AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Philippe IV, roi d'Espagne et de Portugal

Philippe IV, roi d'Espagne, à 3 ans (et non 4 comme inscrit par erreur sur le portrait), en 1608, d'après Pantoja de la Cruz
Philippe IV, roi d'Espagne, à l'âge de 10 ans, par Bartholomé Gonzalès
Philippe IV, roi d'Espagne, enfant
Philippe IV, roi d'Espagne, adolescent, par Rodrigo de Villandrado
Philippe IV, roi d'Espagne, à 18 ans, en 1623, par Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, à l'âge de 19 ans, en 1624, par Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, âgé d'environ 20 ans, par Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, par Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, par Gaspard de Crayer
Philippe IV, roi d'Espagne, par Gaspard de Crayer
Philippe IV, roi d'Espagne, par Rubens
Philippe IV, roi d'Espagne, par Rubens
Philippe IV, roi d'Espagne
Philippe IV, roi d'Espagne, par Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, nommant Gouverneur Général des Pays-Bas son frère Ferdinand, le Cardinal-Infant, en 1634, par Gerard Seghers
Philippe IV, roi d'Espagne, atelier de Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne
Philippe IV, roi d'Espagne, par Gaspard de Crayer
Philippe IV, roi d'Espagne, par Rubens
Philippe IV, roi d'Espagne, en costume de chasse, par Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, par Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, par Felipe Ariosto
Philippe IV, roi d'Espagne, atelier de Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, atelier de Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, en comte de Flandres
Philippe IV, roi d'Espagne, par Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, par Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, d'après un modèle du Bernin, statue de la Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome
Philippe IV, roi d'Espagne, place des Quatre-Coins, Palerme


Élisabeth de France, reine d'Espagne et de Portugal

Élisabeth de France, reine d'Espagne, enfant
Élisabeth de France, reine d'Espagne, enfant, par Pourbus
Élisabeth de France, reine d'Espagne, au moment de son mariage, par Pourbus
Élisabeth de France, reine d'Espagne, au moment de son mariage (autre version), par Pourbus
L'échange des princesses Anne d'Autriche et Élisabeth de France, par Rubens
Élisabeth de France, reine d'Espagne, par Rodrigo de Villandrado
Élisabeth de France, reine d'Espagne, école espagnole
Élisabeth de France, reine d'Espagne, école espagnole
Élisabeth de France, reine d'Espagne, gravure d'après Rubens
Élisabeth de France, reine d'Espagne, par Velasquez
Élisabeth de France, reine d'Espagne, par Velasquez (détail)
Élisabeth de France, reine d'Espagne, atelier de Velasquez
Élisabeth de France, reine d'Espagne, d'après Velasquez
Élisabeth de France, reine d'Espagne, d'après Velasquez
Élisabeth de France, reine d'Espagne, d'après Velasquez
Élisabeth de France, reine d'Espagne, par Velasquez
Élisabeth de France, reine d'Espagne, par Velasquez


Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne

Marie-Anne d'Autriche, future reine d'Espagne, enfant, par Franz Luycx
Marie-Anne d'Autriche, future reine d'Espagne, à l'époque de ses fiançailles, par Franz Luycx
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, par Velasquez, version du château d'Ambras, à Innsbruck
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, par Velasquez, version du musée du Prado, à Madrid
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, par Velasquez
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, par Velasquez
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, atelier de Velasquez
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, atelier de Velasquez
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, en veuve
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, en veuve, par Carreño de Miranda
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, en veuve, par Carreño de Miranda
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, en veuve, par Carreño de Miranda
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, en veuve, en 1666, par Martinez del Mazo
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, en veuve, par Claudio Coello
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, en veuve


Pendants et Ensembles

Philippe IV, roi d'Espagne
Élisabeth de France, reine d'Espagne
Philippe IV, roi d'Espagne, par Rubens
Élisabeth de France, reine d'Espagne, par Rubens
Philippe IV, roi d'Espagne, par Velasquez
Élisabeth de France, reine d'Espagne, par Velasquez
Philippe IV et Élisabeth de France, roi et reine d'Espagne, par Alonso de Mena
Philippe IV, roi d'Espagne, d'après Velasquez
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, d'après Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, atelier de Velasquez
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, atelier de Velasquez
Philippe IV, roi d'Espagne, vers 1665, atelier de Velasquez
Marie-Anne d'Autriche, reine d'Espagne, vers 1665, atelier de Velasquez


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Philippe IV, roi d'Espagne (1605-1665),
et
sa première femme Élisabeth de France (1602-1644),
sa deuxième femme Marie-Anne d'Autriche (1634-1696)






Philippe IV, enfant, avec sa sœur Anne d'Autriche, future reine de France : ICI.

Marie-Anne d'Autriche, enfant, avec son frère Ferdinand, roi des Romains : ICI.



Philippe IV, roi d'Espagne, était le fils de Philippe III, roi d'Espagne, et de Marguerite d'Autriche-Styrie.

Il épousa d'abord Élisabeth de France, fille de Henri IV, roi de France, et de Marie de Médicis.

Rappelons que Philippe IV et Élisabeth étaient cousins issus de germains, Marguerite d'Autriche-Styrie et Marie de Médicis étant cousines germaines, filles respectives de Charles d'Autriche-Styrie et de Jeanne d'Autriche, qui étaient frère et sœur. La sœur de Philippe IV, Anne d'Autriche, épousa le frère d'Élisabeth, Louis XIII, roi de France. Pour l'anecdote, ajoutons qu'Élisabeth de France était également la filleule de l'infante Isabelle-Claire-Eugénie, archiduchesse d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas.

Philippe IV et Élisabeth de France eurent :

- Marie-Thérèse, qui épousa son double cousin germain Louis XIV, roi de France ;

- Balthazar-Carlos, prince des Asturies.



Veuf, Philippe IV se remaria avec Marie-Anne d'Autriche, fille de l'Empereur Ferdinand III et de Marie-Anne d'Autriche, infante d'Espagne.

Philippe IV avait quarante-quatre ans à l'époque de ce remariage, Marie-Anne en avait quinze.

Ajoutons que par sa mère, Marie-Anne était bien sûr la nièce de son mari, qui était le frère de sa mère. Mais cela ne suffit pas : par son père, Marie-Anne était aussi la nièce à la mode de Bretagne de son mari. En effet Philippe IV était cousin germain de Ferdinand III (enfants de la sœur et du frère, Marguerite d'Autriche-Styrie et l'Empereur Ferdinand II).

Au surplus, Marie-Anne était en elle-même, bien sûr, fille d'un mariage entre tante et neveu à la mode de Bretagne (sa mère étant cousine germaine de Ferdinand II, père de son père Ferdinand III).

Et au demeurant, aux générations précédentes, les mêmes labyrinthes généalogiques sont à relever, le tout exclusivement entre les descendants des deux frères Charles-Quint et Ferdinand Ier, qui eux-mêmes avaient épousé leurs cousines, germaine (pour Charles-Quint) ou plus éloignée (pour Ferdinand).

Cette excessive consanguinité eut de funestes résultats sur les enfants de Philippe et Marie-Anne :

- Philippe-Prosper, prince des Asturies ;

- Charles II, roi d'Espagne ;

- Marguerite-Thérèse, qui épousa Léopold Ier, Empereur des Romains.

Philippe-Prosper mourut à quatre ans, Charles II fut affligé d'une dégénérescence complète, et Marguerite-Thérèse (fille de l'oncle et de la nièce, et mariée elle-même à son oncle…) mourut à 22 ans.


De sa maîtresse l'actrice Maria Calderon, Philippe IV eut un fils légitimé :

- Jean-José, dit Don Juan d'Autriche.


On remarquera que Philippe IV, enfant et adolescent, porte la fraise espagnole de rigueur jusqu'au début du XVIIe siècle. Puis, apparaît ce petit col rigide et plat, caractéristique de son règne et de celui de Charles II, appelé la golille ("la golilla"), dont le roi en personne fut l'inventeur. Inventeur si fier de sa création qu'il ordonna un solennel service d'actions de grâces, chaque année, pour remercier Dieu de l'inspiration qu'il lui avait envoyée en cette occasion. On a peine à le croire, et rien n'est plus vrai. Du reste, Philippe IV interdit du même coup le port de la fraise, et imposa systématiquement celui de la golille, devenu si intrinsèquement lié à l'Espagne que lorsque Rigaud peignit au début du XVIIIe siècle son célèbre portrait du duc d'Anjou devenu Philippe V, il figura le jeune prince français avec la golilla, tant ce col était absolument indispensable à l'"hispanisation" du nouveau souverain ; qui d'ailleurs, dès qu'il fut bien établi dans son nouveau royaume, s'empressa à son tour de supprimer la golille et de l'interdire à la Cour, pour exiger le port de la cravate à la française. La golille ne fut alors plus tolérée qu'à la magistrature et à la bourgeoisie, et disparut bientôt.

Parmi les Grands d'Espagne, il s'en trouva un qui refusa toujours d'obtempérer et d'abandonner la golille, par "un attachement à son sens et à ses coutumes, que rien ne pouvait vaincre". Ce fut le fils du duc de Medina-Sidonia. Or, à la mort de son père, devenu nouveau duc de Medina-Sidonia, il devait bien se présenter à la Cour pour la cérémonie de la "couverture", c'est-à-dire pour recevoir de vive voix de la part du roi l'autorisation de garder son chapeau en sa présence, privilège et véritable investiture officielle des Grands d'Espagne. Laissons la parole à Saint-Simon, qui consacra à l'affaire quelques lignes admirables. "De s'y présenter en golille, il n'y avait pas d'apparence ; vêtu à la française, il ne le voulut jamais. Conclusion, qu'il a vécu douze ou quinze ans de la sorte, et est mort peu avant que j'allasse en Espagne, ayant autour de cinquante ans, sans avoir jamais joui d'aucune prérogative de la grandesse, qui, à la Cour et hors de la Cour, sont également suspendues sans difficulté à quiconque n'a pas fait sa couverture…" L'anecdote révèle à quel point, en ces questions de cols, il s'agissait autrement plus que d'une affaire de mode. Pour le duc de Medina-Sidonia, il en allait de l'identité espagnole, rien de moins.


En comparant le portraits d'Élisabeth de France au moment son mariage, par Pourbus, à ceux de Louis XIII au même âge, on peut constater la grande ressemblance existant dans leur jeunesse entre cette princesse et son frère.

Le tableau de Rubens représentant l'échange des princesses Élisabeth de France et Anne d'Autriche à Hendaye, est commenté ICI. On remarquera que la princesse française est déjà vêtue à l'espagnole, tandis que la princesse espagnole est déjà vêtue à la française.

Le portrait équestre d'Élisabeth reprend une composition typique qu'on retrouve sur celui de sa belle-mère Marguerite d'Autriche-Styrie (voir ICI). Il n'est pas entièrement de la main de Velasquez. Si l'on reconnaît dans le cheval et le visage de la reine la manière de ce peintre, passablement approximative et disons-le, d'une virtuosité un peu grossière, le caparaçon et la robe sont peints avec une minutie et une méticulosité dans le détail qui trahissent l'intervention d'un collaborateur.

Le portrait de Franz Luycks représentant Marie-Anne d'Autriche dans son enfance permet de constater que dès son plus jeune âge, elle avait déjà ce redoutable visage renfrogné qu'on reconnaîtrait entre tous.

Franz Luycks la peignit encore à l'époque de ses fiançailles. L'archiduchesse est encore vêtue à la mode autrichienne et pas encore à la mode espagnole.

Les derniers portraits représentent Marie-Anne d'Autriche dans le costume de grand deuil des reines d'Espagne, qui est à peu près un costume de religieuse dominicaine, et qu'elle ne quitta plus à compter de la mort de son époux. Il faut reconnaître que la physionomie singulièrement peu avenante de la seconde épouse de Philippe IV, déjà remarquable sur ses portraits in fiocchi, confine dans un tel appareil au véritable chef-d'œuvre…