AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Charles le Téméraire, duc de Bourgogne

Charles le Téméraire, comte de Charolais, futur duc de Bourgogne, derrière son père Philippe le Bon, dessin du recueil d'Arras
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, d'après Van der Weyden
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, par Van der Weyden
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, miniature du "Livre des Statuts de la Toison d'Or"
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, par Rubens
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, par Jan Sanders van Hemessen
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, gravure d'après Decaisne
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, tenant une relique de saint Lambert, accompagné de son patron de chevalerie saint Georges
La découverte du corps de Charles le Téméraire après la bataille de Nancy, par Charles Houry (1852)
La découverte du corps de Charles le Téméraire après la bataille de Nancy, par Roger (1837)


Catherine de France, comtesse de Charolais

Catherine de France, comtesse de Charolais
Catherine de France, comtesse de Charolais, miniature des "Chroniques" de Monstrelet
Catherine de France, comtesse de Charolais, gravure d'après la miniature précédente


Isabelle de Bourbon, duchesse de Bourgogne

Isabelle de Bourbon, duchesse de Bourgogne
Gisant d'Isabelle de Bourbon, duchesse de Bourgogne, dans la cathédrale d'Anvers


Marguerite d'York, duchesse de Bourgogne

Marguerite d'York, duchesse de Bourgogne
Marguerite d'York, duchesse de Bourgogne
Marguerite d'York, duchesse de Bourgogne, gravure d'après le portrait précédent
Couronne de Marguerite d'York, duchesse de Bourgogne (vers 1470)


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Charles le Téméraire, duc de Bourgogne (1433-1477),
et
sa première femme Catherine de France (1428-1446)
sa seconde femme Isabelle de Bourbon (1437-1465)
sa troisième femme Marguerite d'York (1446-1503)





Charles le Téméraire enfant avec ses parents : ICI.


Charles le Téméraire, duc de Bourgogne était le fils de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et d'Isabelle de Portugal.

Très proche de sa mère, Charles faisait le plus grand cas de son ascendance du côté portugais.

Sur le beau dessin du recueil d'Arras qui représente Philippe le Bon et Charles le Téméraire, on peut d'ailleurs constater à quel point le père et le fils se ressemblaient peu. Philippe, avec son visage creux, son grand nez, son menton fuyant, son long cou et ses cheveux plats, est un pur Valois. Charles, visage plein, pommettes hautes, peau mate, cheveux noirs bouclés, encolure courte, corps musculeux, est tout méditerranéen (à un détail près, ses yeux bleus, qui peuvent témoigner qu'il est pourtant bien du sang de France). Les chroniqueurs ont même rapporté qu'il lui arrivait de dire : "Nous autres portugais…". Isabelle de Portugal avait tenu à l'allaiter elle-même, se souvenant que son père le roi Jean Ier lui avait dit, lorsqu'elle quitta Lisbonne, qu'elle ne garderait que le fils qu'elle nourrirait de son propre lait. Elle n'écouta pas le conseil et perdit ses deux premiers fils. Elle n'eut garde de l'oublier lorsque le troisième naquit, et la prédiction se vérifia… La vénération de Charles pour sa mère eut encore ceci pour conséquence, qu'il souffrit énormément des infidélités incessantes de son père. Et de fait il fut toujours, pour sa part et en réaction, un époux exemplaire. Du reste, "il avait si peu de goût pour la compagnie des femmes que ce fut même un sujet de calomnie contre lui", rapporte Prosper de Barante dans son imposante Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois.

Toute sa vie ne fut qu'une guerre continuelle destinée à réaliser son rêve de reconstituer l'ancien royaume de Bourgogne ; il fut d'ailleurs à l'instant d'être reconnu roi par l'Empereur Frédéric III, qui ne se déroba à cet engagement qu'au dernier moment. Cette quête éperdue se solda finalement par sa mort tragique devant Nancy, où l'on retrouva son corps nu, pris dans la glace et à moitié dévoré par les loups le lendemain de la bataille (5 janvier 1477). Les tableaux d'Eugène Roger (1837) et de Charles Houry (1858) reconstituent la scène de la découverte du corps de Charles, épisode raconté par Barante : "Une pauvre blanchisseuse de la maison du duc s'était comme les autres mise à cette triste recherche ; elle aperçut briller la pierre d'un anneau au doigt d'un cadavre dont on ne voyait pas la face. Elle avança et retourna le corps. Ah ! Mon prince ! s'écria-t-elle. On y courut…" Cruel épilogue de la destinée de celui qui avait lancé la phrase superbe (reprise plus tard par Guillaume le Taciturne) qui le peint tout entier : "Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer". Hélas, une telle ligne de conduite pouvait difficilement le mener ailleurs que tout droit à sa ruine. Quel avenir n'eût connu la Bourgogne, s'il eût su être plus prudent ! Mais, quos Jupiter vult perdere…


Charles, n'étant encore que comte de Charolais, fut marié à Catherine de France, fille de Charles VII, roi de France, et de Marie d'Anjou.

Le marié avait sept ans et la mariée douze. Catherine mourut six ans plus tard et, on s'en doute, Charles n'eut pas le temps d'en avoir postérité.


Charles se remaria avec Isabelle de Bourbon, fille de Charles Ier, duc de Bourbon, et d'Agnès de Bourgogne (sœur de Philippe le Bon).

Charles et Isabelle étaient donc cousins germains.

Ils eurent :

- Marie, duchesse de Bourgogne, qui épousa l'Empereur Maximilien Ier.


Veuf de nouveau, Charles se remaria encore avec Marguerite d'York, fille de Richard, duc d'York, et de Cécile Neville.

Il n'en eut pas d'enfants.


Après la bataille de Nancy, son adversaire René II, duc de Lorraine, fit fort loyalement rendre les honneurs funèbres au duc de Bourgogne. "Le dit Duc moult honnêtement fut lavé, il estoit blanc comme neige, petit, et fort bien membré… Un oreiller de soie dessous sa tête, les mains jointes, la croix et l'eau benoiste auprès de lui".

Un beau tombeau lui fut élevé dans la collégiale Saint-Georges de Nancy. Le corps de Charles y resta jusqu'en 1550. À cette date, ses arrière-petits-enfants, Charles-Quint et sa sœur Marie, reine de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas, écrivirent une lettre commune à leur nièce Christine de Danemark, duchesse régente de Lorraine, "pour recouvrer le corps de feu nostre ayeul de bonne mémoire, le duc Charles de Bourgoigne".

Le corps fut alors transféré dans l'église Notre-Dame de Bruges, où le fils de Charles-Quint, Philippe II, lui fit élever un tombeau auprès de celui de Marie de Bourgogne, et renfermant l'inscription suivante :

"Cy gist très hault, très puissant, et magnanime prince
Charles, duc de Bourgogne,
duc de Brabant, duc de Lothier, duc de Limbourg, duc de Luxembourg, duc de Gueldre, duc de Goërlitz, marquis d'Anvers, comte palatin de Bourgogne, comte de Charolais, comte d'Artois, comte de Flandres, comte d'Auvergne, comte de Hollande, comte de Zélande, comte d'Ostrevant, comte de Boulogne, comte d'Auxerre, comte d'Auxonne, comte de Gien, comte de Louvain, comte de Saint-Pôl, comte de Ligny, comte de Namur, comte de Hainaut, comte de Mâcon, comte de Vermandois, comte de Ponthieu,
landgrave de Basse-Alsace, seigneur de Fleurines, seigneur de Salins, etc.
lequel estant grandement doué de force, constance et magnanimité,
prospéra long temps en haultes entreprinses, batailles et victoires,
tant à Montlhéry, en Normandie, en Artois, à Lièges que aultre part,
iusque à ce que Fortune, luy tournant le dos,
l'oppressa la Nuit des Rois 1477 devant Nancy"


Les tombeaux de Charles et de Marie furent profanés pendant la Révolution (qui ne se contenta pas, on le voit, d'exercer ses abominations seulement sur le sol français), mais les corps furent retrouvés ensuite et renfermés dans leurs sépultures jusqu'aujourd'hui. Celui de Marie de Bourgogne renferme en outre une petite urne contenant le cœur de son fils Philippe le Beau, archiduc d'Autriche, roi-consort de Castille.

Le portrait de Rubens fut peint naturellement bien après la mort de Charles, en pendant à celui de son gendre l'Empereur Maximilien, ICI.