AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Le Pape Calixte III (Alphonse Borgia)

Le pape Calixte III (Alphonse Borgia)
Le pape Calixte III (Alphonse Borgia)
Le pape Calixte III (Alphonse Borgia)


François Borgia, archevêque de Cosenza

François Borgia, cardinal-archevêque de Cosenza, par Pinturicchio


Le pape Alexandre VI (Rodrigue Borgia)

Le pape Alexandre VI (Rodrigue Borgia), par Cristoforo dell'Altissimo
Le pape Alexandre VI (Rodrigue Borgia)
Le pape Alexandre VI (Rodrigue Borgia), par Pinturicchio


César Borgia, duc de Valentinois - Jean Borgia, duc de Gandie

César Borgia, duc de Valentinois et de Romagne, par Raphaël
César Borgia en Empereur Maximin jugeant Sainte Catherine, par Pinturicchio
Jean Borgia, duc de Gandie, en cavalier sarrasin, par Pinturrichio


Saint François de Borgia

Saint François de Borgia, par Alonso Cano
Saint François de Borgia
L'ouverture du cercueil d'Isabelle de Portugal devant saint François de Borgia, par Pietro della Vecchia
Saint François de Borgia défaillant lors de l'ouverture du cercueil d'Isabelle de Portugal, par José Moreno-Carbonero (1884)
Saint François de Borgia demandant à saint Ignace de Loyola son admission dans la Compagnie de Jésus, par G. Garcia, église des Jésuites de Dubrovnik


François Gomez de Sandoval Rojas y Borja, duc de Lerme

François Gomez de Sandoval Rojas y Borja, duc de Lerme, par Rubens (1603)


Charles Borgia, cardinal-archevêque de Trébizonde, patriarche des Indes

Charles Borgia, cardinal-archevêque de Trébizonde, patriarche des Indes, par Procaccini (1721)


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Le pape Calixte III (Alphonse Borgia) (1378-1458)

puis son fils
François Borgia, archevêque de Cosenza (1441-1511)

puis son neveu
le pape Alexandre VI (Rodrigue Borgia) (1431-1503)

puis les fils d'Alexandre VI
César Borgia, duc de Valentinois (1475-1507)
et
Jean Borgia, duc de Gandie (1474-1497)

puis le petit-fils de Jean Borgia
Saint François de Borgia, duc de Gandie, général des Jésuites (1510-1572)

puis le petit-fils de saint François de Borgia
François Gomez de Sandoval Rojas y Borja, duc de Lerme (1553-1625)

puis Charles Borgia, cardinal-archevêque de Trébizonde, patriarche des Indes (1663-1733)
descendant à la cinquième génération de saint François de Borgia






Alphonse Borgia, qui devint le pape Calixte III était le fils de Dominique Borja (forme espagnole que son fils italianisa en Borgia) et de Françoise Marti. Lors de sa naissance, son compatriote valencien, le futur saint Vincent Ferrier, prédit à sa mère que son fils serait pape.

Cardinal-archevêque de Valence, il représenta le roi d'Aragon et de Naples, Alphonse V le Magnanime, au Concile de Bâle (Alphonse V dont l'arrière-petit-fils Alphonse Ier d'Este épousa Lucrèce Borgia, petite-nièce de Calixte III, voir ci-dessous). Il avança en âge jusqu'à devenir un des plus maladifs cardinaux du Sacré-Collège, et avait à cette époque perdu tout espoir de ceindre jamais la tiare. Le futur saint Jean de Capistran, qui fut très lié avec lui, rapporte que le cardinal évoquait souvent avec une pointe de mélancolie la trompeuse prédiction de Vincent Ferrier. Et pourtant, contre toute attente, il fut élu au conclave de 1455. Devenu pape, c'est lui qui fit réhabiliter Jeanne d'Arc en 1456, et - pouvait-il moins ? - qui fit canoniser saint Vincent Ferrier…

Il eut un fils naturel, François Borgia, cardinal-archevêque de Cosenza, dont la vie fut un modèle de piété et de vertu au milieu de celles, passablement plus sujettes à caution, des autres membres de sa famille.

Calixte III adopta d'autre part son neveu Rodrigue Borgia, qui devint le pape Alexandre VI, après avoir été cardinal-évêque de Porto et archevêque de Valence.

Rodrigue était le fils de Joffre Gil de Borja (lointain cousin de Dominique Borja) et d'Isabelle Borgia, sœur de Calixte III. Son véritable patronyme était donc Borja y Borja, et c'est par erreur qu'on trouve régulièrement des allusions au nom de Llansol, à son propos. C'est une autre sœur de Calixte III qui épousa un Llansol, dont elle eut un fils, Jean, qui fut cardinal-archevêque de Valence un an, et c'est par confusion que ce dernier fut identifié à Rodrigue.

On ne prétendra certes pas que les mœurs privées d'Alexandre VI aient été des plus recommandables pour un pape, mais il gouverna avec une sagesse et une adresse parfaites, et l'Église n'eut jamais qu'à se louer de l'avoir eu à sa tête, ce qui a été remarqué. Autant les destinées des empires de la terre subissent les conséquences du caractère de leurs souverains, autant il semble que l'Église, unique en cela, n'a jamais pu être ébranlée par les défauts humains qu'ont pu présenter certains de ses pontifes - jusqu'au dernier Concile du moins, mais c'est un autre sujet.

Encore cardinal, Rodrigue Borgia eut essentiellement de sa maîtresse Vanozza Catanei :

- Lucrèce, qui épousa Alphonse Ier d'Este, duc de Ferrare et de Modène ;

- César, duc de Valentinois et de Romagne ;

- Jean, duc de Gandie.

César épousa Charlotte d'Albret, dame de Chalus, fille d'Alain, seigneur d'Albret, et de Françoise de Penthièvre. Charlotte était la sœur de Jean II d'Albret qui fut grand-père de Jeanne d'Albret, mère de Henri IV. César et Charlotte n'eurent qu'une fille, Louise, qui épousa Philippe de Bourbon, seigneur de Busset, petit-fils de Louis de Bourbon, prince-évêque de Liège, et c'est ainsi que le sang du redoutable César Borgia, assurément le plus terrible rejeton de cette race, coule dans les veines des membres de la maison de Bourbon-Busset jusqu'aujourd'hui.

Jean épousa Marie Enriquez de Luna, fille de Henri Enriquez, amiral de Sicile, et de Marie de Luna. Henri Enriquez était le fils de Fadrique II Enriquez, amiral de Castille, et de Marie-Thérèse de Quiñones. Il était donc le demi-frère de Jeanne Enriquez, mère de Ferdinand le Catholique (fille de Fadrique II et de sa première femme Marina Fernandez de Cordoba), et le frère de Marie Enriquez, arrière-grand-mère d'Éléonore de Tolède. Tout le monde descendant de Fadrique Enriquez, maître de Santiago (fils d'Alphonse XI, roi de Castille) et de la célèbre Juive connue sous le nom de Paloma de Guadalcanal.

Jean Borgia et Marie Enriquez de Luna eurent un fils, Jean II, duc de Gandie, qui épousa Jeanne d'Aragon, fille naturelle d'Alphonse d'Aragon, archevêque de Saragosse, et d'Anne de Gurrea. Alphonse n'était autre que le fils naturel de Ferdinand le Catholique et de sa maîtresse Aldonza Ruiz de Ivora.

Jean II et Jeanne d'Aragon eurent notamment un fils :

François, duc de Gandie, vice-roi de Catalogne, qui devint saint François de Borgia.

Chargé d'accompagner le convoi funèbre de l'impératrice Isabelle de Portugal, femme de Charles-Quint, jusqu'à Grenade où elle devait être inhumée, il dut, conformément aux formalités d'usage, reconnaître le corps de la souveraine avant qu'il ne soit déposé dans le caveau. Lorsqu'on ouvrit la bière, l'assistance fut horrifiée du spectacle que présentait le cadavre, déjà affreusement décomposé. François, bouleversé devant les ravages de la mort sur l'impératrice qu'il avait vue si jeune et si belle quelques semaines plus tôt, contemplant la vanité de toutes les grandeurs et de tous les agréments de ce monde, prit dans cette instant la résolution de quitter le siècle dès qu'il le pourrait. C'est cette scène décisive qu'illustrent le tableau de Pietro della Vecchia, qui n'a pas hésité à montrer le visage horriblement décomposé d'Isabelle, et le tableau de Moreno-Carbonero, qui en donne une version plus soft… François fut canonisé par le pape Clément X en 1671. Fête le 10 octobre.

Néanmoins, François était marié avec Éléonore de Castro y de Mello. Il ne rentra dans les ordres qu'une fois devenu veuf. Entré dans la Compagnie de Jésus récemment fondée, il en devint le troisième Général, après saint Ignace et le Père Lainez (notons pour l'anecdote que si ce pauvre P. Lainez ne fut pas canonisé, contrairement à son prédécesseur et à son successeur, c'est tout simplement parce qu'il écrivait si mal qu'on ne put jamais déchiffrer ses papiers, empêchant l'examen des écrits, préalable indispensable à l'ouverture de la cause…).

Voici une pieuse méditation inspirée par la vie de saint François de Borgia : "Quel spectacle que celui qu'offrirent aux yeux de saint François les hideux ravages de la corruption sur le visage d'une reine qui, peu de jours auparavant, réunissait ce que le monde estime le plus, la puissance et la beauté ! Pénétrons-nous comme lui de la vanité des choses humaines et n'estimons que les biens incorruptibles."

François et Éléonore avaient eu de nombreux enfants, parmi lesquels :

- Isabelle, qui épousa François de Sandoval, marquis de Denia, dont elle eut François, duc de Lerme, premier ministre de son lointain cousin Philippe III, roi d'Espagne, et dont Rubens a laissé ce portrait équestre d'une composition hardie, et d'une splendeur inégalable. François épousa Catherine de La Cerda (fille du duc de Medinaceli), en eut Jeanne, qui épousa Jean de Guzman, duc de Medina-Sidonia, d'où Louise, qui épousa Jean IV, roi de Portugal ;

- Charles, duc de Gandie, qui épousa Madeleine de Centellas, d'où François II, duc de Gandie, d'où Iñigo, qui épousa Hélène de Hénin, petite-fille de Jean de Hénin et d'Anne de Bourgogne, et Charles II, duc de Gandie, qui épousa Artemisia Doria, d'où François III, duc de Gandie, qui épousa autre Artemisia Doria, d'où François IV, duc de Gandie, qui épousa Marie Ponce de Léon y Aragon, fille de Rodrigue, duc d'Arcos, d'où notamment Charles, cardinal-archevêque de Trébizonde, patriarche des Indes, dit le Cardinal Borgia, dont Procaccini a laissé ce fastueux portrait, d'une agitation toute baroque.

La maison de Borgia s'éteignit au XVIIIe siècle.