AMATOR TEMPORIS ACTI

Bienvenue sur le site de Guillaume Attlane



Liste complète des personnages

Edmond Tudor, comte de Richemont, et Marguerite de Beaufort

Dalle funéraire d'Edmond Tudor, comte de Richemont
Marguerite de Beaufort, comtesse de Richemont, par Lockey
Marguerite de Beaufort, comtesse de Richemont, d'après Lockey
Marguerite de Beaufort, comtesse de Richemont, d'après Lockey


Henry VII, roi d'Angleterre, et Élisabeth d'York

Henry VII, roi d'Angleterre, jeune homme, dessin du recueil d'Arras
Henry VII, roi d'Angleterre
Henry VII, roi d'Angleterre
Henry VII, roi d'Angleterre
Henry VII, roi d'Angleterre, par Hilliard
Henry VII, roi d'Angleterre, par Henry Pierce Bone
Henry VII, roi d'Angleterre
Henry VII, roi d'Angleterre
Henry VII, roi d'Angleterre, par Pietro Torrigiani
Henry VII, roi d'Angleterre, buste de l'effigie réalisée pour les cérémonies funèbres du roi
Élisabeth d'York, reine d'Angleterre, suivie de ses sœurs Cécile et Anne, vitrail de la cathédrale de Cantorbéry
Élisabeth d'York, reine d'Angleterre, par Henry Pierce Bone
Élisabeth d'York, reine d'Angleterre
Élisabeth d'York, reine d'Angleterre
Élisabeth d'York, reine d'Angleterre
Élisabeth d'York, reine d'Angleterre
Henry VII et Élisabeth d'York, roi et reine d'Angleterre, avec leurs enfants
Henry VII et Élisabeth d'York, Henry VIII et Jeanne Seymour, "Whitehall Mural", copie d'Holbein par Van Leemput
Gisants de Henry VII et Élisabeth d'York, roi et reine d'Angleterre, à l'abbaye de Westminster
Élisabeth d'York, reine d'Angleterre, tête de l'effigie réalisée pour les cérémonies funèbres de la reine


Arthur Tudor, prince de Galles

Arthur Tudor, prince de Galles
Arthur Tudor, prince de Galles
Arthur Tudor, prince de Galles


Henry VIII, roi d'Angleterre

Henry VIII, roi d'Angleterre, enfant
Henry VIII, roi d'Angleterre, adolescent
Henry VIII, roi d'Angleterre
Henry VIII, roi d'Angleterre, par Horenbout
Henry VIII, roi d'Angleterre, par Van Cleeve
Henry VIII, roi d'Angleterre, par Eworth d'après Holbein
Henry VIII, roi d'Angleterre, par Holbein
Henry VIII, roi d'Angleterre, par Hilliard
Henry VIII, roi d'Angleterre, d'après Holbein
Henry VIII, roi d'Angleterre, par Henry Pierce Bone
Henry VIII, roi d'Angleterre, d'après Holbein
Henry VIII, roi d'Angleterre, d'après Holbein
Henry VIII, roi d'Angleterre
Henry VIII, roi d'Angleterre
Henry VIII, roi d'Angleterre
Henry VIII, roi d'Angleterre, avec l'Empereur Charles-Quint, aux pieds du pape Léon X
Henry VIII, roi d'Angleterre, avec sa troisième femme Jeanne Seymour et leur fils le futur Édouard VI, d'après Holbein
Henry VIII, roi d'Angleterre, avec ses trois enfants, d'après un original perdu d'Holbein


Catherine d'Aragon, reine d'Angleterre

Catherine d'Aragon, reine d'Angleterre, gravure de Vermeulen
Catherine d'Aragon, reine d'Angleterre, par Wenceslas Hollar
Catherine d'Aragon, reine d'Angleterre
Catherine d'Aragon, reine d'Angleterre, avec un petit singe, par Horenbout
Catherine d'Aragon, reine d'Angleterre
Catherine d'Aragon, reine d'Angleterre


Anne Boleyn, reine d'Angleterre

Anne Boleyn, reine d'Angleterre, gravure de Vermeulen
Anne Boleyn, reine d'Angleterre
Anne Boleyn, reine d'Angleterre
Anne Boleyn, reine d'Angleterre
Anne Boleyn, reine d'Angleterre, par Holbein


Jeanne Seymour, reine d'Angleterre

Jeanne Seymour, reine d'Angleterre, gravure de Vermeulen
Jeanne Seymour, reine d'Angleterre, par Holbein
Jeanne Seymour, reine d'Angleterre, atelier d'Holbein
Henry VIII, Jeanne Seymour et Édouard VI entourés par Marie Tudor et Élisabeth Ire, par Holbein


Anne de Clèves, reine d'Angleterre

Anne de Clèves, reine d'Angleterre, d'après Holbein
Anne de Clèves, reine d'Angleterre, par Holbein
Anne de Clèves, reine d'Angleterre, cercle de Barthel Bruyn
Anne de Clèves, reine d'Angleterre, par Franz Wolfgang Rohrich d'après le modèle de Bruyn
Anne de Clèves, reine d'Angleterre, cercle de Barthel Bruyn
Anne de Clèves, reine d'Angleterre, cercle de Barthel Bruyn


Catherine Howard, reine d'Angleterre

Catherine Howard, reine d'Angleterre, gravure de Vermeulen
Catherine Howard, reine d'Angleterre, par Holbein


Catherine Parr, reine d'Angleterre

Catherine Parr, reine d'Angleterre, gravure de Vermeulen
Catherine Parr, reine d'Angleterre, par Scrots
Catherine Parr, reine d'Angleterre
Catherine Parr, reine d'Angleterre


Édouard VI, roi d'Angleterre

Édouard VI, roi d'Angleterre
Édouard VI, roi d'Angleterre, attribué à Scrots
Édouard VI, roi d'Angleterre, par Henry Pierce Bone
Édouard VI, roi d'Angleterre, par Scrots
Édouard VI, roi d'Angleterre, par Scrots
Édouard VI, roi d'Angleterre, par Holbein
Édouard VI, roi d'Angleterre, dans un cadre orné des attributs de prince de Galles
Édouard VI, roi d'Angleterre, par Scrots
Édouard VI, roi d'Angleterre


Jeanne Grey, reine d'Angleterre

Jeanne Grey, reine d'Angleterre
Pseudo-portrait de Jeanne Grey, reine d'Angleterre, gravure de Vermeulen d'après Van der Werff
Pseudo-portrait de Jeanne Grey, reine d'Angleterre, par Van de Passe
L'Exécution de Jeanne Grey, par Paul Delaroche (1834)
L'Exécution de Jeanne Grey, par Paul Delaroche, détail


------


Edmond Tudor, comte de Richemont (1430-1456)
et sa femme Marguerite de Beaufort (1443-1509)

puis leur fils Henry VII, roi d'Angleterre (1457-1509)
et sa femme Élisabeth d'York (1466-1503)

puis

leur premier fils Arthur, prince de Galles (1486-1502)

leur second fils Henry VIII, roi d'Angleterre et d'Irlande (1491-1547)

et

sa première femme Catherine d'Aragon (1485-1536)

sa seconde femme Anne Boleyn (1501-1536)

sa troisième femme Jeanne Seymour (1509-1537)

sa quatrième femme Anne de Clèves (1515-1557)

sa cinquième femme Catherine Howard (1520-1542)

sa sixième femme Catherine Parr (1512-1548)

puis le fils d'Henry VIII et Jeanne Seymour
Édouard VI, roi d'Angleterre et d'Irlande (1537-1553)

puis Jeanne Grey, reine d'Angleterre et d'Irlande (1536-1554)






Edmond Tudor, comte de Richemont, était le fils d'Owen Tudor et de Catherine de France, reine d'Angleterre.

Catherine de France était veuve d'Henry V, roi d'Angleterre, dont elle avait eu Henry VI, roi d'Angleterre. Elle se remaria (d'abord secrètement) avec Owen Tudor, petit gentilhomme gallois, puis le mariage fut reconnu et leur fils Edmond fut titré comte de Richemont ("Richmond") par son demi-frère Henry VI.

Edmond épousa Marguerite de Beaufort, fille de Jean de Beaufort, duc de Somerset, et de Marguerite de Beauchamp.

Jean, duc de Somerset était le fils de Jean, comte de Somerset, marquis de Dorset, et de Marguerite Holland.
Jean, comte de Somerset était le fils de Jean de Gand, duc de Lancastre, comte de Richemont, et de sa maîtresse (puis épouse) Catherine Swynford.
Marguerite Holland était la fille de Thomas Holland, comte de Kent, et d'Alice Fitzalan.
Thomas Holland était le fils d'autre Thomas Holland, et de Jeanne de Kent, fille d'Edmond de Woodstock, comte de Kent, fils d'Édouard Ier, roi d'Angleterre, et de Marguerite de France.
Alice Fitzalan était la fille de Richard Fitzalan, comte d'Arundel, et d'Éléonore de Lancastre, fille d'Henry, comte de Lancastre, fils d'Edmond le Bossu, comte de Lancastre, et de Blanche d'Artois. Edmond le Bossu était le fils d'Henry III, roi d'Angleterre, et Blanche d'Artois, la fille de Robert Ier d'Artois, frère de Saint Louis, roi de France.
Bref, Marguerite de Beaufort, à première vue appartenant simplement à la haute noblesse, pouvait en réalité se flatter d'une ascendance plus royale qu'aucune.

Edmond et Marguerite eurent un fils : Henry VII, roi d'Angleterre.

Henry devint roi d'Angleterre, après avoir vaincu Richard III à la bataille de Bosworth, mettant fin ainsi à la guerre des Deux-Roses, qui opposaient les descendants des deux fils d'Édouard III, Jean de Gand, duc de Lancastre, et Edmond de Langley, duc d'York. Richard III, dernier de la branche d'York, perdit la couronne au profit d'Henry, dernier représentant par sa mère de la branche de Lancastre, en même temps que premier Tudor.

Henry VII épousa Élisabeth d'York, fille d'Édouard IV et d'Élisabeth Woodwille.

Ce mariage réconciliait symboliquement les maisons de Lancastre et d'York, puisqu'Édouard IV était le propre frère de Richard III. Ajoutons qu'Élisabeth d'York était aussi la sœur des fameux "Enfants d'Édouard", Édouard V et Richard, duc d'York, qui disparurent tragiquement à la Tour de Londres à 13 et 10 ans, probablement assassinés par ordre de leur oncle Richard III. On a pu relever qu'Élisabeth d'York fut, cas unique, fille, nièce, sœur, femme et mère de rois d'Angleterre.

Henry VII et Élisabeth eurent :

- Arthur, prince de Galles, mort avant son père ;

- Henry VIII, roi d'Angleterre et d'Irlande (qui suit) ;

- Marguerite, qui épousa Jacques IV Stuart, roi d'Écosse, puis Archibald Douglas, comte d'Angus ;

- Marie, qui épousa Louis XII, roi de France, puis Charles Brandon, duc de Suffolk.


Arthur, prince de Galles, mourut à seize ans, faisant de son frère Henry le nouvel héritier de la couronne.


Henry VIII épousa d'abord Catherine d'Aragon, fille de Ferdinand et Isabelle les Catholiques. Catherine venait d'épouser Arthur, qui la laissait veuve moins d'un an après. Elle fut aussitôt remariée à Henry, et l'alliance anglo-espagnole ne subit donc aucun autre contretemps qu'un changement de mari.

Henry et Catherine eurent :

- Marie Tudor, reine d'Angleterre et d'Irlande, qui épousa Philippe II, roi d'Espagne, fils de son cousin germain Charles-Quint (qui était fils de Jeanne la Folle, sœur de Catherine d'Aragon). Sans postérité.

On sait que lassé de Catherine, qui ne lui donnait pas de garçon, et du reste amoureux ailleurs, Henry VIII demanda l'annulation de son mariage au pape Clément VII, ne put l'obtenir, et finit par passer outre, rompant ainsi avec Rome, entraînant l'Angleterre avec lui, fondant ainsi le schisme anglican. L'anglicanisme, a-t-on pu dire avec verdeur et en vérité, est ainsi "né de la culotte de Henry VIII"… Et de fait, il est toujours difficile de comprendre comment une religion dont la naissance fut fondée, de façon aussi flagrante, sur des motifs aussi piètrement humains, a pu être suivie de bonne foi par quiconque. Ce fut pourtant le cas - et ça l'est encore un peu, quoique fort peu, car ce qui subsiste de l'anglicanisme aujourd'hui n'est plus qu'une coquille vide sombrant dans le grand n'importe quoi, entre mariages homosexuels célébrés dans les églises et ordinations de femmes "prêtres" et "évêques".

Accessoirement, les rois d'Angleterre étant "seigneurs d'Irlande" sous la suzeraineté (toute théorique d'ailleurs) du pape, il fallut sur ce point tirer les conséquences de la rupture avec Rome. Henry VIII prit dès lors le titre de roi d'Irlande, et ses successeurs après lui.


Henry VIII put donc épouser, comme il le désirait, Anne Boleyn, fille de Thomas Boleyn, comte de Wiltshire et d'Ormonde, et d'Élisabeth Howard, fille de Thomas Howard, duc de Norfolk.

Henry et Anne eurent :

- Élisabeth Ire, reine d'Angleterre et d'Irlande, la "Reine-Vierge". Sans postérité.

Mais comme de juste, Henry, désormais la proie d'une nouvelle passion, se lassa aussi d'Anne Boleyn, qui en outre ne lui donnait pas, elle non plus, le fils désiré. La malheureuse Anne le paya cependant plus cher que Catherine, puisqu'il la fit accuser d'adultère, et même d'inceste avec son propre frère, sur les dépositions arrachées par la torture à ses prétendus complices. Anne fut condamnée à mort et décapitée.


Henry put ainsi épouser, quelques mois plus tard, Jeanne Seymour, fille de John Seymour, seigneur de Wiltshire, et de Marguerite Wentworth. Elle avait été demoiselle d'honneur de Catherine d'Aragon, et l'était toujours d'Anne Boleyn, lorsqu'Henry s'éprit d'elle.

Henry et Jeanne eurent enfin le fils tant désiré (mais Jeanne mourut des suites de ses couches) :

- Édouard VI, roi d'Angleterre et d'Irlande, mort à 16 ans, sans postérité.

Henry ne devait pas avoir d'autres enfants que ses deux filles et cet unique garçon.

Édouard VI, roi à dix ans, mourut à seize, ayant eu le temps d'exclure ses demi-sœurs Marie et Élisabeth de la succession à la couronne, comme illégitimes (respectivement issues d'un mariage nul et d'une mère convaincue d'adultère, mais en vérité parce que Marie était catholique, et le protestantisme d'Élisabeth - à l'époque - hésitant), au profit de sa petite-cousine Jeanne Grey, comme on le verra ci-après.


Henry se remaria avec Anne de Clèves, fille de Jean III, duc de Clèves, et de Marie de Juliers-Berg. Elle était donc la sœur de Guillaume le Riche, duc de Clèves, et de Sibylle de Clèves, électrice de Saxe.

Si Henry fixa son choix sur cette princesse, c'est qu'il avait envoyé Holbein peindre les différentes candidates envisagées, et que le portrait d'Anne de Clèves fut celui qui lui plut davantage. Cet admirable chef-d'œuvre le méritait assurément. C'est à cette occasion qu'Holbein avait également été peindre Christine de Danemark, qui refusa de toute façon l'union éventuelle en déclarant très pertinemment qu'elle épouserait Henry VIII lorsqu'elle aurait une tête de rechange !

Lorsqu'il aperçut Anne de Clèves en chair et en os, Henry n'eut qu'un mot : "I like her not". Il semble notamment qu'Anne ait eu un très long nez, défaut qu'Holbein avait habilement esquivé en la peignant de face… Des considérations diplomatiques (Henry reconsidérait inopinément ses alliances avec les princes protestants, dont le duc de Clèves) ont certainement joué leur rôle, mais quoi qu'il en soit, six mois après ce mariage, qui n'avait pas été consommé, Henry répudia Anne de Clèves, du reste en fort bons termes, lui attribuant une très confortable pension avec les titres de "princesse d'Angleterre et bien-aimée sœur du Roi". Elle resta d'ailleurs en Angleterre où elle passa paisiblement le reste de sa vie.

Le piquant quatrain qu'on lit sous son portrait gravé par Vermeulen d'après Holbein résume admirablement cette étrange destinée.

"Peut-on s'imaginer une telle aventure ?
Mon portrait me fit reine et femme de Henri.
Mais mon original détruisant ma peinture,
Je devins sœur de mon mari."



Henry se remaria alors avec Catherine Howard, fille de Lord Edmond Howard et de Joyce Culpeper. Edmond Howard était le second fils de Thomas Howard, duc de Norfolk, et ainsi le propre frère d'Élisabeth Howard, mère d'Anne Boleyn. Catherine Howard et Anne Boleyn étaient donc cousines germaines, comme si cette parenté devait les amener à périr de la même façon.

Demoiselle d'honneur d'Anne de Clèves, Catherine fut aussitôt remarquée par Henry et il l'épousa 19 jours après l'annulation de son mariage. Le puissante maison de Norfolk, restée fidèle à Rome, comptait faire de Catherine l'instrument du retour d'Henry et de l'Angleterre à la foi catholique. Sainte mission s'il en fut jamais, mais qui devait perdre la malheureuse. Elle s'attira la haine des novateurs, parmi lesquels le fanatique Cranmer, archevêque de Cantorbéry, qui s'était déjà tristement illustré en travaillant à la rupture avec Rome pour casser le mariage de Catherine d'Aragon, ce que la fille de cette dernière, Marie Tudor, lui fit payer sur le bûcher longtemps après, comme il le méritait. Cranmer parvint à tomber en possession d'une lettre de Catherine Howard à son cousin Thomas Culpeper, dont les termes semblaient exagérément tendres, et d'une dénonciation selon laquelle elle aurait eu avant son mariage une liaison avec un secrétaire de la maison de Norfolk, Francis Dereham. Culpeper et Dereham avouèrent tout ce qu'on voulut sous la torture. Catherine fut arrêtée, reconnut au demeurant son inconduite antérieure à son mariage, mais se défendit d'avoir jamais commis aucun adultère depuis qu'elle était unie au roi, et le jura jusqu'à son confesseur quelques instants avant sa mort. Elle ne fut pas entendue, et fut décapitée, comme le fut Culpeper, tandis que Dereham, de moindre extraction, était écartelé.


Henry se remaria alors avec Catherine Parr, fille de Sir Thomas Parr et de Maud Green. Elle était déjà veuve d'Édouard, baron Borough of Gainsborough, puis de John Nevill, baron Latymer of Snape. Elle appartenait à la maison de Marie Tudor, fille d'Henry VIII, lorsque ce dernier la distingua.

Henry mourut quatre ans plus tard et Catherine se remaria une quatrième fois avec Thomas Seymour, propre frère de Jeanne Seymour.


Comme on l'a dit, le jeune Édouard VI succéda à son père et après un règne éphémère, s'éteignit en désignant pour lui succéder non pas l'une ou l'autre de ses demi-sœurs, mais sa cousine Jeanne Grey.

Cette dernière était fille d'Henry Grey, duc de Suffolk, et de Frances Brandon, elle-même fille de Charles Brandon, duc de Suffolk, et de Marie d'Angleterre, éphémère reine de France, et sœur d'Henry VIII.

Jeanne Grey avait épousé Lord Guilford Dudley (frère de Robert Dudley, comte de Leicester, futur favori d'Élisabeth Ire), dernier fils du duc de Northumberland. C'est précisément ce dernier, dévoré d'ambition, qui poussa le jeune et mourant Édouard VI à désigner sa bru Jeanne comme héritière de la couronne ; le duc de Northumberland comptait ainsi faire de son fils un roi consort d'Angleterre - voire un roi d'Angleterre tout court.

Marie Tudor parvint cependant à rassembler suffisamment d'appuis, et à faire reconnaître ses droits devant le Parlement. Jeanne, son mari et son beau-père furent emprisonnés dans la Tour de Londres, et après avoir pensé leur faire grâce, l'implacable Marie, devant les troubles que continuaient de susciter les partisans de Jeanne, les fit décapiter tous les trois pour haute trahison. N'ayant jamais désiré la couronne, et n'ayant été que l'instrument innocent et la victime des brigues de sa famille, la malheureuse Jeanne Grey n'avait "régné" que neuf jours, et elle n'avait pas dix-huit ans. "Lorsqu'on m'éleva au trône, soupira-t-elle en recevant sa sentence, je voyais l'échafaud derrière".

Les vers inscrits sous la gravure de Vermeulen sont ici encore fort justes :

"J'avais dans un beau corps une âme encore plus belle.
L'ambition des miens me fit monter trop haut,
J'expiai leur péché sans être criminelle,
Et passai sans regrets du trône à l'échafaud"


"Sans regrets", hélas, est sans doute excessif dans la bouche d'une jeune princesse décapitée à dix-huit ans.

L'admirable tableau de Paul Delaroche (ce qui est presque un pléonasme) reconstitue avec une parfaite exactitude historique l'exécution de Jane Grey. Lorsqu'on lui banda les yeux, elle céda soudain à un mouvement de panique, cherchant à tâtons le billot avec ses mains, murmurant : "What shall I do ? Where is it ?" ("Que dois-je faire ? Où est-il ?"), et ce fut John Feckenham, le chapelain catholique envoyé par Marie Tudor, qui aida la princesse à prendre la bonne posture. Instant pathétique immortalisé ici de main de maître. On reste confondu par le rendu de la fraîcheur du visage de la jeune reine martyre, la beauté et la grâce des bras et des mains, les plis ondoyants du satin. Le degré de perfection ultime de la peinture.