AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages
Sigismond I<sup>er</sup> le Vieux, roi de Pologne
Bonne Sforza, reine de Pologne, jeune fille
Bonne Sforza, reine de Pologne, par Giovanni Jacopo Caraglio
Bonne Sforza, reine de Pologne, âgée, en tenue de veuve
Bonne Sforza, reine de Pologne, empoisonnée par son secrétaire Gian Lorenzo Pappacoda, par Jean Matejko (1859)
Sigismond II Auguste, grand-duc de Lituanie, puis roi de Pologne
Sigismond II Auguste, grand-duc de Lituanie, puis roi de Pologne
Sigismond II Auguste, grand-duc de Lituanie, puis roi de Pologne
Sigismond II Auguste, grand-duc de Lituanie, puis roi de Pologne
La Mort de Sigismond II, par Jean Matejko
Élisabeth, archiduchesse d'Autriche, grande-duchesse de Lituanie, enfant
Élisabeth, archiduchesse d'Autriche, grande-duchesse de Lituanie
Élisabeth, archiduchesse d'Autriche, grande-duchesse de Lituanie
Élisabeth, archiduchesse d'Autriche, grande-duchesse de Lituanie
Élisabeth, archiduchesse d'Autriche, grande-duchesse de Lituanie
Élisabeth, archiduchesse d'Autriche, grande-duchesse de Lituanie
Barbara Radziwill, reine de Pologne
Barbara Radziwill, reine de Pologne
Barbara Radziwill, reine de Pologne
Sigismond II auprès du lit de mort de Barbara Radziwill, par Joseph Simmler
Sigismond II faisant évoquer le fantôme de Barbara Radziwill, par Wojciech Gerson
Catherine, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne, jeune fille
Catherine, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne
Catherine, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne
Catherine, archiduchesse d'Autriche, reine de Pologne


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Sigismond Ier le Vieux, roi de Pologne, grand-duc de Lituanie (1467-1548)
et sa femme Bonne Sforza (1495-1558)

puis leur fils
Sigismond II Auguste, roi de Pologne, grand-duc de Lituanie (1507-1572)
et
sa première femme Élisabeth, archiduchesse d'Autriche (1526-1545)
sa seconde femme Barbara Radziwill (1520-1551)
sa troisième femme Catherine, archiduchesse d'Autriche (1533-1572)




Sigismond Ier Jagellon, dit le Vieux, était le fils de Casimir IV Jagellon, roi de Pologne, et d'Élisabeth d'Autriche.

Bonne Sforza était la fille de Jean-Galéas Sforza, duc de Milan, et d'Isabelle d'Aragon.


Sigismond et Bonne eurent :

- Sigismond II Auguste (qui suit) ;

- Isabelle, qui épousa Jean Zapolya, roi de Hongrie, prince de Transylvanie ;

- Sophie, qui épousa Henri II, duc de Brunswick-Wolfenbuttel ;

- Anne, qui épousa Étienne Bathory, roi de Pologne ;

- Catherine, qui épousa Jean III, roi de Suède ;

- Hedwige, qui épousa Joachim-Nestor II, électeur de Brandebourg.


Sigismond II Auguste Jagellon épousa d'abord Élisabeth, archiduchesse d'Autriche, fille de l'Empereur Ferdinand Ier et d'Anne Jagellon.

(Élisabeth, enfant, avec ses sœurs, ICI)

Anne Jagellon étant la fille Ladislas IV (II) Jagellon, roi de Bohême et de Hongrie, propre frère de Sigismond Ier, Sigismond II était donc le cousin germain de la mère de sa femme.

Sigismond et Élisabeth n'eurent pas le temps d'avoir d'enfants, Élisabeth étant morte à 19 ans, sans être reine de Pologne, son époux n'étant encore, du vivant de son père, que grand-duc de Lituanie.

Sigismond se remaria alors avec Barbara Radziwill, fille de Georges Radziwill, voïvode de Kiev, et de Barbara Kola.

Barbara, jeune veuve de Stanislas Gasztold, voïvode de Nowogrodek, fut nommée dame d'atours d'Élisabeth d'Autriche, et Sigismond s'éprit d'elle avec passion. Il est vrai qu'elle était d'une beauté extraordinaire, comme ses portraits permettent de l'entr'apercevoir. Sigismond l'épousa secrètement, puis annonça publiquement son mariage lorsqu'il monta sur le trône. Il dut affronter l'opposition de la noblesse polonaise, jalouse de l'éclatante faveur qui en rejaillirait sur la famille Radziwill, déjà très puissante, et surtout l'opposition de sa propre mère Bonne Sforza, pour qui au contraire Barbara n'était pas de naissance assez illustre. Au surplus, Barbara appartenait hélas à la branche protestante des Radziwill. Sigismond ne fit aucune concession. Un magnat polonais osa s'écrier devant lui : "J'aimerais mieux voir un Turc sur le trône de Pologne que Barbara Radziwill !", d'autres le supplièrent à genoux de renoncer à elle. Sigismond répondit simplement qu'il avait juré devant Dieu fidélité à sa femme, et que ce serment lui était plus cher que tous les royaumes du monde. Il fallut céder. Sigismond fit même solennellement couronner Barbara deux ans plus tard. Cinq mois à peine écoulés après le couronnement, Barbara mourut à Cracovie d'une soudaine et horrible maladie, défigurée par des pustules qui durant les derniers jours répandirent une odeur insoutenable, faisant fuir cour, médecins et domestiques. Sigismond, lui, resta seul auprès de Barbara jusqu'à l'ultime instant.

On accusa Bonne Sforza d'avoir empoisonné sa belle-fille, et l'ensemble des historiens estime cette hypothèse, quoique sans preuves, fort vraisemblable. Le fait est que Sigismond pour sa part en fut certainement persuadé, car à compter de la mort de sa femme, il tint sa mère si impitoyablement à l'écart qu'il ne la soutint même pas lorsqu'en butte à l'hostilité de la noblesse polonaise, elle dut retourner finir ses jours en Italie, à Bari, dont, au titre de son douaire, elle était princesse. Cruel revanche du sort, elle y fut elle-même empoisonnée par son secrétaire, scène qu'illustre le tableau de Jean Matejko.

Sigismond refusa de faire inhumer Barbara dans la cathédrale de Cracovie, contrairement à l'usage constant des rois et reines de Pologne. "Personne ne l'a aimée ici lorsqu'elle était en vie", dit-il, "je ne la laisserai pas y rester maintenant qu'elle est morte". Aussi Barbara fut-elle inhumée dans la cathédrale de Vilnius, en Lituanie.

Sigismond ne se remit jamais véritablement de la mort de sa femme adorée. Il aurait sollicité les sortilèges du magicien à demi-légendaire Pan Twardowski pour évoquer l'esprit de Barbara.

Plusieurs peintres du XIXe siècle ont illustré des épisodes de cette si romanesque histoire d'amour. Joseph Simmler a représenté Sigismond auprès de Barbara mourante (en artiste, il a sur sa toile laissé à Barbara la beauté qui était la sienne avant sa maladie… Néanmoins, il a discrètement suggéré l'odeur évoquée par les chroniqueurs en plaçant un encensoir au pied du lit). Wojciech Gerson a représenté Pan Twardowski faisant apparaître le fantôme de Barbara devant Sigismond. Jean Matejko a représenté pour sa part la mort de Sigismond, et l'on distingue sur le panneau central dans la chambre du roi le portrait de Barbara.


Pour des raisons purement politiques, Sigismond se résolut à se remarier une troisième fois, avec la sœur de sa première femme, Catherine, archiduchesse d'Autriche, elle-même veuve de François III, duc de Mantoue, mort quatre mois après son mariage.

Naturellement, ce mariage ne fut pas heureux, Catherine étant d'ailleurs maladive et antipathique, et cette dernière union ne fut pas plus féconde que les précédentes.

(Catherine, enfant, avec ses sœurs, ICI)


Le successeur de Sigismond sur le trône de Pologne fut Henri de Valois, bientôt Henri III, roi de France, et immédiatement après ce bref intermède français, Étienne Bathory, époux d'Anne Jagellon, sœur de Sigismond.