AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

François II, duc de Lorraine, et Christine de Salm

François II, duc de Lorraine, et sa femme Christine de Salm
François II, duc de Lorraine
François II, duc de Lorraine
Christine de Salm, duchesse de Lorraine


Charles IV, duc de Lorraine, Nicole de Lorraine, Béatrice de Cusance

Charles IV, duc de Lorraine
Charles IV, duc de Lorraine
Nicole de Lorraine, duchesse de Lorraine, jeune femme
Nicole de Lorraine, duchesse de Lorraine, âgée
Béatrice de Cusance, princesse de Cantecroix, duchesse de Lorraine, par Van Dyck
Béatrice de Cusance, princesse de Cantecroix, duchesse de Lorraine, d'après Van Dyck
Béatrice de Cusance, princesse de Cantecroix, duchesse de Lorraine, gravure d'après Van Dyck
Béatrice de Cusance, princesse de Cantecroix, duchesse de Lorraine, émail d'après Van Dyck
Béatrice de Cusance, princesse de Cantecroix, duchesse de Lorraine


Nicolas-François, duc de Lorraine, et Claude de Lorraine

Nicolas François, duc de Lorraine
Nicolas François, duc de Lorraine
Claude de Lorraine, duchesse de Lorraine
Claude de Lorraine, duchesse de Lorraine, médaille posthume de Saint-Urbain


Charles-Henri de Lorraine, prince de Vaudémont et de Commercy, et Anne-Élisabeth de Lorraine-Elbeuf

Charles-Henri de Lorraine, prince de Vaudémont et de Commercy
Charles-Henri de Lorraine, prince de Vaudémont et de Commercy, par Jean Ranc
Charles-Henri de Lorraine, prince de Vaudémont et de Commercy
Charles-Henri de Lorraine, prince de Vaudémont et de Commercy
Anne-Élisabeth de Lorraine-Elbeuf, princesse de Vaudémont et de Commercy


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François II, duc de Lorraine (1572-1632)
et sa femme Christine de Salm (1575-1627)

puis

leur fils aîné
Charles IV, duc de Lorraine (1604-1675)
et
sa première femme Nicole de Lorraine (1608-1657)
sa deuxième femme Béatrice de Cusance (1614-1663)

leur fils cadet
Nicolas-François, duc de Lorraine (1609-1670)
et sa femme Claude de Lorraine (1612-1648)

puis le fils légitimé de Charles IV et Béatrice
Charles-Henri de Lorraine, prince de Vaudémont et de Commercy (1649-1723)
et sa femme Anne-Élisabeth de Lorraine-Elbeuf (1649-1714)






François II, duc de Lorraine était le second fils de Charles III le Grand, duc de Lorraine, et de Claude de Valois.

Christine de Salm était la fille de Paul, comte de Salm, et de Marie Le Veneur de Tillières.

Aperçu de l'histoire de la maison de Salm : Wigerich, comte de Bidgau, comte palatin de Lotharingie, épousa vers l'an 900, Cunégonde, dont la mère Ermentrude était fille de Louis II le Bègue, roi des Francs (arrière-petit-fils de Charlemagne). De ce mariage sortit Siegfried, comte de Luxembourg, d'où Frédéric, comte de Moselgau, d'où Giselbert, comte de Luxembourg et de Salm, d'où Hermann, comte de Salm, antiroi des Romains (concurrent de l'Empereur Henri IV). D'où Hermann, comte de Salm, d'où à la neuvième génération, Jean IV, comte de Salm. Jean IV partagea les droits sur le comté de Salm entre ses fils Simon III et Jean VI, avec cette particularité que le comté de Salm resterait en indivision entre les deux branches.
De Simon III sortit une fille, Jeannette de Salm, qui épousa Jean V, wild-et-rhingrave de Dhaun et Kyrbourg. Elle apporta ses droits sur le comté de Salm à cette maison, qui se divisa entre ses petits-fils Philippe, comte de Salm-Dhaun, d'où les futurs princes de Salm-Salm (ce rameau conserva seul la moitié des droits indivis sur le comté de Salm), et Jean VII, comte de Salm-Kyrbourg (arrière-arrière-grand-père d'Anne-Catherine de Salm-Kyrbourg, duchesse de Wurtemberg).
De Jean VI sortit un arrière-petit-fils, Jean IX, comte de Salm, mort sans postérité. L'héritière de cette moitié des droits indivis sur le comté de Salm fut donc sa nièce, Christine de Salm, fille de son frère Paul. Et elle-même transmit ainsi lesdits droits à la maison de Lorraine.
L'étrange partage en indivision se maintint longtemps entre les wild-et-rhingraves, bientôt princes de Salm-Salm, et les ducs de Lorraine, qui gardèrent le titre de comtes de Salm. Ce régime ne prit fin que lorsque la Lorraine fut rattachée à la France ; cette dernière et les princes de Salm-Salm se partagèrent alors concrètement le pays de Salm.

Dans un autre genre, ajoutons que la mère de Christine, Marie Le Veneur de Tillières, était descendante directe… d'Étienne Marcel. Eh oui. On en trouvera le détail ICI.

Cette parenthèse fermée, revenons à François II. C'est un véritable roman historique que l'histoire des ducs de Lorraine au XVIIe siècle. En y mêlant quelques personnages imaginaires, un Alexandre Dumas, par exemple, avait largement là de quoi trousser quelques volumes du dernier intérêt, où rien n'eût manqué. Il est même assez étrange qu'il ne l'ait pas fait. Qu'on en juge.

Précisons d'abord que François II et Christine de Salm eurent :

- Charles IV, duc de Lorraine, qui épousa sa cousine germaine Nicole de Lorraine, fille de Henri II, duc de Lorraine, et de Marguerite de Mantoue ;

- Nicolas-François, cardinal-évêque de Toul, puis duc de Lorraine, qui épousa sa cousine germaine Claude de Lorraine, fille de Henri II, duc de Lorraine, et de Marguerite de Mantoue ;

- Marguerite, qui épousa Gaston de France, duc d'Orléans ;

- Henriette, qui épousa Louis de Lorraine-Guise, prince de Phalsbourg et Lixheim.

François II, qui n'était que comte de Vaudémont, fut duc de Lorraine pour moins d'une semaine… Ce règne extraordinairement bref s'explique par les circonstances compliquées de la querelle de succession de Lorraine qui eut lieu suite à la mort de son frère aîné Henri II.

En effet, Henri II n'avait pas de fils, mais deux filles. Il désigna pour lui succéder sa fille aînée Nicole, et non son frère cadet François. En avait-il le droit ? A priori, la coutume de Lorraine l'admettait. D'un autre côté, un vieux testament de René II excluait les femmes de la succession au duché. Bref, la question était difficile à trancher. Mais François ne fit pas de difficultés, à condition de marier son propre fils Charles à Nicole, et de faire stipuler que les époux régneraient conjointement, ce qui était une ingénieuse façon de tout concilier.

Après la mort de Henri, les choses se passèrent comme prévu - pour un temps. Car Charles trouva bien vite fort insatisfaisant de n'avoir que cette position de "co-duc", d'autant plus humiliante à ses yeux qu'il ne la tenait, au fond, que du chef de sa femme. Son père François consentit alors à faire le nécessaire… Au mépris des conventions passées, il contesta soudain la capacité à succéder de sa nièce Nicole, et demanda à être reconnu pour l'unique successeur de son frère. Les États Généraux du duché tranchèrent en sa faveur, et voilà comme il devint François II, duc de Lorraine. Il n'y tenait nullement pour lui-même, n'ayant agi que pour servir de planche à son fils, en faveur duquel il abdiqua cinq jours plus tard. Charles était désormais seul duc de Lorraine, de son propre chef, et si Nicole était encore duchesse, ce n'était plus que comme son épouse. Encore entreprit-il bientôt de s'en débarrasser même à ce titre.

Il imagina en effet bientôt de faire annuler son mariage. Melchior de La Vallée, le malheureux prêtre qui avait baptisé la princesse, en fit les frais. On le brûla pour sorcellerie. Par le fait, déclara Charles, le baptême de Nicole était sûrement invalide. Elle n'était donc pas chrétienne lorsqu'il l'avait épousée, et l'union était nulle. Rome, faut-il le préciser, ne se rendit pas à ces élucubrations. Charles attaqua d'un autre côté, prétendant que son consentement avait été arraché sous la contrainte. Éternel argument en ces affaires d'annulation, quand on n'en n'a pas de valable. L'actuel comte de Paris en est un scandaleux et récent exemple… Mais Rome fut plus honnête à l'époque, qu'elle ne l'a été en cette dernière circonstance. Les ficelles furent jugées si grosses que Charles n'obtint rien.

Pendant ce temps, la Guerre de Trente Ans faisait rage, la Lorraine prit le parti de l'Empereur et fut bientôt envahie par la France. Le contentieux couvait d'ailleurs depuis longtemps. Gaston d'Orléans, au cours de ses démêlés avec son frère Louis XIII, s'était réfugié en Lorraine et, tombé éperdument amoureux de celle qu'il surnomma "l'Ange", Marguerite de Lorraine, sœur de Charles, l'avait épousée à Nancy, malgré l'interdiction formelle du roi. Du reste, depuis longtemps la France désirait, d'une manière ou d'une autre, annexer cette enclave que constituait la Lorraine.

Bref, Charles fut contraint de s'enfuir. Ayant tout à craindre pour l'avenir de son duché, il abdiqua auparavant en faveur de son frère le cardinal Nicolas-François, évêque de Toul, qui était en de meilleurs termes que lui avec la France, et donc plus à même de sauver ce qui pouvait l'être. Nicolas-François, renonçant donc à la pourpre, devint ainsi duc de Lorraine. Très habilement, il s'empressa d'épouser Claude de Lorraine, sœur cadette de Nicole. Car il voulait à tout prix éviter que la France ne la déclarât héritière de la Lorraine, avant de la marier à quelque prince français ou protégé par la France, à qui elle apporterait le duché. Ce mariage déplut tant à la France (ce qui laisse penser que Nicolas-François avait vu juste), que le nouveau couple ducal fut assigné à résidence. Peu après, le duc et la duchesse parvinrent à s'échapper, grimés en paysans, sortant de Nancy en portant des hottes de fumier sur le dos… Ils s'établirent à Florence, puis à Vienne.

Pendant ce temps, Charles résidait à Besançon ; et la pauvre Nicole, d'abord laissée à Nancy, avait finalement accepté après quelques réticences l'hospitalité de la France, où elle fut, il faut le dire, reçue à la Cour avec tous les honneurs dus à son rang.

C'est dans ce demi-exil qu'elle apprit que Charles, décidant à la fin de se passer de l'annulation qu'il ne pouvait obtenir, avait très officiellement annoncé la mort de sa chère épouse, fait célébrer un service solennel à sa mémoire (mais oui), et épousé aussitôt après à Besançon la belle Béatrice de Cusance, princesse de Cantecroix, fille de Claude-François de Cusance, baron de Belvoir, et d'Ernestine de Witthem. Rappelons que Béatrice descendait de Baudouin, bâtard de Bourgogne, et qu'elle était jeune veuve d'Eugène-Léopold, prince de Cantecroix, fils de Charlotte d'Autriche, bâtarde de l'Empereur Rodolphe II.

Nicole protesta par des mémoires officiels, l'archevêque de Besançon invalida ce remariage, Rome excommunia Charles pour bigamie, rien n'y fit. Très brièvement réconcilié avec la France, il vint à Paris et fit une courte visite à sa femme. Pendant cet entretien, il affecta de ne l'appeler que "ma cousine". Indignée, Nicole finit par s'écrier : "Votre cousine, monsieur ! Ne suis-je donc pas votre femme ?"… Il s'inclina et sortit sans répondre. Nicole ne fut pas rancunière, car lorsque Charles, nouvelle péripétie, fut bientôt fait prisonnier par les Espagnols et emmené en captivité à Tolède, elle remua ciel et terre pour faire libérer son époux. Elle mourut avant d'y parvenir.

Apprenant la nouvelle, Béatrice de Cantecroix écrivit immédiatement à Charles pour faire régulariser sa situation. Dorénavant, il n'était plus question de bigamie, et elle pouvait enfin être épousée en bonne et due forme. Charles n'y mit aucun empressement. Libéré, il n'épousa Béatrice que lorsqu'elle fut elle-même à l'article de la mort.

Nicole n'avait pas donné d'enfants à son époux, mais Béatrice lui en avait donné trois, dont deux vécurent, mais à leur grand regret, le mariage in extremis de leur mère avec Charles IV ne fut pas considéré comme susceptible de les légitimer a posteriori :

- Anne, qui épousa François-Marie de Lorraine, comte de Lillebonne (fils de Charles II, duc d'Elbeuf, et de Catherine-Henriette de Bourbon), d'où Élisabeth-Thérèse, mademoiselle de Commercy, princesse d'Epinoy et Béatrice-Hiéronyme, mademoiselle de Lillebonne, abbesse de Remiremont ;

- Charles-Henri, prince de Vaudémont et de Commercy, qui épousa Anne-Élisabeth de Lorraine-Elbeuf, fille de Charles III de Lorraine, duc d'Elbeuf, d'où Charles-Thomas, mort avant son père et sans postérité. Le prince de Vaudémont, général de premier plan, servit l'Espagne contre la France, mais à compter de l'avènement de Philippe V, il lui fut aussi dévoué qu'il l'avait été à Charles II et combattit donc dans le camp français durant la guerre de succession d'Espagne. Il fut gouverneur du Milanais et à l'occasion de ce séjour en Italie la princesse de Vaudémont arrangea le mariage de sa demi-sœur, Suzanne-Henriette de Lorraine-Elbeuf, avec le duc de Mantoue.

Charles IV finit par retrouver son duché de Lorraine (l'abdication en faveur de Nicolas-François n'ayant jamais été considérée que de pure circonstance, ce dernier rendit sans difficulté le titre de duc de Lorraine à son frère aîné). Incorrigible, il se brouilla ensuite, une fois encore, avec Louis XIV, qui envahit et confisqua de nouveau la Lorraine. Ayant repris du service dans les armées impériales, il mourut bientôt après en Rhénanie.

Comme on l'a dit, Charles-Henri ne fut pas jugé successible à la couronne ducale de Lorraine. L'héritier de Charles IV fut donc son neveu. En effet, Nicolas-François et Claude de Lorraine avaient eu plusieurs enfants dont seul survécut :

- Charles V, duc de Lorraine.