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Anne, futur Connétable de Montmorency, à 22 ans, par Jean Clouet
Anne, Connétable de Montmorency, avec sa patronne sainte Anne
Madeleine de Savoie-Villars, duchesse de Montmorency
Relevé des gisants du Connétable de Montmorency et de Madeleine de Savoie-Villars
Gisants du Connétable de Montmorency et de Madeleine de Savoie-Villars, par Barthélemy Prieur
François, duc de Montmorency, par François-Louis Dejuine (XIXème), d"après un original du temps
Diane de France, duchesse de Montmorency
Diane de France, duchesse de Montmorency
Diane de France, duchesse de Montmorency
Diane de France, duchesse de Montmorency, monument funéraire à Saint-Denis
Henri Ier, duc de Montmorency, portant les insignes de connétable, copie (XIXème) par Louis-Jules Etex d"un original du temps
Louise de Budos, duchesse de Montmorency
Henri II, duc de Montmorency
Henri II, duc de Montmorency, par Dumonstier
Henri II, duc de Montmorency, par François-Edouard Picot (XIXème) d"après un original du temps
Marie-Félice Orsini, duchesse de Montmorency, par Dumonstier
Marie-Félice Orsini, duchesse de Montmorency, en habit de visitandine, après son veuvage
![]() et sa femme Madeleine de Savoie-Villars (1510-1586) puis leur premier fils François, duc de Montmorency (1530-1579) et sa femme Diane de France (1538-1619) leur second fils Henri Ier, duc de Montmorency, connétable de France (1534-1614) et sa femme Louise de Budos (1573-1598) puis leur fils Henri II, duc de Montmorency (1595-1632) et sa femme Marie-Félice Orsini (1600-1666) Anne, connétable de Montmorency était le fils de Guillaume, baron de Montmorency, et d'Anne Pot. Anne Pot était fille de Guy Pot, comte de Saint-Pol, et de Marie de Villiers de L'Isle-Adam (fille de Jacques, comte de Villiers de L'Isle-Adam, et de Jeanne de Nesle). Guy Pot était le frère de Philippe Pot, Grand Sénéchal de Bourgogne, filleul du duc Philippe le Bon, qui passa au service de Louis XI après la mort de Charles le Téméraire, et mérita par cette trahison de voir ses armes grattées et son nom biffé des registres de l'Ordre de la Toison d'Or au chapître de Bois-le-Duc tenu par l'Empereur Maximilien en 1480 (Louis XI le fit d'ailleurs en retour chevalier de Saint-Michel, piètre compensation à beaucoup près). Cette illustre maison bourguignonne de Pot donna tant de chevaliers de Malte (précédemment dits chevaliers de Rhodes) que l'usage la nomma couramment Pot de Rhodes. Guy et Philippe étaient fils de Jacques Pot et de Marguerite de Courtejambe, Jacques fils de Régnier Pot (croisé, fait prisonnier à Nicopolis) et Catherine d'Anguissola. Le futur connétable de Montmorency était le filleul d'Anne de Bretagne, ce qui lui valut ce prénom féminin. Madeleine de Savoie-Villars était la fille de René, le Grand Bâtard de Savoie, comte de Villars, et d'Anne de Vintimille-Tende. Elle était donc la sœur d'Honorat de Savoie-Villars, comte de Tende, père d'Henriette de Savoie-Villars, épouse de Charles de Lorraine-Guise, duc de Mayenne. René de Savoie était fils de Philippe II Sans Terre, duc de Savoie, et de sa maîtresse Bonne de Romagne. Il était donc le demi-frère de Philibert le Beau et de Louise de Savoie, mère de Francois Ier. Le léger crayon de Clouet qui représente le connétable à 22 ans est admirable, restituant avec une incroyable économie de moyens la parfaite beauté virile du visage de ce guerrier à l'aube de sa grandiose carrière, qu'il acheva comme il se doit au combat, à la bataille de Saint-Denis, à 75 ans... L'inscription sous le portrait de Madeleine de Savoie-Villars (Mme la Batarde, femme de M. de Mty) résulte vraisembablement d'une confusion avec sa belle-fille. Veuve, Madeleine fit ériger pour elle et son époux un imposant tombeau, œuvre de Barthélemy Prieur, dont il ne reste que les deux gisants. Le Connétable porte le collier de l'Ordre de Saint-Michel et au genou gauche, la boucle de l'Ordre de la Jarretière. Le Connétable et sa femme eurent entre autres : - François, duc de Montmorency, qui épousa Diane de France, bâtarde légitimée d'Henri II et de Philippa Duci, et déjà veuve d'Horace Farnèse, duc de Castro. Sans postérité ; - Henri Ier, duc de Montmorency, connétable de France (voir ci-dessous) ; - Eléonore, qui épousa François III de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, d'où Henri Ier, duc de Bouillon ; - Jeanne, qui épousa Louis III de La Trémoille, duc de Thouars. Henri Ier, duc de Montmorency, connétable de France, épousa d'abord Antoinette de La Marck, fille du duc de Bouillon, dont il eut Charlotte, femme de Charles de Valois, duc d'Angoulême ; et Marguerite, duchesse de Ventadour, mère de Charles, père de Louis-Charles, duc de Ventadour, qui épousa Charlotte de La Mothe-Houdancourt, gouvernante des Enfants de France (voir ICI). Puis il épousa Louise de Budos, fille de Jacques de Budos, vicomte de Portes, et de Catherine de Clermont-Montoison (fille de Claude de Clermont, seigneur de Montoison, et de Louise de Saint-Simon, elle-même fille d'une Montmorency-Fosseux et d'un Saint-Simon de Sandricourt, petit-fils du frère de Marguerite de Saint-Simon, mère de Jean III et Henry de Glymes-Berghes). Veuf à nouveau, il épousa la tante de Louise, Laurence de Clermont-Montoison, sœur de Catherine et veuve du comte de Dimizieu, dont il divorça peu après. Saint-Simon rapporte des choses bien extraordinaires quant à Louise de Budos. Et il convient de rappeler que le frère de Louise, Antoine-Hercule de Budos, marquis de Portes, était le père de Diane-Henriette de Budos, première femme du père de Saint-Simon. En outre, Antoine-Hercule et Louise de Budos, par leur grand-mère maternelle, étaient issus de la branche aînée des Saint-Simon, cousine de la branche cadette, dite de Rasse, qui était celle du mémorialiste (branches sorties des deux frères, Gaucher et Gilles). Voici l'histoire. Henri, veuf de sa première femme, avait à Pézenas auprès de lui Louise de Budos et sa mère. Une pauvre femme leur demanda un jour l'aumône, Louise insista auprès de sa mère pour qu'elle y consentît, et la mendiante remercia alors la jeune fille en lui donnant une petite bague qu'elle lui dit de passer au doigt du duc de Montmorency, et que son bon cœur en serait recompensé. Le conseil fut suivi et peu après, Henri demanda la main de Louise, qui faisait là un mariage prodigieux, et qui fut fort heureux. Mais cinq ans plus tard, à Chantilly, son mari étant absent, Louise sombra peu à peu dans une tristesse profonde, qui étonna son entourage, sans qu'elle veuille en dire la cause. Un jour, on la vit s'entretenir dans le parc avec un homme lugubre, après quoi elle fut d'autant plus abattue, sans vouloir s'expliquer davantage. Le lendemain midi, peu avant de sortir de table, on vint avertir la duchesse que l'homme à qui elle avait parlé la veille demandait à la voir. Elle manifesta alors une émotion extrême, lui fit dire d'attendre, puis se décida à le recevoir. Avant de s'enfermer avec lui dans un cabinet, elle déclara à ses gens, et à sa tante Laurence et au comte de Cramail qui étaient présents (c'est par ce dernier que l'histoire fut sue), que l'on ne devait s'approcher de la pièce sous aucun prétexte, quels que soit le temps qu'ils y passeraient et tous les bruits qu'on pourrait entendre. Chacun d'être de plus en plus inquiet, tout le reste de la journée jusqu'à dix heures du soir, où ne voyant toujours pas l'entretien terminé, on se décida à aller frapper, appeler, sans réponse, puis enfin à enfoncer la porte, pour découvrir Louise morte par terre, le cou entièrement tourné, le visage du côté du dos, et une horrible odeur de soufre dans toute la chambre. Après ces évènements, la tante de Louise se mit à porter, en souvenir d'elle, l'anneau que le duc de Montmorency avait, après son mariage, rendu à sa femme. Dès cet instant, Henri lui manifesta les plus grandes attentions, lui qui jusque-là, ne l'avait jamais pu souffrir et avait souvent demandé à Louise de l'éloigner. Il finit même par la demander en mariage, et, après avoir obtenu la dispense nécessaire en raison de la parenté entre sa seconde et sa troisième femme, l'épousa. Toutefois, Laurence était tourmentée de scrupules sur cet étrange retournement et songea tout à coup à la bague de sa nièce. Elle s'en ouvrit même à son époux, qui se moqua d'elle, mais finit, puisqu'elle en était tant inquiète, par lui conseiller de se débarrasser du bijou. Un jour qu'elle se promenait à Ecouen, elle se décida à jeter la bague dans un étang. Henri retrouva aussitôt toute son aversion pour Laurence, ne voulut plus même la voir et divorça le plus vite qu'il put. Le plus remarquable est qu'il prit de cette époque un goût prononcé pour Ecouen, et y fit faire de somptueux embellissements au château, et non du côté de Paris et de la plus belle vue, mais bien du côté où la bague était tombée. Voilà bien du merveilleux. Et en voilà encore. Saint-Simon poursuit : "La même tradition également et constamment crue dans la Maison de Condé, ajouta que cette même connétable paraît dans l'âge où elle était et avec les habits de son temps, à la fenêtre de la salle d'armes de Chantilly peu de temps avant la mort de l'aîné de la maison de Condé. Ce qu'il y a de très certain, c'est que fort peu de jours avant la petite vérole de Madame la Duchesse, (NdR: bâtarde de Louis XIV), Vervillon (NdR: écuyer du Grand Condé, dit Monsieur le Prince, grand-père du mari de la précédente), revenant de tirer et arrivant à soleil couchant au château, vit la fenêtre de la salle d'armes ouverte, qui donne sur le pont levis vis-à-vis la statue du connétable, et à cette fenêtre ouverte, une femme vêtue singulièrement, appuyée et fort avancée sur cette fenêtre, qui regardait tellement en bas qu'il ne put voir que peu et imparfaitement son visage. Vervillon, qui n'ignorait pas la tradition de la maison et qui savoit que cette salle était toujours fermée et ses fenêtres aussi, fut si frappé de cela qu'il s'arrêta et que se tournant au palefrenier qui le suivait, il lui demanda s'il ne voyait pas quelque chose à la fenêtre, et le palefrenier lui dit toute la même chose. Vervillon, sûr qu'il ne se l'imaginait pas, avance toujours regardant et toujours voyant de même, jusqu'à ce qu'étant arrivé fort près de la porte, il ne put plus regarder. Au lieu d'aller à sa chambre, il met pied à terre chez le concierge et lui demande pourquoi la salle d'armes est ouverte. Il répond qu'elle ne l'est point, conteste, présente ses clefs, monte tout de suite avec Vervillon, lui montre la porte de la salle d'armes bien fermée, l'ouvre ; entrent tous, trouvent portes et fenêtres bien closes et personne dedans. Vervillon bien étonné s'en va dans sa chambre, y emmène le concierge, lui conte ce qu'il a vu, puis à M. le prince de Conti exilé lors à Chantilly, et leur fait parler le palefrenier. La chose gagne d'oreille en oreille les principaux de la maison et les effraie... A deux jours de là, Monsieur le Prince sut que Madame la Duchesse avait la petite vérole à Fontainebleau d'où la Cour était pour cela partie; il alla la trouver, y tomba malade tout de suite, et y mourut fort promptement." Il est vrai que le célèbre mémorialiste précise en conclusion: "La vérité est aussi qu'à la mort de M. le Prince son fils et de M. le Duc son petit-fils, on n'a pas ouï parler de la connétable." Henri et Louise de Budos avaient eu : - Charlotte-Marguerite, qui épousa Henri II, prince de Condé ; - Henri II, duc de Montmorency, dit la Gloire des Braves, filleul d'Henri IV. On sait qu'ayant soutenu la révolte de Gaston d'Orléans contre son frère Louis XIII, il fut, après la déroute de Castelnaudary, décapité à Toulouse pour rébellion et crime de lèse-majesté par ordre du Cardinal de Richelieu. Il avait épousé Marie-Félice Orsini (dite "des Ursins", suivant la forme francisée de ce nom), fille de Virginio Orsini, duc de Bracciano, et de Flavie Damesceni-Peretti (nièce du pape Sixte-Quint). Virginio Orsini était fils de Paul-Jordan Orsini, duc de Bracciano, et d'Isabelle de Médicis. Virginio Orsini était donc cousin germain de Marie de Médicis, et Marie-Félice était de plus la filleule de sa tante à la mode de Bretagne ; elle fut précisément mariée au duc de Montmorency par la reine, qui désirait l'avoir à ses côtés en France. On accusa d'ailleurs Marie-Félice d'avoir poussé son mari dans le parti de Gaston d'Orléans, sous l'influence de Marie de Médicis elle-même, qui avait autant d'affection pour ce fils cadet qu'elle avait d'aversion pour son fils aîné Louis XIII. Henri et Marie-Félice n'eurent pas d'enfants et après l'exécution de son mari, Marie-Félice, un temps emprisonnée pour complicité, prit le voile au couvent de la Visitation de Moulins, dont elle fut élue supérieure, et où elle mourut en odeur de sainteté. Le duché-pairie de Montmorency passa à la sœur d'Henri, Charlotte, princesse de Condé, et les princes de Condé, son époux, son fils, et son petit-fils, furent ainsi ducs de Montmorency. Or, depuis Louis Ier, les princes de Condé possédaient également le comté d'Enghien, que Louis Ier avait fait ériger en duché-pairie, mais sans en obtenir l'enregistrement. Néanmoins son fils Henri Ier puis son petit-fils Henri II, époux de Charlotte, affectèrent de porter le titre de duc d'Enghien avec celui de prince de Condé ; enfin Henri II laissa ce titre à son fils Louis (le futur Grand Condé) lorsqu'il naquit, et consacra ainsi l'usage pour le fils aîné du prince de Condé de porter le titre de duc d'Enghien, qui n'en était pas moins toujours sans enregistrement. C'est pourquoi le fils d'Henri II et de Charlotte eut l'idée d'un petit tour de passe-passe. Duc de Montmorency, et pour celui-ci parfaitement en règle, il obtint tout simplement de changer officiellement le nom de la ville de Montmorency en Enghien (la ville garda du reste, dans les faits, son véritable nom)... Désormais voici les princes de Condé ducs d'Enghien sans contestation, à cela près qu'ils sont exactement, si l'on peut dire, ducs de "Montmorency-travesti-en-Enghien". Or, par un tour de passe-passe exactement comparable, le titre de duc de Montmorency ne cessa pas pour autant d'être porté. En effet, à la même époque, un lointain collatéral des premiers ducs de Montmorency, Charles-Frédéric de Montmorency, duc de Piney-Luxembourg, acheta le titre de duc de Beaufort à Louis-Joseph de Bourbon, duc de Vendôme, le célèbre Généralissime des armées de Louis XIV, arrière-petit-fils d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées. Le nouveau duc de Beaufort (mais lui, non pair) obtint l'année suivante de changer le nom de Beaufort en Montmorency. Et voici donc comment apparurent, écho aux ducs d'Enghien qui l'étaient, en vérité, de Montmorency, des ducs de Montmorency qui l'étaient, en vérité, de Beaufort. |