AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Louis XII, roi de France

Le sacre de Louis XII, roi de France, en 1501
Louis XII, roi de France, par Jean Perréal
Louis XII, roi de France, atelier de Jean Perréal
Louis XII, roi de France, par Joseph Lee d'après Jean Perréal
Louis XII, roi de France, par Jean Bourdichon
Louis XII, roi de France, vitrail certainement peint d'après un carton de Jean Perréal
Louis XII, roi de France, miniature de Jean Bourdichon
Louis XII, roi de France, présenté par Charlemagne
Louis XII, roi de France, présenté par son aïeul et patron saint Louis, roi de France
Louis XII, roi de France, entrant dans Gênes, en 1507
Louis XII, roi de France, prenant conseil de la Raison
Louis XII, roi de France
Effigie funéraire de Louis XII, roi de France, à Saint-Denis
Louis XII, roi de France


Sainte Jeanne de France, reine de France

Sainte Jeanne de France, reine de France
Sainte Jeanne de France, reine de France, par Gembloux
Moulage du masque mortuaire de sainte Jeanne de France, reine de France
Moulage enluminé du masque mortuaire de sainte Jeanne de France, reine de France
Sainte Jeanne de France, reine de France, exposée sur son lit de mort
Mariage mystique de sainte Jeanne de France, reine de France (école française, XVII<sup>e</sup> s.)
Sainte Jeanne de France, reine de France, par Louis Noël


Anne de Bretagne, reine de France

Louis XII et Anne de Bretagne
Anne de Bretagne, reine de France, avec sa fille Claude de France, future reine de France
Anne de Bretagne, reine de France, recevant l'hommage d'un ouvrage du dominicain Antoine Dufour, miniature de Jean Pichore
Anne de Bretagne, reine de France, exposée sur son lit de mort
Transis de Louis XII et d'Anne de Bretagne, à Saint-Denis, par Giovanni di Giusto Betti, dit Jean Juste
Priants de Louis XII et d'Anne de Bretagne, à Saint-Denis
Urne contenant le cœur d'Anne de Bretagne, reine de France, conservée au château de Nantes


Marie d'Angleterre, reine de France - Charles Brandon, duc de Suffolk

Marie d'Angleterre, reine de France
Marie d'Angleterre, reine de France
Marie d'Angleterre, reine de France
Marie d'Angleterre, reine de France
Marie d'Angleterre, reine de France
Louis XII, roi de France, accueillant sa troisième épouse Marie d'Angleterre
Marie d'Angleterre et son second mari, Charles Brandon, duc de Suffolk, attribué à Mabuse


Henry Grey, marquis de Dorset, duc de Suffolk, et Frances Brandon

Henry Grey, marquis de Dorset, duc de Suffolk
Frances Brandon, marquise de Dorset, duchesse de Suffolk, effigie funéraire de son tombeau de l'abbaye de Westminster


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Louis XII, roi de France (1462-1515),
et
sa première femme sainte Jeanne de France (1464-1505)
sa seconde femme Anne de Bretagne (1477-1514)
sa troisième femme Marie d'Angleterre (1497-1534)

puis

Marie d'Angleterre et son second mari, Charles Brandon, duc de Suffolk (1484-1545)

puis leur fille
Frances Brandon (1517-1559)
et son mari Henry Grey, marquis de Dorset, duc de Suffolk (1515-1554)






Autres portraits d'Anne de Bretagne, reine de France : ICI.


Louis XII, roi de France, était le fils de Charles le Poète, duc d'Orléans, et de Marie de Clèves.

La miniature représentant le sacre de Louis XII est d'un immense intérêt, car elle permet de contempler les pairs ecclésiastiques et les pairs laïcs dans l'exercice des fonctions dont ils étaient titulaires. Leurs blasons sont suspendus sous les voûtes.

Ainsi, se tiennent à gauche les six pairs ecclésiastiques. Du premier au dernier plan, l'évêque-comte de Châlons, portant l'anneau ; ensuite, l'évêque-comte de Noyon, portant la ceinture et le baudrier ; l'évêque-comte de Beauvais, portant le manteau royal ; l'évêque-duc de Langres, portant le sceptre ; l'évêque-duc de Laon, portant la Sainte-Ampoule. Enfin, seul à ne pas porter la crosse, mais la croix archiépiscopale, l'archevêque-duc de Reims, qui sacrait le roi.

À droite, les six pairs laïcs. Du premier au dernier plan, le comte de Toulouse, portant les éperons ; le comte de Flandres, portant l'épée ; derrière le pilier, le duc d'Aquitaine, portant la seconde bannière ; le duc de Normandie, portant la première bannière. Enfin, le duc de Bourgogne, premier des pairs, et comme tel portant la couronne. On ne voit pas le comte de Champagne, qui portait l'étendard de guerre (le fameux oriflamme rouge de Saint-Denis). Notons que dès cette époque, ces grands feudataires avaient disparu en tant que tels, et étaient pour le sacre représentés symboliquement par des gentilshommes pairs tardifs, puis ces fonctions furent exclusivement tenues par les princes du sang.

Louis XII se maria trois fois.

D'abord avec Sainte Jeanne de France, fille de Louis XI, roi de France, et de Charlotte de Savoie.

Jeanne et Louis étaient donc cousins issus de germains (Charles VI et Louis d'Orléans, leurs grands-pères respectifs, étant frères).

Jeanne de France est, en même temps qu'une des moins connues, une des plus pures figures de l'Histoire de France.

Laide, contrefaite, boiteuse, affligée d'une déviation de plus en plus sévère de la colonne vertébrale, Jeanne promettait d'être stérile. C'est bien ce qu'espérait son père Louis XI lorsqu'il obligea le duc d'Orléans, futur Louis XII, à l'épouser. Louis XI désirait par là favoriser l'extinction de la branche d'Orléans qu'il estimait susceptible d'être un jour dangereuse pour la branche aînée, comme l'avait été celle de Bourgogne. Et parlant du mariage de sa fille avec le duc d'Orléans, Louis XI avec le cynisme inimitable qu'on lui connaît, écrivit : "…pour ce qu'il me semble que les enfants qu'ils auront ensemble ne leur coûteront pas cher à nourrir…"

Louis n'eut pas l'élégance de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Il manifesta ouvertement et continuellement sa répugnance et son mépris pour Jeanne. De son côté, celle-ci, âme admirable dans un corps disgracié, aima profondément son mari et supporta ses affronts pendant vingt-deux ans avec une résignation et une soumission absolues.

De fait, ils n'eurent pas d'enfants.

À peine Louis XII monta-t-il sur le trône (à la mort sans enfants de son cousin Charles VIII, frère de Jeanne) qu'il entreprit de se débarrasser de la malheureuse. Il fit annuler son mariage par un tribunal ecclésiastique complaisant.

Il prétendit que son consentement avait été obtenu sous la contrainte, et à la vérité c'était bien le cas, car Louis XI l'avait même menacé de le faire jeter dans un sac à la rivière, s'il n'épousait pas sa fille. Toutefois, la question à régler était la suivante : si, bien que marié initialement sous la contrainte, il avait ensuite consommé son mariage et qui plus est, à plusieurs reprises, il avait par là montré son consentement a posteriori, ce qui était suffisant pour rendre l'union indissoluble. À noter que l'actuel comte de Paris, à qui Rome accorda une annulation honteuse, et qui a le front de prétendre de même qu'il avait épousé Marie-Thérèse de Wurtemberg sous la contrainte (il y a fort à parier qu'il ne fut pas menacé, comme Louis XII, d'être noyé), en eut cinq enfants en dix ans, ce qui prouve une abnégation héroïque, pour un mariage forcé…

Quoi qu'il en soit, Louis XII n'avait par conséquent qu'une issue. Assurer que, précisément, le mariage n'avait jamais été consommé. Jeanne se défendit avec énergie sur ce point. Elle déclara "qu'elle savait très bien qu'elle n'était ni aussi jolie ni aussi bien faite que la plupart des autres femmes", mais qu'elle n'en avait pas moins été complètement la femme de son mari, et de nombreuses fois. C'était parole contre parole. Pour trancher, le tribunal proposa à Jeanne de se livrer à un examen corporel qui prouverait qu'elle avait bien perdu sa virginité. D'une pudeur farouche, ne pouvant se résoudre à cette humiliation, elle déclara qu'elle renonçait à tout. Et Louis XII eut gain de cause.

Jeanne reçut, dérisoire compensation, le titre de duchesse de Berry. Elle se retira à Bourges. C'est là qu'elle comprit que le moment était venu d'accomplir ce qu'une voix intérieure lui avait annoncé depuis ses sept ans. Se trouvant à l'église, elle avait entendu la Sainte Vierge lui dire en son cœur : "Avant ta mort, tu fonderas une religion en mon honneur et, ce faisant, tu me feras un grand plaisir et me rendras service".

Elle fonda donc l'Ordre des Sœurs de l'Annonciade (règle approuvée par Urbain VI en 1505. L'ordre, rattaché aux franciscains, existe toujours aujourd'hui).

Elle y mourut en odeur de sainteté. On trouva sur elle après sa mort un instrument de pénitence qu'elle avait elle-même confectionné avec un morceau de bois provenant d'un luth qui lui avait été offert dans son enfance, et qu'elle avait hérissé de cinq clous et maintenu sur sa poitrine par un cercle de fer.

Elle fut béatifiée par le pape Benoît XIV en 1742, puis canonisée par le pape Pie XII en 1950. Fête le 4 février.


Quant à Louis XII, il se remaria avec la veuve de son prédécesseur, Anne de Bretagne, fille de François II, duc de Bretagne, et de Marguerite de Foix.

Il en eut :

- Claude, qui épousa François Ier, roi de France ;

- Renée, qui épousa Hercule II, duc de Modène.


Après la mort d'Anne, Louis XII se remaria enfin avec Marie d'Angleterre, fille de Henry VII, roi d'Angleterre, et d'Élisabeth d'York.

Marie était donc sœur d'Henry VIII, roi d'Angleterre.

Louis XII mourut quelques mois après son dernier mariage, et sans postérité.

Son neveu à la mode de Bretagne et gendre, François, duc d'Angoulême, lui succéda sous le nom de François Ier.

Le roi fut inhumé à Saint-Denis auprès d'Anne de Bretagne, dans un admirable mausolée, dont les impressionnants gisants représentent les cadavres dénudés des souverains, ravagés par la mort, avec tout le réalisme macabre des transis caractéristiques du tournant des XVe et XVIe siècles. On remarquera les points de suture sur le ventre enfoncé des cadavres, détail de la dernière exactitude, reproduisant l'aspect des corps après que les entrailles ont été retirées par les embaumeurs.

Le cœur d'Anne de Bretagne, lui, fut selon ses volontés envoyé à Nantes où l'on conserve toujours l'urne prévue à cet usage, ornée de cette naïve inscription :

"En ce petit vaisseau de fin or, pur et monde,
Repose un plus grand cœur que oncques dame eut au monde.
Anne fut le nom d'elle, en France deux fois reine,
Duchesse des Bretons, royale et souveraine.
"

Quant à Marie d'Angleterre, très jolie, très coquette, elle resta en France quelques mois après son veuvage, le temps de s'assurer qu'elle ne portait pas d'enfant posthume du feu roi. Elle séjourna à l'Hôtel de Cluny durant cette quarantaine qu'elle occupa agréablement à fleureter avec François Ier ; puis elle retourna en Angleterre et épousa en secondes noces Charles Brandon, duc de Suffolk, dont elle était amoureuse depuis son enfance, et avec qui elle figure sur le beau portrait, attribué à Mabuse, présenté ici.

La fille de Charles et Marie, Frances Brandon, épousa Henry Grey, marquis de Dorset, duc de Suffolk, et en eut Jeanne Grey, éphémère reine d'Angleterre et d'Irlande, the nine days Queen, qui connut un si tragique destin.