AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Maximilien I<sup>er</sup>, par Bernard Strigel
Maximilien I<sup>er</sup>, par Bernard Strigel
Maximilien I<sup>er</sup>, par Bernard Strigel
Maximilien I<sup>er</sup>, par Bernard Striegel
Maximilien I<sup>er</sup>, par Anton Boys, dit Waiss
Maximilien I<sup>er</sup>, par le Maître de la Vie de Marie
Maximilien I<sup>er</sup>, par Bernard Striegel
Maximilien I<sup>er</sup>, par Ambrogio da Predis
Maximilien I<sup>er</sup>, d'après Ambrogio da Predis
Maximilien I<sup>er</sup>, détail de la "Fête du Rosaire", de Dürer
Maximilien I<sup>er</sup>, par Rubens
Maximilien I<sup>er</sup>, par Giovanni Fontana, fresque de la "Salle Espagnole" du château d'Ambras, à Innsbruck
Maximilien I<sup>er</sup>, par Angelo Guiducci
Maximilien Ier
Maximilien Ier
Maximilien I<sup>er</sup>, miniature ornant les "Lobgedichte" de Johannes-Michael Nagonius, par Gérard David ou Horenbout
Maximilien I<sup>er</sup>, miniature du "Livre des Statuts de la Toison d'Or", offert par sa fille Marguerite d'Autriche à son neveu Charles-Quint
Maximilien I<sup>er</sup>, d'après Dürer
Maximilien I<sup>er</sup>, en grand-maître de l" Ordre de la Toison d'Or
Maximilien Ier
Statue de Maximilien I<sup>er</sup>, au "Maximilianeum" d'Innsbruck
Statue funéraire de Maximilien I<sup>er</sup>, par Alexander Colin, à Innsbruck
Maximilien I<sup>er</sup>, sur son lit de mort
Maximilien I<sup>er</sup>, sur son lit de mort
Maximilien I<sup>er</sup>, Marie de Bourgogne, leur fils Philippe le Beau, leurs petits-fils Charles-Quint et Maximilien, leur fils adoptif et gendre Louis de Hongrie, par Bernard Striegel
Maximilien Ier
Marie de Bourgogne
Maximilien I<sup>er</sup> et Marie de Bourgogne, médaille commémorative du 450<sup>e</sup> anniversaire de la mort de Maximilien (1969)
Marie de Bourgogne lisant (et en orante à l'arrière plan), miniature de son Livre d'Heures, vers 1478
Marie de Bourgogne en sainte Marie-Madeleine
Marie de Bourgogne en sainte Marie-Madeleine
Marie de Bourgogne avec son faucon de chasse
Marie de Bourgogne, par Niklas Reiser
Marie de Bourgogne, par Pacher
Marie de Bourgogne
Marie de Bourgogne, par Anton Boys dit Waiss
Marie de Bourgogne, attribué à Niklas Reiser
Marie de Bourgogne
Marie de Bourgogne
Marie de Bourgogne chassant au faucon, entourée des blasons de ses possessions héréditaires
Marie de Bourgogne, statue du tombeau de l'Empereur Maximilien I<sup>er</sup>, à Innsbruck
Marie de Bourgogne, statue du tombeau de l'Empereur Maximilien I<sup>er</sup>, à Innsbruck
Marie de Bourgogne en 1477, médaille de Jean de Candida
Marie de Bourgogne, d'après la médaille de Jean de Candida
Tombeau de Marie de Bourgogne, en l'église Notre-Dame de Bruges
Squelette de Marie de Bourgogne, retrouvé dans son cercueil lors de la réfection de son tombeau vers 1980
Maximilien I<sup>er</sup> et Marie de Bourgogne
Mariage de Maximilien I<sup>er</sup> et de Marie de Bourgogne
Mariage de Maximilien I<sup>er</sup> et de Marie de Bourgogne
Maximilien I<sup>er</sup> entre Marie de Bourgogne (à droite) et Blanche-Marie Sforza (à gauche)
Maximilien I<sup>er</sup> et Marie de Bourgogne, cheminée du "Franc" de Bruges
Maximilien I<sup>er</sup> et Marie de Bourgogne dans un jardin, illustration du "Weisskunig"
Maximilien I<sup>er</sup> et Marie de Bourgogne
Maximilien I<sup>er</sup> et Marie de Bourgogne
Marie de Bourgogne, vitrail de Willem Thibaut, au Lakenhal de Leyde (1587)
Marie de Bourgogne entre sa belle-fille Jeanne de Castille et sa fille Marguerite d'Autriche
Le mariage de Maximilien d'Autriche et de Marie de Bourgogne, par Jordaens
Maximilien I<sup>er</sup>, Blanche-Marie Sforza, Marie de Bourgogne
Maximilien I<sup>er</sup> entre un bouffon et un conseiller
Maximilien I<sup>er</sup> et Blanche-Marie Sforza
Blanche-Marie Sforza, atelier d'Ambrogio da Predis
Blanche-Marie Sforza, d'après Ambrogio da Predis
Blanche-Marie Sforza
Blanche-Marie Sforza, par Anton Boys dit Waiss
Blanche-Marie Sforza, par Bernard Striegel
Blanche-Marie Sforza, d'après Bernard Striegel
Blanche-Marie Sforza, impératrice d'Allemagne
Blanche-Marie Sforza, statue du tombeau de Maximilien I<sup>er</sup>, à Innsbruck
Blanche-Marie Sforza, statue du tombeau de Maximilien I<sup>er</sup>, à Innsbruck
Blanche-Marie Sforza, impératrice des Romains
Maximilien I<sup>er</sup> et Blanche-Marie Sforza avec la Sainte-Famille


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Maximilien Ier, Empereur des Romains (1459-1519),
et
sa première femme Marie de Bourgogne (1457-1482),
sa seconde femme Blanche-Marie Sforza (1472-1510)






Maximilien enfant, prenant son premier bain, et avec sa mère : ICI.


Maximilien d'Autriche était le fils de Frédéric III et d'Éléonore de Portugal.

Marie de Bourgogne était la fille de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, et d'Isabelle de Bourbon.

Notons que Marie étant morte avant que Maximilien ne succède à son père, elle ne fut pas impératrice.

Elle fut tenue sur les fonts par son cousin le dauphin de France, futur Louis XI, réfugié à la Cour de Bourgogne pendant ses démêlés avec son père Charles VII. C'est justement ce royal parrain qui désira qu'elle soit prénommée Marie, en souvenir de sa propre mère Marie d'Anjou. Tout ceci, comme on sait, n'empêcha d'ailleurs nullement Louis XI de dépouiller sa filleule du duché de Bourgogne vingt ans plus tard.

Notons encore que Maximilien et Marie étaient cousins issus de germains : en effet, Charles le Téméraire et Éléonore de Portugal étaient cousins germains, respectivement fils et fille d'Isabelle de Portugal et du roi Édouard Ier, qui étaient frère et sœur.

Maximilien et Marie étaient unis par un amour passionné. A 25 ans, au cours d'une chasse au faucon, dans la forêt de Wijnendale, à quelques lieues de Bruges, le cheval de Marie, lancé au grand galop, se cabra devant un arbre couché en travers du chemin. Marie fut précipitée à terre, et écrasée par sa monture qui s'abattit sur elle. Ramenée mourante au Prinsenhof, la résidence impériale à Bruges, elle y expira quelques jours plus tard, dans d'atroces souffrances, ayant eu les poignets retournés à 180 degrés et la cage thoracique enfoncée. Elle n'en prit pas moins la peine de dicter ses dernières volontés dans le plus grand détail, et réunissant son mari et ses enfants, leur fit jurer de ne jamais abandonner un pouce des possessions de son père vénéré, Charles le Téméraire. Elle fut inhumée dans l'église Notre-Dame de Bruges (on remarquera son effigie funéraire par Borman et Van Thienen), où le corps de son père fut transféré près d'elle ultérieurement.

Maximilien ne se remit jamais de la mort de Marie, et déclara : "Nie, so lange ich lebe, werde ich dieses Weib vergessen" ("Jamais, aussi longtemps que je puisse vivre, je n'oublierai cette femme"). Dans son testament, s'il demandait à être enterré dans la chapelle Saint-Georges de la Hofburg de Wiener-Neustadt, il ordonnait d'autre part que son c ?ur soit porté à Bruges et déposé dans le sarcophage de Marie.

Maximilien et Marie eurent le temps de donner le jour à deux enfants (outre François, né et mort la même année) :

- Philippe le Beau ;

- Marguerite, qui épousa Jean, prince des Asturies, puis Philibert le Beau, duc de Savoie.


Maximilien se remaria douze ans plus tard, pour de pures raisons politiques, avec la fantasque Blanche-Marie Sforza, fille de Galéas-Marie Sforza, duc de Milan, et de Bonne de Savoie.

Elle-même avait été précédemment mariée, âgée de deux ans (oui…), à son cousin Philibert Ier, duc de Savoie, qui en avait neuf. Il était mort à dix-sept ans et l'avait laissée veuve à… dix ans.

Maximilien et Blanche-Marie n'eurent pas d'enfants, et vécurent presque toujours séparés.



Le portrait de Maximilien par Rubens, naturellement peint bien après la mort de Maximilien, constitue le pendant de celui de son beau-père Charles le Téméraire, ICI.

On remarquera les deux versions du portrait mortuaire de Maximilien, d'un réalisme absolument effrayant.

La statue funéraire de Maximilien se trouve dans l'église de la Cour ("Hofkirche") à Innsbruck. Un extraordinaire tombeau avait été commandé, montrant Maximilien entouré de membres de sa famille, et de ses ancêtres selon la chair ou selon l'esprit, représentés plus grands que nature. Les dessins en furent fournis entre autres, par Dürer et Amberger. Un total de quatre-vingt statues était prévu, mais, bien qu'on ait continué à y travailler bien longtemps après sa mort, seules vingt-huit furent livrées. En outre, Maximilien ne fut finalement pas même inhumé à Innsbruck, mais à Wiener-Neustadt. Tel qu'il est, le tombeau n'en reste pas moins l'un des monuments les plus grandioses qui soit au monde, et dans ce genre, sans rien qui lui soit comparable.

Le portrait de famille, par Striegel, représente Maximilien, à gauche, et Marie (figurée de façon posthume) à droite. Derrière elle, leur fils Philippe le Beau. Les trois jeunes garçons au premier plan sont, de gauche à droite, leurs petits-fils, fils de Philippe le Beau, le futur Ferdinand Ier et le futur Charles-Quint, et le fils adoptif de Maximilien, le futur Louis II de Hongrie (qui épousera Marie, sœur des précédents, tandis que sa sœur Anne Jagellon épousera Ferdinand Ier). Les inscriptions sur le tableau identifient chaque membre de la famille impériale à un membre de la famille terrestre de Jésus-Christ (Maximilien est désigné sous le nom de Cléophas, frère de saint Joseph, Marie sous le nom de sa femme Marie de Cléophas, sœur de la Vierge, etc.). Une idée pour le moins étrange. Mais au fond, le plus étrange en tout ceci reste le fait que le peintre n'ayant pas de portrait de Marie de Bourgogne sous la main lorsqu'il peignit ce tableau, il la peignit tout simplement avec les traits de la nouvelle épouse de Maximilien, Blanche-Marie Sforza, dont on reconnaît parfaitement les gros yeux et l'expression un peu sotte…

Marie sur les portraits suivants est également figurée sous le costume de sainte Marie-Madeleine, avec son vase de parfum, puis en costume de chasse, son faucon sur la main, la jeune femme étant une intrépide adepte de la chasse au faucon, ce qui devait lui coûter la vie.

La gravure représentant Maximilien et Marie dans un jardin d'amour, symbolisant leur affection réciproque, illustrait le Weisskunig, ouvrage poétique et autobiographique, resté inachevé, dans lequel Maximilien Ier avait entrepris de raconter sa jeunesse. Le passage auquel cette illustration se rapporte mérite bien d'être transcrit, car il n'existe peut-être aucun exemple si bouleversant d'un tel chant d'amour, écrit de la main d'un souverain aussi illustre que Maximilien, pour une épouse adorée.

"Lui, Maximilien, est emmitouflé dans une grande robe royale, couronné de lauriers. Elle, Marie, est coiffée du hennin en beaupré, avec des manches longues et étroites laissant pointer tout juste le bout des doigts. Et ces deux amoureux, parmi les fleurs, que font-ils ? Ils s'enseignent mutuellement leur langage maternel. Elle lui apprend la langue bourguignonne ; il lui apprend le vieil allemand. Et le paysage autour d'eux, et la jeunesse de leurs cœurs en eux-même, leurs fournissent les thèmes des mots à dire et à traduire, avec ceux aussi qu'aucune langue humaine n'a jamais su exprimer, ni n'exprimera jamais…".

Le fastueux tableau de Jordaens représentant le mariage de Maximilien et de Marie ornait le plus imposant des arcs de triomphe dressés sur le parcours de leur arrière-arrière-arrière-petit-fils, le "Cardinal-Infant", lors de son entrée solennelle à Anvers pour prendre possession des Pays-Bas espagnols dont il venait d'être fait gouverneur général. Ce tableau aujourd'hui conservé à Sainte-Savine, en Champagne, n'a retrouvé son titre que récemment, les Monuments Historiques l'ayant jusque-là inventorié comme une "Rencontre de Didon et Énée", énormité qu'on a peine à concevoir tant le véritable sujet saute aux yeux. Il est heureux que le "Sacre de Napoléon" de David n'ait pas été répertorié par les mêmes brillants spécialistes comme une "Rencontre de César et Cléopâtre"… Passons. Jordaens a figuré l'Empereur Frédéric III derrière son fils et de façon posthume, Charles le Téméraire donnant le bras à sa fille. Cybèle et le petit Hyménée sont le gage de la félicité et de la fécondité de cette union.

On remarquera enfin les deux hauts-reliefs représentant Maximilien entouré de son bouffon et d'un de de ses conseillers, d'une part, et d'autre part accompagné de Blanche-Marie Sforza (cheveux longs) et de Marie de Bourgogne (en hennin). Ils ornent la tribune du "Goldenes Dachl" d'Innsbruck (qui doit son nom à son toit de 2600 tuiles de cuivre recouvert d'or), depuis laquelle l'Empereur assistait aux tournois et spectacles qui se déroulaient sur la place attenante. Les autres parties du balcon sont ornées de jongleurs exécutant des danses mauresques, auxquelles l'Empereur est censé assister. Blanche-Marie Sforza tient à la main une balle d'or, prix qu'elle remettra au meilleur danseur.