AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Philibert II le Beau, duc de Savoie

Philibert le Beau, duc de Savoie
Philibert le Beau, duc de Savoie
Philibert le Beau, duc de Savoie, par Giuseppe Lavy
Philibert le Beau, duc de Savoie
Philibert le Beau, duc de Savoie
Philibert le Beau, duc de Savoie
Philibert le Beau, duc de Savoie
Philibert le Beau, duc de Savoie


Marguerite, archiduchesse d'Autriche, duchesse de Savoie

Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, à 3 ans
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, enfant, par le Maître de Moulins
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, jeune fille, attribué à Pieter van Coninxloo
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, jeune fille, attribué à Pieter van Coninxloo
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, à l'époque de son premier mariage avec Jean, prince des Asturies
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, attribué à Pieter van Coninxloo
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, copie du portrait attribué à Pieter van Coninxloo
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, réplique d'après Anton Boys, dit Waiss
Marguerite, archiduchesse d'Autriche, duchesse de Savoie, par Giuseppe Lavy
Marguerite, archiduchesse d'Autriche, duchesse de Savoie
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, en deuil
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, en deuil, d'après Van Orley
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, en deuil, d'après Van Orley
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, en deuil, par Van Orley
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, en deuil, par Van Orley
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie
Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie, effigie en habit ducal du niveau supérieur de son tombeau, à Brou


Ensembles

Philibert le Beau et Marguerite d'Autriche, duc et duchesse de Savoie
Philibert le Beau et Marguerite d'Autriche, duc et duchesse de Savoie, médaille de Jean Marende


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Philibert II le Beau, duc de Savoie (1480-1504),
et sa femme Marguerite, archiduchesse d'Autriche (1480-1530)






Philibert le Beau était le fils de Philippe II Sans Terre, duc de Savoie, et de Marguerite de Bourbon.

Marguerite d'Autriche était la fille de l'Empereur Maximilien Ier et de Marie de Bourgogne.

Marguerite fut d'abord fiancée au futur Charles VIII, roi de France, alors dauphin. Il s'agissait de sceller une très chancelante réconciliation entre la maison de France et la maison de Bourgogne dont Marguerite était l'héritière. La princesse, âgée de trois ans (le fiancé en avait treize), fut envoyée en France pour y être élevée en future reine de France. Son éducation fut confiée à sa belle-sœur Anne de France, duchesse de Bourbon.

Hélas, grands bouleversements huit ans plus tard. Le duc de Bretagne mourut en laissant pour héritière sa fille Anne de Bretagne. Cherchant un appui pour garantir l'indépendance de son duché face aux convoitises de la France, Anne épousa par procuration Maximilien d'Autriche, propre père de Marguerite.

Voilà donc la France prise en étau par la maison d'Autriche, qui se voit désormais établie dans les pays bretons comme dans les pays bourguignons. Charles VIII ne peut l'admettre, marche sur la Bretagne, l'envahit et contraint Anne à l'épouser. Maximilien n'eut pas le temps d'y faire quoi que ce fût.

On vit ainsi annuler le mariage de Maximilien et rompre les fiançailles de Marguerite, pour permettre l'union de l'ancienne femme du père avec l'ancien fiancé de la fille…

Marguerite repartit pour les Pays-Bas, où elle acheva son éducation auprès de Madame la Grande, Marguerite d'York, duchesse de Bourgogne, seconde femme de son grand-père Charles le Téméraire.

À seize ans, elle fut cette fois envoyée en Espagne pour y épouser Jean, prince des Asturies, fils de Ferdinand et Isabelle les Catholiques, tandis que son frère Philippe le Beau épousait Jeanne la Folle, sœur de Jean.

Ce double mariage était pour l'Autriche, ulcérée du procédé de Charles VIII, une autre façon de prendre la France en étau, et cette façon-ci allait s'avérer autrement redoutable, et pour plusieurs siècles.

Marguerite partit des Pays-Bas pour l'Espagne par voie de mer, et le voyage fut fort mouvementé. Elle manqua de faire naufrage au large des côtes anglaises, et à cette occasion trouva le courage de sourire de son destin obstinément contraire en composant d'avance son épitaphe :

"Ci-gît Margot, la gente damoiselle,
Qu'eut deux maris, et qui mourut pucelle…
"

Il n'en fut rien, et elle arriva saine et sauve… Mais son bonheur conjugal fut de courte durée. Jean mourut l'année même du mariage, épuisé, selon certains chroniqueurs, par les excès amoureux que lui inspira Marguerite, dont il était fou. Ils n'avaient eu qu'une fille mort-née.

Marguerite passa encore deux années en Espagne.

Puis elle se remaria avec Philibert II, duc de Savoie, avec qui l'union fut là encore, des plus passionnées. Mais la fatalité ne se lassa pas d'accabler Marguerite, car Philibert mourut à peine trois ans plus tard, et la laissa veuve sans enfants à l'âge de vingt-quatre ans. Marguerite en fut au désespoir et ne quitta plus jamais le deuil pour le restant de ses jours - ce qui explique du reste qu'hors ses quelques portraits de jeune fille, et quelques effigies posthumes de fantaisie, on ne trouve d'elle aucun portrait sur lequel elle ne porte pas les livrées du veuvage. Elle fit bâtir le magnifique monastère de Brou pour servir de mausolée à son époux, et abriter l'admirable tombeau dans lequel elle repose avec lui. On remarquera le beau vitrail à leur double effigie, avec leurs armes respectives ; celles de Marguerite écartelées d'Autriche et Bourgogne, surmontées de la couronne archiducale, et accompagnées de sa devise "Fortune infortune fort une", assez énigmatique. Plusieurs interprétations ont été proposées, mais la plus évidente est à peu près "le sort accable fort une femme" ou, disons-le clairement, "c'est beaucoup pour la même". Tristement exact…

Ce fut le demi-frère de Philibert qui lui succéda et devint Charles III le Bon, duc de Savoie.

Marguerite passa la seconde partie de sa vie aux Pays-Bas dont elle fut gouvernante générale. C'est pour l'essentiel à son influence énergique que son neveu Charles-Quint dut son élection à la couronne impériale. De concert avec lui, elle fut jusqu'à sa mort une vigoureuse adversaire de la France dont elle avait failli être reine, et bien que d'ailleurs François Ier fût, remarquons-le, son neveu, fils de Louise de Savoie, propre sœur de Philibert.