AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Alphonse d'Este, marquis de Monteccio, et Julie-Feltria della Rovere

Alphonse d'Este, marquis de Monteccio
Julie-Feltria della Rovere, marquise de Monteccio


César d'Este, duc de Modène, et Virginie de Médicis

César d'Este, duc de Modène, par Aretusi
Virginie de Médicis, duchesse de Modène, vraisemblablement dans sa tenue de mariage, par Ligozzi
Virginie de Médicis, duchesse de Modène
Virginie de Médicis, duchesse de Modène
Virginie de Médicis, duchesse de Modène, âgée


Alphonse III d'Este, duc de Modène, et Isabelle de Savoie

Alphonse III d'Este, duc de Modène, en religion Frère Jean-Baptiste d'Este
Alphonse III d'Este, duc de Modène, en religion Frère Jean-Baptiste d'Este
Isabelle de Savoie, duchesse héritière de Modène, par Sante Peranda


François Ier d'Este, duc de Modène - Marie Farnèse - Victoire Farnèse - Lucrèce Barberini

François I<sup>er</sup> d'Este, duc de Modène, par Velasquez
François I<sup>er</sup> d'Este, duc de Modène
François I<sup>er</sup> d'Este, duc de Modène, en 1650, par Le Bernin
Marie Farnèse, duchesse de Modène
Marie Farnèse, duchesse de Modène, d'après Sustermans
François I<sup>er</sup> d'Este et Marie Farnèse, duc et duchesse de Modène, avec leurs enfants Isabelle et Alphonse, par Sustermans
Victoire Farnèse, duchesse de Modène
Lucrèce Barberini, duchesse de Modène
Lucrèce Barberini, duchesse de Modène


Alphonse IV d'Este, duc de Modène, et Laure Martinozzi

Alphonse IV d'Este, duc de Modène, par Sustermans
Alphonse IV d'Este, duc de Modène, par Sustermans
Alphonse IV d'Este, duc de Modène, par Bandieri
Alphonse IV d'Este, duc de Modène
Laure Martinozzi, duchesse de Modène
Laure Martinozzi, duchesse de Modène
Laure Martinozzi, duchesse de Modène
Laure Martinozzi, duchesse de Modène, en veuve, gravure d'après un portrait certainement posthume de Kneller


François II d'Este, duc de Modène, et Marguerite-Marie Farnèse

François II d'Este, duc de Modène
François II d'Este, duc de Modène
François II d'Este, duc de Modène
Marguerite-Marie Farnèse, duchesse de Modène


Renaud III d'Este, duc de Modène, et Charlotte-Félicité de Brunswick-Lunebourg

Renaud III d'Este, duc de Modène, alors encore cardinal
Renaud III d'Este, duc de Modène
Charlotte-Félicité de Brunswick-Lunebourg, duchesse de Modène, enfant, en Diane, par Jean Michelin
Charlotte-Félicité de Brunswick-Lunebourg, duchesse de Modène, par Henri Gascar
Charlotte-Félicité de Brunswick-Lunebourg, duchesse de Modène, jouant de la guitare


Bénédicte et Amélie d'Este, princesses de Modène

Bénédicte d'Este, en 1723, par Rosalba Carriera
Amélie d'Este, en 1723, par Rosalba Carriera


François III d'Este, duc de Modène, et Charlotte-Aglaé d'Orléans

François III d'Este, duc de Modène, jeune homme
François III d'Este, duc de Modène
François III d'Este, duc de Modène, d'après Bernardo Bonini
François III d'Este, duc de Modène
Charlotte-Aglaé d'Orléans, duchesse de Modène, adolescente, en Hébé, par Gobert
Charlotte-Aglaé d'Orléans, duchesse de Modène, jeune fille, par Gobert
Charlotte-Aglaé d'Orléans, duchesse de Modène, jeune fille, par Gobert
Charlotte-Aglaé d'Orléans, duchesse de Modène
Charlotte-Aglaé d'Orléans, duchesse de Modène
Charlotte-Aglaé d'Orléans, duchesse de Modène, peinte par elle-même en 1733


Hercule III d'Este, duc de Modène, et Marie-Thérèse Cibo-Malaspina

Hercule III d'Este, duc de Modène, enfant
Hercule III d'Este, duc de Modène
Hercule III d'Este, duc de Modène
Hercule III d'Este, duc de Modène
Hercule III d'Este, duc de Modène, à 66 ans, en 1793, par Giuseppe-Maria Soli
Hercule III d'Este, duc de Modène
Marie-Thérèse Cibo-Malaspina, duchesse de Massa et Carrare, duchesse de Modène, par Bianca Spina
Marie-Thérèse Cibo-Malaspina, duchesse de Massa et Carrare, duchesse de Modène, miniature de Bianca Festa
Marie-Thérèse Cibo-Malaspina, duchesse de Massa et Carrare, duchesse de Modène
Monument funéraire de Marie-Thérèse Cibo-Malaspina, duchesse de Modène, dans la cathédrale de Reggio


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Alphonse d'Este, marquis de Monteccio (1527-1587)
et sa femme Julie-Feltria della Rovere (1531-1563)

puis leur fils
César d'Este, duc de Modène (1561-1628)
et sa femme Virginie de Médicis (1568-1615)

puis leur fils
Alphonse III d'Este, duc de Modène (1591-1644)
et sa femme Isabelle de Savoie (1591-1626)

puis leur fils
François Ier d'Este, duc de Modène (1610-1658)
et
sa première femme Marie Farnèse (1615-1646)
sa seconde femme Victoire Farnèse (1618-1649)
sa troisième femme Lucrèce Barberini (1630-1699)

puis le fils de François et Marie
Alphonse IV d'Este, duc de Modène (1634-1662)
et sa femme Laura Martinozzi (1639-1687)

puis leur fils
François II d'Este, duc de Modène (1660-1694)
et sa femme Marguerite-Marie Farnèse (1664-1718)

puis le fils de François et Lucrèce
Renaud III d'Este, duc de Modène (1655-1737)
et sa femme Charlotte-Félicité de Brunswick-Lunebourg (1671-1710)

puis leurs enfants
Bénédicte d'Este (1697-1777)
et
Amélie d'Este (1699-1778)
et
François III d'Este, duc de Modène (1698-1780)
et sa femme Charlotte-Aglaé d'Orléans (1700-1761)

puis leur fils
Hercule III, duc de Modène (1727-1803)
et sa femme Marie-Thérèse Cibo-Malaspina, duchesse de Massa et Carrare (1725-1790)






Alphonse d'Este, marquis de Monteccio était le fils naturel d'Alphonse Ier d'Este, duc de Ferrare et de Modène, et de sa maîtresse Laura Dianti.

Il épousa Julie-Feltria della Rovere, fille de François-Marie della Rovere, duc d'Urbin, et d'Éléonore de Gonzague.

D'où un fils, César, duc de Modène.

En effet, lorsque la lignée légitime s'éteignit en la personne d'Alphonse II, petit-fils d'Alphonse Ier, César succéda à son "demi-cousin germain". Toutefois, le Pape Clément VIII n'admit pas la transmission du duché de Ferrare (fief pontifical) à une branche d'origine bâtarde, et annexa Ferrare aux États de l'Église.

À compter de César, la maison d'Este conserva donc "seulement" le duché de Modène.

César épousa Virginie de Médicis, fille de Côme Ier, grand-duc de Toscane, et de son épouse morganatique Camille Martelli.

Comme sa mère, Virginie donna quelques années après son mariage et jusqu'à sa mort, des signes de sévères troubles mentaux. Elle donna néanmoins à son mari dix enfants, dont essentiellement :

- Alphonse III d'Este, duc de Modène.

Il épousa Isabelle de Savoie, fille de Charles-Emmanuel Ier, duc de Savoie, et de Catherine-Michelle d'Autriche, infante d'Espagne.

Isabelle mourut en couches avant l'avènement de son mari, et ne fut donc pas duchesse en titre. Alphonse, qui l'aimait passionnément, en fut plongé dans une profonde affliction. Il devint duc de Modène deux ans plus tard, mais ne le resta que six mois : car il abdiqua alors en faveur de son fils et se fit capucin, devenant le frère Jean-Baptiste d'Este. Il passa le reste de sa vie dans la dévotion la plus ardente, se signalant par ses talents de prédicateur et son immense charité auprès des malades lors de la peste de 1630. Il termina sa vie retiré au couvent des capucins de Castelnovo di Garfagnana, qu'il avait fait édifier.

Alphonse et Isabelle eurent 14 enfants, dont essentiellement :

- François Ier d'Este, duc de Modène ;

- Marguerite, qui épousa Ferrante III de Gonzague, duc de Guastalla.

François Ier épousa d'abord Marie Farnèse, fille de Ranuce Ier Farnèse, duc de Parme, et de Marguerite Aldobrandini. D'où essentiellement :

- Alphonse IV d'Este, duc de Modène (qui suit) ;

- Isabelle et Marie, qui épousèrent successivement leur cousin germain Ranuce II Farnèse, duc de Parme.

Il épousa ensuite Victoire Farnèse, sœur de Marie. D'où une fille morte enfant.

Il épousa enfin Lucrèce Barberini, fille de Thaddée Barberini, prince de Palestrina, et d'Anne Colonna.

Thaddée Barberini était le propre neveu du grand pape Urbain VIII (il était fils de son frère, Charles Barberini). Quant à Anne Colonna, de la branche des princes de Paliano, elle était l'arrière-arrière-petite-fille d'Ascanio Colonna, vice-roi de Naples, et de la belle Jeanne d'Aragon, que Raphaël immortalisa par l'un de ses plus célèbre et plus splendide portrait (auquel collabora vraisemblablement Jules Romain, du reste). Jeanne d'Aragon était fille de Ferdinand d'Aragon, duc de Montalto, bâtard de Ferdinand d'Aragon, roi de Naples, bâtard d'Alphonse V le Magnanime, roi d'Aragon et de Naples.

François et Lucrèce eurent :

- Renaud III d'Este, duc de Modène (voir plus bas).


Alphonse IV épousa Laure Martinozzi, fille de Jérôme Martinozzi, comte romain, marquis de Fano, et de Laure-Marguerite Mazarini, sœur du cardinal Mazarin.

D'où :

- Marie, qui épousa Jacques II, roi d'Angleterre ;

- François II d'Este, duc de Modène, qui épousa sa cousine germaine Marguerite-Marie Farnèse, fille de Ranuce II Farnèse, duc de Parme, et d'Isabelle d'Este. Sans postérité.


À François II succéda donc son oncle, Renaud d'Este, demi-frère de son père. Jusqu'alors cardinal, il revint à l'état laïc et devint donc duc de Modène sous le nom de Renaud III.

Renaud III épousa Charlotte-Félicité de Brunswick-Lunebourg, fille de Jean-Frédéric, duc de Brunswick-Lunebourg, et de Bénédicte-Henriette, princesse palatine du Rhin.

D'où essentiellement :

- François III d'Este, duc de Modène ;

- Henriette-Marie, qui épousa Antoine Farnèse, duc de Parme ;

- Bénédicte (Bénédicte-Ernestine-Marie), qui ne se maria pas ;

- Amélie (Anne-Amélie-Josèphe), qui ne se maria pas.


François III épousa, le malheureux, Charlotte-Aglaé d'Orléans, fille de Philippe, duc d'Orléans, Régent de France, et de Françoise-Marie de Bourbon, légitimée de France.

Charlotte-Aglaé et ses sœurs composaient en effet cette sidérante galerie de pestes mal élevées et fantasques (pour ne pas dire à moitié folles) que furent les filles du Régent…

Elle avait 18 ans lorsque sa grand-mère Madame, duchesse d'Orléans, en écrivait sans ambages : "Elle me hait pis que le diable ; elle hait toutes ses sœurs. Elle est foncièrement fausse, et menteuse, et horriblement coquette… Je voudrais qu'elle fût déjà mariée et partie dans des pays lointains, et qu'on n'entende plus parler d'elle…"

Et ailleurs, faisant allusion à l'origine maternelle de sa petite-fille, et à cette union que Madame ne pardonna jamais à son fils : "J'ai vu, en fait de femmes, bien des écervelées, mais aucune n'égale celle-ci. Le caractère de la Montespan se montre dans toutes ses actions. Mais ce n'est pas ma faute. Je peux bien dire à mon fils, comme dans la comédie : Georges Dandin, tu l'as voulu !"

Les portraits de Gobert la montrent à l'époque où sa beauté faisait l'admiration de la Cour, ce qui ne dura pas. Bientôt sa grand-mère pouvait écrire : "J'ai eu l'espoir qu'elle deviendrait fort belle, mais j'ai été bien déçue ; il lui est venu un grand nez aquilin qui a tout gâté. Elle avait auparavant le plus joli petit nez du monde. C'est étonnant comme les enfants changent." Toujours selon Madame, la faute en était au tabac que la princesse prisait en cachette ! "Voilà ce qui a fait tant pousser ce malheureux nez…"

Il fut question de la marier à son cousin le prince de Piémont (futur Charles-Emmanuel III), fils de Victor-Amédée II, duc de Savoie, et d'Anne-Marie d'Orléans, fille de Monsieur et de sa première femme Henriette d'Angleterre. Mais Madame aimait la fille du premier lit de son mari comme sa propre fille, et n'hésita pas à la dissuader de laisser conclure ce mariage, lui écrivant "qu'elle l'aimait trop pour vouloir lui faire un si mauvais présent" et pour la tromper sur la véritable nature de sa petite-fille, méchante et dévergondée, qui venait d'ailleurs de se compromettre par des rendez-vous clandestins avec le jeune duc de Richelieu, qui commençait alors sa carrière de Don Juan.

Le mariage piémontais ne se fit donc pas, par chance pour le fiancé envisagé ; et l'on se rabattit sur le prince héritier de Modène, qui lui n'eut pas le bonheur d'en réchapper. La princesse elle-même, au demeurant, ne voulait pas en entendre parler, mais, son cher Richelieu ayant été embastillé pour s'être compromis dans la conspiration de Cellamare, elle finit par consentir à cette union en échange de la grâce de son amant. C'est la condition qu'y aurait mise son père le Régent. Il est certain qu'elle ne se résigna à ce mariage que la mort dans l'âme. Peu avant son départ, il lui advint un accident dont certains pensèrent qu'il ne s'agissait pas moins que d'une tentative de suicide : "Lundi dernier, mademoiselle de Valois a failli se tuer. Elle a eu l'idée puérile de passer au galop de son cheval par une toute petite porte ; elle ne s'est pas assez baissée et s'est cogné la tête, tellement qu'elle est allé donner sur la croupe du cheval. On lui a fait immédiatement une saignée et l'on espère que sa vie n'est pas en danger…"

Remise sur pied, elle partit, non sans avoir reçu de sa grand-tante à la mode de Bretagne Marguerite-Louise d'Orléans, grande-duchesse de Toscane, ce programme tout simple : "Allez, mon enfant, et souvenez-vous de faire comme j'ai fait : ayez un enfant ou deux, puis faites si bien que vous reveniez en France ; il n'y a de bon parti que celui-là." Dont acte, comme on le verra.

Arrivée à Modène, elle commença d'emblée par se refuser à son mari, et à écraser tout le monde de son mépris, du haut de son rang de fille de petit-fils de France ; à propos de quoi elle fut du reste approuvée par Montesquieu, qui estima que mettre des princesses italiennes au rang des princesses de France, "c'était mettre des chauves-souris au rang des aigles…" ! Ses dépenses somptuaires ne connaissaient pas de bornes, en pure perte d'ailleurs, puisqu'elles ne l'empêchaient pas d'arpenter les salles du palais ducal en s'exclamant continuellement : "Mais que je m'ennuie ici ! Que que je m'ennuie… !" L'écho en parvint à Paris où les rimeurs mirent dans sa bouche une complainte portant sur ses regrets des "riches lieux" qu'elle avait quittés pour le séjour d'Italie…

Elle finit du moins par se soumettre à ses devoirs d'épouse, et donna même le très honorable nombre de dix enfants à son mari. Dont essentiellement :

- Hercule III d'Este, duc de Modène (qui suit) ;

- Marie-Thérèse-Félicité, qui épousa son cousin Louis-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre ;

- Marie-Fortunée, qui épousa son cousin Louis-François de Bourbon, prince de Conti.


Charlotte-Aglaé saisit le prétexte d'aller arranger le mariage de sa fille aînée avec le duc de Penthièvre pour revenir en France. Mais le mariage conclu, elle ne voulut pas retourner à Modène, et ne revit jamais son époux (qui s'en accommoda fort bien), ni ses enfants, à l'exception de Marie-Fortunée, lorsque celle-ci vint à son tour en France pour épouser le prince de Conti. Du reste, traitée froidement par Louis XV qui n'appréciait pas ses extravagances, elle vécut assez isolée à Paris jusqu'à sa mort. Son corps et son cœur furent déposés au Val-de-Grâce, on envoya à Modène ses entrailles dans une urne d'argent.

Si la duchesse de Penthièvre était jolie, Hercule III et la princesse de Conti avaient tous deux hérité d'un appendice nasal surdéveloppé qu'ils devaient tant à leur père qu'à leur mère.


Hercule III épousa Marie-Thérèse Cibo-Malaspina, duchesse de Massa et Carrare, fille et héritière d'Alderano Cibo-Malaspina, duc de Massa et Carrare, et de Richarde de Gonzague-Novellara.

Le pape Innocent VIII (Jean-Baptiste Cibo) avait eu, soit d'un mariage avant son ordination, soit d'une maîtresse (le point est discuté), un fils, François Cibo, comte palatin du Latran. Ce dernier épousa Madeleine de Médicis, propre fille de Laurent le Magnifique. D'où Laurent Cibo, qui épousa Richarde Malaspina, héritière de Massa et Carrare, et prit alors le nom de Cibo-Malaspina ; cette maison finit en la personne de Marie-Thérèse, laquelle apporta les duchés à la maison d'Este.

La maison de Gonzague-Novellara était une branche cadette de la maison de Gonzague, issue de Feltrino, seigneur de Novellara, qui était un fils cadet de Louis Ier de Gonzague, capitaine de Mantoue.

Hercule III et Marie-Thérèse Cibo-Malaspina eurent une unique héritière :

- Marie-Béatrice d'Este, qui épousa Ferdinand, archiduc d'Autriche, fondant ainsi la maison d'Autriche-Modène.