AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Jean I<sup>er</sup>, roi du Portugal
Jean I<sup>er</sup>, roi du Portugal, effigie funéraire de son tombeau au monastère des Dominicains de Batalha
Jean I<sup>er</sup>, roi du Portugal
Philippa de Lancastre, reine du Portugal, par Simon Bening
Mariage de Jean I<sup>er</sup>, roi de Portugal, avec Philippa de Lancastre, à Porto, le 11 février 1387
Gisants de Jean I<sup>er</sup> et de Philippa de Lancastre, roi et reine du Portugal, au monastère des Dominicains de Batalha
Édouard I<sup>er</sup>, roi du Portugal
Édouard I<sup>er</sup>, roi du Portugal
Édouard I<sup>er</sup>, roi du Portugal
Édouard I<sup>er</sup>, roi du Portugal, et sa femme Éléonore d'Aragon, par Melchior Tavernier
St Vincent entouré d'Édouard I<sup>er</sup> et Éléonore d'Aragon (au fond), Alphonse V et Isabelle de Portugal (devant), et Jean II (enfant, à droite), par Nuno Goncalves
Henri le Navigateur, duc de Viseo (devant), Jean, connétable de Portugal (à gauche), Pierre, duc de Coimbra (à droite), le Bx Ferdinand de Portugal (au fond), par Nuno Goncalves
Alphonse V, roi du Portugal
Alphonse V, roi du Portugal
Alphonse V, roi du Portugal
Isabelle de Portugal, reine de Portugal
Jeanne de Castille, reine de Portugal
Jeanne de Castille, reine de Portugal
Jean II, roi du Portugal
Jean II, roi du Portugal
Jean II, roi du Portugal
Jean II, roi du Portugal
Éléonore de Portugal, reine de Portugal
Éléonore de Portugal, reine de Portugal
Éléonore de Portugal, reine de Portugal
Éléonore de Portugal, reine de Portugal
La Bienheureuse Jeanne de Portugal
La Bienheureuse Jeanne de Portugal
La Bienheureuse Jeanne de Portugal tenant l'Enfant-Jésus dans ses bras, par João-Baptista Pachini


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Jean Ier, roi du Portugal (1358-1433),
et sa femme Philippa de Lancastre (1360-1415),

puis leurs fils
Édouard Ier, roi du Portugal (1391-1438)
et sa femme Éléonore d'Aragon (1402-1445)

Pierre, duc de Coimbra (1392-1449)

Henri, duc de Viseo, dit Henri le Navigateur (1394-1460)

Jean, Connétable de Portugal (1400-1442)

Le Bienheureux Ferdinand de Portugal (1402-1443)

puis le fils d'Édouard Ier
Alphonse V, roi du Portugal (1391-1438)
et
sa première femme Isabelle de Portugal (1409-1443)
sa seconde femme Jeanne de Castille la Beltraneja (1462-1530)

puis les enfants du premier lit
Jean II, roi du Portugal (1455-1495)
et sa femme Éléonore de Portugal (1458-1525)

La Bienheureuse Jeanne de Portugal (1452-1490)






Jean Ier, roi du Portugal était le fils de Pierre le Cruel, roi de Portugal, et de Thérèse Lourenco.

Philippa de Lancastre était la fille Jean de Gand, duc de Lancastre, et de Blanche de Lancastre.

Jean Ier et Philippa eurent :

- Édouard Ier, roi du Portugal (qui suit) ;

- Pierre, duc de Coimbra, père d'Isabelle de Portugal, femme de son cousin Alphonse V, roi du Portugal (voir ci-dessous) ;

- Henri, duc de Viseo, dit Henri le Navigateur.

- Jean, connétable de Portugal, qui épousa sa "demi-nièce" Béatrice de Bragance, fille de son demi-frère Alphonse, duc de Bragance, fils naturel de Jean Ier (voir ci-dessous). De ce mariage il eut Béatrice de Portugal, duchesse de Viseo, et Isabelle de Portugal, reine de Castille ;

- Le Bienheureux Ferdinand de Portugal, qui fut capturé par les Maures lors d'une tentative d'invasion de Tanger. Pour prix de sa liberté, les Maures exigèrent la remise de Ceuta conquise par le Portugal quelques années plus tôt. Cette alternative terrible fut beaucoup discutée au Portugal, et les négociations s'éternisèrent. Pendant ce temps, Ferdinand, loin d'être traité comme un prisonnier de marque, était réduit à la condition d'esclave, chargé des plus dures besognes, les chaînes aux pieds. Il accepta son sort avec une patience et une résignation qui firent l'admiration de ses geôliers eux-mêmes. Épuisé, il mourut en captivité à Fez. Le gouverneur de la ville fit suspendre son corps aux murailles de la ville. Ferdinand fut béatifié par le pape Paul II en 1470 (Fête le 5 juin) ;

- Isabelle, qui épousa Philippe le Bon, duc de Bourgogne.


Précisons en outre que Jean Ier eut de sa maîtresse, Inès Perez, un fils naturel :

- Alphonse, duc de Bragance, d'où est issue la maison de Bragance, qui devait parvenir au trône de Portugal ultérieurement.



Édouard Ier épousa Éléonore d'Aragon, fille de Ferdinand Ier, roi d'Aragon, et d'Éléonore d'Albuquerque.

D'où essentiellement :

- Alphonse V, roi du Portugal ;

- Ferdinand, duc de Viseo ;

- Éléonore, qui épousa l'Empereur Frédéric III.

Alphonse V épousa d'abord Isabelle de Portugal, fille de Pierre, duc de Coimbra, frère d'Édouard Ier.

D'où :

- Jean II, roi du Portugal ;

- La Bienheureuse Jeanne de Portugal, qui fut un temps régente du Portugal pendant les guerres qui menèrent son père et son frère sur les côtes marocaines, et fut demandée en mariage par l'Empereur Maximilien Ier, Charles VIII, roi de France, et Richard III, roi d'Angleterre, couronnes auxquels elle préféra les sévères austérités de la vie religieuse ; elle mourut au couvent des dominicaines d'Aveiro, et fut béatifiée par le pape Innocent XII en 1693 (Fête le 12 mai).


Alphonse V se remaria ensuite avec sa nièce Jeanne la Beltraneja, fille de Henri IV, roi de Castille, et de Jeanne de Portugal (une sœur d'Alphonse V). Sans postérité.

Jean II épousa sa cousine germaine (par son père) et issue de germaine (par sa mère) Éléonore de Portugal, fille de Ferdinand, duc de Viseo, et de Béatrice de Portugal.

Il n'en eut qu'un fils mort jeune.

C'est donc son beau-frère, cousin germain et issu de germain, Manuel (fils de Ferdinand, duc de Viseo) qui lui succéda sous le nom de Manuel Ier, roi du Portugal.


Il convient à présent de s'arrêter sur le problème du "Retable de Saint Vincent" de Nuno Goncalves. L'identification des personnages est l'objet de diverses hypothèses, mais il faut se résoudre à admettre la seule qui présente réellement une vraisemblance et une cohérence satisfaisantes.

Or, cette hypothèse-là exige la remise en cause d'une vision tellement ancrée dans l'esprit en raison d'une séculaire erreur d'identification, qu'il n'est pas facile de l'admettre, en dépit de l'évidence.

Car il faut renoncer à l'image traditionnelle de Henri le Navigateur, avec sa moustache et son chaperon bourguignon, qu'on a cru reconnaître dans le personnage à droite de saint Vincent.

Ce personnage est en réalité le roi Édouard Ier en personne. En regard, sa femme, la reine Éléonore d'Aragon. Le roi Alphonse V est à genoux devant saint Vincent, avec en regard, à genoux également, sa femme la reine Isabelle de Portugal. Enfin, l'adolescent sur la droite est le petit-fils et fils des précédents, le futur roi Jean II.

Très logiquement, ce panneau ne représente ainsi que des rois et reines de Portugal, par couple, sur trois générations.

Très logiquement aussi, les infants, frères d'Édouard Ier, sont réunis sur un autre panneau. Au fond, casqué, les cheveux longs et négligés, barbu, le visage émacié, autant d'allusions à sa triste destinée, l'infortuné Ferdinand. A gauche, portant ostensiblement son épée devant lui, appuyée sur l'épaule, allusion à l'emblème de l'Ordre de Santiago, dont il était grand-maître, Jean, duc de Beja. A droite, la poitrine barrée d'une ceinture et d'une boucle, allusion à l'emblème de l'Ordre de la Jarretière dont il était membre, Pierre, duc de Coimbra. Enfin, devant, portant autour du cou la croix pattée, emblème de l'Ordre du Christ dont il était grand-maître, et également sur la hanche, à gauche, une ceinture et une boucle (ici défaite), allusion à l'emblème de l'Ordre de la Jarretière dont il était membre lui aussi, Henri le Navigateur, duc de Viseo.

Concernant Henri, il existe en outre toute une interprétation symbolique sur sa croix de l'Ordre du Christ qui semble brisée dans sa partie supérieure, et sa ceinture de l'Ordre de la Jarretière dénouée et pendante. Il s'agirait d'une allusion péjorative et dénigrante au fait que Henri ait pris le parti du duc de Bragance contre ses frères Pierre et Jean lors du conflit qui aboutit à la bataille d'Alfarrobeira en 1449. Pourquoi pas.

Henri est le plus âgé des quatre, car les effigies de ses trois frères sont posthumes, ils étaient tous morts lorsque le panneau fut peint. Seul Henri, encore vivant, et qui vécut le plus vieux, est représenté tel qu'il était réellement à cette époque. On remarquera d'ailleurs que Ferdinand et Jean moururent à quarante ans, Pierre à cinquante-sept ans, et Henri à soixante-six… Les quatre portraits respectent très exactement ces différences d'âge.

Qu'on tourne le problème comme on voudra, aucune autre hypothèse ne s'impose vraiment avec autant de clarté… Mais il faut certes exercer un certain effort sur ses habitudes pour accepter de voir Henri le Navigateur sous ce nouveau visage, et le roi Édouard Ier sous le visage si longtemps associé à son frère…


Pour conclure, une étude plus que monumentale sur ce sujet, en portugais, se trouve ici : Retable de Saint Vincent.


Elle n'évite pas toujours l'écueil du délire interprétatif dans lequel tombent trop souvent les analyses de ce genre, qui trouvent des explications très construites au fait que l'angle formé par le doigt du personnage de gauche et la ligne de sourcil du personnage de droite mesure 42 degrés, allusion au fait que la cousine du personnage du milieu soit morte à 21 ans, soit la moitié de 42. Mais cela dit, bien qu'il y ait donc à prendre et à laisser, cette étude est passionnante.