AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Nicolas III d'Este, marquis de Ferrare, par Amadio da Milano
Parisina Malatesta, marquise de Ferrare
Hugues d'Este
Lionel d'Este, marquis de Ferrare et de Modène
Lionel d'Este, marquis de Ferrare et de Modène, par Pisanello
Marguerite de Gonzague, marquise de Ferrare et de Modène, portrait présumé, par Pisanello
François d'Este, par Van der Weyden
Borso d'Este, duc de Ferrare et de Modène, par Vicino de Ferrare
Hercule I<sup>er</sup> d'Este, duc de Ferrare et de Modène, par Dosso Dossi
Éléonore d'Aragon, duchesse de Ferrare et de Modène, par Francesco Laurana
Alphonse I<sup>er</sup> d'Este, duc de Ferrare et de Modène, d'après Titien
Alphonse I<sup>er</sup> d'Este, duc de Ferrare et de Modène, par Dosso Dossi
Alphonse I<sup>er</sup> d'Este, duc de Ferrare et de Modène, d'après Titien
Alphonse I<sup>er</sup> d'Este, duc de Ferrare et de Modène, âgé
Lucrèce Borgia en sainte Catherine d'Alexandrie, par Pinturicchio (détail)
Lucrèce Borgia en sainte Catherine d'Alexandrie, par Pinturicchio
Lucrèce Borgia en 1501
Jeune femme à sa toilette, portrait présumé de Laura Dianti, par Titien
Laura Dianti et Alphonse d'Este, atelier de Titien
Laura Dianti, maîtresse d'Alphonse I<sup>er</sup> d'Este, par Titien


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Nicolas III d'Este, marquis de Ferrare (1383-1441)
et sa femme Parisina Malatesta (1404-1425)

puis ses fils

Hugues d'Este (1405-1425)

Lionel d'Este, marquis de Ferrare et de Modène (1407-1450)
et sa femme Marguerite de Gonzague (1418-1439)
et son fils naturel Nicolas d'Este (v.1430-v.1475)

Borso d'Este, duc de Ferrare et de Modène (1413-1471)

Hercule Ier d'Este, duc de Ferrare et de Modène (1431-1505)
et sa femme Éléonore d'Aragon (1450-1493)

puis leur fils
Alphonse Ier d'Este, duc de Ferrare et de Modène (1476-1534)
et sa femme Lucrèce Borgia (1480-1519)

et sa maîtresse Laura Dianti (~1480-1573)






La maison d'Este est issue du mariage d'Albert-Azzon II, marquis de Milan, et de sa seconde femme Gersende du Maine. Il n'est pas de maison plus illustre, son premier ancêtre connu avec certitude étant Adalbert, qui vivait avant 950. On sait qu'Albert-Azzon II, par son premier mariage, est également à l'origine de la maison de Brunswick, les maisons de Brunswick et d'Este n'étant ainsi que les deux branches d'une même famille. Voir le détail ICI.

Nicolas III d'Este, de sa maîtresse Stella dei Tolomei, avait eu trois fils :

Hugues, Lionel, et Borso.

Bien qu'une promesse de mariage ait été accordée à Stella, Nicolas ne la tint finalement pas et épousa la jeune Parisina Malatesta, fille d'André Malatesta, seigneur de Césène.

Cette dernière devint bientôt la maîtresse de son beau-fils Hugues, qui avait le même âge qu'elle. Ils furent trahis par une servante, et Nicolas fit décapiter sa femme et son fils.

Nicolas III se remaria ensuite avec Richarde de Saluces, fille de Thomas III, marquis de Saluces.

D'où :

- Hercule d'Este.

Nicolas obtint du pape Eugène IV la légitimation de Lionel et de Borso, qui devenaient ainsi aptes à lui succéder avant leur demi-frère cadet, mais légitime, Hercule.

Lionel, devenu donc marquis de Ferrare et de Modène, épousa Marguerite de Gonzague, fille de Jean-François de Gonzague et de Paule Malatesta.

Pisanello a laissé deux célèbres portraits de Lionel et (peut-être) de Marguerite. En ce qui concerne cette dernière, l'identification reste hésitante. En effet, bien que les deux tableaux ne soient pas exactement de mêmes dimensions, ils semblent constituer deux pendants, et partant, Lionel ne peut naturellement faire face qu'à sa jeune épouse. En outre, la jeune femme porte les deux couleurs de la maison de Gonzague, le rouge et le blanc. Toutefois, certains penchent pour un portrait de Ginevra d'Este, demi-sœur de Lionel (fille de Nicolas et de Parisina). Le fait qu'elle porte sur sa manche le vase de la maison d'Este ne prouve rien, puisque Marguerite pouvait fort bien porter un emblème de la maison de son époux. En revanche, il est vrai que milite en faveur de cette version la branche de genévrier sur l'épaule. Deux allusions funèbres, l'ancolie, symbole de mort, parmi les fleurs du buisson, et le papillon, symbole de l'âme qui s'envole, n'aident pas à trancher : Marguerite et Ginevra sont toutes deux mortes à vingt ans. Bref, adhuc sub judice lis est

Quoi qu'il en soit, Lionel mourut sans postérité légitime, mais il eut de mère inconnue un fils naturel, François d'Este, qui fut élevé et vécut à la Cour de Bourgogne dans l'entourage de Charles le Téméraire, et fut immortalisé par le célèbre portrait de Van der Weyden.

Borso succéda à Lionel, devenant, de marquis, duc de Modène et de Ferrare (respectivement par concessions de l'Empereur Frédéric III et du pape Paul II), mais ne se maria pas et mourut à son tour sans postérité. Ainsi Hercule succéda-t-il finalement à ses demi-frères bâtards.


Hercule d'Este épousa Éléonore d'Aragon, fille de Ferdinand Ier d'Aragon, roi de Naples, et d'Isabelle de Chiaromonte.

D'où :

- Isabelle, qui épousa François II de Gonzague, marquis de Mantoue ;

- Béatrice, qui épousa Ludovic Sforza dit le Maure, duc de Milan ;

- Alphonse Ier d'Este, duc de Ferrare et de Modène.


Alphonse d'Este épousa Lucrèce Borgia, fille naturelle du pape Alexandre VI et de Vanozza Cattanei.


Rappelons que Lucrèce avait déjà été mariée deux fois.

D'abord à Jean Sforza, seigneur de Pesaro, mariage que le père et le frère de Lucrèce firent bientôt annuler pour lui faire épouser ensuite Alphonse d'Aragon, duc de Bisceglie, qui la laissa veuve. Alphonse était fils naturel d'Alphonse II d'Aragon, roi de Naples (qui était frère d'Éléonore, mère d'Alphonse d'Este). Le troisième époux de Lucrèce était donc le neveu du père de son second époux.

On remarquera que les deux portraits d'Alphonse Ier d'Este le montrent appuyé sur un fût de canon, allusion à la redoutable artillerie de Ferrare, qui lui fit remporter bien des victoires. Il porte également le collier de l'Ordre de Saint-Michel, que lui valut son alliance avec la France.

La beauté de Lucrèce Borgia apparaît dans toute sa splendeur sur la très célèbre fresque de Pinturicchio qui la représente en sainte Catherine d'Alexandrie. On remarquera pourtant qu'avec les années et l'embonpoint, Lucrèce accusera une ressemblance assez frappante avec son père Alexandre VI, ce que son profil sur la médaille datant de son troisième mariage permet d'apprécier nettement.

Un mot encore pour évoquer l'étonnante et regrettable cruauté du jugement de la postérité sur la malheureuse Lucrèce Borgia, qui fut un modèle de vertus, une épouse fidèle (ses idylles avec son séduisant beau-frère François II de Gonzague et avec le poète-cardinal Bembo ne furent que des amitiés amoureuses et littéraires), une mère aimante, une souveraine sage et généreuse et surtout une chrétienne admirable qui mourut dans les pratiques de piété les plus rigoureuses. Elle subit les sombres intrigues de sa famille qui la manipula tout au long de sa vie, et voilà tout ce qu'il est possible de lui reprocher, ce qui est bien peu, mais elle fut bien vite l'objet des accusations haineuses des ennemis des Borgia (qui certes avaient leurs raisons), et ces quelques calomnies, qui auraient dû s'évaporer aussitôt apparues, tant les témoignages honnêtes des mérites de Lucrèce sont surabondants et fiables, ont été au contraire la base de tout ce qui a pu s'inventer à son propos depuis lors. Bien évidemment, le grand artiste en mensonges en tous genres que fut Victor Hugo ne pouvait manquer de se tailler la part du lion dans cette entreprise d'injustice posthume.


Alphonse d'Este et Lucrèce Borgia eurent essentiellement :

- Hercule II, duc de Ferrare et de Modène.


Alphonse eut d'autre part de sa maîtresse Laura Dianti un fils naturel, Alphonse, marquis de Monteccio, dont le fils devint duc de Modène à l'extinction de la lignée légitime.

Fille d'un marchand de bérets, Laura Dianti dut évidemment sa brillante destinée à une beauté exceptionnelle. Elle n'est déjà plus dans sa première jeunesse sur le portrait "au turban" qu'en fit Titien, mais l'on comprendra aisément sa réputation si l'on contemple la célèbre "Jeune femme à sa toilette" du peintre, qui est vraisemblablement un portrait de Laura ; le personnage penché sur son épaule passe pour représenter Alphonse lui-même, ce que confirme la variante "dénudée" de ce portrait, où les traits du duc de Ferrare sont assez clairement reconnaissables.