AMATOR TEMPORIS ACTI

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Liste complète des personnages

Louis XIII, roi de France et de Navarre

Louis XIII, roi de France, enfant, par Pourbus
Louis XIII, roi de France, enfant
Louis XIII, roi de France, enfant, miniature d'après Pourbus
Louis XIII, roi de France, enfant, d'après Pourbus
Louis XIII, roi de France, âgé de dix ans, en 1611, par Pourbus
Dessin exécuté par Louis XIII, roi de France, à l'âge de sept ans (1608), en marge du journal de son médecin Hérouard
Le Sacre de Louis XIII, roi de France, à Reims, le 17 octobre 1610
Louis XIII, roi de France, adolescent, d'après Pourbus
Louis XIII, roi de France, adolescent, d'après Pourbus
Louis XIII, roi de France, adolescent, d'après Pourbus
Louis XIII, roi de France et de Navarre, enfant, entouré de ses frères Gaston, duc d'Anjou puis d'Orléans, et N… (dit "Nicolas"), duc d'Orléans
Louis XIII, roi de France, adolescent, par François Rude
Louis XIII, roi de France, adolescent, d'après Pourbus
Louis XIII, roi de France, adolescent, d'après Pourbus
Louis XIII, roi de France, jeune homme, par Pourbus
Louis XIII, roi de France, âgé d'environ 25 ans, vers 1625, étude de Rubens
Allégorie de la Majorité de Louis XIII, roi de France, par Rubens
Louis XIII, roi de France, avec sa mère Marie de Médicis, par Rubens
Louis XIII, roi de France, d'après Pourbus
Louis XIII, roi de France, par Dumonstier
Louis XIII, roi de France, par Simon Vouet
Louis XIII, roi de France, par Juste d'Egmont
Louis XIII, roi de France, d'après Juste d'Egmont
Louis XIII, roi de France, par Philippe de Champaigne
Louis XIII, roi de France, par Philippe de Champaigne
Louis XIII, roi de France, par Philippe de Champaigne (posthume, 1655)
Louis XIII, roi de France et de Navarre, couronné par la Victoire, par Philippe de Champaigne
Louis XIII, roi de France et de Navarre, atelier de Philippe de Champaigne
Louis XIII, roi de France, consacrant son royaume à la Sainte Vierge, par Philippe de Champaigne
Louis XIII, roi de France et de Navarre, par Simon Vouet
Louis XIII, roi de France et de Navarre, par Ribou
Louis XIII, roi de France et de Navarre, d'après Philippe de Champaigne
Louis XIII, roi de France, adorant le Christ en Croix
Louis XIII, roi de France, gravure d'après un portrait (perdu) par Juste d'Egmont
Louis XIII, roi de France, par Jean de Saint-Igny
Louis XIII, roi de France, d'après Philippe de Champaigne
Louis XIII, roi de France, d'après Philippe de Champaigne
Louis XIII, roi de France, par Bordoni
Louis XIII, roi de France, offrant sa couronne et son sceptre à la Vierge, statue votive dans le chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, par Coustou
Louis XIII, roi de France, offrant sa couronne et son sceptre à la Vierge, statue votive dans le chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, par Coustou
Louis XIII, roi de France, avec Saint Michel Archange, co-patron de la France
Le Vœu de Louis XIII, roi de France, par Ingres
Louis XIII, roi de France, médaille de 1641


Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France et de Navarre

Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, âgée d'un an, en 1602, par Pantoja de la Cruz
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, âgée d'un an, en 1602, par Pantoja de la Cruz
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, âgée de trois ans, en 1604, par Pantoja de la Cruz
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, âgée de six ans, en 1607, par Pantoja de la Cruz
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, âgée de sept ans, en 1608, d'après Pantoja de la Cruz
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, enfant
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, avec son frère Philippe IV, roi d'Espagne, vers 1610, par Bartholomé Gonzalès
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, avec son frère Philippe IV, roi d'Espagne, vers 1610, par Bartholomé Gonzalès
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en 1614, quelques mois avant son mariage, gravure de Lasne
L'échange des princesses Élisabeth de France et Anne d'Autriche sur la Bidassoa, à Hendaye, par Rubens
Anne d'Autriche, détail de "L'Échange des Princesses", par Rubens
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, vers 1616, par Pourbus
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en grand habit royal, par Pourbus
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Rubens
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en "deuil ordinaire" de son père Philippe III, roi d'Espagne, en 1621, par Pourbus
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en "petit deuil" de son père Philippe III, roi d'Espagne, en 1622, par Rubens
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en 1622, par Dumoustier
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en sainte Catherine d'Alexandrie
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en Diane, attribué à Jean Ducayer
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France (vraisemblablement peint en Espagne d'après un portrait envoyé de France), atelier de Bartholomé Gonzalès
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Jean de Saint-Igny
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Philippe de Champaigne
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Mme Jaquotot d'après Mignard
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, à cheval
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en Minerve, par Simon Vouet
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, avec son fils Louis XIV, roi de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, avec son fils Louis XIV, roi de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en grand deuil de veuve
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, d'abord en grand deuil de veuve, puis en deuil ordinaire, deux gravures d'après Philippe de Champaigne
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en grand deuil de veuve
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en veuve, dessinée le 12 octobre 1645, par Dumonstier
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en grand deuil de veuve
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en deuil ordinaire, vers 1645, par Beaubrun
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en deuil ordinaire, vers 1645, d'après Beaubrun
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en deuil ordinaire, vers 1645, par Beaubrun
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en deuil ordinaire, vers 1645
Anne d'Autriche, reine de France, avec ses fils Louis XIV, roi de France, et Philippe de France, duc d'Anjou puis d'Orléans, en 1643
Anne d'Autriche et ses deux fils offrant la couronne de France à la Vierge, vers 1645, par Philippe de Champaigne
Anne d'Autriche, reine de France, déposant la Régence du Royaume entre les mains de la Vierge, gravure de Claude Mellan
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en deuil, peinte en tant que "grand-maître" et "surintendant" de la Navigation de France, par Steuben
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en deuil (détail), par Steuben
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en deuil ordinaire, atelier de Beaubrun
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en deuil ordinaire, vers 1645
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en deuil ordinaire, en 1647, esquisse de Claude de Champaigne pour un portrait disparu
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en deuil ordinaire, en 1647, d'après Claude de Champaigne
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en deuil ordinaire, par Claude Mellan
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en deuil ordinaire, par Petitot
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en petit deuil, vers 1645, par Beaubrun
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Petitot
Anne d'Autriche avec son fils Louis XIV, en 1645, médaille commémorative de Jean Warin frappée à l'occasion de la pose de la première pierre de l'église du Val-de-Grâce
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, avec ses deux fils Louis XIV, roi de France, et Philippe, duc d'Anjou puis d'Orléans, vers 1645, école française
Anne d'Autriche et ses deux fils, présentés par Saint Benoît et Sainte Scholastique, adorant la Sainte-Trinité, en 1646, par Philippe de Champaigne
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, vers 1650, école française
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, vers 1650, par Beaubrun
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en costume royal, vers 1650, par Beaubrun
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, sous le costume de sainte Hélène
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en Minerve, par Gilbert de Sève
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en costume royal, vers 1650, copie autrichienne d'après Beaubrun
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, atelier de Beaubrun
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Paul Delaroche d'après Gilbert de Sève
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, en Cybèle, d'après Nocret
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, gravure d'après Mignard
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, gravure d'après Mignard
Anne d'Autriche, reine de France, avec sa nièce et belle-fille Marie-Thérèse d'Autriche et son petit-fils le Grand Dauphin, par Beaubrun
Anne d'Autriche et sa nièce et belle-fille Marie-Thérèse d'Autriche, reines de France, en Minerve et en Astrée, en 1664, par Renard de Saint-André
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, gravure d'après Jacob Van Loo


Ensembles et Pendants

Mariage de Louis XIII et Anne d'Autriche, le 25 novembre 1615, à Bordeaux, béni par Mgr Le Cornu de la Courbe de Brée, évêque de Saintes, par Jean Chalette
Mariage de Louis XIII et Anne d'Autriche, le 25 novembre 1615, à Bordeaux, gravure d'Adrien Moreau
Louis XIII, roi de France, à quinze ans, en 1616, par Pourbus
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, à quinze ans, en 1616, par Pourbus
Louis XIII, roi de France, âgé d'environ 25 ans, vers 1625, par Rubens
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, âgée d'environ 25 ans, vers 1625, par Rubens
Louis XIII, roi de France
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France
Louis XIII, roi de France, par Elle l'Ancien
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Elle l'Ancien
Louis XIII, roi de France, en 1638, par Charles Beaubrun
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, enceinte de 8 mois du futur Louis XIV, en 1638, par Charles Beaubrun
Louis XIII, roi de France, par Simon Guillain
Anne d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, par Simon Guillain
Louis XIII et Anne d'Autriche, roi et reine de France, en 1639, adorant l'Enfant-Jésus dans la Crèche (détail), grisaille de Juste d'Egmont
Louis XIII et Anne d'Autriche, roi et reine de France, rendant grâce à la Vierge pour la naissance du dauphin, futur Louis XIV


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Louis XIII le Juste, roi de France et de Navarre (1601-1643)
et sa femme Anne d'Autriche, infante d'Espagne (1601-1666)





Anne d'Autriche, enfant, avec sa mère : ICI.

Anne d'Autriche, avec ses fils, sa belle-fille, et ses petits-enfants : ICI.



Louis XIII était le fils de Henri IV, roi de France, et de Marie de Médicis.

Anne d'Autriche (Anna-Maria-Mauricia) était la fille de Philippe III, roi d'Espagne, et de Marguerite d'Autriche-Styrie.

Louis XIII et Anne d'Autriche eurent :

- Louis XIV, roi de France ;

- Philippe, duc d'Anjou, puis Monsieur, duc d'Orléans.

Les portraits de Louis XIII dans son enfance permettent de constater que sa mère lui avait bel et bien transmis le prognathisme Habsbourg. Louis XIII et Anne d'Autriche, elle-même quintessence de Habsbourg, ne le transmettront que très légèrement à leur fils aîné Louis XIV, ce qui est curieux ; mais en revanche, très nettement à leur fils cadet Philippe d'Orléans.

On remarquera le petit dessin que Louis XIII exécuta à l'âge de sept ans dans une marge du fameux journal de son médecin Hérouard.



En effet, en 1638, Louis XIII consacra son royaume à la Vierge. Il y songeait depuis plusieurs années, et spécialement depuis la victoire de Corbie en 1636, mais l'événement miraculeux que constitua la grossesse de la reine, Anne d'Autriche, après une vaine attente de 22 ans de mariage et de nombreuses prières, en fut la cause décisive. Toutefois, le texte de la consécration de la France à la Vierge (ci-dessous) ne le mentionne pas explicitement, car Louis XIII l'avait déjà composé et adressé au Parlement de Paris, dès 1637. Il faut lire attentivement ce magnifique discours, qui, sous son apparence un peu touffue, unit à la plus haute élévation spirituelle du fond la perfection absolue de la forme, et qui est admirable en général comme dans le détail de chacune de ses phrases.

"LOUIS, PAR LA GRÂCE DE DIEU, ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE.

À TOUS CEUX QUI LES PRÉSENTES LETTRES VERRONT, SALUT.

Dieu, qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l'esprit qu'Il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre état, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne, sans y voir autant d'effets merveilleux de Sa bonté, que d'accidents qui nous pouvaient perdre.

Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d'en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l'on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins. En divers autres temps, l'artifice des hommes et la malice du diable ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables au repos de notre maison, Il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice.

La rébellion de l'hérésie ayant aussi formé un parti dans l'état, qui n'avait d'autre but que de partager notre autorité, Il s'est servi de nous pour en abattre l'orgueil, et a permis que nous ayons relevé Ses saints autels en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.

Quand nous avons entrepris la protection de nos alliés, Il a donné des succès si heureux à nos armes, qu'à la vue de toute l'Europe, contre l'espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs états dont ils avaient été dépouillés.

Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne, se sont ralliées pour conspirer sa ruine, Il a confondu leurs ambitieux desseins pour faire voir à toutes les nations que, comme Sa providence a fondé cet état, Sa bonté le conserve et Sa puissance le défend.

Tant de grâces si évidentes font que pour n'en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra sans doute de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de Sa Majesté Divine que nous adorons en Trois Personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la Sacrée Croix, où nous vénérons l'accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, de nous consacrer à la grandeur de Dieu par Son Fils rabaissé jusqu'à nous, et à ce Fils par Sa Mère élevée jusqu'à Lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte-Trinité, par son intercession et celle de toute la cour céleste par son autorité et exemple. Nos mains n'étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de Le porter, les rendront hosties agréables, et c'est chose bien raisonnable qu'ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.

À ces causes, nous avons déclaré et déclarons que prenant la Très Sainte et Très Glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et de défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que, soit qu'il souffre du fléau de la guerre ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire.

Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés en ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de la cathédrale de Paris avec une image de la Vierge qui tienne dans ses bras son précieux Fils descendu de la Croix, et où nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère comme leur offrant notre couronne et notre sceptre.

Nous admonestons le sieur archevêque de Paris et néanmoins lui enjoignons que tous les ans le jour et fête de l'Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand'messe qui se dira en son église cathédrale, et qu'après les vêpres du dit jour, il soit fait une procession en la dite église à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et le corps de ville, avec pareille cérémonie que celle qui s'observe aux processions générales les plus solennelles ; ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales que celles des monastères de la dite ville et faubourg, et en toutes les villes, bourgs et villages du dit diocèse de Paris.

Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales et autres églises de leur diocèse ; entendant qu'à la dite cérémonie les cours de Parlement et autres compagnies souveraines et les principaux officiers de la ville y soient présents ; et d'autant qu'il y a plusieurs épiscopales qui ne sont pas dédiées à la Vierge, nous exhortons les dits archevêques et évêques en ce cas de lui dédier la principale chapelle des dites églises pour y être fait la dite cérémonie et d'y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre et d'admonester tous nos peuples d'avoir une dévotion particulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection afin que sous une si puissante patronne notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu'il jouisse largement d'une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement à la dernière fin pour laquelle nous avons été créés ; car tel est notre bon plaisir.

Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l'an de grâce mil six cent trente-huit, et de notre règne le vingt-huit.
"


Concernant les portraits d'Anne d'Autriche, il importe de corriger ici deux erreurs d'identifications fréquemment commises, car il existe au moins deux portraits de la reine de France souvent identifiés fautivement comme des portraits de sa belle-sœur Élisabeth de France, reine d'Espagne (double belle-sœur, puisque femme de son frère et sœur de son mari !).

Le premier est celui signé et daté Pourbus, 1616, qui est conservé au Kunsthalle de Karlsruhe. Il est évident qu'il s'agit d'Anne d'Autriche, quand ce ne serait qu'au vu des traits du visage, absolument caractéristiques de cette princesse, avec ses grands yeux caressants, son nez un peu gros, sa lèvre autrichienne et son menton un peu fuyant. La comparaison avec ses autres portraits est criante, ne citons que le dessin très précis de Dumonstier réalisé quelques années plus tard, qui semble presque un calque du visage de Pourbus. Mais au-delà de la physionomie, l'identification avec Anne d'Autriche ne fait aucun doute pour deux autres raisons : d'abord, le fait qu'il s'agisse d'un pendant au portrait de Louis XIII, présenté ici en regard. Il est certain qu'un an après son mariage, le pendant d'un portrait du jeune roi ne saurait être que le portrait de son épouse, et non celui de sa sœur, elle-même mariée et partie en Espagne un an plus tôt. Ensuite, on reconnaît la croix de diamants ornée de perles en poires que porte la reine, qui était un de ses bijoux préférés, et qu'on retrouve sur d'autres portraits (voir notamment celui de Rubens en grand costume royal, et les gravures). Ce modèle de croix de diamants et perles, essentiellement français, était presque un attribut des reines de France. Marie de Médicis l'arborait déjà fréquemment, comme ses portraits en attestent aussi.

L'autre erreur d'identification concerne le portrait en deuil, également par Pourbus, conservé au Prado à Madrid. Là encore, le visage est celui d'Anne d'Autriche sans la possibilité d'une seconde d'hésitation. Au surplus, les cheveux blonds suffiraient à le prouver. Il est vrai que les peintres ne semblent pas toujours avoir été d'accord sur la blondeur d'Anne d'Autriche, car la couleur de ses cheveux varie selon ses portraits. Mais Élisabeth, elle, n'est jamais blonde. Elle est toujours brune, et très brune, sans ambiguïté. Les boucles dorées qu'on contemple sur ce tableau interdisent sans appel d'y voir un portrait de la reine d'Espagne. Mais il y a bien plus : le costume de deuil porté ici est un costume typiquement français. Rubens peignit à destination de la cour d'Espagne en 1622 deux portraits de Marie de Médicis et d'Anne d'Autriche dans des tenues semblables, et l'on comparera également avec le grand portrait en pied de Marie de Médicis par Pourbus. Le petit attifet de crêpe noir, auquel s'attache un voile enveloppant l'arrière de la collerette, et justement cette grande collerette en éventail assortie d'un décolleté en pointe plus ou moins profond, sont alors exclusivement propres à la France et absolument sans exemple en Espagne. Élisabeth ne porte, sur tous ses portraits, que la volumineuse fraise de dentelle à l'espagnole, et la différence des modes est si nette que Rubens l'a soulignée dans son célèbre tableau de l'échange des princesses au moment du double mariage. Il n'y a naturellement aucune apparence que la reine d'Espagne porte le deuil à la française… Il s'agit bien évidemment ici de la reine de France, en deuil de son père Philippe III, roi d'Espagne, qui venait de mourir (1621).