AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Philippe le Beau, archiduc d'Autriche, roi de Castille

Philippe le Beau, enfant, par Pieter van Coninxloo
Philippe le Beau, enfant, par le Maître de la Légende de Sainte-Madeleine
Philippe le Beau, adolescent, par le Maître de la Légende de Sainte-Madeleine
Philippe le Beau, à 21 ans, en 1499, par Hans Burgkmair
Philippe le Beau, d'après le Maître de la Légende de Sainte Madeleine
Philippe le Beau
Philippe le Beau
Philippe le Beau
Philippe le Beau
Philippe le Beau, par le Maître de la Légende de Saint Joseph
Philippe le Beau, avec ses armes écartelées d'Autriche et de Bourgogne, en 1506
Philippe le Beau
Philippe le Beau
Philippe le Beau, statue du tombeau de son père l'Empereur Maximilien I<sup>er</sup>, à Innsbruck
Philippe le Beau, statue du tombeau de son père l'Empereur Maximilien I<sup>er</sup>, à Innsbruck
Berceau de Philippe le Beau, au musée de Bruxelles


Jeanne la Folle, reine de Castille et d'Aragon, archiduchesse d'Autriche

Jeanne la Folle, par Juan de Flandes
Jeanne la Folle
Jeanne la Folle, atelier du Maître de La Légende de Sainte Madeleine
Jeanne la Folle
Jeanne la Folle
Jeanne la Folle avec son patron saint Jean l'Évangéliste
Jeanne la Folle
Jeanne la Folle
Jeanne la Folle, statue du tombeau de son beau-père l'Empereur Maximilien I<sup>er</sup>, à Innsbruck
Effigie funéraire de Jeanne la Folle, par Bartholomé Ordonez, chapelle royale de Grenade


Pendants et Ensembles

Philippe le Beau, par Juan de Flandes
Jeanne la Folle, au moment de son mariage, par Juan de Flandes
Philippe le Beau et Jeanne la Folle, par le Maître de la Légende de Saint Joseph
Philippe le Beau et Jeanne la Folle
Philippe le Beau, par Anton Boys dit Waiss
Jeanne la Folle, par Anton Boys dit Waiss
Philippe le Beau, par Colijn de Coter
Jeanne la Folle, par Colijn de Coter
Philippe le Beau et Jeanne la Folle recevant l'hommage d'un ouvrage de Pedro Marcuello
Tombeau de Philippe le Beau et Jeanne la Folle, par Bartholomé Ordonez, chapelle royale de Grenade
Tombeau de Philippe le Beau et Jeanne la Folle, par Bartholomé Ordonez, chapelle royale de Grenade
Relevé du gisant de Philippe le Beau
Relevé du gisant de Jeanne la Folle


Les enfants de Philippe et Jeanne

Les enfants de Philippe et Jeanne


Tableaux romantiques

Jeanne la Folle caressant le cadavre de son mari Philippe le Beau, par Louis Gallait (1859)
Jeanne la Folle attendant la résurrection de son mari Philippe le Beau, par Steuben (1837)
Jeanne la Folle s'opposant à l'inhumation de son mari Philippe le Beau, par Lorenzo Valles (1866)
Jeanne la Folle voyageant avec le cercueil de Philippe le Beau, par Pradilla y Ortiz (1877)
Jeanne la Folle recluse à Tordesillas, par Pradilla y Ortiz (1906)


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Philippe le Beau, archiduc d'Autriche, duc titulaire de Bourgogne, duc de Brabant, comte de Flandres, etc., roi-consort de Castille et de Léon (1478-1506),
et sa femme Jeanne la Folle, reine de Castille et de Léon, d'Aragon, de Galice, de Navarre, de Grenade, de Naples, etc., archiduchesse d'Autriche, duchesse titulaire de Bourgogne, etc. (1479-1555)






Philippe le Beau avec ses deux fils Charles-Quint et Ferdinand Ier, et ses parents Maximilien d'Autriche et Marie de Bourgogne : ICI.

Jeanne la Folle avec ses parents Ferdinand et Isabelle : ICI.


Philippe le Beau était le fils de l'Empereur Maximilien Ier et de Marie de Bourgogne.

Jeanne la Folle était la fille de Ferdinand, roi d'Aragon, et d'Isabelle, reine de Castille, dits les Rois Catholiques.

Philippe était héritier des immenses possessions bourguignonnes par sa mère, et en dépit de la spoliation de Louis XI, véritable duc de Bourgogne, dans la mesure où ce fief ne devait éventuellement faire retour à la couronne de France qu'en cas de défaut d'héritier, et non en cas de défaut d'héritier mâle - quoi qu'en disent encore aujourd'hui les zélés défenseurs de l'annexion de 1477. Marie de Bourgogne devait donc hériter du duché et le transmettre à son fils. On ne peut se défendre d'une grande émotion en contemplant le berceau de Philippe, dont les délicates peintures hélas bien mal conservées, portent, avec celles d'Autriche, les armes de cette Bourgogne arrachée à sa mère. Au bas du berceau, on aperçoit d'autres symboles bourguignons : les briquets de l'Ordre de la Toison d'Or et les bâtons formant la Croix de Saint-André.

Philippe devint en outre roi consort de Castille et de Léon lorsque sa femme Jeanne hérita de cette couronne à la mort de sa mère Isabelle la Catholique. Mais il mourut peu après, et ne fut donc pas roi consort d'Aragon et des autres royaumes dont Jeanne hérita ultérieurement de son père Ferdinand le Catholique.

Il est frappant, au passage, de constater que Philippe avait hérité de sa mère deux traits physiques caractéristiques : la petite bouche à la lèvre inférieure dédaigneuse (vouée à un grand avenir chez les Habsbourg), et les yeux un peu battus, que Maximilien, tout sous le charme qu'il fût, avait très bien remarqués chez sa fiancée en écrivant dès après leur première entrevue qu'elle avait les paupières comme après un sommeil

Quant à Jeanne, elle frappait ses contemporains par son extraordinaire ressemblance avec sa grand-mère Jeanne Enriquez, mère de Ferdinand le Catholique. Isabelle la Catholique l'avait surnommée par plaisanterie "la suegra" (la belle-mère) !

Un très léger doute subsiste quant à savoir si Jeanne est bien le modèle des portraits de Juan de Flandes. Bien sûr, l'un forme pendant avec le portrait de Philippe, sur lequel ne pèse aucune incertitude - mais le montage en pendants peut avoir été fait ultérieurement. Et ces effigies s'écartent un peu des autres portraits de la reine, qui tous la montrent beaucoup plus brune, et d'un visage plus aigu. Les traits ne présentent pas toutefois de vraie incompatibilité, notamment dans ces étranges yeux presque bridés assez caractéristiques, et il est certain qu'on retrouve sur ces portraits, et de façon fort nette, bien qu'adoucie, les visages un peu bouffis et les physionomies un peu épaisses d'Isabelle et Ferdinand, ce qui tend à confirmer l'identification. D'autant que ce sont des portraits de jeunesse, et que le physique de Jeanne peut avoir évolué ultérieurement.

Sur les deux somptueux portraits en pied du Maître de la Légende de saint Joseph, on remarquera que la cotte d'armes de Philippe et le manteau de Jeanne sont brodés des blasons de ces surabondants territoires bourguignons et espagnols que le mariage des deux héritiers unissait pour préparer à leur fils Charles-Quint le fameux "empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais". Les deux jeunes gens sont représentés dans le parc du palais du Coudenberg, somptueuse résidence des ducs de Bourgogne (hélas disparue dans un incendie au XVIIIe siècle) aux portes de Bruxelles, dont on aperçoit d'ailleurs les remparts en arrière-plan.

Passionnément éprise de son mari, Jeanne eut d'abord à souffrir des infidélités de Philippe, donnant lieu à des scènes dont la violence était sans doute l'annonce des troubles mentaux futurs. En effet, lorsque Philippe mourut, la douleur de Jeanne la fit définitivement basculer dans la folie.

Elle refusa d'abord de faire enterrer le corps de son mari, et veilla auprès du cadavre plusieurs jours en attendant sa résurrection. La scène est ici illustrée par le magistral tableau de Lorenzo Valdes (second prix, bien mérité, à l'Exposition nationale espagnole de 1866), où l'on voit la reine hagarde chasser d'un geste de la main les dignitaires et prélats tentant respectueusement, et en vain, de la raisonner.

Puis, comme Philippe était mort à Burgos, Jeanne finit par saisir le prétexte d'accompagner le transfert du corps à Grenade. Elle ne quitta pas le cercueil un seul instant, le cortège devant voyager toujours de nuit, et prolongea indéfiniment le voyage pendant plus de huit mois. C'est une des étapes de ce lugubre convoi qu'illustre le lugubre tableau de Pradilla y Ortiz - au demeurant en-deçà de la réalité pour ce qui touche à la démence de la reine : car contrairement à ce qu'on y observe, elle s'opposait farouchement à ce qu'une femme quelconque approchât du cercueil, et dans cet esprit ordonnait même de grands détours si l'on passait à portée d'un couvent de religieuses…

Son entourage considérant qu'elle avait définitivement perdu la raison, Jeanne fut bientôt internée au château de Tordesillas, où elle survécut presque cinquante ans, plus ou moins démente selon les périodes, mais toujours dans un état de dépression profonde, et sinon véritablement maltraitée, du moins humiliée et méprisée par ses "serviteurs-geôliers". Sa dernière fille Catherine vécut avec elle jusqu'à ce qu'on la lui retire peu avant son mariage avec le roi du Portugal. C'est une scène prise sur le vif de cette tragique fin d'existence qu'illustre la seconde composition de Pradilla y Ortiz, qui a su admirablement caractériser l'expression de la folie dans l'attitude de la reine, prostrée, les mains ballantes, le visage égaré, le regard absent.

On estime aujourd'hui que Jeanne était probablement atteinte de schizophrénie, dont souffrirent à des degrés divers plusieurs de ses descendants. Certains cependant remettent en cause l'existence d'une véritable folie, ce qui ne semble pas soutenable. Toutefois, il ne faut pas se dissimuler que la démence de la reine justifiant que son père Ferdinand puis son fils Charles-Quint gouvernassent à sa place, l'un et l'autre avaient tout intérêt à ce qu'elle existât, et il y a bien là de quoi soupçonner qu'on n'examina pas la question avec trop de zèle.


Philippe et Jeanne eurent :

- Charles-Quint ;

- Ferdinand Ier ;

- Éléonore, qui épousa Manuel Ier, roi de Portugal, puis François Ier, roi de France ;

- Isabelle, qui épousa Christian II, roi de Danemark ;

- Marie, qui épousa Louis II Jagellon, roi de Bohême et de Hongrie ;

- Catherine, qui épousa Jean III, roi de Portugal.