AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Vincent Ier, duc de Mantoue

Vincent I<sup>er</sup>, duc de Mantoue, adolescent
Vincent I<sup>er</sup>, duc de Mantoue, atelier de Pourbus
Vincent I<sup>er</sup>, duc de Mantoue, par Leboucher d'après Pourbus
Vincent I<sup>er</sup>, duc de Mantoue, par Pourbus
Vincent I<sup>er</sup>, duc de Mantoue, atelier de Pourbus


Marguerite Farnèse, duchesse de Mantoue

Marguerite Farnèse, duchesse de Mantoue, jeune fille
Marguerite Farnèse, abbesse de Saint-Alexandre de Parme


Éléonore de Médicis, duchesse de Mantoue

Éléonore de Médicis, duchesse de Mantoue, par Pourbus
Éléonore de Médicis, duchesse de Mantoue
Éléonore de Médicis, duchesse de Mantoue


Ensemble

Vincent I<sup>er</sup> et son père Guillaume I<sup>er</sup>, ducs de Mantoue, par Rubens
Éléonore de Médicis et sa belle-mère Éléonore d'Autriche, duchesses de Mantoue, par Rubens
Vincent I<sup>er</sup>, duc de Mantoue, avec son père Guillaume I<sup>er</sup>, sa mère Éléonore d'Autriche, et sa femme Éléonore de Médicis, adorant la Sainte Trinité, par Rubens


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Vincent Ier, duc de Mantoue (1562-1612),
et
sa première femme Marguerite Farnèse (1567-1643),
sa seconde femme Éléonore de Médicis (1567-1611)






Vincent Ier et Éléonore de Médicis assistant au mariage par procuration de leur belle-sœur et sœur Marie de Médicis, reine de France : ICI.


Vincent Ier était le fils de Guillaume Ier, duc de Mantoue, et d'Éléonore d'Autriche.

Marguerite Farnèse était la fille d'Alexandre Farnèse, duc de Parme, et de Marie de Portugal. Célébré en 1581, le mariage fut annulé en 1583, car une malformation congénitale de Marguerite en empêchait la consommation. Marguerite retourna à Parme où elle prit le voile au couvent de Saint-Paul, puis devint abbesse du couvent de Saint-Alexandre, où elle mourut fort âgée, ayant élevé ses nièces, bâtardes de son frère Ranuce Ier. Elle intercéda également, mais en vain, auprès de son frère en faveur du bâtard de ce dernier, Octave, qui prétendait succéder à son père au détriment de son demi-frère cadet, mais légitime, Édouard. Octave fut incarcéré à la forteresse de la Rocchetta di Parma, jusqu'à sa mort.

Quant à Vincent, il s'agissait de le remarier. La cour de Mantoue demanda la main d'une fille du grand-duc de Toscane :

Éléonore de Médicis, fille de François Ier de Médicis et de Jeanne d'Autriche. Elle était donc sœur de Marie de Médicis, reine de France.

Cet épisode fut l'occasion d'événements fort étranges. Le père d'Éléonore s'était mis en tête que la non-consommation du premier mariage de Vincent devait en réalité être imputée à l'incapacité du jeune homme, et refusa en conséquence d'exposer sa fille à voir son mariage annulé à son tour. Il exigea donc que preuve soit faite de la virilité de Vincent, avant de lui accorder Éléonore. L'alliance avec les Médicis était hautement souhaitable, il fallut en passer par là. C'est ainsi que le malheureux prince fut soumis à une épreuve consistant, devant témoins, en une démonstration pratique de sa vigueur, sur une jeune fille sans famille sortie de quelque établissement charitable. Vincent, sous le regard attentif de toute l'assistance requise, dans ces conditions qui eussent certes pu refroidir les plus fringants, accomplit néanmoins sans faiblir l'examen demandé. La main de la fiancée fut accordée, et, tout est bien qui finit bien, on n'oublia pas la compagne d'une heure de Vincent, Julie, qui était d'ailleurs, dit-on, bâtarde d'un Albizzi, et qui fut richement dotée et mariée…

Cette aventure fait le sujet d'un ouvrage de Roger Peyrefitte, passablement graveleux mais très brillamment tourné, conformément à la manière de l'auteur, La Nature du Prince. Un film italien en fut tiré, Una Vergine per il Principe, les rôles de Vincent et de Julie étant tenus par Vittorio Gassman (qui n'avait cependant plus les vingt-deux ans du rôle) et par Virna Lisi.

Vincent et Éléonore eurent essentiellement :

- François IV, duc de Mantoue ;

- Ferdinand Ier, duc de Mantoue ;

- Vincent II, duc de Mantoue, dernier duc de Mantoue de la branche aînée ;

- Marguerite, qui épousa Charles II le Bon, duc de Lorraine ;

- Éléonore, qui épousa Ferdinand II, Empereur des Romains.


L'incomparable et grandiose composition de Rubens (hélas mutilée) représentant "La famille de Vincent Ier, duc de Mantoue, en adoration devant la Sainte Trinité", fut peinte pour l'église des Jésuites de Mantoue.

On y voit Vincent Ier et sa femme Éléonore de Médicis de part et d'autre.

Le père et la mère de Vincent, Guillaume Ier et Éléonore d'Autriche, sont représentés au second plan, respectivement derrière Vincent et derrière Éléonore.

Précisons que les portraits de Guillaume et Éléonore sont posthumes, ils étaient tous deux morts (en 1587 et 1594) lorsque Rubens les représenta sur ce tableau, datant de 1604-05.

Les récents décrets du Concile de Trente ayant interdit de figurer sur un même tableau Jésus-Christ, la Vierge ou les Saints mêlés à des personnages vivants (mettant fin à l'usage des portraits de donateurs sur les tableaux religieux, cher au Moyen Âge), Rubens contourna l'interdiction en représentant la famille ducale agenouillée devant une image de la Sainte Trinité peinte sur un grand drap d'or déployé par les anges.

Ce tableau fut malheureusement découpé ultérieurement en plusieurs fragments. Le dessus de la composition représentant la Trinité fut séparé du niveau inférieur représentant la famille de Vincent Ier, et les personnages de la famille eux-mêmes furent séparés pour en faire des portraits individuels. Ainsi par exemple, Vincent Ier avait auprès de lui son fils François, futur François IV, qui fut coupé et mis à part. Ce fragment constitue le portrait qu'on trouve ici.

Aujourd'hui, une partie de la composition a été réunie.