AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Henri II le Bon, duc de Lorraine et de Bar

Henri II le Bon, duc de Lorraine et de Bar, jeune homme
Henri II le Bon, duc de Lorraine et de Bar
Henri II le Bon, duc de Lorraine et de Bar
Henri II le Bon, duc de Lorraine et de Bar


Catherine de Bourbon, duchesse de Bar

Catherine de Bourbon, duchesse de Bar, par Cordelier de la Noue
Catherine de Bourbon, duchesse de Bar
Catherine de Bourbon, duchesse de Bar
Catherine de Bourbon, duchesse de Bar
Catherine de Bourbon, duchesse de Bar, relevé d'un portrait disparu, par Gaignères


Marguerite de Gonzague-Mantoue, duchesse de Lorraine et de Bar

Marguerite de Gonzague-Mantoue, duchesse de Lorraine et de Bar, par Pourbus
Marguerite de Gonzague-Mantoue, duchesse de Lorraine et de Bar, par Pourbus
Marguerite de Gonzague-Mantoue, duchesse de Lorraine et de Bar, par Pourbus
Marguerite de Gonzague-Mantoue, duchesse de Lorraine et de Bar, par Pourbus
Marguerite de Gonzague-Mantoue, duchesse de Lorraine et de Bar


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Henri II le Bon, duc de Lorraine (1553-1624)
et
sa première femme Catherine de Bourbon (1558-1604)
sa seconde femme Marguerite de Gonzague-Mantoue (1591-1632)






Henri II, duc de Lorraine, était le fils de Charles III, duc de Lorraine et de Claude de Valois.

Il épousa en premières noces Catherine de Bourbon, fille d'Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, et de Jeanne d'Albret, reine de Navarre.

Remarquons qu'elle ne fut pas duchesse de Lorraine mais seulement duchesse de Bar, étant morte avant que son époux ne succède à son père.

Catherine eut un grand amour dans sa vie : son cousin Charles de Bourbon, comte de Soissons, dont son frère Henri IV, roi de France, ne voulait pas entendre parler. Elle refusa alors obstinément tous les autres prétendants qu'on lui proposa, parmi lesquels Henri III lui-même, son frère cadet le duc d'Alençon, et Jacques V, roi d'Écosse. À trente-neuf ans, elle n'avait toujours pas cédé et, de concert avec son cousin, lui aussi resté patiemment célibataire, tentait toujours de fléchir son frère, mais en vain. Henri la contraignit finalement d'épouser le fils et héritier du duc de Lorraine, Henri, duc de Bar et marquis de Pont-à-Mousson, pour sceller sa réconciliation avec la maison de Lorraine, naguère ligueuse. Il faut bien admettre que l'avenir révéla qu'il eût mieux valu pour tout le monde que Catherine fût comtesse de Soissons.

En tout cas, fille de Jeanne d'Albret, fille de Marguerite d'Angoulême, qui était sœur de François Ier, Catherine était donc la cousine issue de germains de la mère de son futur époux (Claude de Valois, fille de Henri II, fils de François Ier). Une dispense papale était donc nécessaire, ce qui était une formalité quasi-systématique pour les mariages princiers. Mais dans ce cas précis, une difficulté particulière se présentait : Catherine était farouchement calviniste. Le Pape Clément VIII refusa donc toute dispense de parenté avant la conversion préalable de Catherine au catholicisme. Cette dernière ne voulut rien entendre. Henri IV, qui désirait vivement cette union, passa outre et fit célébrer le mariage dans son cabinet privé, un matin, par Charles de Bourbon, archevêque de Rouen (propre demi-frère de Henri et de Catherine, fils naturel d'Antoine de Bourbon et de Louise de La Béraudière). Clément VIII furieux fit savoir au duc de Bar, par l'évêque de Toul, que son mariage était nul et qu'il l'excommuniait jusqu'à ce que Catherine renonce formellement à son hérésie.

Rien ne put fléchir Catherine. Après deux ans de vains efforts, Henri, dont la piété était au supplice, se sépara de son épouse sur les conseils de sa sœur Christine, grande-duchesse de Toscane. L'excommunication fut levée, mais la situation resta inchangée : point de conversion, point de dispense, mariage nul. Catherine, pour gagner du temps, finit par promettre alors vaguement de se faire instruire dans la vraie religion. Ce qui ne l'empêchait pas de faire célébrer publiquement des cultes calvinistes en son hôtel parisien lorsqu'elle y séjournait, à la grande exaspération de son frère (dont l'Édit de Nantes interdisait d'ailleurs tout culte protestant à Paris). Les promesses de Catherine firent néanmoins effet à Rome, qui accorda enfin la dispense à condition d'une conversion immédiatement consécutive. Ce tardif compromis s'avéra finalement inutile car lorsque la dispense arriva un an plus tard, Catherine venait de mourir (sa santé exécrable permet de penser que c'est à dessein que Rome mit un an à envoyer la dispense après l'avoir finalement accordée, dans l'espoir probable que la situation se serait réglée d'elle-même dans l'intervalle…).

Ayant fait le malheur de sa famille pendant plusieurs années par son entêtement, Catherine n'eut pas même l'utilité de donner d'héritier à son époux. Elle était en outre fort laide, ce qu'on devine sur ses portraits, et un contemporain put dire d'elle que "c'était exactement la tête de Henri IV, moins le sourire". Ce qui ne peut certes pas passer pour une appréciation flatteuse en matière de charmes féminins…

Heureusement pour lui, Henri II, devenu duc de Lorraine à la mort de son père, eut plus de bonheur dans son second mariage.


Il épousa en secondes noces Marguerite de Gonzague-Mantoue, fille de Vincent Ier, duc de Mantoue, et d'Éléonore de Médicis.

Tout aussi fervente catholique que son époux, la nouvelle duchesse s'entendit à merveille avec lui, et elle le poussa à faire expulser les protestants de son duché (on peut penser que le souvenir qu'il avait gardé de sa première femme n'y nuisit pas non plus) ; ils fondèrent ensemble de nombreux couvents à Nancy et dans ses environs (Bénédictines, Carmes, Minimes, Madelonnettes, Capucins, etc.).

Henri et Marguerite n'eurent hélas pas le fils attendu, mais deux filles mariées aux deux fils du frère cadet de Henri :

- Nicole, qui épousa son cousin germain Charles IV, duc de Lorraine ;

- Claude, qui épousa son cousin germain Nicolas-François, duc de Lorraine.