AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre

Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre, enfant, par Clouet
Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre, par Clouet
Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre
Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre
Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre, par Clouet
Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre, d'après Clouet
Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre
Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre
Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre, relevé d'un portrait disparu, par Gaignères
Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre
Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre, âgée
Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre, par Hilliard
Henri, roi de Navarre, futur Henri IV, roi de France, et sa femme Marguerite de Valois, miniature du livre d'heures de Catherine de Médicis


Hercule-François de Valois, duc d'Alençon et d'Anjou

Hercule-François de Valois, duc d'Alençon et d'Anjou, âgé d'un an, en 1566, par Clouet
Hercule-François de Valois, duc d'Alençon et d'Anjou, enfant, par Clouet
Hercule-François de Valois, duc d'Alençon et d'Anjou, miniature du livre d'heures de Catherine de Médicis
Hercule-François de Valois, duc d'Alençon et d'Anjou
Hercule-François de Valois, duc d'Alençon et d'Anjou, par Dumonstier
Hercule-François de Valois, duc d'Alençon et d'Anjou
Hercule-François de Valois, duc d'Alençon et d'Anjou
Hercule-François de Valois, duc d'Alençon et d'Anjou, en duc de Brabant et comte de Flandres
Hercule-François de Valois, duc d'Alençon et d'Anjou, en duc de Brabant et comte de Flandres
Hercule-François de Valois, duc d'Alençon et d'Anjou, faisant son entrée à Anvers comme duc de Brabant, le 19 février 1582


Louis, Jeanne et Victoire de Valois

Louis de Valois, duc d'Orléans, et ses sœurs Jeanne et Victoire de Valois, miniature du livre d'heures de Catherine de Médicis


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Marguerite de Valois,
reine de France et de Navarre (1553-1615)

puis son frère
Hercule-François de Valois, duc d'Alençon puis duc d'Anjou (1554-1584)

puis leurs frère et sœurs
Louis (1549-1550), Jeanne et Victoire (1556-1556)






Portrait de Marguerite et Hercule-François, enfants, avec leur mère et leurs frères : ICI.


Marguerite de Valois, dite la reine Margot, était la fille de Henri II et de Catherine de Médicis.

Elle épousa Henri de Bourbon, roi de Navarre, puis roi de France sous le nom de Henri IV.

Jamais mariage royal ne fut plus mal assorti, et l'on sait que lors de la cérémonie, le consentement de Marguerite, qui refusait de prononcer le "oui" sacramentel, fut donné sous la forme d'une inclinaison de tête provoquée par un coup de poing que son frère Charles IX lui asséna sur la nuque…

Du reste, l'union (la désunion devrait-on dire) s'avérant finalement stérile, Henri finit par en obtenir l'annulation, qui lui permit de se remarier avec Marie de Médicis.

Henri IV fit une plaisante remarque lorsqu'on lui suggéra, pour accélérer la procédure à Rome, de prétexter que le mariage n'avait même jamais été consommé. Henri et Marguerite ayant, au moins pendant leur nuit de noces, partagé le même lit, il dit en riant que "paillards comme ils étaient tous les deux, il n'y avait pas d'apparence que personne pût croire qu'il ne s'y était rien passé !"

Au demeurant, Marguerite, caractère indolent et voluptueux, s'accommoda très bien de ce divorce, et ne fit aucune difficulté à paraître, à l'occasion, au second rang derrière Marie de Médicis dans les cérémonies, assistant même, en grand appareil (et portant une couronne fermée sur la tête !), au sacre de cette dernière. Elle passa le reste de sa vie à Paris dans son hôtel de Sens, s'abandonnant aux plaisirs de la table, qui la rendirent obèse, et de l'amour, auprès de soupirants de plus en plus jeunes, et partant, de plus en plus coûteux. Henri IV lui fit un jour doucement reproche de ses dépenses effrénées et de sa propension à transformer la nuit en jour et le jour en nuit. Elle lui répondit que pour le premier point, en bonne Valois, la dépense et la prodigalité étaient en elle un vice de famille impossible à corriger ; pour le second point, qu'elle avait pris cette habitude depuis trop longtemps et qu'il n'était plus temps de la réformer.

Dans les derniers temps de son existence, elle fit cependant un assez sérieux retour sur elle-même et se consacra à la dévotion, mais n'abandonna pas tout-à-fait ses faiblesses. À cette époque même, un des jeunes musiciens à son service était surnommé, éloquemment, "le roi Margot"…

Elle qui avait été le plus brillant ornement de la cour des Valois et la princesse d'Europe la plus célébrée de son siècle (au point que sa mère déplora plusieurs fois en public la loi salique qui l'empêchait de succéder à ses frères sur le trône de France), mourut parfaitement oubliée.

Sa belle et mélancolique épitaphe, qu'on voit encore à Saint-Denis, fut attribuée à différents pères jésuites, soit le P. Desportes, son aumônier, soit le P. Le Moine, mais il semble bien que Marguerite elle-même soit le véritable auteur de ces vers, si l'on en croit la circonstance rapportée dans les "Mémoires" de la marquise de Créquy. "Je tiens du duc de La Vallière et du marquis de Paulmy qu'ils ont été composés par elle-même, ainsi qu'il appert d'un manuscrit de la bibliothèque de Paulmy, où l'on voit des ratures avec plusieurs variantes et des corrections, écrites de la propre main de cette aimable et spirituelle princesse."

"Cette brillante fleur de l'arbre des Valois,
En qui mourut le nom de tant de puissants rois,
MARGUERITE, pour qui tant de lauriers fleurirent,
Pour qui tant de bouquets chez les Muses se firent,

Vit bouquets et lauriers sur sa tête sécher,
Et par un coup fatal les lis s'en détacher.
Las ! Le cercle royal dont l'avait couronnée
En tumulte et sans ordre un trop prompt hyménée,

Rompu du même coup, devant ses pieds tombant,
La laissa comme un tronc dégradé par le vent.
Épouse sans époux et reine sans royaume,

Vaine ombre du passé, grand et noble fantôme,
Elle traîna depuis les restes de son sort,
Et vit jusqu'à son nom mourir avant sa mort.
"


Ajoutons en passant qu'on peut être perplexe, lorsqu'on contemple ses portraits, en songeant à la réputation de beauté extraordinaire de Marguerite, dont tous les chroniqueurs et ambassadeurs contemporains nous ont laissé des descriptions toutes plus hyperboliques les unes que les autres. Si l'on peut admirer la délicate joliesse de ses traits dans son enfance, ses effigies ultérieures montrent avec constance un visage bouffi, aux yeux à la fois bridés et globuleux, aux lèvres, aux joues et au menton trop lourds, qui, de façon très logique au demeurant, rappellent désagréablement les traits de sa mère Catherine de Médicis, qui n'a jamais passé pour une beauté. Le mystère demeure… Il faut croire que Marguerite avait surtout un charme particulier qui faisait complètement oublier ces imperfections.

Pour conclure au sujet des portraits, la miniature d'Hilliard est assurément splendide, mais est-elle bien un portrait de Marguerite ? Le visage, à part l'embonpoint, ne présente strictement aucune ressemblance avec le type si reconnaissable de la Reine Margot. Et si la date de 1577 est exacte, elle aurait donc vingt-quatre ans sur cette miniature, ce qui paraît difficile à admettre. Enfin (et même si ce dernier point n'est pas d'une grande autorité, car il est plus d'un exemple de licence artistique dans ce domaine), le modèle d'Hilliard a les yeux bleus, quand Marguerite a les yeux bruns sur tous ses autres portraits… Bref, un sérieux doute est permis.


Son frère cadet, Hercule-François de Valois, duc d'Alençon (qui prit le titre de duc d'Anjou lorsque leur frère aîné, qui portait jusqu'alors ce titre, monta sur le trône de France sous le nom de Henri III), mourut à 30 ans sans alliance ni postérité.

Ajoutons qu'il porta aussi de façon éphémère les titres de duc de Brabant et comte de Flandres, ayant un temps été choisi pour souverain par les Pays-Bas révoltés contre leur souverain légitime, Philippe II d'Espagne. Mais l'épisode n'eut pas de suites.

Il avait été fiancé un temps à la reine Élisabeth d'Angleterre, qui avait vingt ans de plus que lui, et le superbe portrait en pied présenté ici fut envoyé par Catherine de Médicis à la promise (qui l'avait surnommé… "ma petite grenouille"). En tout état de cause, l'effigie était manifestement fort flattée, car les contemporains sont unanimes à décrire le duc d'Alençon, défiguré par la petite vérole dans son enfance, affligé d'un gros nez objet de multiples épigrammes, comme "l'homme le plus laid qui se puisse voir". La médaille à son effigie présentée ici, très réaliste, en donne une bonne idée.


La dernière miniature représente les trois enfants de Henri II et de Catherine qui moururent avant d'avoir atteint leur première année : Louis, et les jumelles Jeanne et Victoire.