranc
Louis XIV, roi de France, d'après Rigaud
Louis XIV, roi de France, en prière, dans l'ancienne chapelle du château de Versailles
Louis XIV, roi de France, par Coysevox
Louis XIV, roi de France, par Coysevox
Louis XIV, roi de France, par Rigaud
Louis XIV, roi de France, d'après Rigaud
Louis XIV, roi de France, par Bolt d'après Rigaud
Louis XIV, roi de France
Louis XIV, roi de France, esquisse préparatoire à son profil de cire, par Benoist
Louis XIV, roi de France, à l'âge de 68 ans, en 1706, par Benoist
Louis XIV, roi de France et de Navarre, à différents âges de sa vie, par Antoine Benoist
Louis XIV, roi de France, à 71 ans, en 1709
Louis XIV, roi de France, à 75 ans, en 1713, par Charles Châtelain
Louis XIV, roi de France, figure de Georges Stuart (XX<sup>e</sup> s.) d'après le portrait de Rigaud


Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France et de Navarre

Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, enfant, par Martinez del Mazo
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, jeune fille, par Velasquez
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, jeune fille, par Velasquez
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, jeune fille, par Velasquez
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, jeune fille, étude par Velasquez
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, jeune fille, d'après Velasquez
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en 1660, par Renart de Saint-André
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, à l'époque de son mariage, gravure d'après Velasquez
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Beaubrun
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, étude de Beaubrun
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Marie-Thérèse d'Autriche, reine de France, en sainte Hélène, par Louis-Ferdinand Elle
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en Diane, par Joseph Werner
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en Astrée, avec sa tante et belle-mère Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en Minerve, par Regnart de Saint-André
Marie-Thérèse d'Autriche, reine de France, avec sa tante et belle-mère Anne d'Autriche, et son fils le Grand Dauphin, par Beaubrun
Marie-Thérèse d'Autriche, reine de France, avec sa tante et belle-mère Anne d'Autriche et son fils le Grand Dauphin, miniature d'après Beaubrun
Marie-Thérèse d'Autriche, reine de France, avec sa tante et belle-mère Anne d'Autriche, et son fils le Grand Dauphin, par Beaubrun
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, avec son fils le Grand Dauphin, par Beaubrun (souvent attribué à tort à Mignard)
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Werner
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, avec ses trois enfants Louis, dauphin, Philippe, duc d'Anjou, et Marie-Thérèse, d'après Nocret
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Beaubrun
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, atelier de Beaubrun
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, atelier de Beaubrun
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, gravure d'après Jacob Van Loo
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Beaubrun
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Nocret
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Werner
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par De Troy
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Petitot
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Petitot
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en 1683, par Marc Arcis
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Girardon
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, à cheval, en 1682
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en 1683


Marie-Thérèse de France, dite la Petite Madame

Marie-Thérèse de France, dite "la Petite Madame", par Nocret
Marie-Thérèse de France, dite "la Petite Madame"


Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV

Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, gravure d'après Petitot
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, par Petitot
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, par Petitot
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, par Mignard
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, avec le duc du Maine et le comte du Vexin, fils légitimés du roi et de Mme de Montespan
Mariage secret de Louis XIV avec Mme de Maintenon, béni par Mgr Harlay de Champvallon, archevêque de Paris, assisté du Père La Chaise, confesseur du roi
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, sous l'habit de sa patronne sainte Françoise-Romaine, par Mignard
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, sous l'habit de sa patronne sainte Françoise-Romaine, atelier de Mignard
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, avec sa nièce Charlotte-Amable d'Aubigné, future duchesse de Noailles, par Elle
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, avec sa nièce Charlotte-Amable d'Aubigné, future duchesse de Noailles, miniature d'après Elle
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, d'après Elle
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, d'après Elle
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France
Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France
Portrait de Mme de Maintenon, porté par Louis XIV dans sa poche jusqu'à sa mort


Ensembles et Pendants

Louis XIV, roi de France, rencontre sur l'Île des Faisans son oncle et futur beau-père Philippe IV, roi d'Espagne, à l'occasion de son mariage, par Saint-André
Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, roi et reine de France, en 1660
Mariage de Louis XIV, roi de France, avec Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, béni par Mgr Dolce, évêque de Bayonne, le 9 juin 1660, à Saint-Jean-de-Luz, par Laumosnier
Trompe-l'œil de gravures à l'effigie de Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, roi et reine de France, en 1664
Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, roi et reine de France, avec leur fils le Grand Dauphin, par Werner
Louis XIV, roi de France, et la famille royale, peints en dieux et déesses de l'Olympe, par Jean Nocret
Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, roi et reine de France, à la chasse sur les hauteurs de Vincennes, en 1669, par Van der Meulen
Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, roi et reine de France, en 1669, par Van der Meulen
Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, roi et reine de France, par Charles Doerr (1857)
Médailles à l'effigie de Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, roi et reine de France
Louis XIV, roi de France
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Louis XIV, roi de France, par Ribou
Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Ribou
Louis XIV avec son fils le Grand Dauphin, son petit-fils le duc de Bourgogne, et son arrière-petit-fils le duc d'Anjou futur Louis XV tenu par sa gouvernante la duchesse de Ventadour, attribué à Largillière


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Louis XIV le Grand, roi de France et de Navarre (1638-1715)

puis
sa première femme Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne (1638-1683)
et leur fille Marie-Thérèse de France, la Petite Madame (1667-1672)

puis
sa seconde femme (secrète) Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon (1635-1719)






Louis XIV, enfant, avec sa mère et son frère : ICI.

Marie-Thérèse d'Autriche, avec sa tante et belle-mère Anne d'Autriche : ICI.

Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche avec Monsieur, frère du roi, et sa famille : ICI.



Louis XIV était le fils de Louis XIII, roi de France, et d'Anne d'Autriche, infante d'Espagne.

Marie-Thérèse d'Autriche était la fille de Philippe IV, roi d'Espagne et d'Élisabeth de France.

Louis XIII et Élisabeth de France, d'une part, Philippe IV et Anne d'Autriche, d'autre part, étaient frères et sœurs. Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche étaient donc doublement cousin germains.

Le véritable prénom de Marie-Thérèse était "Maria-de-la-Ô-Teresa". Maria-de-la-Ô est certes un étrange prénom, qui plaçait naturellement l'infante sous le patronage de la Vierge, mais plus particulièrement considérée dans l'attente de son enfantement, par référence aux sept grandes antiennes "Ô" de l'Avent.

Louis XIV et Marie-Thérèse eurent six enfants, dont quatre morts au berceau, et :

- Marie-Thérèse, dite la Petite Madame pour la distinguer de Madame, belle-sœur du roi. Adorée de ses parents, elle mourut à cinq ans, ce qui leur causa une douleur extrême. Elle avait déjà été promise à son "demi-oncle" Charles II, roi d'Espagne, demi-frère de Marie-Thérèse, ce qui permet de dire que, même si elle avait vécu, elle n'aurait pas été très heureuse. Sa cousine germaine, Marie-Louise d'Orléans, nièce de Louis XIV, eut le triste honneur de la remplacer… ;

- Louis, dauphin de France, dit le Grand Dauphin.

On sait le mot gaillard d'un médecin, un jour qu'on déplorait la mauvaise santé et la mort prématurée de tous les enfants de la reine, tandis que les enfants des maîtresses du roi étaient beaux et vigoureux. "Oui, dit-il, mais c'est aussi que le roi n'apporte à la reine que la rinçure de ses verres…"

Par le fait, sans parler d'innombrables maîtresses d'un jour, le roi eut plusieurs favorites en titre, dont les deux principales lui donnèrent des enfants légitimés.


De Louise-Françoise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière et de Vaujours :

- Marie-Anne, légitimée de France, Mademoiselle de Blois, qui épousa Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti ;

- Louis, légitimé de France, comte de Vermandois.


De Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan :

- Louis-Auguste, légitimé de France, duc de Maine, prince souverain de Dombes ;

- Louis-César, légitimé de France, comte du Vexin, abbé de Saint-Denis (mort à dix ans) ;

- Louis-Alexandre, légitimé de France, comte de Toulouse ;

- Louise-Françoise, légitimée de France, Mademoiselle de Nantes, qui épousa Louis III de Bourbon, sixième prince de Condé ;

- Françoise-Marie, légitimée de France, Mademoiselle de Blois, qui épousa Philippe, duc d'Orléans, Régent de France ;

- Louise-Marie, légitimée de France, mademoiselle de Tours (morte à six ans).


(Notons que les demi-sœurs Marie-Anne et Françoise-Marie portèrent toutes deux le nom de Mademoiselle de Blois, car lorsque la seconde fut légitimée, la première était déjà mariée et avait donc quitté ce titre, il put donc être donné de nouveau.)



Enfin, lorsqu'il fut veuf, Louis XIV se remaria secrètement avec Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, fille de Constant d'Aubigné, baron de Surimeau, et de Jeanne de Cardilhac.


Inutile d'insister sur la vie de Louis XIV, que tout le monde connaît. On en aura assez dit en citant Leibniz : "Un des plus grands rois qui furent jamais".

On peut lui reprocher de ne pas avoir toujours montré à Rome la soumission que lui devait le fils aîné de l'Église ; d'avoir toujours persévéré dans l'attitude, odieuse et déplorable pour des souverains chrétiens, des rois de France envers la maison d'Autriche, au point de ne pas dissimuler son dépit de la défaite des Turcs devant Vienne en 1683 ; et enfin les ravages de la Guerre du Palatinat, d'une barbarie sans excuse qui alla jusqu'à la profanation des tombeaux des électeurs palatins, sans même en excepter ceux du père et du frère de sa propre belle-sœur.

Mais quoi… "Il avait ses défauts, le soleil a ses taches ; mais il est toujours le soleil", écrivit le P. La Rue, en 1715.

Le plus bel et plus juste éloge de Louis XIV se trouve d'ailleurs sous la plume du nonce, Mgr Bentivoglio, peu suspect de partialité en faveur d'un homme dont les rapports avec le Saint-Siège ne furent réellement pas ceux qu'ils auraient dû être. Voici cependant ce que le prélat écrivit à Rome à la suite du récit des derniers instants du roi :

"Ainsi est mort Louis XIV, roi de France et de Navarre… On a vu réunies en lui toutes les vertus royales et chrétiennes, et, à part les légèretés de sa jeunesse - dont ne sont exempts que ceux qui, par une exceptionnelle disposition de la Providence, sont appelés à la sainteté dès la naissance - on ne peut rien trouver d'autre à reprendre en lui.

Il unissait en lui une grande majesté et affabilité ; commandant aux hommes, il se souvenait qu'il était un homme, et avait le talent de gagner le cœur de tous ceux qui avaient l'honneur de l'approcher. En lui encore grande piété et grande justice, une excellente et rapide faculté de discerner le vrai du faux, modération dans la prospérité, fermeté dans l'adversité, non moins capable dans les arts de la guerre que dans ceux de la paix.

Au milieu des désordres des guerres, il a fait fleurir l'ordre d'un bon gouvernement, et étendu les sciences et les arts à travers tout son royaume. Grande rapidité pour débrouiller les affaires les plus compliquées, grand talent pour rendre les meilleures décisions et grande résolution pour les exécuter.

Toutes qualités dignes de former le parfait modèle d'un grand roi, et, si on y ajoute sa constance dans la vraie religion, dans la confession de laquelle il est mort, à peine moins suffisantes que je ne l'ai dit à nous donner l'idée d'
un roi saint. Du moins ces qualités le feront-elles vivre les siècles à venir dans l'Histoire, où l'on aura de la peine à trouver son égal. Ces dons feront que son nom in benedictione erit auprès de tous les hommes de bien."

Quant aux terribles deuils et revers qui accablèrent la fin du règne, le nonce ajoute que ce furent "des épreuves qui, pareilles à celles du saint homme Job, devaient servir à mettre en lumière la force d'âme et la foi invincible du monarque, et à raffiner dans les fournaises de la tribulation une âme chérie de Dieu."

Tous ceux qui, de Saint-Simon à Michelet, dirent du mal du grand roi n'ont fait, en somme, que se juger eux-mêmes. Ils n'enlèvent rien à la gloire de Louis XIV mais en disent long, à leurs dépens, sur la valeur de leur propre jugement, leur mesquinerie et leur médiocrité.


En ce qui concerne Marie-Thérèse d'Autriche, la postérité a été éminemment injuste. Laide, stupide, abrutie par les dévotions, vivant dans une adoration craintive de son royal époux, gavée de chocolat et de cuisine à l'ail au fond de ses sombres appartements, entre ses naines et ses chambrières espagnoles, rien ne manque à la caricature désormais bien établie de longue date. Or, tout cela est parfaitement faux. On ne saurait mieux faire, à ce sujet, que de recommander l'admirable et très approfondie biographie intitulée "Marie-Thérèse d'Autriche, femme de Louis XIV", consacrée à la reine par J. Chevé, et parue récemment aux édition Pygmalion.

On est fort surpris d'apprendre que l'insignifiante Marie-Thérèse, dans son adolescence, comptait fort bien devenir un jour reine régnante d'Espagne, puisqu'elle fut un temps la seule héritière de son père. Aussi, une carmélite de la rue du Bouloi, à qui la reine fit plus tard de nombreuses confidences, rapporte : "L'ambition, ce penchant naturel aux âmes ardentes, qui inspire les grands vices, souvent aussi les grandes vertus, livra un violent combat à notre jeune infante…" Lorsqu'on vint lui apprendre que la seconde épouse de son père venait de donner naissance à un fils, l'infant Philippe-Prosper, qui lui ôtait l'espoir de devenir un jour "la reine Marie-Thérèse Ire", elle était en train de dîner, et la rage manqua de la faire s'étouffer avec l'œuf qu'elle avait dans la bouche !

Guy Patin écrit, précisément à l'époque exacte de ces événements, en 1657 : "On dit que cette infante est une bonne princesse fort accomplie et qui a beaucoup d'esprit. Un évêque, fils d'un maréchal de France, m'a dit ce matin que lorsque le roi son père fut extrêmement malade il y a deux ans, elle avait fait une brigue avec les Grands d'Espagne et le conseil éternel de ce pays-là pour obtenir la régence de ce royaume durant le bas âge de son petit frère, au lieu de sa belle-mère. Si elle montre de tels degrés d'ambition étant en France, elle pourra bien faire changer la scène et renverser le théâtre qui subsiste ici depuis trop longtemps…"

Évoquons enfin l'épisode de la régence du royaume, que Marie-Thérèse exerça pendant trois mois pendant l'absence du roi, à l'occasion de la guerre de Hollande, en 1672. Les documents sont nombreux à témoigner qu'il ne s'est pas agi d'une simple formalité. L'abbé Vibo écrit au cardinal Altieri : "La reine assiste avec beaucoup d'application aux conseils qui se tiennent à Saint-Germain, elle y intervient avec plus de prudence et de droiture qu'on pourrait en attendre de n'importe quelle autre princesse qui gouverne…"

Il faudrait tout citer.

Parlons enfin de sa beauté, sur laquelle là encore tous ses contemporains sont unanimes. Ils ne lui ont reproché que sa petite taille… et ses dents gâtées (cas à peu près universel au XVIIe siècle). Pour le reste, des témoins sans nombre disent tous la même chose : Mme de Motteville, la Grande Mademoiselle, tant d'autres, dont un témoin de l'entrée de la reine à Paris en 1660 : "La couleur de ses cheveux argentés (on dirait aujourd'hui "blond platine") et l'incarnat de son teint qui convenait au bleu de ses yeux lui donnaient un éclat extraordinaire, et sa beauté parut infinie".

On connaît le discours habituel qui conteste la sincérité de tant de témoignages, au motif qu'il s'agit là d'eau bénite de cour. Écoutons donc un parfait indifférent, Sébastien Locatelli, bolonais en visite en France qui écrit à ses parents. Il commence par s'étonner de l'aveuglement du roi, qui trompe la reine avec Mlle de la Vallière, alors que la beauté de la première est supérieure à celle "très ordinaire" de la seconde (mais oui !)… Puis : "La reine possède tous les attraits capables d'inspirer de l'amour à un cœur sensuel ; car jusqu'ici nulle main, si habile qu'elle soit à manier le pinceau, n'a pu, en étendant la céruse et le cinabre sur les toiles, imiter la blancheur et l'éclat de son teint. Elle a les cheveux blonds naturellement frisés, et si abondants que pour la coiffer suivant les changements de la mode, la main si agile de sa demoiselle n'a jamais eu besoin d'en emprunter à d'autres dames. Elle a les yeux vifs avec la pupille bleue, mais non d'un bleu trop clair. Elle est assez grasse, elle a la taille ronde et les mains belles, assez selon moi pour rendre amoureux tout homme que n'égarerait pas une indigne passion"…

Voilà… Au demeurant, on peut admettre que les portraits de Marie-Thérèse n'ont assurément rien aujourd'hui qui soit de nature à nous éblouir beaucoup… Mais cela n'a aucune importance : le fait est qu'elle était jugée fort belle selon les critères alors en vigueur.

Si Louis XIV la trompa, ce n'est pas parce qu'elle était laide ; si son rôle fut effacé, ce n'est pas parce qu'elle était stupide.

Elle fut trompée parce que Louis XIV fut longtemps un séducteur frénétique, et qu'il aurait trompé n'importe qui ; il ne fut pas plus fidèle à l'éclatante madame de Montespan qu'à la reine.

Elle ne joua pas de rôle de premier plan parce que Louis XIV n'était aucunement décidé à lui en laisser jouer un. Elle n'avait autre chose à faire que s'en accommoder, et certainement pas adopter, comme le voudraient certains auteurs au mépris de toute vraisemblance psychologique, on ne sait quelle attitude de révolte parfaitement inenvisageable.

Du reste, le rôle que voulut lui voir jouer Louis XIV, quoi qu'on dise, elle le joua parfaitement. Tout en déplorant ce qu'elle appelle sa "niaiserie", c'est-à-dire sa confiance aveugle, dans ses rapports avec le roi ("elle croyait tout ce qu'il lui disait, le bon et le mauvais"), sa belle-sœur Madame, duchesse d'Orléans, sur un point auquel elle s'entendait, ajoute : "Elle avait de la grandeur et savait bien tenir une Cour". Et ailleurs : "Quand j'arrivai en France, la Cour était dans le dernier degré de politesse. Mais depuis la mort de la reine (…), tout a été en décadence… On peut bien dire que tout le bonheur de la France est mort avec elle…".

"Le Ciel me l'avait donnée comme il me la fallait, jamais elle ne m'a dit non." Ce mot célèbre de Louis XIV lorsqu'elle mourut, n'est-il pas la réponse à tout ?

Et pour conclure laissons la parole à la principale intéressée, voici une exquise lettre qu'elle écrivit le 1er juin 1667 à sa demi-sœur (l'infante des "Ménines" de Velasquez), Marguerite-Thérèse, épouse de l'Empereur Léopold Ier.

"Sœur de ma vie,
Cette lettre te sera remise par M. de Montbrizon dont le père est sous-secrétaire d'État du Roi. Je désire qu'il soit bien accueilli par toi, parce qu'il le mérite et que c'est un homme très honorable.
J'ai reçu l'autre jour une lettre de toi, chère sœur, elle est datée du 3 mai et m'a fait un grand plaisir parce que je vois que ta santé est excellente, aussi brillante que je le souhaite.
Je suis heureuse d'un autre côté, puisque Dieu t'accorde l'objet de tes vœux et te donne un enfant pour le bien de notre maison qui en a tant besoin.
Ne doute pas, sœur de mon âme, que je ne t'aime beaucoup et de tout mon cœur, et que te dirais-je autre chose, sinon que je suis ta bonne sœur et amie et le serai toute ma vie.
Nos santés sont parfaites, nos enfants sont à merveille, ma petite est chaque jour plus jolie. On lui donnerait huit mois, quoi qu'elle n'en ait que la moitié.
Aucune nouvelle à te conter ici. Pour vous autres, je vois que vous vous divertissez bien où vous êtes. Pour moi, sœur, depuis le départ du Roi, je suis bien seule sans lui. Tu apprendras incessamment sa direction et la marche de son armée ; mais juge de mon inquiétude de me voir loin de lui en pensant aux dangers qu'il peut courir.
Que Dieu te garde, sœur de mon âme, comme je le souhaite.
Ta sœur qui t'aime tendrement,
Marie-Thérèse
"

Est-ce la lettre d'une demeurée ? On en jugera.


Lorsque Marie-Thérèse mourut, Louis XIV se remaria secrètement avec Mme de Maintenon.

La petite-fille d'Agrippa d'Aubigné, compagnon d'armes de Henri IV, avait connu une enfance misérable, son père étant un vaurien à tous les sens du terme. Recueillie et élevée par la charité de plusieurs parentes, elle finit par épouser le poète Paul Scarron, infirme et sans le sou, n'ayant d'autres ressources sinon d'entrer au couvent, ce qu'elle ne voulut pas.

C'est ici l'occasion de préciser que les origines de Scarron étaient de qualité. Si le poète lui-même avait définitivement choisi le parti de la vie de bohème, sa famille était on ne peut plus honorable, et plus que cela, d'extraction noble. Elle remontait par titres vérifiés à l'année 1353, et était connue dans le Piémont dès le XIIIe siècle ; ce fut seulement au milieu du XVIe siècle qu'elle abandonna l'épée pour la robe. L'oncle de Scarron (frère de son père), Pierre-Paul Scarron, était évêque de Grenoble ; sa cousine germaine (fille d'un autre oncle, qui fut Trésorier Général de France) était Catherine Scarron de Vaures, duchesse d'Aumont, femme du maréchal-duc d'Aumont, gouverneur de Paris, chevalier des Ordres du Roi et capitaine des gardes-du-corps de Louis XIV. Leur fille Anne-Élisabeth d'Aumont épousa un comte de Broglie, d'où Anne-Catherine, qui épousa Procope-Hyacinthe de Ligne, fils cadet de Claude-Lamoral, prince de Ligne, et d'Anne-Claire de Nassau-Siegen. Ce vil Scarron dont parle Saint-Simon, du ton dont il parlerait d'un crocheteur, était ni plus ni moins que grand-oncle à la mode de Bretagne d'une princesse de Ligne, bru d'une princesse de Nassau. Fermez le ban.

D'une beauté et d'une séduction irrésistibles, la future marquise de Maintenon fut l'un des plus beaux ornements des cercles précieux du Marais. Au surplus spirituelle, obligeante, aimable, elle s'y fit de brillantes relations et parmi elles, la marquise de Montespan, qui devait devenir la plus célèbre et fastueuse des favorites de Louis XIV.

Scarron mourut quelques années plus tard, laissant sa veuve dans une situation financière désastreuse, dont on la tira un peu en sollicitant pour elle une pension auprès d'Anne d'Autriche. Puis, bien mieux, Madame de Montespan songea à son ancienne amie pour élever discrètement les enfants qu'elle avait donnés au roi ; lorsqu'ils furent légitimés ultérieurement, cette nouvelle position ouvrit alors à leur gouvernante le chemin de la Cour.

Le roi ne l'apprécia guère dans un premier temps, voyant en elle une prude et une précieuse, ce qu'il détestait ; mais il apprit progressivement à la connaître, et plus il la connut, plus il en fut charmé. Il la fit marquise de Maintenon, et finit par l'aimer profondément et assez pour consentir, une fois veuf, à un mariage qui, pour secret qu'il fût, n'en était pas moins inouï, d'autant que le secret ne fut pas gardé longtemps et qu'on feignit seulement d'ignorer ce que tout le monde savait parfaitement. En public, Mme de Maintenon n'eut jamais aucune prérogative particulière, sinon celles de sa simple charge de dame d'atours de la Dauphine, et restait confondue dans la foule des courtisans. En privé, elle était traitée en reine à part entière, y compris le titre de Majesté.

Madame de Maintenon s'en montra digne en tous points. Et pourtant. Elle aussi eut à subir l'injustice de la postérité, mais contrairement à Marie-Thérèse, cette injustice ne prit pas la forme d'une pitié méprisante, mais d'une véritable haine ; haine qui fut aussi celle de beaucoup de ses contemporains (dont la majeure partie de la famille royale), qui ne lui pardonnèrent jamais une élévation si scandaleuse à leurs yeux. Dans le fond, cette destinée qui la mena de l'indigence de ses jeunes années à une couronne secrète, et qui semble prodigieuse, ne lui apporta pas de vrai bonheur. Du moins mit-elle à profit sa position pour exercer les plus abondantes charités autour d'elle. La plus essentielle de ses œuvres est bien sûr la maison royale de Saint-Cyr, destinée à l'éducation des jeunes filles de la noblesse pauvre, telles exactement qu'elle l'avait été.

Louis XIV, en mourant, lui fit quelques-unes des déclarations les plus émouvantes qu'il fit à personne, qui témoignent de l'affection qu'il lui portait, et qui ont aussi le don d'humaniser un peu à nos yeux le souverain habituellement si maître de lui. Ce qu'on sait de ces suprêmes moments est à l'honneur de tous les deux.

Comme il se mit à pleurer en la voyant assise à son chevet, il s'efforça de se reprendre, puis, souriant :

- "Au reste, quand on verrait que je m'attendris un peu avec vous, personne n'en serait surpris…"

Un peu plus tard :

- "Je n'ai qu'un regret, c'est celui de vous quitter. Mais nous nous retrouverons bientôt dans l'autre monde."

Il faut la hargne abjecte de Saint-Simon (qui d'ailleurs n'y était pas) pour oser prétendre qu'à cette dernière phrase Madame de Maintenon fit la grimace, parce que cette façon de lui rappeler qu'elle n'était pas immortelle lui déplut. Le roi poursuivit, phrase unique s'il en est :

- "Madame, je ne vous ai pas rendue heureuse, mais tous les sentiments d'estime et d'amitié que vous méritez, je les ai toujours eus pour vous."

À ces mots, il se remit à pleurer, et Madame de Maintenon ne put retenir ses propres larmes. Ne voulant pas affliger le roi davantage, elle sortit pleurer hors de sa vue. Lorsqu'elle revint dans la chambre, il lui demanda, pris d'inquiétude :

- "Et qu'allez-vous devenir maintenant, Madame ? Vous n'avez rien…"

- "Je suis un rien ! Ne vous occupez que de Dieu…"

Admirable réponse, mais à sa demande, le roi appela toutefois son neveu, futur Régent, pour lui recommander Madame de Maintenon, avec qui les rapports réciproques avaient toujours été exécrables. Noblement, le prince promit au roi de toujours montrer à la marquise toute la considération qu'elle pourrait souhaiter, et tint parole.

Puis le roi demanda à son épouse de se retirer :

- "Ne vous tenez plus là, c'est un spectacle trop triste."

Pour la convaincre qu'elle pouvait désormais le laisser seul, il ajouta : "Je commence à croire qu'il n'est pas si difficile de mourir…"

Elle partit donc, mais, comme il vivait toujours le lendemain, elle revint la nuit suivante. Elle la passa près du lit de son mari, dans son fauteuil à oreillettes. Il n'avait plus la force de parler, mais parvint à murmurer encore ces mots bouleversants :

- "Il faut, Madame, que vous ayez bien du courage et de l'amitié pour moi, pour rester là si longtemps."

Puis il sombra dans l'inconscience ; sur le matin, le père Briderey confirma à Madame de Maintenon qu'elle n'avait plus rien à faire, et elle quitta définitivement Versailles pour se cloîtrer à Saint-Cyr dont elle ne sortit plus durant les quatre années qu'elle survécut à Louis XIV.

Saint-Simon et d'autres ne rougissent pas de lui reprocher d'avoir "abandonné" le roi, au prétexte qu'il n'était pas encore mort quand elle partit, et qu'il ne mourut que le lendemain. Comme s'il n'était pas constant que les derniers moments d'un mourant, à cette époque, appartenaient exclusivement aux prêtres, et que la famille la plus proche se retirait aux derniers instants. Lorsque Madame, Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, mourut en 1670, Louis XIV en pleurant dit adieu à sa chère belle-sœur à l'agonie, et sortit. Monsieur, son mari, fit de même et n'assista pas non plus à la mort de sa femme. Passe encore que le romantique Chateaubriand ait oublié les usages du XVIIe siècle, mais Saint-Simon qui les connaissait parfaitement, et pour cause, montre une fois de plus qu'il ne recule devant aucun mensonge ni aucune mauvaise foi quand il s'agit de donner libre cours à ses aigreurs.

Madame de Maintenon apprit donc à Saint-Cyr la mort du roi, alors qu'elle était en compagnie des pensionnaires et des dames de l'institution. Elle fondit en larmes, et, montrant les demoiselles aux institutrices, leur dit : "Il faudra employer le reste de notre vie à leur inspirer cette piété solide qu'avait celui que nous pleurons".

Elle vécut dans cette retraite jusqu'à sa mort, ne voyant plus personne de l'extérieur, sauf en de très rares circonstances.

Ainsi, le tsar Pierre le Grand en visite à Paris en 1717 tint à venir la visiter, et elle ne put s'y soustraire. Elle prétexta sa mauvaise santé, rien n'y fit ; elle le reçut au lit. Le rustre, agacé de l'obscurité qui régnait dans la chambre et désirant bien voir celle qui avait été la compagne du Roi-Soleil, écarta sans façons les rideaux pour faire entrer la lumière. Puis il lui demanda de quoi elle était malade. "D'un grand âge", lui répondit-elle…

Le marquis de Dangeau fut aussi admis un jour. Toujours parfait courtisan, il lui fit un compliment sur l'éclat de son regard. L'ancienne perle du Marais ne put réprimer un sourire : "Il y a bien longtemps que je n'avais entendu parler de la beauté de mes yeux", murmura-t-elle.

Enfin, elle mourut après avoir (dit-on) soupiré quelques instants auparavant : "Dans un quart d'heure, j'en saurai bien long…"


Passons à quelques commentaires sur les tableaux présentés ici.

Le spectaculaire tableau de Jean Nocret, représentant en tenues mythologiques la famille royale au grand complet (du moins, jusqu'aux cousines du premier degré, puisqu'au grand complet absolument aurait exigé aussi la présence des membres des branches de Condé et de Conti voire encore des branches légitimées comme celle de Vendôme), fut peint en 1670, mais le peintre a cependant fait figurer de façon posthume les reines Anne d'Autriche et Henriette de France, mortes en 1666 et 1669.

On reconnaît donc, dans la partie droite du tableau, Louis XIV en Apollon ; assises de part et d'autre du roi, Anne d'Autriche en Cybèle et Marie-Thérèse d'Autriche en Junon, entourée des trois enfants royaux alors en vie : Louis, le Grand Dauphin, Marie-Thérèse, et Philippe-Charles, duc d'Anjou. Dans le cadre sont représentées les deux autres filles du roi et de la reine, Anne-Élisabeth et Marie-Anne, mortes au berceau.

Dans la partie gauche, Philippe, duc d'Orléans, dit Monsieur, frère du roi, en "Étoile du Matin" ; il est entouré par sa belle-mère Henriette-Marie de France, reine d'Angleterre, en Amphitrite, et par son épouse Henriette-Anne d'Angleterre, en Flore ; entre ses parents, Marie-Louise, future reine d'Espagne, en Psyché. Autour de la lyre, les autres enfants de Monsieur : Anne-Marie, future reine de Sardaigne, et Philippe, duc de Valois. Le petit duc de Valois était déjà mort quand le tableau fut peint, mais il avait atteint l'âge de deux ans et demi. C'est probablement la raison pour laquelle il est représenté vivant, et non en peinture comme ses cousines, qui toutes deux n'avaient vécu qu'un mois.

Restent les cousines germaines du roi. Au fond, représentant les Grâces, les trois filles de Gaston d'Orléans (frère de Louis XIII) et de sa seconde épouse Marguerite de Lorraine. De gauche à droite Françoise-Madeleine, future duchesse de Savoie, Marguerite-Louise, future grande-duchesse de Toscane, Élisabeth-Marguerite, future duchesse de Guise.

Enfin, debout à l'extrême-droite, en Diane, leur demi-sœur aînée, Anne-Marie-Louise, duchesse de Montpensier, la Grande Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans et de sa première épouse Marie de Bourbon-Montpensier.


On remarquera la précision admirable du tableau de Philippe de Champaigne représentant Louis XIV recevant son frère Philippe, duc d'Orléans, dit "Monsieur", dans l'Ordre du Saint-Esprit (l'œuvre est postérieure de quelques années à l'événement, et les protagonistes sont peints plus âgés qu'ils ne l'étaient en réalité, puisque Monsieur fut reçu en 1654, il n'avait donc que quatorze ans). Entourant le roi et son frère, les quatre commandeurs officiers de l'Ordre (chancelier, prévôt maître des cérémonies, grand trésorier, greffier), qui contrairement aux chevaliers, n'avaient pas droit au port du collier, mais simplement à l'insigne émaillé suspendu autour du cou par un ruban de moire bleue ; leur manteau est d'autre part plus simple, sans la riche broderie qui ornait le bord des manteaux des chevaliers. De fait, les commandeurs officiers n'avaient pas à faire de preuves de noblesse et appartenaient généralement à la robe (si ce n'est par tradition, le prévôt maître des cérémonies), ce qui justifiait ces différences de costume. À la date de réception de Monsieur, il s'agissait d'Abel Servien, d'Hugues de Lionne, de Michel Le Tellier et de Michel de Bullion.

Le duc d'Orléans porte le costume de novice du Saint-Esprit (habit blanc à la Henri III et mantelet noir et argent), à l'issue de la cérémonie il revêtira le grand manteau, présenté par le prévôt maître des cérémonies (à droite), et le collier, présenté par le grand trésorier (à gauche). Remarquons qu'il prête serment sur le Livre des Statuts de l'Ordre du Saint-Esprit, entre les mains du roi, ouvert à la page représentant son institution par Henri III ; on reconnaît assez parfaitement l'enluminure présentée ICI. Les fraises de dentelle à la confusion sont un archaïsme manifeste pour cette époque, elles devaient être bientôt remplacées par des rabats, plus à la mode.

Le profil du duc d'Orléans est incontestablement la marque de son hérédité Habsbourg, qu'il tenait tant de sa mère Anne d'Autriche que de son père Louis XIII (petit-fils, par sa mère Marie de Médicis, de Jeanne d'Autriche). On remarquera d'ailleurs que le duc d'Orléans ressemblait de façon frappante à son père Louis XIII, beaucoup plus que Louis XIV lui-même. C'est d'ailleurs ce qui agaçait tant Saint-Simon, qui était en extase devant Louis XIII et qui n'aimait pas Monsieur ; il avoue qu'il était piqué de voir à quel point le visage de Monsieur le proclamait fils de Louis XIII, duquel, au courage militaire près, il était moralement si dissemblable, nous dit-il.


On remarquera encore la gravure représentant le roi dans la tenue d'Empereur Romain qu'il portait pour le fameux carrousel des Tuileries, donné à Paris sur trois jours les 5, 6, et 7 juin 1662, pour fêter la naissance du dauphin. La description détaillée du costume du roi et du harnachement de sa monture, couverts l'un et l'autre de pierreries, figure sous le dessin. On comprend que la magnificence inouïe du spectacle ait à ce point frappé l'imagination des parisiens que l'endroit où s'était déroulée la fête, devant le Louvre, a pris depuis lors et gardé jusqu'à nos jours le nom de "Place du Carrousel"…


L'élégant tableau de Largillière (il paraît dernièrement que cette attribution lui est contestée, mais peu importe), est une composition rétrospective datant des années 1715 à 1720, et commandée par la duchesse de Ventadour, gouvernante des Enfants de France, selon une tradition compréhensible qui incitait les titulaires de cette charge à se faire immortaliser dans les attributs de leurs fonctions, c'est-à-dire au sein de l'intimité de la famille royale.

Il est l'occasion d'illustrer l'exceptionnelle situation de la Maison de France avant l'hécatombe qui décima le descendance de Louis XIV à la fin du règne. Le roi de France avait en effet, et dans la même ligne de succession directe, un fils, un petit-fils et un arrière-petit-fils, cas qui ne s'était jamais présenté jusque-là. Cette œuvre, hymne dynastique, insiste encore sur cette succession florissante dans la maison de Bourbon, en ajoutant en arrière-plan les bustes de Henri IV et de Louis XIII. Autour de Louis XIV sont représentés : accoudé à son fauteuil, son fils Louis, le Grand Dauphin, le fils de ce dernier, Louis, duc de Bourgogne, et enfin le fils de ce dernier, Louis, duc d'Anjou, futur Louis XV (nous y reviendrons), tenu en bride par sa gouvernante, Charlotte de la Mothe-Houdancourt, duchesse de Ventadour (son mari Louis-Charles était fils de Charles, fils de Marguerite de Montmorency, fille de Henri Ier, duc de Montmorency).

La duchesse de Ventadour avait été la maîtresse de Louis XIV en leurs vertes années, mais après cette jeunesse légère, était devenue un édifiant modèle de piété, et l'amie de Madame de Maintenon. Ne cherchons pas plus loin que cette dernière raison pour expliquer le persiflage de Saint-Simon (pléonasme) : "Madame de Ventadour, dont l'âge avait dépassé de beaucoup celui de la galanterie, s'était faite dévote ; et (quoiqu'elle alliât à ses anciens plus qu'amis un gros jeu continuel et bien d'autres choses avec sa dévotion) la coiffe, la paroisse, la chapelle, l'assiduité aux offices et des jargons de dévotion à propos, l'avaient lavée de toute tache, et les maux que ces taches lui avaient causés ne parurent pas même un obstacle à la place de gouvernante…"

Il convient de noter que contrairement à une erreur souvent et logiquement commise si l'on ignore que le tableau est a posteriori, le petit prince tenu en bride n'est pas le duc de Bretagne, frère aîné du duc d'Anjou, mais bien le futur Louis XV, sous le règne duquel le tableau fut peint. Et on effaça donc le souvenir de l'éphémère duc de Bretagne qui aurait dû régner s'il avait vécu, dans un souci de "recomposer" la succession de pères en fils tel que les événements l'avaient finalement faite.

Le fait est que si l'on se reporte quelques jours avant l'avalanche de deuils postérieurs à la mort du Grand Dauphin, on a fait justement remarquer à propos de ce tableau qu'il fut un temps Louis XIV pensait avoir autour de lui les futurs Louis XV, Louis XVI et Louis XVII…

Or, on le sait, le roi eut la douleur de voir mourir successivement son fils, son petit-fils et son arrière-petit-fils, les deux derniers coup sur coup. Le duc d'Anjou, frère cadet du petit duc de Bretagne, fut à l'article de la mort en même temps que lui, et près de le suivre dans la tombe. Mais Madame de Ventadour, persuadée que les médecins avaient tué l'aîné avec leurs effroyables remèdes, s'enferma avec l'enfant, refusa de laisser approcher qui que ce fût, et le soigna elle-même. Il survécut et devint donc le roi Louis XV. Il fut toujours persuadé que sa gouvernante Maman Ventadour lui avait sauvé la vie et la fit plus tard, malgré son grand âge, gouvernante de ses propres enfants.


On remarquera les portraits de Velasquez représentant l'infante Marie-Thérèse avant son mariage, vêtue à l'espagnole. Cet accoutrement horrifia la Cour de France qui se rendit à Fontarabie pour assister à son mariage par procuration. L'étrange coiffure espagnole, faite de faux cheveux mêlés de choux de rubans, de pendeloques et de plumes, fut le plus grand sujet d'étonnement. En outre, les faux cheveux étaient bruns, couvrant entièrement la chevelure blonde de Marie-Thérèse. Madame de Motteville osa demander à l'infante de lui montrer ses vrais cheveux, et celle-ci tira de dessous ses postiches une mèche blonde argentée qui révéla sa véritable couleur, et enchanta la confidente d'Anne d'Autriche. Car si en Espagne on préférait les cheveux bruns, il n'y avait alors en France point de salut hors des cheveux blonds…

Quelques jours après le mariage par procuration, Louis XIV et son oncle et beau-père Philippe IV se rencontrèrent sur l'Île des Faisans, dans un pavillon construit à cet effet sur la Bidassoa. Au cours de cette cérémonie les deux rois devaient signer la paix, et procéder à la présentation officielle des mariés. On reconnaît, sur le tableau peint par Saint-André, derrière Louis XIV, son frère Philippe, duc d'Orléans, sa mère Anne d'Autriche, sœur de Philippe IV, et le cardinal Mazarin. Derrière Philippe IV, Marie-Thérèse (toujours vêtue à l'espagnole, "garde-infant" et coiffure "en large"), et Don Luis de Haro, premier ministre d'Espagne, qui l'avait épousée par procuration au nom de Louis XIV.

Le tableau du mariage à Saint-Jean-de-Luz montre la reine pour la première fois vêtue et coiffée à la française. Le manteau d'hermine est soutenu par les cousines du roi, mesdemoiselles de Valois et d'Alençon (Françoise-Madeleine et Élisabeth-Marguerite d'Orléans), ainsi que par la marraine de Marie-Thérèse, Marie de Bourbon-Condé, princesse de Savoie-Carignan. La bénédiction est donnée par l'évêque de Bayonne, qui est assisté par les évêques de Langres, de Valence et de Rennes (on n'en distingue que deux sur le tableau, en camail bleu, qui était la couleur des évêques français de l'Ancien Régime). À droite, on reconnaît Anne d'Autriche et le cardinal Mazarin, et le frère du roi à côté de sa mère. À côté d'Anne d'Autriche encore, de profil, en manteau d'or, son "demi-beau-frère" César de Bourbon, duc de Vendôme, fils légitimé de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées.

On remarquera enfin le portrait réunissant les deux reines Anne et Marie-Thérèse d'Autriche, cette dernière avec le Grand Dauphin sur les genoux. La ressemblance entre la tante et la nièce est une fois de plus fort spectaculaire, renforcée par le fait que le peintre a certainement estompé les signes de vieillesse sur la visage d'Anne d'Autriche. Madame de Motteville remarque cependant à propos de cette ressemblance "qu'à cinquante-neuf ans elle aurait pu disputer de beauté avec la reine sa nièce, qui dans le vrai n'avait pas une beauté si parfaite que celle que la reine sa tante avait eue à son âge". Ce que les portraits de jeunesse d'Anne d'Autriche confirment en effet.

Quant aux portraits de Madame de Maintenon, rappelons l'anecdote fameuse qui se rapporte à l'effigie de Mignard représentant la marquise sous le costume de sa patronne, sainte Françoise-Romaine. Le roi assistait aux séances de pose, et soudain le peintre osa lui demander s'il lui serait permis de mettre une doublure d'hermine au manteau. Il y eut un temps d'hésitation. C'était là demander au roi de donner ou de refuser une manière de reconnaissance officieuse du rang de son épouse… Louis XIV s'en tira avec esprit. Il sourit en regardant Madame de Maintenon et répondit : "Sainte Françoise le mérite bien…" Dont acte. Il ne manque dès lors que les fleurs de lys pour que ce manteau bleu bordé d'hermine soit celui d'une reine de France. Tout est dans la nuance.

Le portrait représentant Madame de Maintenon avec sa nièce, comporte en arrière-plan une vue de Saint-Cyr.

Nièce chérie et héritière de Madame de Maintenon (fille de son frère Charles, comte d'Aubigné, chevalier des Ordres du Roi et de Saint-Louis, gouverneur du Berry), Charlotte-Amable d'Aubigné épousa Adrien-Maurice, duc de Noailles, maréchal de France.