AMATOR TEMPORIS ACTI

Bienvenue sur le site de Guillaume Attlane



Liste complète des personnages

Frédéric III de Montefeltre, duc d'Urbin, et Baptista Sforza

Frédéric III de Montefeltre, duc d'Urbin, et son fils Guidobaldo, par Berruguete
Frédéric III de Montefeltre, duc d'Urbin, avec son fils Guidobaldo, écoutant un discours, par Juste de Gand
Frédéric III de Montefeltre, duc d'Urbin, et sa femme Baptista Sforza, par Piero della Francesca
Baptista Sforza, duchesse d'Urbin, par Francesco Laurana


Guidobaldo Ier de Montefeltre, duc d'Urbin, et Isabelle de Gonzague

Guidobaldo I<sup>er</sup> de Montefeltre, duc d'Urbin, par Raphaël
Isabelle de Gonzague, duchesse d'Urbin, par Raphaël


François-Marie della Rovere, duc d'Urbin, et Éléonore de Gonzague

François-Marie I<sup>er</sup> della Rovere, duc d'Urbin, par Titien
Éléonore de Gonzague, duchesse d'Urbin, par Titien


Guidobaldo II della Rovere, duc d'Urbin - Julie Varano de Camerino - Victoire Farnèse

Guidobaldo II della Rovere, duc d'Urbin, par Bronzino
Guidobaldo II della Rovere, duc d'Urbin
Julie Varano de Camerino, duchesse d'Urbin, par Titien
Victoire Farnèse, duchesse d'Urbin
Victoire Farnèse, duchesse d'Urbin, par Jacopino del Conte
Victoire Farnèse, duchesse d'Urbin


François-Marie II della Rovere, duc d'Urbin - Lucrèce d'Este - Livie della Rovere

François-Marie II della Rovere, duc d'Urbin, par Barocci
Lucrèce d'Este, duchesse d'Urbin, par Zuccari
Livie della Rovere, duchesse d'Urbin


Frédéric-Ubald della Rovere, duc héritier d'Urbin

Frédéric-Ubald della Rovere, duc héritier d'Urbin, au berceau, par Vitali
Frédéric-Ubald della Rovere, duc héritier d'Urbin, enfant, par Claudio Ridolfi
Frédéric-Ubald della Rovere, duc héritier d'Urbin


------


Frédéric de Montefeltre, duc d'Urbin (1422-1482)
et sa femme Baptista Sforza (1446-1472)

puis leur fils
Guidobaldo de Montefeltre, duc d'Urbin (1472-1508)
et sa femme Isabelle de Gonzague (1471-1526)

puis le neveu de Guidobaldo
François-Marie della Rovere, duc d'Urbin (1490-1538)
et sa femme Éléonore de Gonzague (1493-1550)

puis leur fils Guidobaldo II della Rovere, duc d'Urbin (1514-1574)
et
sa première femme Julie Varano de Camerino (1523-1547)
sa seconde femme Victoire Farnèse (1521-1602)

puis le fils du second lit
François-Marie II della Rovere, duc d'Urbin (1549-1631)
et
sa première femme Lucrèce d'Este (1535-1598)
sa seconde femme Livie della Rovere (1585-1641)

puis leur fils
Frédéric-Ubald della Rovere, duc héritier d'Urbin (1605-1623)






Frédéric de Montefeltre était le fils naturel de Guy-Antoine de Montefeltre, seigneur d'Urbin, et de sa maîtresse Élisabeth degli Accomandugi. Il succéda à son demi-frère, Oddantonio II, premier duc d'Urbin, fils légitime de Guy-Antoine et de Catherine Colonna, qui mourut assassiné, sans postérité.

Baptista Sforza était la fille d'Alexandre Sforza, seigneur de Pesaro, et de Constance de Varano. Rappelons qu'Alexandre Sforza était le frère cadet de François Sforza, duc de Milan.

Frédéric et Baptista font partie de ces quelques personnages qui auraient pu, comme tant d'autres de leurs parents, entrer définitivement dans le sanctuaire poudreux des bibliothèques pour n'en plus jamais sortir, et qui bien au contraire, ont traversé les siècles à travers des effigies devenues des standards de l'Histoire de l'Art. L'infante Marguerite-Thérèse et l'infant Balthazar-Carlos le doivent à Velasquez, Anne de Clèves à Holbein, Éléonore de Tolède à Bronzino, Isabelle de Portugal, Ranuce Farnèse et beaucoup de leurs contemporains à Titien, Anne de Beaujeu au Maître de Moulins, pour ne citer que quelques exemples.

Ainsi donc les profils hiératiques et impassibles de Frédéric et Baptista, se faisant face pour l'éternité, appartiennent-ils à l'inconscient collectif grâce à Piero della Francesca, à qui Frédéric commanda ce diptyque, hommage posthume à Baptista morte en couches peu auparavant. On remarquera que le peintre n'a pas cherché à flatter le physique ingrat de son mécène, si ce n'est en présentant son profil gauche, Frédéric ayant, dans sa jeunesse, perdu l'œil droit lors d'un tournoi, blessure qui lui valut également ce nez cassé caractéristique.

On remarquera l'étonnante composition de Juste de Gand, montrant Frédéric écoutant une lecture en compagnie de son jeune fils. Le duc est drapé dans le manteau bleu nuit de l'Ordre de La Jarretière, dont l'insigne se distingue sur son épaule. Frédéric de Montefeltre était en effet chevalier de la Jarretière depuis 1463.

Frédéric et Baptista eurent :

- Guidobaldo Ier de Montefeltre, duc d'Urbin ;

- Jeanne, qui épousa Jean della Rovere, fils de Raphaël della Rovere et de Théodora Manirolo. Jean della Rovere était donc le neveu du pape Sixte IV (François della Rovere) et le frère du pape Jules II (Julien della Rovere).

Guidobaldo, c'est-à-dire Guy-Ubald (Saint Ubald étant évêque et saint patron de la ville de Gubbio), épousa Isabelle de Gonzague, fille de Frédéric Ier, marquis de Mantoue, et de Marguerite de Bavière (et donc, entre autres, sœur de Claire, mère du Connétable de Bourbon).

Guidobaldo et Isabelle n'ayant pas eu de postérité, le duché d'Urbin passa ainsi aux Rovere par l'intermédiaire de Jeanne, dont le fils fut :

- François-Marie Ier della Rovere, duc d'Urbin, qui épousa Éléonore de Gonzague, fille de François II, marquis de Mantoue, et d'Isabelle d'Este.

Notons que François-Marie perdit un temps le duché d'Urbin, dont les Médicis s'étaient emparés, et que Laurent II de Médicis (père de Catherine de Médicis) porta le titre de duc d'Urbin, que François-Marie parvint néanmoins à recouvrer après la mort de Laurent.

François-Marie et Éléonore eurent essentiellement :

- Guidobaldo II della Rovere, duc d'Urbin (qui suit) ;

- Julie, qui épousa Alphonse d'Este, marquis de Monteccio.


Guidobaldo II épousa d'abord Julie Varano de Camerino, fille de Jean-Marie Varano, duc de Camerino, et de Catherine Cibo (elle-même fille de François Cibo, fils du pape Innocent VIII, et de Madeleine de Médicis, fille de Laurent le Magnifique).

Sans postérité.

Guidobaldo II épousa ensuite Victoire Farnèse, fille de Pierre-Louis Farnèse, duc de Parme, et de Jérômine Orsini.

Guidobaldo II et Victoire eurent :

- François-Marie II della Rovere, duc d'Urbin.


François-Marie II épousa d'abord Lucrèce d'Este, fille d'Hercule II d'Este, duc de Ferrare et de Modène, et de Renée de France.

Ce mariage ne fut pas heureux. Non seulement Lucrèce avait quatorze ans de plus que son époux, non seulement elle ne lui donna pas d'héritier, mais elle poussa l'inconduite à un tel degré que le malheureux finit par la renvoyer à Ferrare. On peut dire que Lucrèce s'en tira bien : chez les Médicis ou les Orsini par exemple, elle aurait certainement payé ses frasques de sa vie, sans autre forme de procès, comme l'apprirent à leurs dépends ses contemporaines Dianora de Tolède ou Isabelle de Médicis. François-Marie della Rovere eut d'autant plus de mérite à se contenter d'une séparation qu'il n'y avait pas de motif d'annulation, aussi ne pouvait-il pas se remarier tant que Lucrèce était en vie, et elle ne mourut que vingt ans plus tard…

Enfin veuf, il épousa donc ensuite sa cousine Livie della Rovere, fille d'Hippolyte della Rovere, marquis de San-Lorenzo-in-Campo et d'Isabelle Vitelli.

Hippolyte était fils naturel de Jules-Feltrio della Rovere, cardinal-archevêque de Ravenne et d'Urbin, dernier fils de François-Marie Ier et d'Éléonore de Gonzague. Ajoutons que la sœur de Livie, Lucrèce, épousa Marc-Antoine Lante, marquis de Massa-Luense, mariage dont la postérité prit le nom de Lante della Rovere, lignée encore représentée aujourd'hui, et d'où sortirent les ducs de Bomarzo, princes de Belmonte, ducs de Santa-Croce-di-Magliano, etc.

François-Marie II et Livie eurent :

- Frédéric-Ubald della Rovere, duc héritier d'Urbin.


Frédéric-Ubald épousa Claudia de Médicis, fille de Ferdinand Ier, grand-duc de Toscane et de Christine de Lorraine.

Il mourut à 18 ans, n'ayant eu que le temps d'avoir une fille :

- Victoire, qui épousa Ferdinand II de Médicis, grand-duc de Toscane.


Claudia, ainsi veuve à 19 ans, se remaria avec Léopold V, archiduc d'Autriche-Tyrol.

Son fils unique étant donc mort sans héritier mâle, François-Marie II, au désespoir, préféra abdiquer. Il légua le duché d'Urbin aux États de l'Église.