AMATOR TEMPORIS ACTI

Bienvenue sur le site de Guillaume Attlane



Liste complète des personnages

Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène

Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène, enfant, par Liotard
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène, à 11 ans, dans le ballet du "Triomphe de l'Amour", par Meytens
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène (à gauche), dans le ballet du "Triomphe de l'Amour", avec son frère Maximilien et sa sœur Marie-Antoinette, par Weikert d'après Meytens
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène, adolescent, par Meytens
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène, adolescent, détail, par Meytens
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène, adolescent
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène, par Ducreux
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène, en grand habit de l'Ordre de Saint-Étienne, par Anton von Maron
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène, d'après Meytens
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène, d'après Meytens
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène, vers 1790
Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène, vers 1805


Marie-Béatrice d'Este, archiduchesse d'Autriche-Modène

Marie-Béatrice d'Este, archiduchesse d'Autriche-Modène, d'après Meytens
Marie-Béatrice d'Este, archiduchesse d'Autriche-Modène, par Meytens
Marie-Béatrice d'Este, archiduchesse d'Autriche-Modène, par Anton von Maron
Marie-Béatrice d'Este, archiduchesse d'Autriche-Modène
Marie-Béatrice d'Este, archiduchesse d'Autriche-Modène
Marie-Béatrice d'Este, archiduchesse d'Autriche-Modène, à 58 ans, en 1808, par Monsorno
Marie-Béatrice d'Este, archiduchesse d'Autriche-Modène, âgée
Marie-Béatrice d'Este, archiduchesse d'Autriche-Modène, âgée
Marie-Béatrice d'Este, archiduchesse d'Autriche-Modène, sur son lit de mort


Ensemble

Ferdinand et Marie-Béatrice, archiduc et archiduchesse d'Autriche-Modène


------


Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène (1754-1806)
et sa femme Marie-Béatrice d'Este (1750-1829)






Ferdinand, archiduc d'Autriche-Modène, était le fils de François Ier, Empereur des Romains, et de Marie-Thérèse d'Autriche.

Marie-Béatrice d'Este était la fille d'Hercule III d'Este, duc de Modène, et de Marie-Thérèse Cibo-Malaspina, duchesse de Massa et Carrare.

Marie-Béatrice était l'unique héritière du duché de Modène ; en épousant l'archiduc Ferdinand, elle fit passer Modène à la maison d'Autriche, fondant ainsi la branche d'Autriche-Modène.

Notons que ce mariage devait primitivement concerner l'archiduc Charles, frère aîné de Ferdinand, mais il mourut à seize ans, et fut ainsi remplacé au pied levé par son cadet, de même que l'archiduchesse Marie-Caroline épousa le roi de Naples à la place de sa sœur Marie-Josèphe morte elle aussi prématurément peu avant son mariage. La vaste postérité de la grande Marie-Thérèse permettait ces ajustements qui donnent tout leur sens à la formule anglaise "the hair and the spair" ("l'héritier et la pièce de rechange", et bien au-delà dans ce cas).

C'est à l'occasion du mariage de Ferdinand et Marie-Béatrice, célébré à Milan, que fut composé et représenté le charmant opéra de Mozart, Ascanio in Alba. À l'occasion de ce séjour, l'archiduc Ferdinand songea à s'attacher le célèbre compositeur, mais fut probablement refroidi par la lettre sans ambages que lui écrivit à ce sujet sa mère l'Impératrice Marie-Thérèse, toujours ennemie des frivolités dispendieuses, et dans son inimitable français, rude et rustique, émaillé de germanismes : "Vous me demandez de prendre à votre service le jeune salzbourgeois. Je ne sais comme quoi, croyant pas que vous avez besoin d'un compositeur ou de gens inutiles. Si cela pourtant vous ferait plaisir je ne peux vous l'empêcher. Ce que je dis est pour ne vous charger de gens inutiles, et jamais de titres à ces sortes de gens comme à votre service, cela avilit le service quand ces gens courent le monde comme des gueux. Il a outre cela une grande famille".

On remarquera particulièrement le charmant tableau représentant un ballet réunissant les trois plus jeunes enfants de François Ier et de Marie-Thérèse. L'archiduc Ferdinand en berger, l'archiduc Maximilien (futur archevêque-électeur de Cologne) en Amour, et l'archiduchesse Marie-Antoinette (future reine de France) en bergère. Ils dansent une entrée du "Triomphe de l'Amour" (d'Hilverding et Gassman sur un livret de Métastase), ballet représenté à Schoënbrunn à l'occasion des fêtes du second mariage de leur frère l'Empereur Joseph II avec Marie-Josèphe de Bavière, en 1765. A l'arrière-plan figurent les enfants Fuerstenberg, Auersperg et Clary, trois des plus illustres familles de l'Empire.

La figure de l'archiduc Ferdinand en détail est celle de la version originale de l'œuvre, signée Meytens, qui se trouve à Vienne. La vue de la composition générale est une réplique de Weikert, qui se trouve à Versailles, et se rattache à un touchant souvenir. En effet Marie-Antoinette, devenue reine de France quelques années plus tard, avait demandé à sa mère de lui envoyer une copie de ce tableau pour le placer dans la salle à manger du Petit Trianon, ce qui fut fait. On devine ainsi à quel point le souvenir de son enfance viennoise restait cher au cœur de la reine martyre. La copie est très fidèle à l'original, à un détail près : les coiffures féminines à la mode de 1765 ont été légèrement modifiées en hauteur pour être mises à celle de 1778…

Malgré la différence d'âge (Ferdinand avait quatre ans de moins que sa femme) et malgré le physique ingrat de Marie-Béatrice, affligée du nez démesuré des dernières générations de la maison d'Este, l'union fut particulièrement heureuse. Le prince était d'un aimable caractère, et la princesse pleine d'esprit, de gaîté et de vivacité. Charitables et bienveillants, Ferdinand et Marie-Béatrice étaient en outre adorés de leurs sujets de Lombardie dont ils étaient gouverneurs. Ils durent fuir Milan devant l'invasion des hordes révolutionnaires françaises en 1796 (épisode qui inspira à cet insupportable cuistre de Stendhal les pages grotesques et mensongères du prologue de sa "Chartreuse de Parme"), et s'installèrent à Vienne. Ferdinand y mourut dix ans plus tard, Marie-Béatrice y mourut aussi mais bien longtemps après, ayant eu le bonheur de voir à compter de 1814 son fils aîné rétabli à Modène.

Sur la belle miniature représentant Ferdinand à la fin de sa vie, on ne peut qu'être frappé de constater qu'avec les années et l'embonpoint, l'archiduc avait fini par accuser une extraordinaire ressemblance avec son père l'Empereur François.


Ferdinand et Marie-Béatrice avaient eu essentiellement :

- François IV, archiduc d'Autriche-Modène ;

- Ferdinand, gouverneur de Galicie ;

- Maximilien, grand-maître de l'Ordre Teutonique ;

- Charles, archevêque de Gran, primat de Hongrie ;

- Marie-Thérèse, qui épousa Victor-Emmanuel Ier, roi de Sardaigne ;

- Marie-Léopoldine, qui épousa Charles-Théodore, électeur de Bavière ;

- Marie-Louise, qui épousa François II, Empereur des Romains.