AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Louis de Bourbon, prince-évêque de Liège, en armes, avec son aïeul et patron saint Louis (relevé d'un vitrail de l'abbaye de Saint-Tron)
Louis de Bourbon, prince-évêque de Liège et le Haut-Avoué de Hesbaye


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Louis de Bourbon, prince-évêque de Liège (1456-1482)






Louis de Bourbon, prince-évêque de Liège, était le fils de Charles Ier, duc de Bourbon, et d'Anne de Bourgogne.

Le premier dessin est celui d'une ancienne verrière (aujourd'hui disparue) de l'abbaye de Saint-Trond, et représente le prince-évêque en armure, avec son patron et ancêtre saint Louis.

Le second dessin représente Louis de Bourbon avec son heaume mitré, tel que le portaient les évêques-guerriers de ces temps farouches. A droite, le Haut-Avoué de Hesbaye, titre que portait le porte-étendard du Gonfanon de saint Lambert, qu'il allait chercher en temps de guerre sur l'autel de la Sainte-Trinité de la cathédrale de Liège, et qu'il devait porter devant les troupes liégeoises sur le champ de bataille.

Louis de Bourbon eut de Catherine de Gueldres (fille d'Arnold d'Egmont, duc de Gueldres, et de Catherine de Clèves) trois fils :

- Pierre, chambellan de Louis XII ;
- Louis, enfant d'honneur de Charles VIII ;
- Jacques, grand prieur de France, bailli de Lango.

Louis et Jacques moururent sans postérité.

Mais l'aîné, Pierre, dit le Bâtard de Liège, épousa Marguerite de Tourzel, dame de Busset, et fonda ainsi la maison de Bourbon-Busset, qui bien que non dynaste puisque d'origine illégitime (on n'a jamais pu prouver qu'un mariage secret fût contracté entre Louis, avant son ordination, et Catherine), est l'aînée de la maison de Bourbon et même aujourd'hui, de toute la maison capétienne. Le fils de Pierre et Marguerite, Philippe de Bourbon, seigneur de Busset, épousa Louise Borgia, duchesse de Valentinois, fille de César Borgia, fils du pape Alexandre VI.

La question de savoir s'il y eut mariage ou non entre Louis de Bourbon et Catherine de Gueldres est fort débattue. Disons-le d'emblée, il paraît en soi difficile d'admettre qu'une princesse de la maison de Gueldres ait pu donner à Louis de Bourbon trois enfants sans qu'un mariage, au moins secret, ait eu lieu. Une fille d'un duc de Gueldres et d'une princesse de Clèves n'est guère du bois dont on fait les concubines.

Une chose est certaine pour autant, c'est que les fils de Louis et Catherine prirent eux-même le titre de bâtard dans certains actes, et qu'un mariage secret ne changerait rien à l'impossibilité pour la postérité d'une telle union à prétendre au trône de France, puisque pour être valable dynastiquement, il aurait nécessité le consentement explicite du roi.

Voici ce que rapporte l'Histoire Secrète de Bourgogne, ouvrage réputé de mademoiselle de Caumont-La Force, de l'Académie des Ricovrati de Padoue.

"Louis de Bourbon, quoiqu'élu évêque de Liège, ne voulait pas prendre les ordres sacrés.
En 1463, il alla aux noces de sa sœur Catherine de Bourbon et d'Adolphe d'Egmont, fils d'Arnold, duc de Gueldres. Il y vit Catherine d'Egmont, sœur d'Adolphe, en devint amoureux et prit la résolution de renoncer à l'évêché de Liège et de l'épouser.
Le duc de Gueldres consentit à lui donner sa fille en mariage, à condition que le roi de France, Louis XI, donnerait son aveu. Mais il le refusa obstinément.
Louis de Bourbon parvint à décider le duc de Gueldre à lui donner sa fille, en le persuadant que, dès que le mariage serait consommé, le roi n'oserait plus lui refuser son consentement.
En conséquence, le mariage fut célébré à Gueldre au commencement de 1464, et il n'y manqua aucune formalité, si ce n'est le consentement du roi, clause d'absolue nécessité dans les contrats de mariage des princes du sang, et qui les rend de toute nullité lorsqu'elle ne s'y trouve pas.
Louis XI, qui s'était opposé au mariage, le fit déclarer nul et força enfin Louis de Bourbon à recevoir les ordres sacrés à Huy, en décembre 1466, peu de temps après la naissance de son dernier enfant ; et il ne fut sacré évêque que le 1er mai 1467.
Catherine devint duchesse de Gueldres en 1477
(NB. En fait régente de Gueldres pendant la minorité de son neveu), après la mort de son frère Adolphe, et mourut en 1496, âgée de 57 ans."

Voici d'autre part ce que rapportent les Mémoires de la maison de Busset.

"Le mariage de Louis de Bourbon ne fut pas reconnu par son frère Pierre II, baron de Beaujeu puis duc de Bourbon en 1488, marié à Anne de France (fille de Louis XI).
A la mort de Louis de Bourbon en 1482, Catherine de Gueldres envoya son fils en France, où il fut élevé par les soins de Pierre, duc de Bourbon, qui cependant refusa de la reconnaître et de lui donner sa légitime
(NB. La portion que la loy attribuë aux enfants sur les biens de leurs pères & de leurs mères). Catherine de Gueldres et son fils aîné Pierre de Bourbon commencèrent alors contre les ducs de Bourbon un long procès.
Philippe de Bourbon, baron de Busset, fils de Pierre, continua, après la mort de son père, le procès intenté aux ducs de Bourbon au sujet de sa légitime, mais le roi François Ier, pour éviter les divers procès que cette affaire occasionnerait, à cause que les biens de la maison de Bourbon étaient partagés et passés dans plusieurs branches qui s'étaient formées depuis
(NB :…et, non des moindres, dans les mains de Louise de Savoie, propre mère de François Ier, ce dont le connétable de Bourbon sut quelque chose…), ordonna par arrêt de son conseil, que Philippe de Bourbon, fils de Pierre et petit-fils de Louis de Bourbon nommé à l'évêché de Liège, et de Catherine de Gueldre, ses hoirs et successeurs, seraient reconnus à l'avenir pour vrais et légitimes enfants de la maison de Bourbon, nés en loyal mariage, porteraient les armes comme les autres princes de la maison de Bourbon, sans qu'ils puissent prétendre autre partage de la dite Maison.
Cet arrêt fut promulgué au Parlement en 1518."